Deutsche Bank transfère 100 milliards de dollars hors des Etats-Unis pour obéir à la Fed

La banque allemande aurait décidé de réduire le bilan de ses opérations outre-Atlantique pour répondre aux nouvelles exigences de la Réserve fédérale américaine avec les banques étrangères.

Pendant que Bruxelles temporise, la Deutsche Bank a décidé d’agir. Face à la décision de la Fed de mettre en place des règles plus strictes pour les banques étrangères, l’établissement allemand a décidé de réduire le bilan de ses opérations aux Etats-Unis d’une centaine de milliards de dollars, écrit le Financial Times.

Le montant total des opérations de la banque aux Etats-Unis serait ainsi ramené à 300 milliards de dollars alors que certaines d’entre elles seraient relocalisées en Europe ou en Asie.

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Même manipulé, l’or ne peut que monter

L’or repasse sous les 1700 dollars l’once, en baisse de quelque 13% par rapport à ses sommets de 2011. Certains y voient la fin de la bulle de l’or, croyant à un durable retour des investisseurs aux actions.. Ils se trompent.

Que sont ces corrections épisodiques de quelques pour-cent que connaît l’or, au regard de son appréciation de près de 600% sur 15 ans ? Rien de significatif, car la tendance restera haussière; ces déclins doivent être vus comme des opportunités d’achat.

Bilan.ch

Goldman Sachs et la main visible

A l’heure où Goldman Sachs publie des bénéfices en hausse de 191% sur 2012, il est intéressant de se pencher sur la nature et le contexte de ces profits records. Pour une bonne part, ils sont dus au leadership incontestable de la banque, imbattable en matière de fusions et acquisitions, de trading, d’émissions et de négoce de titres. Mais ces profits sont essentiellement aidés par une main un peu trop visible. D’une part, on sait qu’en 2008 la plus grande banque d’affaires a obtenu, après avoir modifié son statut en holding, la protection de l’agence fédérale d’assurance des dépôts, jusque-là réservée uniquement aux banques d’épargne.

Par Myret Zaki - (Bilan).

Cette même année, le Trésor prenait une participation de 10 milliards de dollars dans le capital de Goldman Sachs, à titre d’aide, payant 3,5 milliards de plus que ce que valaient réellement les actions, comme l’a plus tard révélé le Congrès.

Pourtant, en 2008, Goldman Sachs dégageait 2,3 milliards de profits et versait 4,82 milliards de bonus.

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Fdesouche : Un point objectif sur la situation

Par Tilak Raj

Notre bilan de l’année 2012 est mitigé. Bien que notre audience ait progressé et que notre équipe se soit étoffée, nous sommes confrontés à des problèmes techniques, financiers et juridiques qui vont être difficiles à surmonter.

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I) L’Équipe

Tant sur le plan technique qu’éditorial, l’équipe de notre blog s’est étoffée. Elle est composée d’un premier cercle d’une dizaine de personnes qui consacrent chaque jour plusieurs heures à alimenter ou gérer le site. Nos rapports sont cordiaux, chacun a trouvé sa place en fonction du temps dont il dispose et de ses aspirations. Nous bénéficions désormais en interne d’un champ de compétence très large qui va de l’historien au traducteur, du spécialiste vidéo à l’ingénieur système.

S’agrège à notre équipe un second cercle d’une vingtaine de personnes, tout autant spécialisées, mais qui nous aident au coup par coup. Sans compter tous les autres contributeurs.

Bref, le moteur humain de FDS se porte très bien. Et c’est ce qu’il y a de plus important.

II) Audience et influence

L’audience de notre site continue sa progression. Relayées sur les réseaux sociaux ou sur d’autres sites, nos infos, nos vidéos ont souvent un impact énorme. Il serait fastidieux d’énumérer tous les buzz dont notre site a été à l’origine cette année, mais de l’affaire de l’église de Vierzon à celui des chiffres de la Drépanocytose, en passant par la vidéo russe sur la situation française, ils ont été très nombreux.
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La France dans un ‘état de faillite aggravée’ selon la porte-parole du gouvernement

Sans considérer l’impact potentiel de ses propos auprès des agences de notation, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a aujourd’hui déclaré que la France était dans un “état de faillite aggravée”.

