Portugal : Lisbonne transforme ses parcs en potagers urbains

A Lisbonne, la municipalité a réagi à la crise en faisant le pari que l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social. Des hectares d’espaces verts sont devenus des potagers urbains, et les parcelles attribuées sur critères sociaux à 500 familles. Une façon d’augmenter leurs revenus, tout en améliorant la résilience de la ville et en répondant au changement climatique.

Et si l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social? C’est le pari qu’a fait la mairie de Lisbonne. Car avec la crise, « les gens quittaient la ville et la qualité de vie baissait », observe Duarte Mata, architecte et conseiller auprès du maire en espaces verts et développement durable.

Depuis 2008, la municipalité a décidé de revoir son approche. Au programme : jardins, vergers et potagers urbains, parcs, corridors verts et pistes cyclables pour relier tous ces espaces de respiration.

Sur 32 hectares d’espaces verts, 7 sont devenus des potagers ou des jardins urbains. Des parcelles de 50 mètres carrés pour les plus petites, 1.500 mètres carrés pour les plus grandes, ont été attribuées à 500 familles. Le but est de doubler ce chiffre d’ici 2017.
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Afrique : Ériger des clôtures pour protéger les espèces

Les pays africains sont souvent critiqués pour leur incapacité à relever leurs défis environnementaux. Les observateurs citent en particulier la disparition des habitats naturels face à la pression démographique, la dégradation des terres et l’industrialisation. Et surtout, la critique la plus courante est que l’augmentation du braconnage menace la survie d’espèces en danger comme les éléphants et les rhinocéros.

Le Kenya a toutefois mis en œuvre un important et novateur projet de conservation de la biodiversité. Entamé dans les montagnes Aberdare, au centre du pays, le projet Rhino Ark avait pour objectif initial de protéger le rhinocéros noir, en danger critique d’extinction, des ravages opérés par les gangs de braconniers.

Le principal enseignement à retirer de ces initiatives est simple : de bonnes clôtures sont bénéfiques pour tous.

Ce projet est soutenu par ceux-là mêmes qui auraient pu s’y opposer: les communautés locales des régions agricoles limitrophes, parmi les plus productives du pays.
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Guyane : 50 scientifiques recensent la biodiversité

L’initiative est hors-norme. 50 scientifiques ont été envoyés pour un mois en plein sud de la Guyane, dans le massif du Mitaraka, à la frontière du Brésil et du Suriname. L’endroit est accessible seulement par hélicoptère.

L’opération “Planète revisitée” s’est installée là avec deux missions: “Essayer de compléter l’inventaire du vivant, autant que faire se peut ce qui est à porté de main d’une ou deux générations si l’on s’en donne un peu les moyens et surtout de travailler sur les groupes les plus vastes et les moins connus, en particulier les invertébrés“, détaille Olivier Pascal, Coordinateur de l’opération.

Menée par le Muséum d’histoire naturelle et l’ONG Pro Natura, cette opération est un défi logistique. Avec l’aide des militaires, il a fallu déboiser une parcelle pour le campement puis installer des centaines de pièges en tout genre. Car découvrir des nouvelles espèces de jour comme de nuit est l’un des buts principaux de cette exploration botanique.

Une fois les nouvelles espèces décrites, elles viendront enrichir une large base de données accessible au public. 5.000 espèces pourraient être identifiées pour cette expédition.

La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

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Des protocoles pour faire valoir les savoirs traditionnels face à la biopiraterie

Les peuples autochtones et les communautés locales ont un rôle crucial dans la conservation de la biodiversité, exploitée sans leur consentement. Zoom sur les moyens de protéger ces patrimoines bioculturels et faire reconnaître les droits coutumiers.

Comment faire reconnaître les droits coutumiers des populations autochtones sur le terrain afin d’éviter l’appropriation de leurs savoirs traditionnels sans leur consentement préalable et sans le partage des avantages et des bénéfices qui en résultent ?

Les savoirs traditionnels jouent un rôle essentiel car ils guident la découverte de médicaments. Pour les entreprises qui en tirent profit, ces savoirs ancestraux deviennent le plus souvent des ressources génétiques brevetées, oublieuses des origines auxquelles elles sont redevables.

