« Révolution monétaire » : Débat entre Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean Baptiste Bersac

En juin dernier, le 4ème Singe et le Cercle des Volontaires se sont réunis autour d’Étienne Chouard, Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac pour une discussion sous forme de table ronde sur la monnaie et l’économie.

En cette période trouble où le modèle économique du capitalisme arrive en bout de course et n’est plus pertinent pour répondre aux attentes de demain, il est temps de proposer une alternative.

Redéfinir le modèle de la monnaie, s’en détacher et mieux, comprendre notre dépendance à celle-ci est aujourd’hui d’autant plus simple qu’internet et l’arrivé des monnaies virtuelles (type Bitcoin) est une réalité.

Cette table ronde animée par Romain du 4ème Singe, réunit et donne la parole libre à trois intervenants aux réflexions de grande qualité sur le sujet :

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La désunion monétaire américaine

Lors de la Reconstruction qui suit la guerre de Sécession, la nation américaine est traversée de débats monétaires qui façonnent les identités politiques régionales. L’opposition entre régions pèse autant que le jeu des partis.

Les spectateurs curieux de la vie politique (ou de l’actualité sportive) des États-Unis ont sans doute eu l’occasion de remarquer les fréquentes références à des entités géographiques comme le Midwest, le Sud, ou le Nord-Est, qui n’ont pas de réalités administratives mais renvoient à des identités culturelles fortes. Sur un plan a priori très différent, une autre caractéristique notable des débats politiques états-uniens est l’importance donnée à la question de la création monétaire (et non seulement à la devise ou au taux de change), au point qu’il existe un terme usuel, monetary crank (c’est-à-dire « excentrique monétaire ») pour désigner les défenseurs de théories monétaires originales qui viennent régulièrement animer la vie politique.

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La face noire de la mondialisation : Cybermenace généralisée

Sources, chiffres, et méthodes de la criminalisation accélérée du Net.

Outre le retour perturbé de l’été, voici venu le temps des rapports publiés sur les dures réalités du cybercrime. Services publics, sociétés d’études ou vendeurs de logiciels rivalisent dans la publication de documents de plus en plus complets et de plus en plus inquiétants.

En attendant la prochaine campagne de communication du Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises), pour une fois plus percutante que les habituels communiqués officiels, ou la conférence annuelle du Clusif (Club de la sécurité de l’information français), toujours très pertinente, il est possible d’en faire une rapide synthèse.

Au-delà de la confusion généralisée entre cybercrime, cyberguerre, cyberespionnage et cyberterrorisme – qui nécessitent, au-delà de techniques communes appliquées à des mouvements différents (voler pour le premier, détruire pour le second, ne pas se faire voir pour le troisième et haranguer pour le dernier) –, il convient de souligner l’ampleur prise par le phénomène et les évolutions des acteurs engagés dans le processus.

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Pays-Bas : Un week-end à Bitcoinville

Peut-on, pendant quelques jours, ne payer qu’en bitcoins ? Un journaliste a tenté l’expérience à Arnhem, une ville néerlandaise particulièrement ouverte à la monnaie numérique.

Calé sur le canapé de ma chambre d’hôtel, à Arnhem, aux Pays-Bas, mon iPad affiche la page de Bistamp.net, une plateforme d’échange de bitcoins. La valeur de la cryptomonnaie est en chute libre. Au petit déjeuner un bitcoin valait plus de 400 dollars mais en une demi-heure il est passé à 383 dollars. L’estomac noué, je file à la réception pour payer ma note. Quand je découvre, plus tard, que le cours est remonté, j’ai l’impression de m’être fait avoir.

Ces fluctuations ne sont peut-être pas dramatiques pour la grande majorité des détenteurs de bitcoins, ni pour les milliards de gens qui n’en ont jamais entendu parler, mais pour moi le problème est bien réel : je me suis engagé à payer en bitcoins une chambre dont le prix était fixé en euros. Arnhem est l’un des endroits du monde qui présente la plus forte concentration de commerçants acceptant le bitcoin. Je m’y suis rendu pour tenter une expérience : un journaliste peut-il se payer un week-end entièrement en bitcoins ?

