Perturbateurs endocriniens: le coût de l’inaction

Les perturbateurs endocriniens provoquent de nombreuses pathologies et, en dehors de quelques exceptions, la Commission européenne traîne à réglementer leur utilisation. Dix-huit chercheurs ont donc décidé de calculer le coût économique de ces poisons pour l’Europe et sont arrivés au chiffre effarant de 157 milliards d’euros par an…

Du bisphénol A dans les biberons en plastique, des pesticides organophosphorés sur la peau des fruits, du paraben dans les cosmétiques, du perchlorate dans l’eau du robinet, etc. Ces vingt dernières années, une succession d’études expérimentales et épidémiologique a démontré que de nombreux produits chimiques de notre quotidien sont susceptibles d’interférer avec l’action de nos hormones, et ainsi de nuire à notre santé. Ils peuvent, par exemple, réduire la fertilité, provoquer l’obésité, déclencher des pubertés précoces ou encore faire baisser le quotient intellectuel.

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Boites de conserve, aluminium, bisphénol… faut-il en avoir peur ?

Cet enregistrement donne l’alerte sur les effets des perturbateurs endocriniens émis en quantités infimes par les emballages et contenants utilisés par l’industrie alimentaire. Alors que des centaines d’études mettent en évidence le lien entre ces substances agissant sur le système hormonal et des problèmes de santé publique aussi variés que l’obésité, le cancer, la maladie d’Alzheimer, la puberté précoce, l’hyperactivité et l’agressivité des jeunes, les autorités politiques et sanitaires, en particulier au niveau européen, persistent à considérer qu’il n’y a pas lieu de légiférer.

Le cas du bisphénol 2, dégagé dans les aliments par certains plastiques – dont les revêtements intérieurs des boîtes de conserve – est exemplaire: finalement interdit dans la fabrication des biberons pour éviter son effet sur les nourrissons, il reste autorisé dans le conditionnement des aliments. Ceci est parfaitement incohérent lorsque on sait que le bisphénol qui affecte le développement de l’enfant provient à 10 % du biberon et à 90 % du sang de la mère durant la gestation. Comme l’explique le lanceur d’alerte et chercheur à l’INERIS André Cicolella, nous voyons là une démonstration de l’action des lobbies omniprésents dans les instances politiques.

Les effets des perturbateurs endocriniens commencent à se manifester après 10 ou 20 ans, voire seulement dans la génération suivante. En outre, comme l’explique André Aschieri, ancien vice-président de l’AFSSET, en la matière, ce n’est pas la dose qui fait le poison, mais la période de la gestation durant laquelle il agit. Ces éléments, en brouillant les pistes, facilitent indéniablement le travail des groupes de pression…

France Inter, Service public

(Merci à Jean-Pierre Schnyder)