La revanche du bœuf français

Et si le bœuf français était l’un des meilleurs au monde? Et si la blonde d’Aquitaine, les limousine, normande, gasconne ou aubrac n’avaient plus à rougir face au célèbre black angus ou au boeuf de Kobé ? Bêtes de concours, bœuf cidré, hibernation, millésimes et appellations: l’univers du bœuf d’exception made in France n’a plus rien à envier à celui des vins et des fromages.

Depuis les montagnes du Nevada jusqu’aux palaces de Hong Kong, de la boucherie de quartier aux tables des plus grands chefs, des passionnés innovent et travaillent sans relâche pour atteindre l’excellence.

Une alimentation saine et respectueuse du climat

En décembre prochain, les chefs d’État et de gouvernements se retrouveront à Paris pour la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, où ils devront après d’âpres négociations conclure un accord détaillé sur la réduction des émissions de carbone et l’atténuation du réchauffement planétaire.

A l’approche de cette réunion, les gouvernements devraient prendre note d’un fait crucial, mais souvent ignoré : la principale cause de la dégradation de l’environnement et de l’épuisement des ressources est le changement de notre alimentation – qui plus est, une alimentation peu propice à une vie saine.

Au cours des dernières décennies, l’augmentation des revenus a entraîné une évolution radicale des habitudes alimentaires, avec en particulier une place croissante de la viande dans l’alimentation. Étant donné que l’élevage et le transport du bétail nécessitent plus d’intrants, de terres, d’eau et d’énergie que les plantes, l’accroissement de la demande en viande épuise les ressources naturelles, exerce des pressions sur les systèmes de production alimentaire, détruit les écosystèmes et contribue fortement aux changements climatiques.

La production de viande consomme presque dix fois plus d’eau que la production de calories et de protéines végétales. Il faut par exemple 15.415 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. C’est également une manière peu efficace de produire des aliments : 30 calories végétales sont nécessaires pour donner 1 calorie animale.
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Une histoire de miettes

Que devient l’alimentation des pauvres quand ceux-ci s’urbanisent ? La majorité des études en histoire de l’alimentation se sont focalisées sur l’alimentation des élites. Michel Bonneau propose, en faisant feu de tout bois, de retrouver la trace de repas évanouis.


William Harris Weatherhead- “Miettes de la table d’un homme pauvre” (1877)

Michel Bonneau nous livre ici un ouvrage étonnant. Étonnant par son ampleur, par l’objet qu’il se donne, par le nombre de références issues de disciplines diverses qu’il manipule, par l’amplitude de la période traitée, comme par sa forme, assez peu académique dans l’écriture comme dans l’organisation des idées.

Une telle somme rappelle le travail tout à la fois d’envergure et d’érudition qu’un autre géographe, Xavier de Planhol, consacrait à « L’eau de neige » et au goût discriminant pour le frais. Elle relève aussi d’une quête personnelle, comme l’indique la dédicace, où il rend hommage à la mémoire de ses ancêtres et « à toutes celles et ceux pour qui l’angoisse du manger était quotidienne et continue de l’être dans le monde d’aujourd’hui ».

L’objectif principal est d’étudier la table des pauvres de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, avec l’ambition de montrer « qu’à côté de la cuisine des puissants, existe une table modeste, reflet de la gastronomie des pauvres » (p. 37) et de réhabiliter des manières de faire et des pratiques du quotidien d’une façon qui n’est pas sans évoquer Michel de Certeau.
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Viande de luxe

Wagyu : c’est l’une des viandes les plus chères du monde. Le bœuf Tajima de Kobé est le plus prestigieux des labels alimentaires nippons. Un bœuf haute couture qui, jusqu’à peu, était totalement introuvable en dehors du Japon. Pauvre en cholestérol (il détient des acides gras essentiels), une carcasse se négocie au prix de gros 14.000 €. Au détail, jusqu’à 1.000 € le kilo !

Des journalistes ont remonté la filière jusqu’aux étables nippones où les bêtes sont dorlotées comme des stars. Pour les vendeurs, son prix est justifié car la qualité de sa viande est due à différents facteurs : alimentation rigoureusement surveillée, massages au saké, bière comme boisson et musique classique pour ne pas être stressé. Sa viande est tendre et persillée grâce à son marbré intramusculaire. Le gras est distribué dans la viande et non autour.

Ces bœufs Wagyu (Wag : boeuf et Gyu : Japon) se réfère à différentes races de bovins prédisposés génétiquement à un intense marbrage. Ils font, en taille moyenne près de 600 kilos ! Leur silhouette est massive et leur encolure, forte. Hors des frontières japonaises, il peut être élevé en Espagne, au Chilli, en Australie…

Le bœuf Tajima a été introduit au Japon au second siècle. Il fut élevé d’abord pour sa puissance physique. Ce bœuf « massif » en taille fût employé comme animal de trait dans les rizières japonaises. Le bœuf Wagyu fut ensuite isolé des autres races à l’époque féodale sans doute pour une raison de relief montagneux mais aussi pour le protéger des guerres.

Reportage diffusé dans l’émission Sept à huit sur TF1 le 15 février 2015

Marketing : C’est du bio !