Mme Najat Vallaud-Belkacem répliquait aujourd’hui à François Fillon, qui a accusé le président François Hollande “d’amateurisme”, en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale.

“M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d’un Etat en faillite et l’a laissé en état de faillite aggravée ?”

a déclaré à l’AFP Najat Vallaud-Belkacem.

Suite à ces propos,

certains commentateurs ne manquent pas de souligner qu’il est difficile de défendre avec crédibilité la note AAA de la France tout en déclarant que celle-ci est dans un état de faillite aggravée.

Dans une interview jeudi aux Echos, l’ex-premier ministre a estimé que le projet de budget pour 2013 était “un monument d’amateurisme, d’irresponsabilité et de mauvaise foi”. “On se demande qui gouverne, François Hollande et le gouvernement ou quelques nostalgiques de l’économie dirigée ?”, a-t-il demandé.

Romandie.com

(Merci à BA)

Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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Guerre des changes : et si ce n’était pas la Chine qui était responsable, mais plutôt…

Alors que le ministre des Finances allemand vient d’en appeler la Chine à libérer sa devise sous peine de déclencher une « guerre du commerce », le président de la Banque centrale du Brésil, Henrique Meirelles, a pour sa part directement accusé les Etats-Unis.

Ce n’est pas « l’accumulation de réserves de changes par les pays émergents » qui est à l’origine des grands déséquilibres mondiaux, mais « les stimuli monétaires américains », a ainsi déclaré le banquier central, mercredi 14 octobre, lors du sommet annuel du Fonds monétaire international.

En injectant massivement des liquidités sur les marchés, la Fed parvient en effet à affaiblir le dollar. Toutefois, en agissant de la sorte, elle contribue à renforcer un peu plus chaque fois la deuxième économie mondiale.

Comme le soulève Muriel Motte dans Les Echos, « la Fed ne gonfle pas seulement dangereusement son bilan. Elle remplit aussi les coffres de ceux qu’elle ignore aujourd’hui ». Et l’éditorialiste de justifier : « A 2 648 milliards de dollars fin septembre, la Chine abrite à elle seule plus de 30% des réserves de changes mondiales (5% en 1995) ».

Rien qu’entre juillet et septembre, les réserves chinoises ont augmenté de 194 milliards de dollars, alors que les analystes anticipaient une hausse de 40,7 milliards, rapporte L’Agefi.

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Les Etats-Unis laissent-il couler le dollar ?

Fini le temps où Washington assurait au monde qu’il voulait un dollar fort. Alors que le billet vert a plongé à un plus bas de cinq mois contre l’euro mercredi, le gouvernement américain semble très bien s’accomoder de la tendance.

Caricature américaine, août 2010. Sans commentaire...

Les Américains laissent-ils délibérément plonger le dollar ?

«Un dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis» : cette phrase rituelle des secrétaires au Trésor américain, Timothy Geithner ne l’a pas prononcée en public depuis maintenant un an. Si les Etats-Unis ne le reconnaissent pas officiellement, personne n’est dupe : ils ont tout intérêt à laisser le dollar tomber, s’ils veulent booster la compétitivité de leurs produits et atteindre l’objectif lancé en janvier par Obama, de doubler les exportations américaines en cinq ans.

La Fed est d’autant plus incitée à maintenir un dollar faible, que quasiment toutes les grandes banques centrales mondiales font la même chose avec leur monnaie.

A la mi-septembre, la Banque du Japon est intervenue directement sur le marché des changes, pour la première fois en six ans, afin de freiner l’ascension du yen, emboîtant ainsi le pas à la Suisse, qui bataille depuis plus d’un an pour empêcher une envolée du franc suisse. Quant à la Bank of England, elle s’apprête, comme la Fed, à lancer une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif.

Sauf que «si tout le monde cherche à déprécier sa monnaie, cela devient un jeu à somme nulle», met en garde Nordine Naam, économiste à Natixis.

