Une étude détruit le mythe de la fourmi travailleuse

Par ses fables, Jean de La Fontaine avait pour ambition de se servir “d’animaux pour instruire les hommes”. La fable qui ouvre son premier recueil est la célébrissime historiette de La cigale et la fourmi, inspirée d’Ésope. Si l’écrivain grec montre, dans son texte, les fourmis en train de s’activer – elles font sécher du grain –, son lointain successeur français ne se donne même pas cette peine et tient pour acquise, tout en la renforçant, l’image de la fourmi travailleuse.

Cette image a pris une telle force que, dans les définitions du dictionnaire une fourmi peut désigner une personne laborieuse et une fourmilière un lieu où s’affairent un grand nombre d’humains. On a d’ailleurs attribué le succès écologique des insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites…) à la division du travail et à la spécialisation des individus qu’ils mettent en place, un mode d’organisation dont Homo sapiens s’est inspiré dans bien des domaines, que ce soit l’industrie, l’informatique, la robotique ou la logistique.

Pourtant, tout cela pourrait bien être bâti sur un mythe car fourmis et travail ne seraient pas autant synonymes que cela, si l’on en croit plusieurs études dont la dernière en date vient de paraître dans le numéro de septembre de la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

Biologistes à l’université d’Arizona, les auteurs de cet article sont partis du constat, posé par plusieurs travaux antérieurs, disant que, dans des fourmilières étudiées, environ la moitié des individus semblaient inactifs. Ils ont donc voulu vérifier si c’était bien le cas et tester plusieurs hypothèses pouvant expliquer cette “oisiveté” comme par exemple un besoin de repos imposé par l’horloge interne ou un excès de travail.
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Une biologiste lauréate du CNRS pour sa thèse sur la “crise identitaire” d’un ver (Màj)

01/10/2015

L’Alsacienne Marie-Charlotte Morin, 27 ans, doctorante en biologie cellulaire à l’université de Strasbourg, avait été la vedette de l’édition nationale et internationale de “Ma thèse en 180 secondes”. Hilarant, son one-woman show autour de la cellule rectale d’un ver qui a envie de devenir un neurone avait conquis le public.

Que lui a apporté cette gloire éphémère ? Contactée en plein congé maternité, un bébé d’un mois pleurant à ses côtés, la lauréate de la finale nationale du concours “MT180″ en juin 2014, répond cependant avec joie à francetv info : “Une opportunité théâtrale. J’ai été contactée par un metteur en scène, Alexandre Taesch, et nous avons écrit une pièce sur l’évolution au sens de Darwin. Cela s’appelle ‘Tout le monde descend. Darwin, un grand pas pour l’hominidé.’ Pendant plus d’une heure, je vais me démener sur scène pour défendre Darwin face aux créationnistes ! Je commencerai à la jouer en avril prochain à l’Illiade à Strasbourg, puis dans d’autres cafés-théâtres de la ville. Et peut-être à Paris : nous sommes déjà en contact avec des salles.

A réaliser des rêves

Noémie Mermet, elle, a remporté la finale internationale du concours MT180 en septembre 2014, pour avoir expliqué l’enjeu de “l’implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCy dans un contexte d’allodynie”. Sachez plus simplement qu’elle travaille sur le développement des symptômes douloureux chez l’enfant.


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La fabrique du surhomme soviétique

En 1917, les vainqueurs de la révolution sont confrontés à une société russe pauvre et essentiellement agricole. Pour assurer l’industrialisation du pays, il est nécessaire de mettre l’individu au service du collectif.

Les travaux de Pavlov sont mis à profit pour conditionner les ouvriers dans les usines, mais aussi rééduquer les «éléments non prolétariens» dans des camps de travail.

De son côté, le généticien Ilya Ivanov se passionne pour les croisements entre singes et humains : il espère donner naissance à un être hybride, qui servirait de robot ou de cobaye dans les laboratoires.