On estime que 60% des produits pharmaceutiques disponibles sont dérivés de plantes, à l’image du Pélargonium, un géranium sud-africain utilisé pour soigner de nombreuses maladies sur lequel la compagnie allemande Schwabe a déposé des brevets sans le consentement préalable des communautés sud-africaines qui utilisaient ce produit depuis des millénaires. Au Brésil, la lutte contre la biopiraterie est devenue une cause nationale.

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Enquête sur les lobbies de la pêche industrielle

En 2013, une grande campagne de sensibilisation avait montré les effets dévastateurs de la pêche en eau profonde. Malgré l’aberration écologique et économique de ce type de pêche, le Parlement européen a refusé son interdiction. Un documentaire dévoile les dessous de ce vote scandaleux.

Arbre champêtre : Source de fertilité et pilier de l’agriculture

Conférence d’Alain Canet sur l’agroforesterie. L’arbre y est vu comme un outil de production à part entière, qui participe à la protection et à la régénération de la terre « en emmenant les pollinisateurs, en protégeant du vent, en produisant un microclimat, en limitant l’érosion ». Une pratique ancestrale puisqu’on en retrouve la trace à l’époque des Romains.

« L’effondrement qui vient »

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne (co-auteur avec Genevieve Azamde et Raphael Stevens de « Comment tout peut s’effondrer »). Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

Sur quels faits vous appuyez-vous pour affirmer que l’effondrement est possible ?

Nous avons rassemblé un faisceau de preuves qui viennent des publications scientifiques. Les plus évidentes sont liées au fait que notre civilisation est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette.
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Mais d’où viennent vraiment les légumes anciens ?

Faute de rentabilité, nos carottes, tomates ou pommes de terre ont vu disparaître, au fil des siècles, leurs cousines régionales, pourtant souvent plus goûteuses. Aujourd’hui, des passionnés les déterrent.

La carotte ? Orange et cylindrique. La tomate ? Rouge et bien ferme. Aujourd’hui, seules quelques rares variétés de fruits et de légumes colorent nos assiettes. Résultat d’un siècle d’effondrement de notre « biodiversité alimentaire ».

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les trois quarts de la diversité génétique des cultures ont été perdus entre 1900 et 2000. Les Etats-Unis ont ainsi perdu plus de 90 % des variétés de choux, pois et maïs cultivées au XIXe siècle.

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Montpellier : Il se nourrit de plantes sauvages et s’en porte bien

Depuis 15 ans, Jean se nourrit uniquement de riz et de plantes sauvages, qu’il cueille dans les interstices du bitume urbain, les jardins ou les bois. Il vante les mérites de ce réservoir naturel exceptionnel mais ignoré, et son apport pour la santé.

« Je ne mange que des plantes sauvages et du riz depuis quinze ans. » Une telle affirmation a de quoi surprendre, surtout quand elle provient d’un sexagénaire pétillant. Pourtant, dans les ruelles de Montpellier, Jean Peyre passe presque inaperçu : casquette et jeans usés, il n’a pas l’air d’un excentrique.

Seul détail intrigant, il s’arrête tous les trois mètres pour ramasser une pousse verte coincée dans le bitume. Chicorée, chardon, oseille. « Nos villes regorgent de plantes comestibles, seulement, nous ne savons plus les reconnaître. »

Un choix de vie

Lui a appris, patiemment, en autodidacte. Sa bible ? Le Guide des plantes comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner. Aujourd’hui, il sait distinguer près de deux cents végétaux, et s’applique à désigner chacun par son nom latin. Un savoir encyclopédique, que Jean Peyre cultive avec passion.

« J’en apprends des nouvelles chaque année, et j’écris beaucoup, au fur et à mesure que mes connaissances grandissent. » Il compile le tout sur des centaines de feuillets, écrits à l’ordinateur en police minuscule.

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Des vestiges médiévaux à l’origine de véritables îlots de biodiversité au sein des forêts actuelles

Dans le livre The world without us1 (Le monde sans nous), le journaliste américain Alan Weisman décrit l’évolution progressive de la flore et de la faune après la disparition de l’humanité. L’auteur explique notamment qu’en l’espace de quelques siècles les villes retourneraient à l’état de forêts. Deux chercheurs de l’unité Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (Edysan – CNRS / Univ. de Picardie Jules Verne) ont voulu tester rétrospectivement cette hypothèse. Ils ont pour cela recherché l’impact des mottes castrales sur la végétation de certaines zones forestières actuelles. Leurs travaux publiés le 10 février dans la revue Ecosystems révèlent que ces habitats édifiés à l’époque médiévale influencent encore la structure des communautés végétales et la fertilité des sols qui y sont associés des siècles après leur abandon.

