Allemagne : Des fermes d’État à l’agrobusiness

Par Rachel Knaebel

Main basse sur les terres de l’Est. Après avoir connu la noblesse prussienne, la collectivisation, les coopératives et la transition, l’agriculture est-allemande suscite désormais l’appétit de grands investisseurs souvent étrangers au secteur. Une situation paradoxalement favorisée par les structures héritées du régime communiste.

Peu après la réunification de 1990, l’agriculture est-allemande a vu arriver des investisseurs sans passé d’exploitants mais aux poches bien pleines. Le patron d’un empire industriel de la gestion des déchets (Remondis) a ainsi acheté en 1994 plusieurs des 465 domaines agricoles gérés directement par l’État au temps de la République démocratique allemande (RDA).

Appelées « biens du peuple », ces fermes représentaient moins d’un dixième des terres est-allemandes cultivées. L’agriculture de la RDA s’organisait plutôt autour de coopératives agricoles de production, soumises au contrôle du régime mais constituées des sols et des équipements mis en commun lors de la collectivisation forcée qui dura jusqu’en 1960 — en 1945, les Soviétiques avaient exproprié les propriétaires terriens possédant plus de 100 hectares et étatisé les terres.

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Biogaz : Comment ça marche ?

La production de biogaz, diminuant les émissions de CO2 dans l’atmosphère, et réduisant les besoins en énergies primaires, est une alternative intéressante à la production d’énergie verte.

Ce domaine, avec ses apports en électricité et chaleur, est encore à développer, mais tend vers des possibilités encore plus vastes (carburants, gaz vert), et n’est donc pas à négliger.

La fausse promesse d’une énergie propre

Les alternatives aux méthodes de production d’énergie actuelles sont-elles réellement plus écologiques ? Le rendement trop faible de l’éolien et du solaire oblige à se tourner vers d’autres solutions. Mais paradoxalement, les productions de biogaz et de biocarburants, par exemple, ont un impact négatif non négligeable sur l’environnement… Et partout, des multinationales régissent le marché de l’énergie. Paysans syndicalistes, experts, commissaires européens et militants écologistes témoignent pour mieux décrypter certains conflits d’intérêts entre politiques et industriels.

Biogaz, biocarburants, charbon propre… : enquête aux quatre coins du monde, sur des énergies pas vraiment vertes.

(Merci à Nop)

Allemagne : Le citoyen, source principale d’énergie renouvelable

Alors que le «tournant énergétique» allemand est ralenti par les batailles de divers lobbys industriels et politiques, plusieurs études récentes montrent que c’est surtout le citoyen germanique lambda qui assure le développement du courant vert.

ÉCO QUARTIER VAUBAN À FRIBOURG-EN-BRISGAU

Selon l’enquête de l’institut TrendResearch de Brême, les panneaux solaires vissés sur les toits des particuliers ou les éoliennes et centrales à biogaz détenues par des privés représentent près du tiers des installations produisant de l’énergie renouvelable. Soit, en tout, 25 gigawatts de puissance installée, l’équivalent d’une quinzaine de centrales nucléaires classiques.

Claudia Kemfert, directrice du département Energie à l’Institut allemand de recherche économique (DIW), confirme :

«On peut dire que, pour l’instant, le développement du renouvelable est une affaire privée… Les chiffres du ministère parlent d’eux-mêmes : 50% du financement est assuré par les particuliers contre moins de 7% pour les quatre gros producteurs d’énergie.»

Bien sûr, ces derniers investissent aussi. Mais surtout dans de lourds projets, notamment les parcs éoliens offshore, qui accumulent actuellement retards et problèmes techniques.

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Transformons nos déchets alimentaires en énergie

Notre nourriture deviendra-t-elle l’énergie de demain ? C’est le pari que fait le conseil de la ville d’Auckland, où les déchets alimentaires atteignent les 75,000 tonnes chaque année.

Actuellement, ces déchets sont entreposés dans des décharges, ce qui produit différents gaz polluants et lixiviats.  Imaginons un processus de transformation où le méthane produit par les déchets peut être capturé et brûlé afin de produire chaleur et électricité. Les solides restants peuvent être utilisés comme compost ou engrais. Ce processus, aussi appelé technologie de méthanisation, existe partout dans le monde.

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Energie : dix solutions méconnues qui peuvent changer le futur

Le débat national sur la transition énergétique qui s’engage en ce début d’année est l’occasion d’agrandir son champ de vision sur les potentialités des énergies durables. Le futur offre un panel de ressources et de techniques d’énergies encore méconnues et néanmoins prometteuses.