Sur et sous la peau

Ce fascinant safari microscopique fait découvrir les centaines de milliards d’organismes vivants qui habitent notre corps, pour le meilleur et pour le pire. Ce second volet s’insinue au plus profond de notre corps, des veines aux intestins, grâce à d’incroyables images filmées avec des microscopes électroniques de dernière génération.

Comme la Terre, le corps humain est le théâtre d’une vie sauvage insoupçonnée. Pour la découvrir, l’écologue Franck Courchamp a imaginé un étonnant safari microscopique à la rencontre des milliards de minuscules créatures qui prospèrent, s’affrontent, se nourrissent et se reproduisent sous notre peau. Certaines sont nuisibles, d’autres utiles, voire indispensables à notre survie.

Toutes participent à un subtil équilibre biologique, qui s’est construit au fil de l’évolution. Vierge de tout corps étranger dans le ventre de notre mère, nous abritons à l’âge adulte cent mille milliards de bactéries, dont 95 % des espèces sont encore inconnues.

Partie 1:

Partie 2:
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A quoi ressemblerait la Terre sans l’humanité ?

Ce pourrait être un nouveau genre de film, mieux que Jurassic Park ou tout autre production hollywoodienne post-apocalyptique : que se serait-il passé si l’Homme n’avait jamais pris possession de la Terre? Nombre de paramètres seraient à prendre en compte, car nous avons peu à peu modelé la planète, y compris des espaces que l’on considère aujourd’hui comme naturels.

Il ne s’agit pourtant pas de reconstituer “Life after people“, cette extraordinaire série documentaire sortie en 2008 sur History Channel. Dans celle-ci, le parti-pris était d’examiner le plus sérieusement possible ce qui surviendrait de nos réalisations si l’humanité disparaissait du jour au lendemain.

Effondrement des gratte-ciels, lente disparition de tout ce que nous avons construit… Les films réalisés à grand renfort d’images de synthèse n’avaient rien à envier à Hollywood. L’ouvrage d’Alan Weisman “The world without us” (le monde sans nous, traduit en français sous le titre “Homo Disparitus”) fait également bien le tour de la problématique, et le site associé offre une intéressante chronologie de la disparition des vestiges de notre civilisation.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’images apocalyptiques et de visions de statue de la Liberté à moitié submergée ou de tour Eiffel envahie par le lierre, mais de nature paisible et jamais dérangée. Ce n’est plus “et si nous disparaissions“, mais “et si nous n’avions jamais existé“.
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Polynésie : Le mystère mérou

Derrière la gueule peu avenante du mérou se cache une énigme. Un mystère bien moins limpide que les eaux de Polynésie où il batifole. Ce qui intrigue les chercheurs, c’est le curieux ballet de sa reproduction, cet énorme speed-dating qui, chaque année, à la pleine lune de juin ou de juillet, voit converger dix-huit mille poissons dans l’atoll de Fakarava, mais aussi des centaines de ­requins affamés venus profiter de l’orgie.

Pour cerner la logique de ce rassemblement unique, le biologiste et photographe sous-marin Laurent Ballesta, habitué des plongées extrêmes — on se souvient de son odyssée sur les traces du cœlacanthe —, s’est lancé un nouveau défi : s’immerger vingt-quatre heures à 20 mètres de profondeur pour une observation in situ. Cette performance humaine inédite est ­l’acmé de l’expédition dont ce film brosse le récit, entre périple high-tech et enjeux scientifiques.

Dotés d’un matériel vidéo pointu, Ballesta et son équipe cartographient les lieux en 3D, filment les attaques de requins au ralenti grâce à une caméra qui offre une précision de mille images par seconde, et jouent les limiers en eaux troubles, observateurs pointilleux d’un biotope aux beautés hypnotiques.

Racines des plantes : Le nouvel or vert ?