S’il ne fait plus de doute que les activités humaines qui se sont succédé tout au long de l’histoire ont grandement influencé la biodiversité actuelle et le fonctionnement des écosystèmes, la durée de leur incidence reste toutefois mal connue. Pour tenter d’en savoir plus, des scientifiques de l’unité de recherche Edysan (CNRS/Université de Picardie Jules Verne) ont étudié l’environnement naturel lié aux vestiges d’une vingtaine de mottes castrales situées en région Picardie.

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Tentez la Joualle : le compagnonnage des plantes au service de nos jardins

Les fermiers du sud de la France, avec la joualle, et les Indiens précolombiens d’Amérique centrale avec la milpa, ont pratiqué pendant des siècles un système de culture qui minimise le travail du paysan, utilise de façon optimale les ressources naturelles, favorise la biodiversité et protège l’environnement. Histoire d’une redécouverte et conseils pratiques, pour le bonheur de la biodiversité et la beauté de vos jardins !

Extrait du Livre d’Heures du Duc de Berry des frères Limbourg : Le mois de Juillet

La joualle : un compagnonnage harmonieux des plantes cultivées

La joualle, joala en occitan [1], est un très ancien système de culture qui remonte au début de l’époque gallo-romaine. Elle associe sur une même parcelle de la vigne poussant sur des arbres fruitiers et plusieurs autres cultures intercalaires réalisées entre les rangées d’arbres : légumes, blé, fourrage, betteraves, pommes de terre ou tabac.

Contrairement à l’agriculture intensive du 20e siècle, cette technique enrichit au lieu d’appauvrir le sol, élimine naturellement le besoin de pesticides, est très économique et fournit un régime équilibré pour le jardinier et sa famille.

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Biodiversité, état des sols, pollution : l’environnement se dégrade en Europe

Biodiversité en déclin, écosystèmes dégradés, sols et ressources naturelles sous pression, milieux aquatiques souillés, pollution atmosphérique alarmante, déchets mal recyclés… C’est un tableau plus noir que vert que dresse le rapport 2015 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), rendu public mardi 3 mars. « Notre analyse montre que les politiques européennes ont relevé avec succès beaucoup de défis environnementaux au fil des années. Mais elle montre aussi que nous continuons à malmener les systèmes naturels dont dépend notre prospérité », commente Hans Bruyninckx, directeur général de l’agence de l’Union européenne (UE).

Cette synthèse de quelque 200 pages couvre une zone géographique de trente-neuf pays, aux vingt-huit membres de l’UE s’ajoutant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Kosovo, le Liechtenstein, la Macédoine, le Monténégro, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie. Les cinq années écoulées depuis la publication du dernier rapport, en 2010, permettent de mesurer les progrès accomplis dans certains domaines, comme la qualité de l’air et de l’eau ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « La mise en œuvre des politiques environnementales et climatiques a été dans l’ensemble bénéfique au fonctionnement des écosystèmes en Europe ainsi qu’à la qualité de vie et la santé de ses citoyens », souligne le document.

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Nature, le nouvel eldorado de la finance

La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l’économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c’est-à-dire avec de l’argent.

C’est bien l’émergence d’un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac – l’auteur du Sable, enquête sur une disparition.

Des banques et des fonds d’investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées.


Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions “mouche”, “orang-outan” ou “saumon”.

En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des “certificats de bonne conduite” qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes.

Réalisé par Sandrine Feydel et Denis Delestrac (France – 2014)

La planète a atteint ses limites

Réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, perte de nutriments agricoles… jusqu’à quel point l’humanité peut-elle modifier son environnement sans risquer d’importants désagréments ? C’est en cherchant à répondre à cette question qu’une équipe de chercheurs internationaux a forgé, en 2009 dans Nature, la notion de « limite planétaire ».