Comment font les Etats-Unis pour affaiblir le dollar ?

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Bilan d’étape

Nos obligations professionnelles et familiales nous conduisent à suspendre l’activité de Fortune durant la période estivale. Afin d’assurer concrètement la continuité du blog, nous rediffusons jusqu’à fin août, les vidéos et les articles les plus marquants publiés au cours de l’année. Cette rétrospective, ainsi que les liens figurant dans la colonne de droite, devraient permettre à chacun d’entre vous d’assurer sa propre information sur des sujets que nous estimons avoir débroussaillés.

Suite et commentaires sur FDesouche

Alain Cotta : il faut sortir de l’euro et vite !

Alain Cotta, professeur d’économie à HEC, qui avait déjà fait part de son scepticisme sur le traité de Maastricht, dès 1992. Il revient à la charge avec un nouvel ouvrage, où il est question du sort de l’euro. Une monnaie unique qui ne fait plus l’unanimité et qu’il faut quitter, pour revenir à une monnaie commune ou au franc.

Dans son dernier livre, qui paraît aujourd’hui [28 juin 2010], Alain Cotta fait une critique de l’euro et remet son mode de fonctionnement en question. « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », le titre de son livre donne le ton au discours de l’économiste.

En trois actes, à la manière d’une pièce de théâtre, Alain Cotta démontre pourquoi et comment la France doit sortir de l’euro pour revenir au franc.

Acte 1 : Promesses de politiques

En 1997, médias, politiques et dirigeants des grandes banques françaises ont crié haut et fort que l’euro était la meilleure manière, pour la France, de s’affirmer comme une puissance économique au sein de l’Europe et de montrer aux dirigeants américains et chinois qu’ils étaient capable de s’unir pour créer une monnaie concurrentielle. Oubliant les monnaies nationales aux valeurs différentes, 16 pays créaient la zone euro.

En clair, l’auteur rappelle que l’euro a été évalué sur les bases de la monnaie allemande : le mark. Déjà, le déséquilibre entre les pays à monnaie forte (pays nordiques) et les pays latins, dont la monnaie était moins puissante, faisait bondir certaines voix que l’on a préféré marginaliser à l’époque. Alain Cotta faisait déjà partie de ceux-là.

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“Les marchés doutent de la pérennité de la croissance américaine”

La reprise américaine a été amorcée par la reconstitution des stocks des entreprises et soutenue par les dépenses publiques. Aujourd’hui, c’est à l’emploi de prendre le relais. Or ce n’est pas le cas, explique Aurore Wannesson-Raynaud, stratégiste à AXA IM.

Le chômage aux USA : en rouge, le taux officiel ; en bleu, le taux réel (s'il était mesuré comme dans les années 1930)

L’économie américaine a crée 431.000 emplois au mois de mai. Pourtant les marchés l’ont sanctionnée. Pourquoi ?

La plupart des créations d’emplois a été le fait du secteur public. L’essentiel de ces postes ont été crées pour le recensement de la population américaine. De fait, ils sont temporaires et les personnes recrutées se retrouveront sur le marché du travail dès l’été 2010.

En excluant ce recrutement public, le secteur privé n’a crée que 41.000 postes au mois de mai, ce qui explique la réaction des marchés, car la dynamique des mois précédents s’est déjà interrompue.

Si cette tendance se poursuit, quel impact pourrait-il y avoir sur la croissance ? Lire la suite

Le FMI attaque l’Europe

Le FMI ne tarit pas de critiques envers l’Europe. Laxiste, dépensière, il est temps de la “réformer.” Entendez par là baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. Les États-Unis qui pilotent le FMI et le milieu des affaires qui est aux commandes de l’économie pressent l’Europe de se dépouiller au plus vite de ses protections sociales. Que signifie l’arrivée du FMI sur la scène européenne ? Quel sont ses résultats passés ? Quel rôle jouent les États-Unis dans ce processus ? Éléments de réponse.

Le FMI qui a un bilan totalement désastreux dans les pays pauvres (voir les documentaires présentés ici) étend en ce moment sa politique à l’Europe. Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution pilotée par les États-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.)