Les plantes et les racines sont à l’origine de nombreux médicaments. Mais il faut pour cela récupérer les principes actifs qu’elles contiennent. Des chercheurs français de l’université de Lorraine et de l’INRA ont mis au point une innovation technologique, révolutionnaire et surprenante, pour extraire des molécules de plantes. Une invention brevetée unique au monde.

Et si la traite n’était pas réservée qu’aux vaches. Imaginez que l’on puisse traire des plantes. C’est le projet un peu fou élaboré par plusieurs chercheurs. Il leur aura fallu près de quinze ans pour mettre au point cette technologie.

Parmi les plantes à traire, on trouve l’edulis, originaire du Pérou. Elle est cultivée hors-sol, c’est ce que l’on appelle l’aéroponie et sans pesticides. La culture hors-sol permet un meilleur rendement.

Lorsque la plante est prête pour la traite, les racines sont immergées pendant environ 30 minutes dans un bassin qui contient un solvant issu de la chimie verte. Il permet de faire sortir les molécules contenues à l’intérieur de la racine. Ces précieuses molécules doivent ensuite être récoltées. Grâce à un procédé d’extraction, les molécules conservent toutes leurs qualités. Une innovation qui suscite l’intérêt de laboratoires pharmaceutiques et de fabricants de cosmétiques.

La perfection technique des insectes

Des prises effectuées au très grand ralenti aident à comprendre la mécanique sophistiquée qui permet aux insectes de réaliser des sauts impressionnants.

Dick Fosbury, Mike Powell, Jonathan Edwards. Le podium des meilleurs sauteurs de l’histoire olympique serait bouleversé si les insectes pouvaient participer. Trop rapides, trop vifs, les insectes agacent tout autant qu’ils impressionnent par leur capacité à exécuter des mouvements à une vitesse qui nous dépasse.
Mécanique

Les derniers résultats présentés jeudi 2 juillet 2015 à la conférence annuelle de The Society for Experimental Biology par des chercheurs des universités de Bristol et de Cambridge décryptent comment les hexapodes sont capables de telles prouesses physiques. Et peut-être comprendre pourquoi il semble impossible d’attraper cette satanée mouche ou d’écraser ce moustique qui vous empêchent de dormir depuis des heures.

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Le Pr Séralini dénonce des tests faussés sur les pesticides et OGM

Une nouvelle étude de Gilles-Eric Séralini assure que les tests de commercialisation des OGM et des produits chimiques sont faussés car l’alimentation des rats de laboratoire serait elle même polluée. Polémique en vue.

La nouvelle étude réalisée par Gilles-Eric Séralini, de l’université de Caen, provoquera encore sans doute une controverse. Selon ses travaux publiés ce soir dans PLOS one, tous les tests de réalisés au cours des 50 dernières années pour déterminer l’autorisation de commercialiser les produits chimiques ou les OGM seraient faussés.

En cause : l’alimentation des rats de laboratoires utilisés pour mener ces tests de toxicité. Elle contiendrait déjà des pesticides, des métaux lourds, des dioxines et de PCBs à des quantités pouvant induire une toxicité, selon le biologiste et ses confrères Robin Mesnage et Nicolas Defarge. 

Cette nouvelle étude qui a coûté une cinquantaine de millier d’euros (salaires des étudiants compris) a bénéficié du soutien des régions Île-de-France et Rhône-Alpes ainsi que des Fondations Lean Nature, Charles Léopold Mayer et du CRIIGEN.
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Ce que mes gènes disent de moi

Quelle est l’influence du patrimoine génétique et de l’environnement sur le comportement ? Peut-on changer sa personnalité ? Ce documentaire original et éclairant livre des réponses en filmant l’enquête très personnelle de la journaliste scientifique danoise Lone Frank.

Guyane : 50 scientifiques recensent la biodiversité

L’initiative est hors-norme. 50 scientifiques ont été envoyés pour un mois en plein sud de la Guyane, dans le massif du Mitaraka, à la frontière du Brésil et du Suriname. L’endroit est accessible seulement par hélicoptère.

