Les héros irradiés, histoires de la guerre froide

11 mars 1958 : le contrôleur ferroviaire Walter Gregg travaille dans son garage lorsqu’il est surpris par une explosion assourdissante. En sortant, il découvre un véritable cratère au milieu de son jardin. La responsable : une bombe atomique, heureusement neutralisée, larguée par accident depuis un avion de l’armée américaine.

Des deux côtés de l’Atlantique, la période de la guerre froide regorge de ces petites histoires illustrant la désinvolture et l’inconscience d’une confrontation, qui aurait pu déboucher sur une catastrophe. Entre le tournage d’un film de John Wayne dans un canyon irradié, les essais nucléaires dans des zones habitées, la folie nucléaire semblait n’avoir aucune limite.

Japon : « J’ai survécu à 2 bombes atomiques »

En mars 1945, l’état-major américain décide d’intensifier son action et déclenche une succession de raids aériens sur Tokyo. En juillet, le conflit se rapproche de son point culminant lorsque les USA procèdent au premier essai atomique jamais expérimenté.

Le Japon refuse de se plier à la volonté des Alliés qui, à la Conférence de Postdam, exigent sa reddition inconditionnelle. Les États-Unis vont alors provoquer les deux pires catastrophes de l’histoire de l’humanité…

Un homme va survivre à cet enfer. À deux reprises. Tsutomu Yamaguchi est né le 16 mars 1916. Devenu ingénieur naval, il est envoyé en mission à Hiroshima et est victime du premier bombardement atomique américain qui intervient le 6 août 1945. Le lendemain, il réussit à quitter la ville et part rejoindre sa famille… à Nagasaki.

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Sous le nuage d’Hiroshima

Il est 8h16, ce lundi 6 août 1945 lorsque la bombe atomique explose au-dessus d’Hiroshima, tuant plus de 140 000 personnes. Le photojournaliste Yoshito Matsushige saisit alors cinq clichés d’une valeur inestimable. 70 ans plus tard, protagonistes et témoins de ces scènes photographiées racontent l’horreur.

John Von Neumann : prophète du 21e siècle

Le mathématicien hongrois John von Neumann a élaboré des théories qui ont changé le cours de l’humanité. Installé aux États-Unis à partir de 1930, ce mathématicien et physicien a contribué aux découvertes les plus fondamentales du siècle dernier et a initié la révolution informatique.

Sous une bonhomie apparente, l’homme cachait en réalité une vision cynique et pessimiste de l’humanité. C’est lui qui calcule l’altitude optimale d’explosion pour obtenir les plus grandes destructions avec la bombe atomique lancée sur Nagasaki. Pionnier de l’informatique, il conçoit Maniac, un calculateur utilisé pour tester la première bombe à hydrogène.

Réalisé par Philippe Calderon (France – 2015)

États-Unis : Espionnage, « Nos alliés israéliens ont dépassé les bornes ! »

L’espionnage de l’État hébreu aux États-Unis serait sans égal. Newsweek décrit la panique au sein des services secrets américains. Ces révélations ont aussi provoqué un débat parmi les médias israéliens.

Il n’y a pas d’honneur entre voleurs. Lorsque le monde a découvert que la National Security Agency (NSA) avait mis le portable de la chancelière Angela Merkel sur écoute, le comportement des Américains a été décrié et jugé indigne d’une nation amie.

Aujourd’hui, ce sont les responsables américains du renseignement qui s’élèvent – en toute discrétion et seulement derrière les portes closes du Capitole – contre les opérations d’espionnage de nos “amis” israéliens.

Selon plusieurs rapports confidentiels concernant un projet de loi visant à assouplir les conditions d’attribution de visa aux citoyens israéliens entrant aux États-Unis, les manœuvres israéliennes pour dérober des secrets américains sous couvert de missions commerciales et de contrats de technologie de défense ont “dépassé les bornes”.

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Polynésie : Essais nucléaires, un héritage sans fin

Au début des années 60, la Polynésie a été choisie pour devenir le champ d’expérimentation des essais nucléaires français. Entre juillet 1966 et janvier 1996, près de 200 expérimentations aériennes et souterraines ont eu lieu sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Enquête sur la situation sanitaire sur place aujourd’hui et sur l’angoisse dans laquelle vivent les habitants des îles voisines.