Si les peuples ne se défendent pas de façon concertée, il est probable que l’irruption du FMI sur la scène européenne ne signe le début d’un processus de tiers-mondisation du continent.

Il n’a jamais été présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre, comme cela se pratiquait à la Banque Mondiale avant 1973. Ce sont toujours les mêmes recettes qui sont appliquées sans distinction et présentées comme une panacée par le FMI.

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L’état de l’environnement en France reste préoccupant

L’état de l’environnement s’améliore en France sur certains points, mais le bilan global reste préoccupant. L’édition 2010 du rapport élaboré tous les quatre ans par les statisticiens du ministère de l’écologie, mise en ligne vendredi 4 juin, ne fait que 130 pages (contre 500). Elle fourmille de données, et dresse le panorama le plus complet et le plus à jour de l’état des milieux naturels et des sources de pollution.

Certaines évolutions sont positives. La qualité de l’air dans les villes s’améliore globalement, principalement grâce aux progrès technologiques des véhicules. Les émissions de gaz à effet de serre sont également en baisse, même si le secteur des transports, principal émetteur, reste en croissance (+19 % depuis 1990). L’effet du bonus-malus sur la baisse des émissions des véhicules neufs est sensible, mais il faudra plusieurs années pour que le parc entier soit renouvelé. Et le transport routier continue de croître. En outre, les importations françaises généreraient l’émission de 465 millions de tonnes équivalent CO2 par an, contre 265 millions pour les exportations. Le solde d’environ 200 millions augmente de près de 38 % les émissions intérieures.

Autre tendance assez favorable, la stabilisation des taux de nitrates dans les eaux superficielles. “Les engrais sont toujours apportés en excès, mais cet excès diminue“, observe Robin Degron, co-rédacteur du rapport. En revanche la contamination par les pesticides se poursuit, certaines nouvelles molécules (glyphosate) remplaçant des substances interdites (atrazine).

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Les banques relancent les «subprimes» à la française

Réguler. Depuis la crise, le mot est dans toutes les bouches. On promettait davantage de régulation notamment dans la titrisation, comme les « subprimes » qui furent le catalyseur de la crise. Le projet de loi sur la régulation bancaire et financière, que l’Assemblée examine cette semaine fait exactement le contraire. Porté par le lobby des banques, il organise la promotion de la titrisation. Dans la plus grande opacité.

« Je veux qu’on tranche la question angoissante du hors bilan. A quoi ça sert de fixer aux banques des ratios de solvabilité sur leur bilan si on les autorise à avoir à côté un hors bilan ? (…) Ce qu’on appelle la titrisation. C’est-à-dire que chaque jour, les banques consentaient un prêt à 10h00 du matin, le revendaient à 17h00 le soir, prenaient la commission, le déstockaient, le mettaient dans ce qu’on appelle un SPV et mutualisaient ce mauvais risque », pas content Nicolas Sarkozy. Devant les Français lors de l’émission “Face à la crise” de février 2009, le Président se faisait le champion de la lutte contre les mauvaises pratiques bancaires. Ce n’était pas la dernière, ni la première.

On allait donc voir ce qu’on allait voir : sus à la spéculation, halte à la titrisation. Résultat des opérations : le contraire. Le projet de loi intitulé « Régulation bancaire et financière » est un rêve pour le lobby des banques : l’instauration de la titrisation à grande échelle. « Le résultat de quatre années de travail », s’enorgueillit presque l’un de ses animateurs, pas peu fier que son bébé législatif peu amendé par les députés, passe comme une lettre à la poste.

Car les parlementaires de la commission des finances qui ont examiné le texte n’ont apparemment pas bien apprécié la portée des petits articles de la fin du texte qui instaurent «Les sociétés de financement de l’habitat.» Effectivement, ça sonne joliment, et quel parlementaire pourrait être contre ? Sauf que ces articles organisent la promotion de la titrisation des créances immobilières, que les banques portent actuellement dans leur bilan, et qu’elles aimeraient bien refourguer ailleurs.