L’opération “Planète revisitée” s’est installée là avec deux missions: “Essayer de compléter l’inventaire du vivant, autant que faire se peut ce qui est à porté de main d’une ou deux générations si l’on s’en donne un peu les moyens et surtout de travailler sur les groupes les plus vastes et les moins connus, en particulier les invertébrés“, détaille Olivier Pascal, Coordinateur de l’opération.

Menée par le Muséum d’histoire naturelle et l’ONG Pro Natura, cette opération est un défi logistique. Avec l’aide des militaires, il a fallu déboiser une parcelle pour le campement puis installer des centaines de pièges en tout genre. Car découvrir des nouvelles espèces de jour comme de nuit est l’un des buts principaux de cette exploration botanique.

Une fois les nouvelles espèces décrites, elles viendront enrichir une large base de données accessible au public. 5.000 espèces pourraient être identifiées pour cette expédition.

Le buis est en danger

Les jardins à la française sont-ils en danger ? Depuis quelques années, une mystérieuse maladie ronge le buis, véritable star de ces parcs. L’arbuste est aujourd’hui menacé par deux fléaux : un champignon microscopique, le volutella, et la pyrale du buis, un papillon dont la chenille dévore les feuilles.

John Nash est mort, la théorie des jeux est encore bien vivante

Le mathématicien américain John Forbes Nash et son épouse sont morts samedi 23 mai à l’âge de 86 ans dans un accident de taxi. Vous connaissez sans doute son histoire grâce au film “un homme d’exception” (A beautiful mind) dans lequel son rôle était joué par Russel Crowe.

John Nash venait de recevoir le prix Abel de mathématiques. Mathématicien de génie, Nash a sombré dans la schizophrénie à trente ans, pour n’en sortir qu’à l’âge de 60 ans. Il s’était vu décerner le prix Nobel d’économie en 1994 pour sa contribution à la théorie des jeux . Celle-ci est devenue un puissant outil dans de nombreuses disciplines où l’on cherche à définir des choix rationnels optimaux – en psychologie, science politique, géostratégie, écologie…

La théorie des jeux a connu son essor dans les années 1940, avec les travaux de John von Neumann et Oskar Morgenstern, qui s’intéressèrent d’abord à des situations à deux joueurs, à somme nulle – où le gain de l’un est la perte de l’autre. Mais au-delà, « c’était un résultat très intéressant en économie, qui allait à l’encontre de la Main invisible d’Adam Smith, supposée bénéfique à tous », souligne le mathématicien Ivar Ekeland (université Paris-Dauphine).

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Les neurones qui ont formé la civilisation 

Le neurologue Vilayanur Ramachandran présente ici les fonctions des neurones « miroir », qui interviendraient entre autres dans les fonctions d’empathie. C’est l’occasion de nous faire réfléchir sur les places respectives de la biologie et de l’esprit, ou âme, dans les fondements des actes moraux.

(Merci à Tilak)

Cancer, la piste oubliée

Maladie la plus ancienne et la plus partagée dans les mondes animal et végétal, le cancer tue huit millions de personnes par an. Pourtant, dès les années 1970, les chercheurs pensaient avoir identifié l’origine de cette prolifération nocive de certaines cellules du corps

Dans le sillage de Michael Bishop et Harold Varmus, qui localisent l’ennemi dans le noyau des cellules, la théorie génétique – ou mutationnelle – s’impose. Les scientifiques s’emploient alors à traquer les oncogènes, ces gènes dont la mutation provoque le cancer, et à mettre au point des thérapies ciblées. Mais la communauté scientifique ne s’est-elle pas perdue dans le détail ? Aujourd’hui, des chercheurs et médecins tentent de révolutionner la compréhension et le traitement de la maladie en prônant une autre approche.

