Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
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Traders : Le marché secret des matières premières

Depuis les récentes émeutes de la faim en Afrique, en Asie et au Mexique, le fonctionnement du marché des matières premières est sur le banc des accusés. Quelle est la responsabilité des traders dans ces désordres économiques et humanitaires ?

Jamais nos sociétés n’ont consommé autant de matières premières qu’en ce début de XXIe siècle. Blé, riz, sucre, soja, pétrole… : tous ces produits sont aujourd’hui objets de spéculation. L’émergence de grandes puissances comme la Chine, l’Inde et le Brésil a provoqué une explosion de la demande.

Mais ce n’est pas la seule explication à l’envolée des prix. Politiques, ONG et médias désignent les traders comme les principaux responsables de la flambée des cours. Mais qui sont ces spéculateurs accusés d’affamer la planète ? Et surtout, comment fonctionnent ces marchés des matières premières réputés complexes et opaques ?

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Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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La plus belle récolte mondiale de céréales et pourtant des stocks en danger

Malgré une récolte record de céréales en 2013-2014, les stocks seront en baisse à la fin de la campagne qui vient de commencer. La situation risque même d’être très tendue pour le blé.

Le magasin et les membres du comité de gestion d’un GSA (Grenier de Sécurité Alimentaire), dans un village du Burkina Faso, été 2012

Jamais on ne produira autant de céréales entre juillet de cette année et juin de l’an prochain : plus de 950 millions de tonnes de maïs, près de 700 millions de tonnes de blé, 500 millions de tonnes de riz. Après une année catastrophique, marquée par les sécheresses russe et américaine, on peut se réjouir : la récolte de céréales sera plus abondante de 7% par rapport à la campagne qui s’achève.

La production mondiale de maïs va fortement progresser, mais aussi celle de blé, grâce au retour de belles récoltes aux Etats-Unis, en Australie et dans les pays de la mer Noire. Cette perspective, attendue, a contribué à faire baisser le prix du blé, repassé sous les 200 euros la tonne, et du maïs, juste au-dessus de 220 euros, jusqu’à la semaine dernière.

Pourtant, cette récolte record ne suffira pas à reconstituer les stocks, loin de là, et en particulier pour le blé. Dans un an, les réserves mondiales de blé – 172,4 millions de tonnes – seront à leur plus bas niveau depuis 2007-2008, l’année des émeutes de la faim !

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Foire d’empoigne à venir sur les matières premières agricoles et industrielles

En dépit du ralentissement économique, les prix mondiaux restent à des niveaux historiquement élevés.

Chères matières premières ! En dépit du ralentissement économique, les prix mondiaux restent à des niveaux historiquement élevés, constate le bilan annuel Cyclope. Pour l’expliquer, c’est moins du côté de la demande qui reste tirée par les pays émergents que du côté de l’offre qui peine à suivre qu’il faut regarder. C’est que le temps de l’investissement est si long dans les mines, les terres agricoles ou les champs pétoroliers – jusqu’à vingt ans – qu’il dissuade les investisseurs. Il faudrait des signaux encore plus forts en provenance des marchés – et sans doute de la spéculation ! – pour encourager ces derniers.

En attendant, une lutte inévitable pour la sécurité des approvisionnements va s’engager. Les premières escarmouches de ce combat sont déjà visibles, annonciateurs de la foire d’empoigne à venir.

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Québec : Superficies records d’OGM

Un nombre record de terres du Québec ont servi à faire pousser des organismes génétiquement modifiés (OGM), l’été dernier. L’écrasante majorité du maïs-grain – mangé par le bétail et la volaille – a été transformé par génie génétique pour être tolérant aux herbicides ou résistant aux insectes.

Au total, 83% des superficies de maïs-grain étaient transgéniques en 2012, contre 74% l’année précédente. Les superficies de canola (à 85%) et de soya (à 59%) étaient aussi largement génétiquement modifiées, l’an dernier.

Même s’il faut payer des droits à Monsanto ou aux autres entreprises qui les vendent, ces semences modifiées par biotechnologies s’avèrent plus payantes.«Les producteurs choisissent tout simplement les semences en fonction des gains de productivité et d’efficacité qu’elles apportent, explique Benoit Legault, directeur général de la Fédération des producteurs de cultures commerciales. La croissance des superficies en semences OGM pourrait donc se poursuivre en 2013.»

Les progrès – qui ne sont pas dus qu’aux OGM – sont énormes. L’agriculteur qui récoltait sept tonnes de maïs par hectare en 1990 peut en espérer le double, cet été.