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Le camembert du jour

Pourquoi la France veut sauver la Grèce et pourquoi l’Allemagne hésite à la laisser tomber…

Au-delà de la question de l’euro, c’est, bien entendu, une histoire de gros sous. La France aurait moins à perdre que l’Allemagne à un défaut de paiement de l’État grec.

Mais l’exposition totale de ses banques (Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas) à l’économie grecque est plus importante que celle des banques allemandes (50 milliards d’euros contre 45) et sa quote-part au plan d’aide européen nettement inférieure à celle de l’Allemagne.

Le bilan coût-bénéfice plaide donc davantage en faveur d’une intervention côté français.

Olivier Demeulenaere

Des lois sont nécessaires dans le secteur bancaire

Comment 50 milliards de dollars ont disparu des bilans d’une banque privée

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose de pourri dans le système bancaire. Il est également évident que des changements sont nécessaires. Car si l’on continue comme avant, de nouvelles crises des marchés financiers sont prévisibles. A la suite de l’effondrement des banques de 2008, ces jours-ci, certains phénomènes se font jour du côté de l’Etat et des banques qui sont importants en vue d’une correction de la politique à adopter.

"Arrêtez le casino financier" (manifestation en Islande)

Dans le récent rapport d’enquête rédigé à l’intention de l’Althingi, le Parlement islandais, on peut lire : «Les banques ont été pillées de l’intérieur par des personnes qui ne respectaient pas les lois.» Les propriétaires principaux des banques s‘étaient accordé mutuellement des crédits gigantesques pour des investissements faits dans d’autres domaines sans disposer des garanties nécessaires (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 14 avril 2010). Le rapport constate que les banques contrôlaient l’Etat et non l’inverse. (cf. l’ouvrage «Why Iceland ?» d’Asgeir Jonsson. Ce dernier y décrit notamment les pressions exercées sur l’Islande par l’étranger.)

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Plus scandaleux que Goldman Sachs : les agences de notation

Le scandale Enron, elles ne l’ont même pas vu arriver. Pas plus que la faillite de Lehman Brothers. Pourtant, les agences de notation américaines continuent de faire la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale. Leur dernier fait d’armes : elles ont précipité la Grèce dans la crise. Et elles s’attaquent maintenant au Portugal et à l’Espagne.

Le principe est simple : quand un pays ou une entreprise emprunte sur les marchés, il demande à une des agences de noter sa dette, c’est-à-dire de donner une estimation des risques de non remboursement en fonction de sa solvabilité, ses perspectives etc. En fonction des systèmes de notation des agences, ces dettes se retrouvent notées entre AAA (risque le plus faible) et CCC, voire D (faillite ou quasi-faillite).

On connaissait les dix plaies d’Égypte. Voici les trois plaies de Wall Street : Standard & Poor’s, Moody’s, et Fitch, les trois agences de notation mondiales. Des organismes privés, totalement indépendants des régulateurs et autres gendarmes boursiers : deux groupes américains, Standard & Poor’s et Moody’s, et un acteur à capitaux français, Fitch, filiale du groupe Fimalac. A elles trois, ces agences contrôlent 90% du marché mondial : 80% pour le duo Standard-Moody’s et 14% pour Fitch.

Le bilan des agences ? Il se passe de commentaire. Standard & Poor’s notait encore AAA la banque Lehman Brothers quelques jours avant sa faillite. Quelques années auparavant, les trois agences notait AAA le courtier en énergie Enron, quatre jours avant sa chute. Bref, on a clairement affaire à une sacrée bande d’extralucides, réduite à dégrader après coup et à tour de bras, à chaque signe de faiblesse d’une banque, d’une entreprise ou d’un pays. Cette sur-réaction est d’ailleurs presque plus grave que l’absence de précautions initiales : en dégradant à la machette des entités déjà affaiblies, elles les empêchent de se refinancer à bon marché, et aggravent encore un problème qu’elles n’ont pas vu venir.
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Pour l’OCDE, la crise est loin d’être finie

Croissance modérée en vue dans la zone euro, de nombreux risques demeurent. Selon  une étude de l’assureur crédit Euler Hermes, et le dernier rapport de la BCE, l’horizon ne semble pas s’éclaircir pour les pays de l’OCDE.