Selon eux, le cancer correspondrait à un dérèglement du métabolisme cellulaire. Ne parvenant pas à absorber les aliments, en particulier le glucose, les cellules cancéreuses fermentent et se divisent sans cesse.

Appelé “effet Warburg”, du nom du médecin allemand qui l’a découvert dans les années 1920, ce processus fait un retour en force dans la recherche. Des laboratoires développent ainsi de nouvelles thérapies et des cancérologues comme le professeur Laurent Schwartz testent des traitements expérimentaux à base de médicaments prescrits pour d’autres indications – notamment des antidiabétiques.

Réalisé par Marie-Pierre Jaury (France 2014)

Qu’est ce que le biomimétisme ?

Le biomimétisme désigne le transfert et l’application de matériaux, de formes, de processus et de propriétés remarquables observées à différentes échelles du vivant, vers des activités humaines1. C’est un domaine émergent de la recherche qui comprend des sous-domaines tels que la bionique et la bio-assistance, l’architecture biomimétique.

Il s’agit d’une ingénierie inspirée du vivant qui cherche à tirer parti des solutions et inventions produites par la nature (les écosystèmes, les services écosystémiques) ; solutions sélectionnées parmi de nombreuses autres depuis 3,6 milliards d’années, efficace d’échelles nanométriques aux échelles macroscopiques et écosystémiques.

Face à la crise tant économique qu’écologique liée à la surexploitation des ressources naturelles, de nombreux chercheurs, architectes, industriels, prospectivistes et certains gouvernements estiment que le biomimétisme pourrait aussi être un vecteur de mutation, d’une économie « carbonée », très polluante et consommatrice d’espace, d’énergie et de ressources naturelles minérales vers une « économie verte » s’appuyant sur des technologies simples, propres, sûres et sobres, une transition énergétique, voire vers la transition écologique et sociale.

Alain Prochiantz : « Les bactéries pensent aussi »

Alain Prochiantz, professeur au Collège de France à la chaire de processus morphogénétique revient sur les méandres de sa carrière, ce qu’il appelle des « accidents ». L’un d’entre eux (une découverte majeure et inattendue) a redessiné les contours théoriques de sa discipline et ouvert de nouvelles voies thérapeutiques.

C’est le scientifique qui se livre ici, mais aussi le philosophe des sciences et l’artiste. Car pour lui toutes ces activités se nourrissent les unes des autres.

Le ventre est-il notre second cerveau ? (Audio)

Cette émission de Science Publique fournit des informations captivantes sur le système intestinal, que la science commence à considérer comme notre second cerveau. Riche d’une centaine de millions de neurones, celui-ci gère de manière indépendante la désagrégation et l’assimilation des aliments. Mais surtout, il héberge une population de cent mille milliards de micro-organismes – dix fois le nombre de nos cellules – constitués en majorité de bactéries. La composition de cet écosystème, nommé microbiote, est spécifique à chaque individu.

Il contiendrait en effet plusieurs centaines de millions de neurones. Mais ce qui distingue surtout nos entrailles de notre encéphale, c’est la population qui l’habite. Il s’agit du microbiote intestinal, ou flore intestinale, qui contient pas moins de 100.000 milliards de micro-organismes. Soit deux fois plus que le nombre de cellules qui composent notre propre organisme.

Longtemps, cet univers intérieur est resté largement inexploré. Mais depuis les années 2000, la baisse du coût des techniques de séquençage de l’ADN permet aux chercheurs d’étudier ces populations de bactéries sans avoir à les cultiver en laboratoire. Ils commencent ainsi à analyser les 400 ou 500 espèces que nous abritons et qui participent activement à la fermentation des aliments mais aussi à l’entrainement de notre système immunitaire ou à la fabrication de vitamines.