Mieux encore, peut-il non seulement survivre mais encore se faire plaisir ? Si cette ville de 150.000 habitants située sur le Rhin fait bon accueil aux bitcoins, c’est grâce à Patrick van der Meijde. Cet homme âgé de 36 ans a entendu parler de cette monnaie numérique il y a quelques années. Trouvant le concept intellectuellement intéressant, il a décidé d’en acheter. Il s’est toutefois aperçu que le bitcoin ne servait pas à grand-chose s’il ne pouvait rien acheter avec.
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Ether : La future monnaie qui vaut déjà des millions

Dès l’âge de 17 ans, Vitalik Buterin, Canadien né en Russie et habitant à Toronto, s’est passionné pour le bitcoin, la principale monnaie électronique circulant sur Internet : « J’ai commencé des études d’informatique, mais au bout d’un an j’ai abandonné la fac pour me consacrer entièrement au bitcoin. Pas question pour moi de rater cette aventure. » Il participe même à un projet de création d’un système de transactions en bitcoins anonymes et intraçables.

Pourtant, il en arrive rapidement à la conclusion que le système est imparfait, et limité. A la fin de 2013, à l’âge de 19 ans, il décide d’inventer sa propre monnaie électronique, qui sera fondée sur des algorithmes encore plus sophistiqués. Il la baptise « ether » — du nom de cette entité invisible et impalpable censée englober tout l’univers.

Pour donner vie à son projet, il monte une start-up, Ethereum. Côté financement, il obtient d’abord une bourse de la Fondation Thiel (Californie) réservée aux jeunes chercheurs indépendants : 100.000 dollars sur deux ans, plus un réseau de contacts dans la Silicon Valley. Mais il compte surtout sur ses propres forces.

En juillet 2014, il commence à prévendre des futurs ethers contre des bitcoins : « J’ai découvert que des tas de gens croyaient en mon projet. Au début, nous avions fixé un cours de 2.000 ethers pour 1 bitcoin, mais très vite la demande s’est renforcée, le cours est monté à 1.300. » En six semaines, ce financement participatif inédit lui rapporte 31.591 bitcoins, soit plus de 18,4 millions de dollars.
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L’Equateur est le premier pays à annoncer le lancement d’une monnaie virtuelle en décembre

Le président équatorien, Rafael Correa, envisage de lancer une monnaie d’Etat virtuelle en décembre de cette année. L’Equateur deviendrait ainsi le premier pays à créer une monnaie électronique émise par sa banque centrale.

Beaucoup considèrent que cette décision est motivée par le souhait de se désengager du dollar américain, l’unique monnaie utilisée dans le pays depuis l’année 2000. Cette année-là, l’Equateur avait été ébranlé par une crise bancaire très grave. Les officiels de la banque centrale du pays ont indiqué que la monnaie serait introduite en décembre, mais ils n’ont pas révélé quel serait son nom, ni aucun détail technique.

On sait cependant qu’il ne s’agira pas d’une crypto-monnaie comme le Bitcoin, dont l’Equateur a interdit l’utilisation le mois dernier.

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Pour sauver l’économie, faut-il brûler les billets de banque ?

Les billets de banque sont-ils un héritage encombrant du passé? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.

Le premier argument n’est pas neuf, mais ne concerne pas tous les billets. Régulièrement, les banques centrales sont accusées de mettre sur le marché des grosses coupures dont la principale utilité serait de pouvoir circuler facilement dans des mallettes et de permettre le financement de toutes sortes d’activités illégales.