L’heure est au bilan. Alors que chacun y va de son petit mot sur la fin de la crise, l’assureur crédit Euler Hermes dresse un premier tableau de la crise dans les pays de l’OCDE et les pays émergents. Les pays riches ont de quoi s’inquiéter.

Si l’assureur assure que la reprise de l’économie mondiale est présente, il n’oublie pas de préciser qu’elle n’est pas homogène selon les pays.

Au regard des chiffres de la production industrielle mondiale (+5,6%) et du commerce international (+7,4%) sur les six derniers mois, il ne fait pas de doute que le rebond de l’économie est bel et bien là. « Le quatrième trimestre 2009 a confirmé le rebond de la croissance des pays développés, leur PIB agrégé s’inscrivant en hausse de 0,8%, » commente Karine Berger, directrice marchés et marketing et chef économiste chez Euler Hermes.

Reste que cette reprise cache des disparités géographiques notables. A commencer par la zone Pacifique, « là où tout se passe, » selon Karine Berger. L’Asie a largement dépassé ses niveaux d’avant crise, avec des bonds de production de 15,9% et des échanges commerciaux en hausse de 1,9%. A l’inverse, dans les pays avancés, la production a chuté de 10,8% et le commerce de 13%. Au total, l’OCDE a perdu près de cinq points dans la production industrielle mondiale en dix ans. « Pour la première fois, les pays avancés fournissent moins de 50% de la production mondiale, » explique Karine Berger.

Une situation qui a eu des répercussions sociales, avec une perte de dix millions d’emplois et  des répercussions financières, avec un quasi doublement du déficit public dans l’OCDE par rapport à 2008, à 1150 milliards d’euros.
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Les nanotechnologies, mal connues du grand public, au coeur d’un débat houleux

Le débat public sur les nanotechnologies a mis en lumière un “consensus sur la nécessité” de recenser ces substances et de fournir “une information large, précise et continue”, relève dans un bilan rendu public mardi la commission chargée d’organiser ce débat.

Les matières et déchets radioactifs font l’objet d’un large inventaire national rendu public. Pourquoi ne pas procéder de la même manière pour les nanotechnologies, note la Commission nationale du débat public (CNDP) en résumant dans ce bilan et dans un compte-rendu les propositions avancées lors du débat.

Organisé du 15 octobre au 23 février dans 17 villes en France, il a été “particulièrement perturbé” à Lille, Grenoble, Rennes, Lyon et Marseille et les trois dernières réunions (Orsay, Montpellier, Nantes) ont été annulées et remplacées par des débats sur internet, rappelle la CNDP.

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Les banques américaines truquent leurs comptes

Tour de passe-passe dans les grandes banques américaines qui masquent leurs niveaux de risque en retouchant la case «dette» de leurs comptes, juste avant les publications trimestrielles. Et ce, depuis cinq trimestres, selon la Fed de New-York.

Ni vu, ni connu. Pendant cinq ans, juste avant leurs publications trimestrielles, 18 grandes banques comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase ou encore Citigroup, ont tout simplement remplacé, dans la case «dette,» un chiffre par un autre, bien plus faible, selon la Fed de New York. En moyenne de 42%, selon les chiffres de l’institution, rapporte le site Internet du Wall Street Journal (WSJ).

Pourquoi ? Parce qu’elles redoutent d’être sanctionnées en Bourse par les investisseurs, qui regardent attentivement les montants des dettes et, ainsi, les niveaux de risque d’une banque. Et aussi parce qu’elles craignent que les agences de notation ne revoient à la baisse leurs notes. Ce qui effraierait les investisseurs en Bourse.

En réalité, entre deux publications, les dettes sont remises à niveau dans les comptes. Au final, rien d’illégal, écrit le WSJ Online, qui souligne que si certaines des banques incriminées ont confirmé ces «retouches,» les représentants de Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Citigroup, n’ont apporté aucun commentaire.