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États-Unis : Un an dans la vie d’une forêt

David G. Haskell, 45 ans, biologiste américain, a choisi de prendre un biais original pour faire avancer la connaissance de la biologie évolutive. Il a pendant une année, jour après jour, étudié l’évolution d’une forêt des Appalaches en focalisant son attention sur un unique mètre carré de verdure.

Et c’est à partir de ce microcosme qu’il va percer des mystères qui dépassent de beaucoup ce qu’on peut attendre d’une observation d’un espace aussi circonscrit. Au fil de quarante-cinq petits essais qui suivent le rythme des saisons et les subdivisent, on le voit allongé à même le sol, scruter à la loupe sa parcelle, sans jamais la toucher ni l’écraser ni la gratter.

De janvier à décembre, il y a scruté à la loupe le monde animal et végétal. Dans une atmosphère de recueillement digne du Walden de Thoreau, il décrit l’infinie ingéniosité des lois qui gouvernent le vivant, et interroge ni plus ni moins la place de l’homme en son cœur.

Et méthodiquement, patiemment, ausculter les salamandres, les escargots, les insectes, les champignons, les mousses, les bactéries, les papillons, les fourmis de feu, les guêpes, les lucioles, les tritons, les sauterelles… décrire le vent, la lumière, les pierres, les fleurs, un tremblement de terre, une tempête, une pluie diluvienne, le passage d’un vautour, d’un cerf ou d’un coyote.
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Mirko Beljanski : Une nouvelle approche thérapeutique du cancer

Par Henri Boiteux, Agrégé de l’Université, Ancien Administrateur de l’Institut de Recherches Scientifiques sur le Cancer (C.N.R.S).

Talentueux chercheur biochimiste français, Beljanski a mis au point des médicaments enfin efficaces et non toxiques permettant de soigner le cancer au début des années 1980. Infirmant les positions établies du dogme biologique et médical sur cette maladie, sa recherche fut frappée d’un ostracisme implacable.

Ses découvertes, pourtant parfaitement fondées scientifiquement, permirent la guérison de milliers de patients avant que les pressions de l’estabishment médical et de la justice aient raison de l’espoir de les voir mises à disposition du public.

Émission consacrée à Mirko Beljanski, diffusée sur Radio Courtoisie dans le Libre Journal de Serge de Becketch le 25/12/1996

Introduction
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Quand le nocif se fait nanométrique (Audio)

Les produits contenant des nanoparticules envahissent de plus en plus vite notre quotidien. Rappelons qu’1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu’un mètre. Ces nouvelles nano molécules hightech sont développées dans de nombreux domaines. En métallurgie, en chimie comme en biologie et ainsi, aussi, dans leurs utilisations médicales.

C’est à ces dernières que nous nous intéressons. Souvent, les ingénieurs en recherche et développement qui inventent de nouvelles applications des Nanos sont commercialisés sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation qui les oblige à tester la toxicité des substances avant de les vendre.


Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts. Or on peut dire, sans exagération, que cette opération « nano », menée à l’échelle planétaire, souvent avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

Invité : Roger Lenglet, Philosophe, journaliste, auteur de Nanotoxiques.

(à partir de 4’50″)

France Culture – Continent Sciences (27/10/2014)

Merci à Martine

Fabrice Nicolino : « Face à l’industrie chimique, tout le monde est tétanisé » (màj audio)

Mise à jour du 04 octobre 2014

Dans l’émission de France Inter “CO2 mon amour”, le 20 septembre 2014, Denis Cheissoux recevait le journaliste Fabrice Nicolino, au sujet de son nouveau livre consacré à l’industrie chimique. Également présent, Stéphane Sarrade chef du département de physico-chimie à la Direction de l’énergie nucléaire du CEA.

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France Inter

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90 millions de substances : tel est l’héritage, non définitif, que nous lègue l’industrie chimique depuis son inexorable essor, lors de la Première guerre mondiale. Parmi elles, combien de substances toxiques – DDT, phtalates, bisphénol A, cancérogènes et autres perturbateurs endocriniens… ? Pourquoi un tel silence, une telle absence de contrôle ?