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Les stocks alimentaires sont remis au goût du jour

Ils étaient accusés jusqu’à présent de fausser les marchés agricoles mais aujourd’hui les stocks de denrées ne sont plus tabous, s’il s’agit de préserver la sécurité alimentaire.

Distribution de nourriture au Niger

La libéralisation des échanges dans les années 1980 et 1990 avaient rendu les stocks alimentaires caducs. Fini les stocks de céréales ou de poudre de lait en Europe. Achetés par Bruxelles pour soutenir le revenu des agriculteurs, lorsque les cours s’effondraient, les stocks alimentaires étaient accusés par les pays producteurs libéraux d’Océanie de fausser les échanges mondiaux.

Pourtant, depuis les émeutes de la faim déclenchées par la hausse vertigineuse des prix des céréales en 2008, les stocks ne sont plus tabous aux yeux des organisations internationales ou des bailleurs de fond. Le consensus prévaut sur la nécessité de constituer des stocks d’urgence, dans les pays déficitaires en céréales.

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L’Egypte au bord du drame économique

L’Egypte va-t-elle à la faillite ? Le plus grand pays arabe est-il proche de l’effondrement économique et financier ? Ajournée de mois en mois, une négociation importante avec le Fonds monétaire international (FMI) a repris cette semaine au Caire. Mais, au bord du Nil, l’humeur est pessimiste.

“Garbage City” (la Ville-Poubelle), sur les collines du Moqattam dans la banlieue du Caire, est peuplée d’une communauté de travailleurs coptes, les Zabbaléens, qui organisent le tri des déchets urbains, leur recyclage et leur revente

Il y a le front politique d’abord. Venu du parti des Frères musulmans – islamistes –, le président Mohamed Morsi, s’il n’a cessé d’étendre le champ de ses prérogatives, a aussi multiplié maladresses et atteintes aux libertés politiques. A la tête de l’Etat depuis le 30 juin 2012, l’ingénieur Morsi n’a jamais trouvé un style de gouvernement susceptible de rassurer et ramener la confiance dans le pays.

Tantôt il hésite, revenant sur des mesures annoncées à la hâte ; tantôt il procède avec brutalité. Méfiant à l’adresse de toutes les autres formations politiques, il a donné le sentiment de privilégier sa mouvance sur l’ouverture. Ce raïs a déçu : on l’attendait grand seigneur, le voilà redevenu militant.

Tout aussi grave, il confirme ce qu’on disait des Frères musulmans avant leur arrivée au pouvoir par les urnes : ils n’ont pas le moindre programme économique et social.
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Histoire de blé

Histoire de blé : comment cultiver du blé sans apport en engrais et produits chimiques, grâce aux variétés anciennes. Bernard Ronot, céréalier en Côte d’Or, fondateur de l’association Graines de Noé, prône une agriculture biologique, libérée des engrais et des produits chimiques de synthèse (insecticides, herbicides, fongicides) qui détruisent l’environnement, polluent les nappes phréatiques, tuent la biodiversité, rendent malades les agriculteurs qui les utilisent.

Bernard a fait sa reconversion à l’agriculture biologique à 55 ans, cela l’a amené à s’intéresser aux variétés de blés anciens, oubliés depuis la révolution verte (chimique) des années 50. Il nous emmène sur les terres de Stéphanie Parizot, jeune agricultrice qui a installé avec l’association Graine de Noé, une plateforme où sont conservées en terre 135 variétés de blés anciens.

La faim prochaine

Nous sommes maintenant à un an d’émeutes au niveau mondial“, affirment des chercheurs de l’Institut des Systèmes Complexes de Cambridge.

Dans un document de 2011, ce groupe de chercheurs a dévoilé une modélisation expliquant les vagues de troubles qui ont secoué le monde entre 2008 et 2011. Le facteur déterminant a été la flambée des prix des denrées alimentaires. Leur modèle a identifié un seuil précis pour les prix alimentaires mondiaux qui, en cas de dépassement, conduirait à des troubles dans le monde entier.

Toute so­ciété n’est qu’à trois re­pas d’une ré­vo­lu­tion.” – Lev Davidovitch Bronstein dit Léon Trotsky

La Technology Review du MIT explique comment fonctionne le modèle de l’ISC : “La déduction provient du croisement de deux sources. La première est constituée des données recueillies par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies, relative à l’indice des prix des denrées alimentaires. La seconde est la date d’émeutes à travers le monde, quelle que soit leur cause, et cela donne ce graphique” :
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Crise alimentaire mondiale : Les ingrédients sont réunis

La hausse des prix des céréales, sous l’effet de la sécheresse aux États-Unis et en Russie, se répercute sur la chaîne alimentaire. La convergence d’éléments défavorables laisse présager de nouvelles crises alimentaires.

bombay

A Bombay, en mai 2012

En révélant une hausse de 6% de l’indice des cours des produits alimentaires en juillet, la FAO, organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a sonné l’alarme. Et si le scénario qui avait poussé aux émeutes de la faim en 2008 et 2010 se reproduisait, si les niveaux de prix des matières premières agricoles devaient revenir aux pics du début 2011?