Le porte-parole de Bank of America a toutefois souligné que «les efforts opérés pour gérer la taille de notre bilan sont appropriés, et ces stratégies sont compatibles avec la réglementation et les normes comptables.»

Le Figaro

Banques françaises : la facture de la crise atteint 33 milliards d’euros

La facture de la crise pour les banques françaises s’est élevée à 33 milliards d’euros depuis juin 2007, dont 8,5 milliards pour 2009, attribuable “principalement” aux actifs dits “toxiques,” a indiqué vendredi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

M. Noyer, qui s’exprimait dans le cadre de la présentation du rapport annuel de la Commission bancaire, a souligné que 2009 avait marqué un ralentissement sur ce plan.

Danièle Nouy, secrétaire générale de la Commission bancaire, a indiqué que les banques n’étaient pas sous pression pour liquider les actifs toxiques qui restent encore dans leur bilan.

Les cinq grandes banques françaises, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel et BPCE, maison mère de Natixis, ont dégagé en 2009 un résultat net cumulé de 11,7 milliards d’euros, en hausse de 93% par rapport à 2008. Toutes ont été bénéficiaires sur l’année.

Le gouverneur a relevé que la hausse des revenus des établissements français en 2009 “est essentiellement imputable aux bonnes performances des activités de marché.

Le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires), s’est affiché en hausse de 25%.

Pour M. Noyer, les banques françaises affichent actuellement une “bonne solvabilité.” Les tests de résistance effectués au niveau national ou européen “confirment la capacité de résistance des établissements français,” a assuré le gouverneur.

Toutefois, les banques françaises doivent aborder 2010 avec prudence car des sources de vulnérabilité existent encore comme le risque de décotes sur les actifs toxiques ou les effets induits par les déficits des États, a déclaré la Commission bancaire.
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Le modèle de la grande distribution entre en crise

La grande distribution révise sa stratégie commerciale pour redorer un blason terni par des chiffres en baisse.

Comment sortir de la crise par le haut ? Les grands distributeurs tentent de se relancer avec des stratégies contradictoires, axées sur trois piliers forts de leur métier.

Un résultat net en baisse de 69,8 % sur un an, un chiffre d’affaires en recul de 1,2 % : pour Carrefour, rien ne va plus. Les derniers résultats du second distributeur mondial (derrière Walmart) montrent les limites de la défaillance du marché historique du groupe, la France. Dans l’Hexagone, les hypermarchés patinent, masquant le dynamisme de certaines enseignes de proximité, dont la physionomie est en profonde mutation. Auchan est également à la peine au niveau du groupe, mais table plus que jamais sur le gigantisme de ses magasins pour séduire… et fait preuve d’audace. Quant à Géant, l’enseigne du groupe Casino, elle poursuit sa chute.

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Japan AirLines : c’est la fin

Une tribune libre de Patrick Reymond

JAL a déposé le bilan, fait l’impasse sur ses dettes, va virer le tiers de ses effectifs (15600 personnes), en attendant d’en virer au total 50 % (en 2011), puis 100 % (en 2012).

Le problème des dépôts de bilan et de la continuation de l’activité, c’est de fausser profondément le jeu économique dans un secteur.

Si on prend le cas de JAL, le dépôt de bilan ne fonctionnera pas.

Pourquoi ? Parce que c’est un mouvement comptable. On fait l’impasse sur le plus de dettes possibles, en ayant le plus possible de créances non couvertes (qu’on se dépêche de couvrir après la faillite).

C’est là que le bât blesse. JAL et toutes les compagnies aériennes n’ont absolument aucune créance non encaissée. Au contraire, elles encaissent les créances à l’avance.

La compagnie japonaise, si elle fait bien l’impasse sur les dettes, n’est pas non plus dans une situation brillante, après la remise à zéro du compteur.

En effet, les dettes sont finalement assez réduites : beaucoup de charges, dans l’aviation, se paient comptant.

2320 milliards de yens, soit 17,6 milliards d’euros, la dette pour une compagnie de cette taille est loin d’être démesurée.
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Demain, l’effondrement du secteur aéronautique ?