Leurs travaux, qui font date, identifiaient les seuils-limite à ne pas franchir pour éviter que « le système-Terre ne bascule dans un état très différent [de l’actuel], probablement bien moins favorable au développement des sociétés humaines ».

Vendredi 16 janvier, dans la revue Science, la même équipe publie une mise à jour de cette étude et identifie quatre limites déjà franchies ou en cours de dépassement. Ces conclusions seront présentées au Forum économique mondial qui se tient à Davos (Suisse) du 21 au 24 janvier.

Changement climatique

Selon les chercheurs, les principales limites transgressées sont celles du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Les deux autres seuils franchis relèvent de dégâts locaux : l’un tient au changement rapide d’utilisation des terres, l’autre à la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore – deux éléments essentiels à la fertilité des sols.
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Un éléphant tué toutes les 15 minutes

Après s’être intéressée à la traque de Ben Laden dans Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow s’engage contre le trafic d’ivoire dans un court métrage choc.

Quand vous achetez quelque chose fait en ivoire, où est-ce que l’argent va ?”.

 Voilà la première phrase que l’on peut lire au début du nouveau court métrage de Kathryn Bigelow, réalisé en collaboration avec l’association WildAid. Intitulé Last Days, il dénonce le trafic d’ivoire et l’extinction progressive des éléphants.

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Les Etats ne se donnent pas les moyens d’enrayer l’érosion de la biodiversité

Les objectifs que s’est fixés la communauté internationale pour enrayer l’érosion de la biodiversité mondiale d’ici à la fin de la décennie ne seront, pour une majorité d’entre eux, pas atteints. Alors que s’ouvre à Pyeongchang (Corée du Sud) la 12e Conférence des Nations unies sur la diversité biologique à laquelle participent 194 Etats, un rapport d’étape, publié lundi 6 octobre, montre que les vingt cibles dites d’Aïchi adoptées en 2010 pour agir sur la disparition des espèces et la dégradation accélérée des écosystèmes ne sont pas ou trop peu mises en œuvre.

Si un changement de cap n’est pas rapidement décidé, il est donc fort probable qu’en 2020, la communauté internationale soit contrainte d’assumer une nouvelle décennie d’inaction. En 2002, les gouvernements s’étaient collectivement engagés à freiner le déclin de la biodiversité. Dix ans plus tard, aucun n’était au rendez-vous.

« Sur la base des tendances actuelles, les pressions sur la biodiversité continueront de s’accroître au moins jusqu’en 2020, et la biodiversité poursuivra son déclin », conclut ce quatrième rapport sur les perspectives de la diversité mondiale, tout en notant cependant qu’un nombre important d’Etats a mis en place des stratégies nationales.

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Troquer des graines pour préserver la biodiversité du potager

Grainothèques et bourses aux semences permettent aux particuliers de se réapproprier leur patrimoine. « En moins de 100 ans, 95 % des variétés de choux, 91 % de variétés de maïs, 94 % de variétés de pois et 81 % de variétés de tomates ont disparu aux États-Unis », explique Dr Stephen Kampelmann, économiste à l’ULB et au Centre d’écologie urbaine.

« Semences à partager. Prenez et déposez librement les graines qui vous plaisent ». C’est en ces mots que s’annonce l’intention de la boîte en carton déposée à proximité d’ouvrages de jardinage de la bibliothèque de Waimes. « Les graines contiennent de l’information, ouvrent à la réflexion, se partagent comme un livre ou une photo et passent de main en main. Elles ont dès lors toute leur place au milieu des livres », explique Roseline Lemaire, responsable de l’établissement qui se veut en transition. Cette initiative d’emprunt gratuit de graines en tout genre vient de France, où en moins d’une année, elle a conquis 60 bibliothèques municipales.

Pourquoi inciter les particuliers à troquer les graines qu’ils cultivent dans leur jardin ? La réponse vient tout droit de Sébastien Wittevert, le fondateur de l’initiative, ancien cadre en finances de marché reconverti dans le maraîchage, « pour nous interroger sur notre héritage semencier en péril et défendre la biodiversité ». L’érosion de cette dernière est majeure. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en un siècle, l’humanité aurait perdu 75 % de la diversité génétique cultivée.