SEAREV (Système Électrique Autonome de Récupération de l’Énergie des Vagues)

Qui dit énergies durables dit le plus souvent éoliennes, photovoltaïque, hydraulique ou biomasse. Mais le panier de ces énergies est plus grand qu’on ne croit et plein de surprise. L’avenir énergétique de la planète est en effet bien plus riche qu’il n’y paraît.

Voici dix solutions encore peu exploitées, qui d’ici 10, 20 ou 50 ans viendront compléter notre mix énergétique. A condition que les recherches aboutissent, que les moyens financiers suivent et que l’éthique écologique soit associée au développement de certaines d’entre elles.

1. L’huile d’algue

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Autriche : Une ville exemplaire pour les énergies renouvelables

La ville de Güssing, dans la province du Burgenland (est de l’Autriche), se veut la championne européenne des énergies renouvelables. Ces énergies, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), utilisent des flux inépuisables d’origine naturelle (soleil, vent, eau, croissance végétale).

«Il y a une quinzaine d’années, la région de Gussing était la plus pauvre d’Autriche, et la population, confrontée à des difficultés économiques, était obligée de partir chercher du travail ailleurs. Il fallait faire quelque chose», indique le patron de ce centre de compétence pour les énergies renouvelables.

Les élus locaux ont alors décidé de mettre en place un nouveau plan énergétique, mettant à profit la grande quantité de biomasse (les matières organiques produites par les végétaux et les animaux) disponible dans la région, afin de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.

L’application de ce plan, piloté par le Centre européen des énergies renouvelables, un organisme sans but lucratif, a ainsi permis la création progressive de 35 installations de production d’énergie, sous forme de sociétés d’économie mixte avec la participation des agriculteurs locaux pour l’approvisionnement des matières organiques.
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Du colza pour dépolluer Tchernobyl

Pour réduire la contamination radioactive des sols, de nouvelles méthodes scientifiques sont expérimentées avec le soutien salutaire d’experts japonais.

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Près de vingt-cinq ans après la catastrophe [qui a eu lieu le 26 avril 1986], les habitants qui, en dépit des lois et des interdictions, sont restés vivre dans les environs de Tchernobyl ont peut-être enfin de quoi espérer.

Dans le cadre du CRDP, le Chernobyl Recovery and Development Programme [Programme de réhabilitation et de développement de Tchernobyl], développé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la région peut s’attendre à de véritables changements. La communauté internationale met l’accent sur la nécessité d’une transition vers une vie stable dans ces territoires où la contamination radioactive a diminué de façon significative depuis 1986.

Mais la situation reste peu réjouissante dans le domaine de la santé. Car des gens vivent encore sur les terres polluées par les radiations, y compris dans des villages d’où ils auraient dû être évacués depuis longtemps.

Contamination des cultures

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Énergies renouvelables : Le scandale financier

Le thème des énergies renouvelables, accaparé par les spéculateurs du moment, relève du scandale financier. C’est finalement l’ensemble des acteurs économiques qui paiera le gâchis, dû à un laxisme politique où se côtoient incompétence et pratiques douteuses, sous couvert d’un discours vertueux. Le débat sur l’énergie et l’écologie n’en est que très mal engagé.

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On avait connu bien des « plans » étatiques, sensés promettre développement technologique, emplois et richesse collective, sombrer dans des fiascos retentissants malgré des milliards versé à fonds perdus : plan calcul, chantiers navals, machines outils, Crédit Lyonnais… Cette fois, c’est sur le thème des énergies renouvelables que des élus étalent leur incapacité à traiter un sujet d’envergure avec rationalité, bon sens, et sérieux.

Au delà des effets de manche, tout reste à faire pour définir et promouvoir une politique énergétique compatible avec l’écologie vraie. Mais il faudra préalablement que le public prenne conscience du rôle pervers de l’écologie politique comme moyen de prise de pouvoir par des affairistes aux pratiques douteuses.

Au cas particulier, il est hélas d’emblée patent que, telles qu’elles sont engagées, les pratiques ne sont non seulement pas porteuses, mais recèlent tous les ingrédients d’un des grands scandales financiers de ce début du siècle : une espèce de processus à la Madoff, dont les ficelles sont totalement visibles pour qui veut les voir, basé sur un dispositif où l’enthousiasme de quelques personnalités politiques, à la carrière proche de l’affairisme le plus douteux, impose, sur le dos de la collectivité et par la force de la loi, un système de prélèvements financiers au profit d’un petit nombre de personnes.

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