Vieillir est-il une maladie ?

Si elle n’avait pas été détectée par les radars de la revue Nature, la rencontre qui s’est déroulée le mercredi 24 juin entre une équipe médicale et la Food and Drug Administration (FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments) aurait pu passer inaperçue. Pourtant, ce qui va se discuter là est un changement de paradigme pour la médecine – et éventuellement la philosophie… – qui pourrait avoir d’importantes conséquences pour l’industrie pharmaceutique. Pour résumer l’enjeu en une phrase, ces chercheurs vont tenter de convaincre la FDA que vieillir est une maladie.

Concrètement, que va-t-il se passer ? Cette équipe, emmenée par Nir Barzilai, directeur de l’Institut de recherche sur le vieillissement de l’Albert Einstein College of Medicine (New York), présentera le projet TAME, mot dont le sens premier est “domestiquer” ou “dresser”, mais qui est ici l’acronyme de Targeting Aging with Metformin, c’est-à-dire “Ciblage du vieillissement avec la metformine”. Cette dernière est à l’origine une molécule couramment utilisée contre le diabète de type 2, qui a pour but de faire baisser, chez les personnes qui souffrent de cette pathologie, la résistance anormale de leur organisme à l’insuline. Mais elle a également fait preuve d’autres propriétés étonnantes, notamment sur des modèles animaux. Une équipe russe a ainsi montré dans plusieurs études que la metformine ralentissait le vieillissement et prolongeait la vie chez des souris. Le même genre de résultat a aussi été obtenu avec le petit ver Caenorhabditis elegans, qui est un organisme modèle en biologie.

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Qu’est-ce que ce “Viagra féminin” (qui n’en est pas un) ?

Le Flibanserin, destiné à raviver l’appétit sexuel des femmes approchant la ménopause, est en passe d’être autorisé aux Etats-Unis. Un traitement qui malgré son surnom de “viagra féminin” n’a strictement rien à voir avec la fameuse pilule bleue.

Un comité consultatif d’experts a recommandé jeudi 4 juin 2015 à l’Agence américaine des médicaments (FDA) d’autoriser la commercialisation d’un médicament, le Flibanserin, pour traiter les troubles du désir chez les femmes approchant de la ménopause. L’autorisation de cette pilule abusivement surnommée ”le viagra féminin” devrait toutefois se faire sous des conditions strictes en raison des risques d’effets secondaires importants. Des risques qui ont d’ailleurs poussé en 2010 la FDA à rejeter deux fois la demande d’autorisation pour ce médicament.

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Diabète et obésité sont de puissants freins à la croissance mondiale

Selon une étude de Morgan Stanley (en anglais), 18,2 % de la croissance du PIB réel devrait être perdue en moyenne par les pays de l’OCDE sur 20 ans à cause de maladies liées au sucre. Le Chili et les États-Unis seraient les plus touchés.


“Vivre gras, mourir jeune”

Si le diabète promet d’être un marché prospère pour les big pharmas (50 milliards de dollars soit 46 milliards d’euros en 2020), il sera ravageur pour la croissance de nombreux pays. C’est en tout cas ce que pronostique Morgan Stanley dans une étude publiée le 18 mars.

La banque estime ainsi que 0,5 point de croissance du PIB des pays de l’OCDE sera perdu chaque année en moyenne à cause du diabète et de l’obésité, et ce jusqu’en 2035. Au total cela représenterait une perte moyenne de 18,2% de la croissance du PIB réel (ajusté avec les prévisions d’inflation ou de déflation, ndlr)  de ces pays sur 20 ans.

Quant à la croissance des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine, Afrique du Sud), si elle est estimée à 4,5% par an jusqu’en 2035, elle devrait tomber à 4,2% en prenant en compte les impacts des problèmes liés au sucre.
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États-Unis : Les « chers » médecins de Sanofi

C’est un médecin d’Augusta, une petite ville de Géorgie, aux Etats-Unis, qui détient le record. Cent douze mille cinq cent vingt dollars (92 008 euros) : voilà ce que le docteur Charles Shaefer a empoché au cours des cinq derniers mois de 2013 de la part de Sanofi, dont près de 24 000 dollars pour faire la promotion de son insuline star, le Lantus.

Extrapolé sur une année entière, cela fait un chèque de plus de… 270 000 dollars ! La moitié de la somme versée par le géant pharmaceutique français correspond à des missions de conseil et un quart rémunère des interventions publiques. Les frais de voyage et d’hébergement représentent une enveloppe de plus de 25 000 dollars.

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Industrie du médicament : “J’ai vendu mon âme au diable”

John Virapen, 64 ans, livre le récit de son parcours dans l’industrie pharmaceutique. Une confession professionnelle peu ordinaire.

Dans la famille “Les Repentis de Big Pharma”, voici John Virapen, ancien directeur de la firme Eli Lilly en Suède, qui a rédigé dans sa soixante-quatrième année une confession professionnelle peu ordinaire. Par une ironie du destin, son livre est sorti en France jeudi 17 avril, au lendemain de la mort de Jacques Servier.

Depuis des années parfois aux premières heures du jour des silhouettes fantomatiques m’apparaissent en rêve, écrit-il en préambule. Elles se tapent la tête contre les murs ou s’entaillent les bras et la gorge a coups de rasoir. J’ai maintenant compris que j’avais indirectement contribué a la mort de personnes dont les ombres me hantent.

Je n’ai évidemment tué personne directement, mais aujourd’hui je ne peux pas ne pas me sentir responsable en partie de ces morts. J’ai été un instrument, un exécutant, mais consentant, aux mains de l’industrie. […] J’ai été certes manipulé, mais sans me poser de questions. J’ai vendu mon âme au diable.”

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