En outre « 75 % de l’alimentation mondiale est générée par seulement 12 plantes et 5 espèces animales. Près de 60 % des calories et protéines végétales consommées par l’humanité ne proviennent que de 3 céréales : le riz, le maïs et le blé ». Et d’ajouter, « depuis quelques années, on assiste à une terrible standardisation génétique des plantes ». Les légumes produits dans l’Union européenne seraient issus à plus de 70 % de semences hybrides, « rendant les producteurs très dépendants des multinationales agroalimentaires. »
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La Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages en 40 ans

La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent d’une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Jan van Kessel (1626 – Anvers – 1679), “Paradis Terrestre”

Ce rapport bisannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network, et présenté à l’Unesco mardi 30 septembre, se fonde sur trois indicateurs. Le premier, l’indice planète vivante (IPV), mesure l’évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons.

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Extinction de 1.300 espèces d’oiseaux dans l’indifférence générale

Le manque de nourriture et les pesticides sont en partie responsables de la disparition des oiseaux. Entretien avec Luc Semal dont les recherches portent principalement sur la théorie politique verte (green political theory), l’écologie politique (décroissance, transition, développement durable), la sociologie des mobilisations environnementales, les politiques de biodiversité et les sciences de la conservation.

Atlantico: Depuis plusieurs années, les rapports sur la disparition des oiseaux se multiplient (lire un exemple ici). Sont-ils trop alarmistes, ou au contraire devrions-nous les prendre plus au sérieux ?

Luc Semal: Ces rapports rendent compte d’un phénomène objectivement observable, à savoir une baisse préoccupante des effectifs de nombreuses espèces d’oiseaux, dans de nombreuses parties du monde.
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Semences agricoles : comment préserver la biodiversité ?

En Europe, cinq multinationales, pour la plupart des entreprises issues de l’industrie chimique, dominent la production semencière. Elles produisent des variétés végétales qui obligent les agriculteurs à racheter des semences après chaque récolte. Mais certains agriculteurs, éleveurs et scientifiques se battent contre l’uniformisation des fruits et légumes.

Xenius – Arte (Allemagne 2014)

La sixième “extinction massive” serait en cours, à cause de l’homme

Les scientifiques s’inquiètent de la disparition accélérée de nombreuses espèces. Un phénomène qui semble indiquer qu’une nouvelle extinction massive a débuté.

Par Marie-Violette Bernard

Après les dinosaures, serions-nous la prochaine espèce condamnée à disparaître ? Une série d’articles publiés dans la revue Science (en anglais) tire en tout cas la sonnette d’alarme :

face au nombre croissant d’espèces disparues ou en voie de disparition, de nombreux biologistes craignent qu’une sixième extinction massive n’ait débuté.

Mais cette fois, le phénomène n’a pas été causé par une catastrophe naturelle de grande ampleur, c’est la faute des humains.

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Québec : Les Fermes Miracle

Il y a 20 ans, Stefan Sobkowiak se porte acquéreur d’un verger de pommiers conventionnel dans le but d’en faire un verger bio. Il se rend vite compte des limites du modèle “bio”, toujours basé sur la monoculture.

Stefan décide donc d’arracher la plupart des arbres et de replanter en s’inspirant des principes de la permaculture. Il crée ainsi un oasis d’abondance et de biodiversité qui compte plus de 100 variétés de pommes, plusieurs types de poires, prunes, cerises ainsi qu’une myriade de petits fruits, légumes et autres.

L’écologie du paysage au service de la biodiversité ?

Le programme BIODIVEA lancé en 2010 par le Ministère en charge de l’Agriculture en partenariat avec le Ministère en charge de l’Écologie, avait pour but de renforcer la mobilisation de l’enseignement agricole autour de la biodiversité. Les hypothèses liées aux expérimentations sont que les caractéristiques du paysage agricole dans sa composition, son organisation, les usages et les pratiques qui y sont liés, jouent un rôle déterminant dans la préservation de la biodiversité.

Les exemples de ce film montrent les leviers sur lesquels agir pour imaginer, concevoir et créer des paysages qui seraient favorables à une agriculture agro-écologique.

Le paysage est un concept polysémique qui recouvre plusieurs champs disciplinaires. Les représentations sociales du paysage peuvent renvoyer à des représentations culturelles et professionnelles divergentes. Pour les biologistes, les agronomes, les aménageurs, etc. le paysage ne revêt pas les mêmes significations.