Dans son livre « Un empoisonnement universel », le journaliste Fabrice Nicolino raconte l’histoire de cette industrie et comment elle a, impunément et littéralement, inondé nos vie de molécules.

Une situation dont nous prenons conscience seulement aujourd’hui en constatant ses terribles conséquences, de l’explosion des cancers à celle la maladie d’Alzheimer en passant par le diabète. Entretien.

Basta ! : Votre nouveau livre traite de l’impact sanitaire des substances chimiques, omniprésentes dans notre vie quotidienne. Il constitue à la fois une histoire de la chimie de synthèse et un véritable réquisitoire contre l’industrie chimique. Quelle est l’origine de ce projet ?

Fabrice Nicolino : [1] Cela fait très longtemps que je m’intéresse aux questions de contamination chimique. En 2007, j’ai notamment publié, avec François Veillerette, un livre intitulé Pesticides. Révélations sur un scandale français. Il y a une douzaine d’années, j’ai été profondément marqué par une étude publiée par une ONG américaine appelée EWG.

Ils avaient fait une expérience absolument incroyable, controversée à l’époque mais confirmée depuis: ayant testé des volontaires dans neuf États américains, résidant loin de toute usine chimique, ils avaient montré que tous sans exception avaient dans le sang des douzaines et des douzaines de molécules toxiques.

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On a retrouvé la mémoire de l’eau !

Mort en 2004, Jacques Benveniste, chercheur à l’Inserm, fut au centre d’une controverse mondiale avec sa thèse sur la mémoire de l’eau. Appliquant cette théorie à ses propres recherches, le prix Nobel de médecine Luc Montagnier a fait un constat surprenant qui provoquera peut-être une révolution en matière médicale…

A l’origine de la vie sur Terre, l’eau est indispensable à la survie des espèces. Mais, pour certains scientifiques, cet élément fondamental aurait des capacités insoupçonnées.

Dans les années 1980, un médecin immunologue de renom, Jacques Benveniste, affirmait avoir découvert que l’eau serait capable de garder en mémoire les propriétés des molécules avec lesquelles elle a été en contact, même lorsqu’elles ne s’y trouvent plus. Une étonnante théorie qui a fait l’objet d’une énorme controverse.

Mon cerveau a-t-il un sexe ?

Les hommes et les femmes semblent ne pas toujours voir le monde de la même manière. Cette divergence d’appréciation peut-elle s’expliquer par des différences biologiques fondamentales entre le cerveau masculin et le cerveau féminin ? Cette question n’est jamais neutre.

De la biologie aux dernières découvertes en sciences humaines, la réalisatrice enquête et secoue les idées reçues.

Le devenir-nègre du monde

L’historien et politiste Achille Mbembe invite à penser le monde contemporain à l’aune de ce que fut la «condition nègre» depuis la traite atlantique, tout en dessinant une réflexion critique sur les potentielles dérives du capitalisme néolibéral.

Serons-nous tous «nègres» demain? C’est sur cette question que s’ouvre l’ouvrage Critique de la raison nègre. Son auteur, l’historien camerounais Achille Mbembe, le présente comme «un style de réflexion critique sur le monde de notre temps».

Achille Mbembe voit ainsi dans ce devenir de l’individu à l’ère néolibérale «une universalisation tendancielle de la condition nègre». Une telle société conduit finalement à une relégation des individus à une humanité superflue, livrée à l’abandon, dont le capital n’a guère besoin pour son fonctionnement.

Ces deux moments –la traite atlantique et l’ère du néolibéralisme– sont entrecoupés par celui de la lutte pour l’émancipation –marqué par exemple par le mouvement pour les droits civiques, ou plus récemment la fin de l’apartheid.