Les questions que soulève cet article ont, pour l’essentiel, déjà été posées ici. Il nous a paru intéressant de publier ce point iconoclaste de l’actualité.

AIG et ILFC se débattent dans les difficultés, les CDS (credit default swaps) de ILFC se négocient à 726 points de base (7,26 %) [ce qui signifie que se garantir contre un défaut de paiement par ILFC est devenu très cher].

ILFC ne vous dit sans doute rien, sauf aux initiés, mais c’est, en fait, le plus gros client d’Airbus et de Boeing.

C’est une entreprise de crédit-bail et une filiale d’AIG, [laquelle a été] copieusement gonflée de fonds fédéraux [de sauvetage], pour 182,3 milliards de dollars.

C’est là que le bât blesse désormais. Il devient de plus en plus explosif, politiquement, de vouloir aider les grandes entreprises, celle-là en particulier, et la dégradation de [la note de] ILFC par l’agence de notation Moody’s est, en fait, une peine de mort à peine voilée. La date fatidique est le 15 novembre 2010 [limite de l'engagement d'AIG à sauver sa filiale si elle ne peut se financer ailleurs].

Du côté des compagnies aériennes, c’est un long martyrologe. 38 compagnies européennes ont cessé leur activité depuis 2008, la plupart des low-cost, des charter, des petites. C’est bien cela le pire, car c’étaient les moins dépensières.

Signe de crise, les billets d’avions seront assurés contre la défaillance du transporteur.

Une décision de Justice, qu’on peut qualifier de “bien orientée politiquement” a privé les employés de British Airways de leur grève. Tant mieux. Comme ça, on ne pourra pas sortir que “c’est la faute des grèves et de l’irresponsabilité du personnel”.

La disparition du droit de grève en Grande Bretagne n’empêche visiblement pas les faillites, bien au contraire. Lire la suite

Les faillites de banques américaines sont encore à venir

Pourquoi les petites banques américaines font-elles faillite ? Parce qu’elles ne gagnent plus d’argent à prêter de l’argent.

Paul Jorion se demande combien de temps le gouvernement américain va reculer devant un plan de faillite organisé des banques qui sont condamnées à disparaître.

Je vais répondre brièvement à une question posée par un lecteur.

Question : Vous avez vu qu’il y a eu la 115ème faillite de banque aux USA ?

On a l’historique depuis 2008 ici.

Mais j’ai moi-même une question : quand on regarde l’historique depuis 1934, on voit que la crise 1988-1990 était bien plus destructrice.

Pourquoi la situation est-elle plus grave aujourd’hui qu’en 1988 ?

Est ce parce que les faillites touchaient alors de petits établissements, et donc les pertes étaient plus faibles (je n’ai pas trouvé l’historique des pertes) ? Lire la suite

Bilan accablant pour la décentralisation, selon la Cour des Comptes

La Cour des comptes estime que la décentralisation en France, pays aux 500 000 élus locaux, a abouti à un enchevêtrement de compétences et à des sureffectifs.

Les contribuables s’en doutaient, la Cour des comptes vient de le confirmer dans un rapport publié ce mardi : «La décentralisation n’a jusqu’à présent conduit ni à une baisse des dépenses publiques, ni à une maîtrise de la fiscalité locale.»

Plus précisément, en vingt-cinq ans de décentralisation, la dépense des collectivités locales a été multipliée par plus de cinq et celle de l’État, par plus de trois.

Première source de dérapage, dénoncé par Philippe Séguin, le premier président de la Cour : l’inflation des effectifs.

Jusqu’en 2007, l’État, qui a pourtant transféré de larges compétences aux collectivités locales (gestion des collèges, lycées, RMI, prestations pour les personnes âgées, etc.), a continué à embaucher.

D’après Philippe Séguin, les 400 000 fonctionnaires supplémentaires engagés par l’État entre 1980 et 2006 représenteraient un surcoût équivalent à un tiers du déficit structurel de l’État, évalué autour de 50 milliards d’euros. Lire la suite