Dans le cas de ce documentaire, pour aborder la question de la biodiversité dans l’espace agricole, le parti pris a été de raisonner le paysage par le biais de son écologie. En effet, le projet Casdar BiodivEA2 a été centré sur la compréhension du rôle joué par la biodiversité fonctionnelle dans les espaces agricoles.

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L’exploitation des terres rares en eaux profondes risque d’affecter l’écosystème

Les ressources minérales marines profondes offrent une capacité importante d’exploration, notamment dans le Pacifique. Mais leur exploitation pourrait impacter la biodiversité.

Une étude intitulée « Impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes » menée pendant deux ans par le CNRS et l’Ifremer à la demande du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, souligne les impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes.

Avec l’épuisement de certains métaux, les compagnies privées, et les États s’intéressent de plus en plus aux ressources minérales des grands fonds marins, et plus précisément à leur potentielle exploitation. Mais avant de pouvoir exploiter ces ressources, encore faut-il explorer les fonds océaniques pour déterminer les zones riches en terres rares. Et déterminer quel peut être l’impact sur l’environnement.

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Surpêche, plastique, pétrole offshore… Un plan de sauvetage pour l’océan mondial

Lancée en 2013, la Commission Océan Mondial co-présidée par José María Figueres, ancien Président du Costa Rica, Trevor Manuel, ancien ministre des Finances de l’Afrique du Sud, et David Miliband, ancien ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, demande aux Nations Unies d’agir pour enclencher un “cycle de restauration de l’océan”.

Des pêches illégales aux installations pétrolières offshore, de la prolifération des plastiques à leur gestion à terre, elle propose le renforcement du “système de gouvernance de la haute mer”, et appelle à une “coalition de changement”.

“Pour mettre un terme à l’exploitation exagérée et non durable des ressources naturelles et des libertés, et pour restaurer le bon état de l’océan, il faut une coalition de changement dotée d’un ordre de mission clair“.

Toute forme de vie sur Terre, y compris notre propre survie, dépend du bon état et des richesses de l’océan. La diversité biologique qu’il contient est pratiquement inestimable. De ce fait, nous sommes des milliards à en avoir besoin comme source d’aliments, d’oxygène, de stabilité climatique, de pluie et d’eau potable, de transport et d’énergie, de loisirs et de moyens de subsistance”.

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Corse : Programmes de protection de la faune

La protection de la faune est une belle idée. Beaucoup de temps, d’énergie et d’argent sont investis dans des projets visant à préserver la biodiversité et à protéger des espèces menacées comme le gypaète barbu, des oiseaux chanteurs ou des races ancestrales de bovidés.

Mais la réalité est parfois moins reluisante car la plupart des projets sont en butte à des difficultés qui remettent en question la pertinence des efforts entrepris. Ainsi, lorsqu’une espèce est sur le point de disparaître, est-il possible de reconstituer une population saine à l’aide de quelques individus à peine ? Faut-il protéger certaines espèces à tout prix ?

Rencontre sur l’île de beauté avec des défenseurs du mouflon corse, une très ancienne race de bovidés. Bien qu’il soit le symbole de la Corse, sa population est descendue à un niveau inquiétant.

Documentaire : « La Guerre des Graines » (Màj docu)

Addendum du 31 mai : Documentaire complet

Réalisé par Stenka Quillet et Clément Montfort (2014)


Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse. En 100 ans, sous les effets de l’industrialisation de l’agriculture, les 3/4 de la biodiversité cultivée ont disparu. Alors que se renforce la main-mise sur les semences par une poignée de multinationales, un vaste arsenal réglementaire limite le droit des paysans à échanger et reproduire les semences. Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse

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France : Une nouvelle espèce nuisible menace les vers de terre et la santé des sols

Venus de l’hémisphère sud dans des plantes en pot, les plathelminthes, des vers plats, sont de redoutables mangeurs de lombrics et d’escargots, ce qui provoque des dégâts dans les sols.

Il va falloir s’y faire. À leur patronyme comme à leur présence. Les plathelminthes terrestres, des vers plats en provenance de l’hémisphère sud, sont scientifiquement identifiés en France depuis un an. Sept espèces différentes sont aujourd’hui recensées sur le territoire national. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ont toutes débarqué en même temps dans l’Hexagone.