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Biologie de synthèse : Les multinationales veulent industrialiser la vie

Par Agnes Rousseaux

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations.

Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide.

Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension: on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

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La permaculture et ses principes

Présentation de la permaculture (ou agriculture permanente) par Christophe Koppel. Ce type de culture nous invite à observer la dynamique des écosystèmes naturels. On peut appliquer ensuite la connaissance acquise en construisant des écosystèmes qui servent nos besoins – humains – sans dégrader l’environnement naturel.

Les sites permaculturels intègrent les plantes, les animaux, les paysages, les structures et les humains dans des systèmes symbiotiques où les produits d’un élément satisfont les besoins des autres.

Le principe fondamental de la permaculture est de transformer les difficultés en opportunités, les problèmes en solutions, et les “déchets” en ressources.

Une fois établi, le système permaculturel peut être maintenu en utilisant un minimum de matériaux, d’énergie et de labeur. En recyclant les ressources utilisées à nouveau dans le système, la permaculture minimise aussi la pollution.

Partie 1:

Partie 2:
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Tibet : Plus cher que l’or, “le viagra brun de l’Himalaya”

Étonnante mutation entre l’animal et le végétal, le cordyceps sinensis est la combinaison unique d’une chenille et d’un champignon qui pousse à l’état sauvage sur les hauts plateaux du Tibet et en Himalaya, à plus de 4000 mètres d’altitude.

Cet organisme étrange a toujours eu la réputation de stimuler et régénérer les facultés physiques et les défenses immunitaires. Il est un des ingrédients de base de la pharmacopée asiatique. Mais depuis 1993, date de la victoire de deux chinoises championnes mondiales d’athlétisme, le cordyceps, surnommé le ” viagra de l’Himalaya “, n’est plus seulement un revenu pour les populations de nomades mais aussi pour tout un réseau de commerçants qui voient en lui un produit encore plus lucratif que le ginseng.

Sa demande croissante fait qu’il se négocie autour de 25.000 euros le kilo en 2008, plus cher que l’or !

La société tibétaine est remodelée, les nomades se sédentarisent avec l’argent de la récolte et la course au profit pousse les laboratoires chinois et internationaux à isoler la cellule souche qui permettrait d’en faire un médicament bien moins onéreux. Mais aucune étude clinique fiable ne permet de vérifier ces propriétés nous confie le directeur de l’université de biologie de Hong Kong.

L’esprit des plantes

Et si les plantes cachaient bien leur jeu ? De la mémoire des légumineuses à la sensibilité musicale du Desmodium girans, un aperçu renversant de l’intelligence végétale.

Selon les classifications naturalistes, il existe un véritable abîme entre le monde animal et le monde végétal. Pourtant, sur les traces de Charles Darwin, des biologistes réputés sont en train de montrer que l’intelligence des plantes est peut-être une réalité. Les plantes mettent en œuvre des stratégies sophistiquées pour vivre leur sexualité, mais aussi pour voyager. Elles éprouveraient des sensations. Elles auraient même de la mémoire.

Jacques Mitsch met en scène avec humour la vraie vie des plantes pour nous révéler leurs talents cachés, sans jamais se départir de sa rigueur scientifique. Nous entraînant aux frontières mouvantes qui séparent les règnes animal et végétal, il nous tend au passage un miroir drolatique et passionnant.

Radio Courtoisie : “Les risques des vaccins”

Libre Journal des sciences et des techniques diffusé le 15 février 2013. Paul Deheuvels, assisté d’Étienne Chaudron, recevait Michel Georget, professeur de biologie émérite et Sylvie Simon, journaliste, écrivain, pour une émission consacrée aux risques des vaccins.

Paul Deheuvels, de l’Institut, est professeur à l’université Pierre et Marie Curie, directeur du laboratoire de statistique théorique et appliquée (LSTA). Il est membre de l’Académie des sciences depuis l’an 2000.

(Merci à Le Chiffre Le Fer)