Début de panique chez les “élites” ?

Dans le contexte de menace terroriste majeure à laquelle la France est confrontée depuis mercredi, la gestion de la protection des personnalités est devenue extrêmement délicate. Au cabinet du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, on se refuse à livrer des noms. «C’est une question de sécurité et nous n’exposerons pas la vie des personnes», déclare au Figaro un conseiller du ministre.

Le sujet est d’autant plus sensible que

«des dizaines de demandes ont afflué à Beauvau en 24 heures, de la part de personnalités se sentant en danger»,

confie un haut fonctionnaire de police. Au point que le ministère a dû organiser une réunion pour faire un «tri», selon des critères draconiens.

Les bénéficiaires d’une équipe de gardes du corps préfèrent ne pas trop ébruiter la chose.

Et ceux qui se sont vu refuser cette «faveur» peuvent nourrir une certaine frustration.

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A la recherche du peuple disparu : La France des « invisibles », majoritaire et délaissée

Il y a peu de livres qui renouvellent notre vision de la politique, des territoires, des catégories populaires. Fractures françaises de Christophe Guilluy en fait partie. Géographe, l’auteur a redessiné la carte des fragilités sociales à rebours des représentations toutes faites. C’est la France des « invisibles », majoritaire et délaissée. A la recherche du peuple disparu.

François Bousquet : Vous avez mis à jour une nouvelle géographie du territoire, deux France qui se font vis-à-vis : une France métropolitaine et une France périphérique. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Pour comprendre la société française, il faut s’affranchir de la carte de l’Insee, qui est celle des aires urbaines : 80 % d’urbains et 20 % de ruraux. Cette carte impose l’idée que la société française se structure autour des grandes métropoles mondialisées sans rien nous dire de la recomposition sociale des territoires. On voit par là combien sont déterminantes les représentations dans la conception que l’on se fait de la réalité. Une mauvaise représentation, c’est une mauvaise politique derrière. Or, les représentations territoriales et sociologiques des élites sont obsolètes et nous interdisent de penser le social.

Je préfère parler de « France métropolitaine » et de « France périphérique ». La France métropolitaine, c’est celle des grandes villes, soit 40 % de la population, pas plus. C’est une France totalement intégrée dans les nouvelles logiques économiques, dans la mondialisation et le multiculturalisme. Elle produit l’essentiel du PIB français. C’est ce qui me fait dire que la mondialisation fonctionne, mais seulement dans les grandes villes.

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Les groupes d’achats alimentaires, un “truc” de bobos ?

Depuis quelques années, les groupes d’achats alimentaires (GAA) poussent comme des champignons. Leurs membres apprécient les produits qu’ils y trouvent, la convivialité qui y règne et le modèle de société qui s’y façonne. Mais, en y regardant de plus près, difficile de faire abstraction d’une chose : la plupart des participants semblent avoir la même origine sociale. Le projet, intrinsèquement porteur de changement, est-il réservé à quelques privilégiés ? Dans ces circonstances, a-t-il des chances d’aboutir ?

Distribution de paniers dans le cadre d’une AMAP en Vendée

Les GAA se déclinent selon plusieurs appellations. Un GAC (Groupe d’achats communs) rassemble des voisins pour s’approvisionner chez des producteurs locaux. Un Gasap (Groupe d’achats solidaires de l’agriculture paysanne) associe directement un groupe de consommateurs avec un producteur paysan. Même démarche pour une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) dont les membres s’engagent encore davantage : ils partagent les coûts de production.

De plus, les Gasap et les Amap se distinguent des Gac par leur engagement sur une période convenue (3, 6 ou 12 mois) qui permet au paysan de maintenir son activité agricole, et aux consommateurs de remplir leurs assiettes d’aliments frais, de saison, souvent biologiques et produits à partir de variétés du terroir ou anciennes à un prix équitable pour les deux parties.
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Le compteur électrique intelligent, gadget pour « bobos » ou service public?

Le nouveau compteur électrique “intelligent” va-t-il permettre à tous les Français de mieux contrôler leur consommation d’énergie ou cette faculté sera-t-elle réservée à quelques consommateurs riches et motivés ? Le débat est vif et encore loin d’être tranché.

Baptisé Linky, ce compteur capable de transmettre des informations à distance doit être installé dans 35 millions de foyers d’ici à 2020. A l’origine, sa mise en place visait à réduire les déplacements d’agents ErDF chargés des relevés de consommation et autres interventions techniques. Le nouveau compteur doit permettre au gestionnaire du réseau électrique d’économiser 35 millions de kilomètres par an en frais de déplacements.

L’efficacité énergétique n’était pas l’objectif prioritaire“, rappelle Michèle Bellon, présidente d’ErDF. Mais depuis 2007, le Grenelle de l’Environnement a fait du compteur intelligentun outil de maîtrise de la consommation d’énergie.

