Un nombre record de terres du Québec ont servi à faire pousser des organismes génétiquement modifiés (OGM), l’été dernier. L’écrasante majorité du maïs-grain – mangé par le bétail et la volaille – a été transformé par génie génétique pour être tolérant aux herbicides ou résistant aux insectes.
Au total, 83% des superficies de maïs-grain étaient transgéniques en 2012, contre 74% l’année précédente. Les superficies de canola (à 85%) et de soya (à 59%) étaient aussi largement génétiquement modifiées, l’an dernier.
Même s’il faut payer des droits à Monsanto ou aux autres entreprises qui les vendent, ces semences modifiées par biotechnologies s’avèrent plus payantes.«Les producteurs choisissent tout simplement les semences en fonction des gains de productivité et d’efficacité qu’elles apportent, explique Benoit Legault, directeur général de la Fédération des producteurs de cultures commerciales. La croissance des superficies en semences OGM pourrait donc se poursuivre en 2013.»
Les progrès – qui ne sont pas dus qu’aux OGM – sont énormes. L’agriculteur qui récoltait sept tonnes de maïs par hectare en 1990 peut en espérer le double, cet été.










Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.