La troisième guerre mondiale a-t-elle déjà commencé?

par Myret Zaki

Les provocations se multiplient de part et d’autre. Faire tomber le régime syrien permettrait à Israël d’attaquer l’Iran. Mais cette fois, Chine et Russie se posent en défenseurs de Damas et Téhéran. Israël tente à tout prix d’entraîner dans le conflit Washington, qui résiste.

Bruits de bottes américaines aux portes de la Syrie et de l’Iran; sanctions occidentales contre l’Iran; menaces iraniennes de blocus du détroit d’Ormuz; flambée du pétrole à 125 dollars le brent; embargo occidental contre la Syrie; soutien ouvert des Russes et Chinois à Damas et à Téhéran. Pas de doute, les conditions sont réunies pour une troisième guerre mondiale, dans une région abritant 54% des réserves de pétrole. Et le conflit a, peut-être, déjà commencé. Le survol de la Syrie et de l’Iran par des drones américains (lire l’encadré p.38), le refus iranien d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 22 février, l’attentat manqué prêté à l’Iran contre l’Ambassade israélienne à Bangkok, la détermination de Tel-Aviv à bombarder les installations iraniennes (dès juillet, selon des médias israéliens) pour maintenir son exception nucléaire dans la région, les menaces iraniennes, le 21 février, d’une attaque préventive contre Israël, sont autant d’actes potentiels de guerre.

Dans le camp occidental, il s’agit d’abord d’intervenir contre Damas, puis dans un second temps contre Téhéran. Cette fois cependant, Washington peine à mobiliser l’opinion publique mondiale: les conditions ne sont pas réunies pour un «Irak II». D’une part, les mensonges américains concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak sont encore présents dans les mémoires. Les médias sont-ils aussi manipulés sur la question du nucléaire iranien? Il convient d’entendre au moins les différents sons de cloche. Comme celui de Clinton Bastin, ancien responsable des programmes de production nucléaire américains, qui a tenté en vain d’alerter les autorités et les médias: «Les allégations américaines sont fausses, déclare-t-il au magazine 21st Century Science & Technology fin 2011. L’Iran a une centrale nucléaire, mais n’a pas l’arme nucléaire. Il lui faudrait dix à quinze ans pour l’acquérir. Et même alors, Israël dispose de 400 armes nucléaires, testées et prêtes à l’emploi. Téhéran serait idiot de poursuivre cette voie.» Selon cet expert, le réacteur iranien utilise 20% d’uranium enrichi. Pour devenir une arme, il faudrait qu’il en utilise 90%, ce qui sera très difficile à réaliser; ensuite, il faudrait encore convertir le gaz en métal, technologie complexe et à très haut risque, dont l’Iran ne dispose pas aujourd’hui, et dont l’activité serait immédiatement détectée par l’AIEA. «Les inspecteurs de cette agence, estime Clinton Bastin, sont incompétents en matière de production d’armes nucléaires. Les plans qu’ils ont vus en Iran ne sont pas authentiques, ils ont été entièrement fabriqués par des dissidents iraniens», estime-t-il.

Intimidations russes

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Vers une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis?

« Le ciel qui surplombe le commerce mondial est noir de nuées d’orage. Les tambours de guerre battent de plus en plus fort. Certains guettent déjà l’équivalent de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. Une étincelle suffirait à embraser la planète. » Voilà, dans le journal boursier britannique The Financial Times, l’introduction d’un article consacré aux relations commerciales sino-américaines. L’assassinat de l’archiduc avait été le prélude de la la Première Guerre mondiale. Le risque est réel de voir, le 15 avril, un rapport du trésor américain sur la monnaie chinoise provoquer le choc qui, à son tour, déclencherait la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Personne, dans le monde, n’échapperait aux retombées d’une telle guerre.

Depuis quelques mois déjà, d’agressifs sinophobes mènent tambour battant une offensive contre la monnaie chinoise, le yuan. Le sénateur de Pennsylvanie Arlen Specter disait en février : « Les Chinois raflent nos marchés et nos emplois. Entre 2001 et 2007, ils nous ont volé 2,3 millions d’emplois. Les subsides à leur industrie et la manipulation de leur monnaie sont des formes de banditisme international. »

Obama confirme que la Chine doit tolérer pour le yuan un cours de change « centré sur le marché .» Le cours bas du yuan coûte à notre pays des centaines de milliers, voire des millions d’emplois, ajoute le président. Un porte-parole de la Maison-Blanche menace : « Si la Chine ne corrige pas le cours du yuan, les États-Unis seront mis sous pression afin de prendre des mesures contre cette situation. »
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