A l’époque, Bruno Le Maire, en tant que ministre de l’Agriculture, avait averti:

«Attention à la colère populaire au cas où certains spéculeraient sur la faim dans le monde. (…)

Une régulation financière est nécessaire pour ne pas revivre sur l’agriculture ce qu’on a connu dans l’immobilier ».

La France présidant alors le G20, le ministre comptait bien que les pays les plus riches du monde prendraient des mesures pour éviter les famines.
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Le prix des céréales flambe, vers le retour des émeutes de la faim ?

Quand la sécheresse touche les Etats-Unis c’est toute la planète qui tremble : en un mois les prix du maïs, du blé et du soja se sont envolés de 30 ou 50%, atteignant ou dépassant leur niveau de 2007-08 et faisant resurgir le spectre d’une crise alimentaire et des émeutes de la faim.

« Alors qu’il y a quelques semaines nous étions optimistes, la situation s’est retournée d’un seul coup et nous sommes maintenant inquiets », reconnaît Abdolreza Abbassian, économiste pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il y a encore peu la récolte mondiale de blé était attendue en léger recul mais tous les experts pensaient que ce serait compensé par une production record de maïs. Las, la sécheresse américaine a balayé toutes ces prévisions optimistes.
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Monnaie-marchandise et monnaie gagée par des marchandises

Il y a souvent beaucoup de confusions entre le concept de monnaie-marchandise et celui de monnaie gagée sur des marchandises. C’est la faute à l’or, qui, en tant que “divin métal” a servi de monnaie et en tant que “valeur absolue” a gagé les émissions de monnaie.

La “Currency School” est cette école de pensée qui estimait que la monnaie n’est pas un bien en soi et ne peut être que la stricte représentation d’un étalon dont elle est totalement dépendante. Les défenseurs de cette école considéraient naturellement que l’or était le bon étalon, éventuellement l’argent (bimétallisme or-argent). Dans son principe, réduit au strict minimum, la “Currency School” posait qu’il ne pouvait pas y avoir d’émission de monnaie qui ne soit strictement le reflet des stocks d’or disponibles. L’histoire, la vraie, celle qui fait que la monnaie, lorsqu’on veut l’enfermer dans des raisonnements imparables et définitifs, suit toutes les voies d’évitement possibles, a évidemment conduit les tenants de cette inflexible théorie à mettre beaucoup de nuances dans leurs propos et leurs recommandations.

L’or monnaie-marchandise est une marchandise-monnaie par excellence.

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Le poids de la Chine sur les matières premières ne cesse de s’accroître

Alors que la Chine est entrée dans l’année du Dragon hier, les investisseurs tablent sur une croissance proche des 9 %. Un signal de bon augure pour de nombreuses matières premières. L’ex-empire du Milieu a en effet acquis ces dernières années une part prépondérante sur ces marchés.

La Chine est entrée dans l’année du Dragon d’eau. Selon les croyances ancestrales, ce signe est synonyme de puissance. Ce nouvel an sera-t-il aussi faste que certains le prédisent ? En tout cas, les derniers chiffres sur la croissance du PIB chinois en 2011 ont rassuré les investisseurs qui ont écarté l’hypothèse d’un « hard landing », un violent ralentissement de l’économie. Au point que la Banque mondiale table sur une dynamique de croissance de 8,2 % en 2012 pour l’ex-empire du Milieu. Des chiffres qui augurent une bonne année pour les matières premières. Car, sur ces marchés, à de rares exceptions près (cacao, sucre, café), la demande chinoise est prépondérante, qui peut représenter parfois plus de 40 % de la consommation mondiale. Petit tour d’horizon du poids de la Chine sur cette classe d’actifs

Un très gros consommateur de métaux de base

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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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Inondation en Australie : Cours du blé en hausse

Un an après les incendies en Russie, les inondations se poursuivent en Australie où près de la moitié de la récolte de blé pourrait être déclassée. De plus en Argentine, la sécheresse menace. Une nouvelle flambée des cours des céréales est donc envisageable et devrait être répercutée sur le prix du pain.

Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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