A la naissance de la monnaie unique, la création du billet mauve de 500 euros a fait l’objet de vives controverses; il a été expliqué à l’époque qu’il était nécessaire de prévoir une aussi grosse coupure pour faire oublier aux Allemands la perte du billet de 1.000 marks. Plus récemment encore, les députés européens ont remis en cause l’existence de ce  billet de 500 euros –parfois surnommé billet Ben Laden– et celle du billet jaune de 200 euros, les deux étant censés faciliter la fraude.

291 milliards en coupures de 500 euros
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Bitcoin : L’or numérique (Audio)

Émission “Place de la Toile” traitant du bitcoin, cette crypto-monnaie open source distribuée qui fait beaucoup parler d’elle depuis quelques mois. Lancé le 3 janvier 2009, le bitcoin a commencé à faire les grands titres en 2013 lorsque des détenteurs de comptes chypriotes s’en sont servi pour mettre leur épargne à l’abri des prélèvements forcés du gouvernement. Cette appétence pour le bitcoin a provoqué une explosion de son cours.


Qualifié d’or numérique, le bitcoin est émis en quantité déterminée toutes les 10 minutes selon un mécanisme purement algorithmique. Le montant total de bitcoins en circulation atteindra son maximum de 21 millions d’unités en 2140.

Contrairement aux monnaies classiques, le bitcoin n’est donc pas sujet à la “planche à billet”, et sa valeur, par rapport aux monnaies qui se déprécient avec le temps, est en principe appelée à monter inexorablement. En outre, en raison de son caractère décentralisé, le bitcoin échappe à tout contrôle étatique.

L’accès au bitcoin requiert encore un petit effort de recherche sur la Toile. Toutefois, la planète bitcoin est en pleine effervescence, avec des innovations à venir destinées à en démocratiser considérablement l’usage, ce qui fait que beaucoup d’initiés lui prédisent un destin comparable à celui d’Internet à ses débuts.

Intervenants: Pierre Beyssac, informaticien, Philippe Herlin, économiste, Bruno Théret, économiste.

Via Plus Conscient

Bitcoin : Le succès d’une monnaie virtuelle

Créé, il y a 5 ans, le bitcoin fait de plus en plus partie du quotidien de centaines de personnes. La monnaie virtuelle permet aussi bien de s’offrir un verre à Paris que de commercer à travers le monde. Les bitcoins commencent à changer les habitudes de consommation et celles du commerce international.

Comment peut-on se faire payer en bitcoins sans avoir besoin d’une banque ? Grâce aux “mineurs” qui constituent l’un des piliers du réseau bitcoin et dont le rôle est d’authentifier les transactions enregistrées par le système.

La monnaie du Net suscite également un intérêt croissant auprès des investisseurs en dépit des failles qu’a montré le réseau. Le Français Mark Karpeles, basé à Tokyo, est à l’origine du plus important scandale bitcoin. Ses pertes se chiffrent à un demi milliard de dollars.

L’enquête est en cours. Les bitcoins de son site MT Gox se sont envolés au grand dam d’une centaine de personnes. Peu de temps avant le scandale, il avait averti des risques d’investir dans la monnaie virtuelle. “Quand vous achetez des bitcoins, vous devez savoir qu’ils peuvent valoir zéro le jour d’après“, expliquait alors Mark Karpeles.

Failles, attaques de pirates ou arnaques ne sont pourtant près d’avoir raison du bitcoin.

Scandale bitcoin: Un «supergeek» français au cœur de l’affaire

Les yeux des autorités, et ceux des utilisateurs, sont braqués sur Mark Karpèles, le jeune PDG du sulfureux marché d’échange… En ce moment, c’est l’ennemi public numéro un.


Les autorités japonaises et américaines s’intéressent aux comptes de son entreprise. Les internautes veulent sa tête sur une pique et surtout savoir si leurs 744.408 bitcoins ont disparu à tout jamais du MtGox, l’un des principaux bureaux de change de cette jeune monnaie virtuelle.