Une mission qu’il risque cependant d’avoir du mal à remplir, d’après l’Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie (Ademe). L’Ademe a en effet souligné que Linky ne permettait pas de faire des économies d’énergie, sauf à lui adjoindre un “affichage pédagogique en temps réel” de la consommation d’électricité.

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Entretien avec Alain de Benoist : les enjeux de la décroissance

Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).

Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.

Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.

Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?

Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.

Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.

Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.

Quelle définition pourriez vous donner de la théorie de la décroissance ?

C’est une théorie qui se fonde précisément sur la notion de limites. Toutes les doctrines axées sur la croissance raisonnent comme si les réserves naturelles étaient inépuisables, ce qu’elles ne sont évidemment pas. La biosphère elle-même a ses limites.

Pour les théoriciens de la décroissance, il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Pour le dire autrement, nul ne peut vivre indéfiniment à crédit sur un capital non reproductible.

Quelles différences y a-t-il entre la décroissance et la notion de croissance zéro ? Lire la suite

Bio : les hypermarchés se payent sur la bête

Bien trop cher, le bio en grandes surfaces !

Une enquête UFC-Que Choisir révèle que les produits biologiques vendus par les enseignes sous leur propre marque (marque de distributeur ou MDD) coûtent en moyenne 57% de plus que les MDD conventionnelles.

L’OPA des hypermarchés sur le bio

L’association fustige, exemples à l’appui, les marges «indécentes» réalisées par la grande distribution alimentaire sur ces aliments «verts». S’il est indéniable que produire bio revient plus cher, une autre partie de l’écart ne serait pas justifié. Les hypermarchés feraient donc leur beurre avec le bio. A vrai dire, ce n’est pas une surprise.

L’intérêt de la grande distribution pour l’alimentation issue de l’agriculture biologique commence au milieu des années 1990. A l’époque, on voit surgir les premières gammes bio vendues sous marque de distributeur. Celle de Carrefour date de 1997. Depuis, ce marché a connu une croissance phénoménale, de 10 à 25% par an pour approcher les 3 milliards d’euros actuellement. Et au profit de qui ?

D’après l’Agence Bio, la grande distribution s’octroierait désormais 42% des ventes, loin devant les magasins spécialisés (27%), comme Biocoop, Naturalia ou la Vie Claire. Avec leur force de frappe commerciale, les hypermarchés ont certes contribué à rendre les produits bio plus populaires. Mais ils ont aussi réussi à s’emparer d’un business florissant. Lire la suite

Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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La taxe carbone engraisse les milliardaires et les mafieux

Par Marc Mayor

En marge de la conférence de Copenhague, s’est tenu un minisommet permettant à des scientifiques de confronter leurs données à celles, du moins en partie manipulées, sur lesquelles reposent les décisions de nos dirigeants. Le professeur Henrik Svensmark, physicien du Centre national spatial danois à Copenhague, a expliqué que le réchauffement récent est causé par l’activité solaire.

Pour Nils-Axel Mörner, géologue à l’université de Stockholm, la montée du niveau des eaux a été grandement exagérée par des pseudoscientifiques alarmistes ; l’observation des sédiments, des côtes et des arbres le démontrerait.

Pour le professeur Cliff Ollier, géologue à l’université d’Australie-Occidentale, la fonte de la calotte glaciaire est liée à la géothermie, non à la température de l’air.

Enfin, le professeur Ian Plimer, de l’université d’Adélaïde, estime que le dioxyde de carbone rejeté par les volcans a plus d’impact que celui généré par l’activité humaine.

Malheureusement, l’un des organisateurs de la contre-conférence admet que son lobby a accepté de l’argent d’Exxon Mobil dans le passé, ce qui entame la crédibilité de l’entreprise.

Loin de ces considérations, le rendez-vous officiel avait pour but d’étendre le système communautaire d’échange de quotas d’émission à la planète tout entière, vous y compris.

En effet, le député travailliste britannique Collin Challen a imaginé taxer chaque individu en fonction du carbone qu’il est censé émettre.

En pratique, il se pourrait que, d’ici quelques années, nous obtenions tous une carte de “crédit personnel de carbone”, sorte de permis à points version CO2. Vous faites le plein : un point passe à la trappe. Votre facture d’électricité augmente ? Deux points de moins. Vous prenez l’avion pour Nice pour aller bronzer sur la Côte ? Cela vous fera trois points.

Tout comme les autorités peuvent aujourd’hui ponctionner tout détenteur de véhicule plus ou moins à volonté en réduisant le nombre de places de parking tout en augmentant le montant des amendes, ce nouveau permis pseudo-écolo donnera à nos dirigeants un chèque en blanc pour nous taxer jusqu’à l’os.
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