“On a des informations sur des présences de ces animaux depuis 2002, mais aucun laboratoire français ne travaillait sur le sujet, il n’y avait pas de programme de recherche les concernant”, explique Jean-Lou Justine, professeur de zoologie au Muséum national d’histoire naturelle, qui centralise les connaissances sur ce sujet tout neuf.

Ces étranges bestioles arrivent d’un peu partout : d’Asie du sud, d’Australie, de Nouvelle-Guinée… Leur seul point commun ? Un voyage très probablement accompli en compagnie d’une plante en pot importée en France. Depuis l’hémisphère sud, ou depuis un pays voisin infesté avant la France.

Moins spectaculaires que le frelon asiatique ou la grenouille taureau, les plathelminthes pourraient pourtant occasionner de sérieux dégâts au biotope français. Ces invertébrés sont généralement friands de nos bons vieux vers de terre, les lombrics, et d’autres minuscules animaux de surface.

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Et si Paris se mettait au vert (Docu)

Avec ses deux millions d’êtres urbains et seulement cinq mètres carrés d’espaces verts par habitant, Paris est l’une des villes les plus denses et les moins vertes au monde. Alors que la capitale a longtemps repoussé la nature hors de ses murs, elle se rend compte de son caractère indispensable et se bat pour ouvrir ici et là de nouveaux chemins à la biodiversité.

Mieux-être urbain, mais aussi restauration d’un lien social malmené : les effets sont multiples à hauteur de pavé, notamment pour résoudre le problème des îlots de chaleur. Il faut donc se battre pour ouvrir ici et là de nouveaux chemins à la biodiversité.

Réalisé par Isabelle Cottenceau (France – 2013)

Villes comestibles : « Faites pousser la révolution ! »

Ce documentaire présente les histoires extraordinaires de gens très ordinaires qui mettent les mains dans la terre, qui travaillent à la transformation de leurs communautés par un acte véritablement révolutionnaire.

Les acteurs de ces projets mettent en place des productions locales de nourriture biologique ; des initiatives à la fois sociales, écologiques, politiques, et économiques.

Une source d’inspiration, de solutions, et une action efficace qui combat plusieurs des problèmes de notre époque: les émissions de gaz à effet de serre, les pertes énergétiques, les inégalités sociales, la malbouffe, le chômage, la disparition du lien social, l’érosion de la biodiversité, le manque de résilience, l’injustice alimentaire.

La biodiversité a-t-elle un coût ?

Cent trente espèces disparaissent chaque jour dans le monde. Puisqu’il est impossible de les sauver toutes, quels animaux et quelles plantes doivent l’être en priorité ? Quels critères appliquer pour en décider ? Des dilemmes sur lesquels planchent les défenseurs et les économistes de l’environnement.

Le tapir à chabraque est-il indispensable à la vie sur Terre ? Qui s’en apercevrait si cette espèce venait à disparaître ? Visite au jardin zoologique de Nuremberg. Cette institution est à la tête du programme européen d’élevage des tapirs. Grâce à de telles initiatives, il est possible de sauver une espèce de l’extinction. Mais quelles sont les espèces – faune ou flore – pour lesquelles tous ces efforts sont le plus justifiés ?

A l’heure actuelle, 130 espèces disparaissent chaque jour du globe. Il est impossible de toutes les sauver. Quels sont alors les animaux et les plantes qui méritent tous les efforts de conservation ? Quels sont en revanche ceux que l’on pourrait abandonner à leur sort ? Quels critères appliquer pour au moins parvenir à préserver les espèces les plus importantes ?

Ces dilemmes occupent non seulement les défenseurs des espèces mais aussi les économistes spécialisés dans l’environnement. Ces derniers sont d’avis qu’une évaluation de la rentabilité des espèces pourrait être une solution.

La très rare banane d’Oman ” Umq Bir ” ou la mystérieuse éponge de mer Suberites sont la preuve que certaines espèces peuvent s’avérer plus précieuses que d’autres.

Croatie : L’écologie fait bouger la société

La Croatie est membre de l’Union européenne depuis juillet 2013. Le mouvement écologique y agite de manière surprenante la société, alors que les pressions environnementales s’accroissent de tous côtés.