Si ce chiffre est confirmé, Mark Karpèles, son PDG, va devoir expliquer comment l’équivalent de 400 millions de dollars a pu s’évaporer dans les interwebs sans qu’il le réalise.

«Un génie de l’informatique»

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L’Économie sociale, solidaire et circulaire / La folie bitcoin

1er sujet de l’émission : Sociale, solidaire, circulaire : le temps de l’autre économie

2nd sujet : La folie « bitcoin », la monnaie virtuelle qui inquiète les marchés financiers

Invité(s) :
- Benjamin Coriat, professeur de sciences économiques à l’Université Paris 13 et co-président du collectif des Économistes Atterrés
- Olivier Pastré, professeur d’économie à Paris VIII
- Dominique Plihon, professeur d’économie financière à l’Université Paris XIII et membre du CA d’Attac France
- David Thesmar, professeur de finances à HEC

L’Économie en questions, présentée par Dominique Rousset – France Culture (14/12/2013)

Bitcoin: l’Allemagne lui donne le statut de monnaie officielle

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les milieux alternatifs. Le Bitcoin, la monnaie 100% virtuelle, vient de se voir décerner la reconnaissance officielle par le gouvernement allemand. Grâce à ce nouveau statut de “monnaie privée”, elle pourra être utilisée en toute légalité dans le cadre des “échanges multilatéraux”. La Grèce va-t-elle recevoir sa prochaine tranche d’aide en bitcoins au lieu d’euros? Pas si sûr…

Le Bitcoin est une monnaie électronique, célèbre dans la communauté “geek” et des défenseurs des libertés. C’est depuis la hausse massive de sa valeur, qu’elle s’est retrouvée sous les projecteurs de l’économie internationale. Mais ne cherchez pas un soudain élan de souplesse des argentiers allemands. L’existence juridique du Bitcoin permettra surtout à l’administration fiscale de récupérer sa part du gâteau. Eh oui, jusqu’à présent les transactions effectuées avec cette monnaie échappaient à l’impôt.

Ainsi, les gains issus d’une vente en bitcoins seront ponctionnés de 25% sur les bénéfices. Au bout d’un an, en revanche, il y aura exonération, indique le Frankfurter Allgemeine. Cela fonctionnera exactement comme la taxation sur les plus-values immobilière. Concernant les entreprises, elles devront intégrer un taux de TVA dans toutes leurs transactions en bitcoins. Du coup, cette monnaie alternative chère aux hackers va perdre un peu de son caractère rebelle…

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Olivier Delamarche : Le Bitcoin, une alternative à l’euro ?

Le 12 avril, Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion est revenu sur l’actualité économique du moment : la BoJ, le marché de l’emploi US, l’euro… Il était interviewé en direct de la conférence FXCM par Sebastien Couasnon dans Intégrale Placements, présenté par Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer, sur BFM Business.

Le Bitcoin : La monnaie virtuelle qui surfe sur la crise

L’idée d’une taxe sur les dépôts bancaires, envisagée à Chypre dans le cadre du plan de sauvetage du pays, suscite l’inquiétude de nombreux Européens qui cherchent désormais à mettre leurs économies à l’abri.

Et si certains préfèrent les cacher sous leur matelas, d’autres songent plutôt à les convertir en monnaie virtuelle. En Espagne, par exemple, plusieurs applications mobiles liées aux bitcoins connaissent ainsi un pic de téléchargement.

Apparu en 2009, le bitcoin est une devise électronique qui permet aux internautes d’effectuer des transactions en ligne gratuites, décentralisées et anonymes. La masse de bitcoins en circulation dans le monde est régie par un algorithme.

Cette monnaie ne dépend donc d’aucune banque et échappe au contrôle des États. Une particularité qui offre des possibilités de blanchiment d’argent, mais qui séduit bon nombre d’épargnants ayant perdu confiance dans le système bancaire traditionnel.
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