Des burgers réalisés avec du bœuf élevé en plein air, nourrit avec de l’herbe, sans ajout d’hormones, de stéroïdes et d’antibiotiques, c’est ce que vante cette publicité un brin sexiste de la marque Carl’s Jr, coutumière du fait, pour le lancement de sa nouvelle chaîne de restauration rapide : “Au Naturel”.

Le commerce mondial : Moteur de la déforestation illégale

Huile de palme, soja, bœuf, bois… Le commerce mondial est un puissant moteur de la déforestation illégale dans les pays tropicaux. Pour la première fois, une vaste étude, publiée, mercredi 11 septembre, par l’organisation américaine Forest Trends, évalue l’ampleur du phénomène: près de la moitié de la déforestation dans les pays tropicaux s’explique par la conversion illégale de terres en exploitations agricoles à vocation commerciale.

Dans un cas sur deux, la production est destinée à satisfaire la demande des grands pays industrialisés – États-Unis, Union européenne –, mais aussi de la Chine et de l’Inde.

Quelque 25 % de la déforestation illégale dans les tropiques ont ainsi pour objectif la production de denrées exportables. « Nous savions que la production de matières premières agricoles était un facteur majeur de déforestation.

Cependant, c’est la première étude qui montre l’importance démesurée des activités illégales pour produire des centaines de produits alimentaires et ménagers consommés dans le monde entier», affirme Michael Jenkins, directeur général de Forest Trends. Au point qu’il « n’existe guère de produit sur les rayons des supermarchés qui ne soit pas potentiellement concerné », selon Forest Trends.
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Chips et grillades : La bataille des géants de l’alimentaire

Pour prolonger l’été et les vacances, les Français profitent au maximum des repas en plein air, généralement accompagnés de chips craquantes et de brochettes grillées. Les gammes de chips se renouvellent sans cesse et les brochettes de bœuf envahissent les rayons.

Comment les fabricants choisissent-ils les parfums? Quel est le juste prix pour une viande de qualité? Les industriels s’intéressent désormais au gaspacho. Que trouve-t-on dans cette soupe fraîche andalouse?

Partie 1:

Partie 2:
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Des races en voie de disparition sauvées en toute discrétion

Au fin fond des campagnes françaises, des éleveurs s’emploient à sauver des races en voie de disparition: poules, vaches ou cochons que l’agriculture intensive avait abandonnés. Et c’est ainsi que des bœufs de race millénaire réapparaissent dans les prés du Sud-Ouest.

Sur les coteaux de Beaumarchès (Gers), quatre grands bœufs blancs se partagent une immense prairie vallonnée. Épaules puissantes, robe nacrée, ils sont issus d’une race rustique “très ancienne, arrivée avec les invasions Wisigoths, 400 ans après Jésus-Christ“, raconte leur éleveur, Christophe Masson, citant les “très sérieux travaux de recherches” menés par des étudiants de l’École normale supérieure (ENS).

Depuis un siècle, ces bovins de race mirandaise se sont considérablement raréfiés dans le paysage du Gers.

Dans les années 1900, il y en avait 180.000 dans le département. Il n’en reste que 350. Certains éleveurs n’en ont plus que deux ou trois à l’étable: on les appelle les collectionneurs“, explique Christophe Masson.

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Peur sur la viande

Du cheval vendu pour du bœuf, des plats cuisinés dont on ignore tout, lasagnes, spaghetti bolognaise, moussaka… Que se passe-t-il dans nos barquettes ? Faut-il avoir peur de la viande qu’on nous propose ?

Complément d’enquête sur un nouveau scandale alimentaire : contrôles insuffisants, multiplication d’intermédiaires, étiquettes douteuses, traders en minerais de viande…

Le public a découvert un circuit européen de la viande complexe et opaque. Et si ce scandale n’était que la partie émergée de l’iceberg ? Et s’il existait en Europe un marché parallèle de la viande à bas prix ?

Les États-Unis ont-ils atteint un « pic de la viande » ?

Décidément, l’époque semble être aux “pics”. Après le peak oil (pic pétrolier), le peak gas (pic gazier) et le peak stuff (pic des objets), voici venu le temps du peak meat, soit le pic de viande. Aux Etats-Unis, la consommation de viande commencerait à diminuer, après avoir atteint un maximum en 2007. C’est ce que révèle l’Earth policy institute, cité par Terra Eco, mercredi 7 mars. Alors que les Américains consomment un sixième des produits carnés dans le monde, cette tendance outre-Atlantique pourrait signifier la fin du steak haché qui trône au centre de l’assiette.

Selon les chiffres du ministère de l’agriculture américain, la consommation de viande suivrait une course descendante après un pic en 2004, à 84 kg par an et par habitant. En 2011, les Américains n’auraient plus consommé “que” 78 kg. Et les prévisions pour 2012 tablent sur 75,5 kg, soit une baisse de 10 % sur les huit dernières années, comme le montre le graphique de la consommation américaine depuis le début du XXe siècle :

Quant à la consommation globale de viande dans le pays, elle chute aussi, après avoir atteint un pic en 2007, à 25 milliards de kg. En 2012, elle devrait être de 23,5 milliards, soit le niveau le plus bas depuis dix ans.

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