Le 6 mars dernier, à 9 heures, une dizaine de militants écologistes ont joué une partie de golf devant le parlement croate à Zagreb. La presse nationale est venue nombreuse pour relayer leur message: le refus de la transformation de la côte du pays en vaste complexe immobilier touristique. L’action était signée Zelena Akcija, « Action Verte » – l’organisation écologiste la mieux connue du pays et membre de la fédération internationale des Amis de la Terre.

La côte croate, connue pour sa beauté et sa biodiversité, est à la fois une fierté nationale et une attraction touristique. Elle est aussi la proie des investisseurs, qui souhaitent y construire des appartements de luxe, des hôtels, et des golfs.

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Océans en danger ?

En compagnie du grand naturaliste David Attenborough, une exploration de la biodiversité sous-marine menacée.

Démarrée en 2003, une vaste étude internationale a pour objectif d’étudier et de détailler la biodiversité des fonds marins du globe. Les premiers résultats révèlent la richesse et la fragilité du milieu marin, qui abrite plus d’un million d’espèces.

Semences : Les gardiens de la biodiversité (Docu)

L’agriculture mondiale dépend essentiellement aujourd’hui de cinq multinationales de l’agrochimie, qui s’enrichissent en obligeant les paysans à utiliser les semences qu’elles ont sélectionnées.

Ce documentaire raconte le combat de petits exploitants, chercheurs et citoyens européens qui se mobilisent contre ce monopole et luttent pour préserver la biodiversité.

Réalisé par Anja Glücklich (Allemagne – 2013)

L’histoire du monde : L’âge de la démesure

Le XXe siècle est marqué par la confrontation des idéologies, mais aussi par les avancées technologiques. Le fascisme et le communisme s’affrontent violemment. En Inde, Gandhi mène une lutte non-violente contre l’Empire britannique qui aboutit à l’indépendance.

Les avancées technologiques facilitent considérablement la vie des hommes. Mais ce siècle s’achève sur de nouveaux défis à relever notamment, le partage des richesses, la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.

Biodiversité menacée : quelles solutions pour demain ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme vit au quotidien un scénario catastrophe : celui de la disparition du monde naturel. Celui peut-être, de sa propre fin. Et si nous allions trop loin ? Et si nous gâchions tout ?

Planète Alu

Les différentes propriétés physiques de l’aluminium – malléable, léger, inoxydable – en font un métal fascinant, précieux dans le secteur de l’architecture. Mais son utilisation dans les emballages, en chimie alimentaire, dans les produits de cosmétique et dans la pharmacopée posent de plus en plus de problèmes.

Des études approfondies ont prouvé que l’aluminium, ses composants, ses sels ou ses dérivés favorisaient l’apparition du cancer du sein, de diverses allergies, d’infections auto-immunes voire de la maladie d’Alzheimer.

Réalisé par Bert Ehgartner (Arte – 12 mars 2013)

Revoir : Aluminium, notre poison quotidien

L’autorité publique est aux mains du système financier

Entretien avec Hervé Kempf

Vous démontrez avec des exemples innombrables comment le monde glisse vers une sorte de régime autoritaire dont l’intention unique est de maintenir les privilèges d’une caste, l’oligarchie. Cela vous amène à une conclusion socialement et politiquement dramatique : la fin possible de la démocratie.

Leandro del Ponte (1557–1622) – Venise, vue des banques du Grand Canal et Palais des Doges

L’oligarchie est la définition d’un régime politique. L’oligarchie est un concept inventé par les grecs aux IVe et Ve siècle av. J.-C. Les grecs ont défini les façons selon lesquelles les sociétés humaines pouvaient être gouvernées : la dictature, le despotisme, la monarchie, la tyrannie, la démocratie, qui est le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, et ensuite ils ont défini une autre forme de gouvernement qui est précisément l’oligarchie.

L’oligarchie est le pouvoir aux mains de peu de personnes. Ce que je dis alors c’est que, au moins en Europe, nous glissons vers l’oligarchie. Le système politique actuel fait qu’un groupe de peu de personnes imposent ses critères au reste de la société.

Vous suggérez que nous sommes dans une phase de post-démocratie dans laquelle, avec l’objectif de se maintenir au pouvoir, l’oligarchie maintient une fiction démocratique.
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