Objets connectés : Vers un monde ré-humanisé ?

Robots ménagers capables de proposer le bon programme, chauffage central apte à optimiser les coûts, automobile autonome… d’ici à 2020, 25 milliards d’objets connectés vont être mis en service. A mi-chemin entre objet et sujet, ces produits intelligents influeront sur notre rapport au monde. Une révolution est-elle en marche ?

La révolution numérique bouleverse les catégories de notre relation à autrui, dans les sphères amicales, amoureuses et professionnelles (1). Mais elle transforme aussi les cadres conceptuels de notre rapport aux choses et donc au monde. « L’Internet des Objets » (en anglais Internet of Things ou IoT) serait la prochaine étape de cette révolution.

Après la création d’Arpanet en 1969, après le lancement du Web en 1990, et après la généralisation d’Internet mobile en 2007, grâce aux smartphones, 2020 serait une année charnière : plus de 25 milliards d’objets connectés sont censés être mis en service d’ici-là. Allons-nous vers une «ré-humanisation» du monde grâce à l’injection à haute dose des intentions humaines dans des objets ? Ou bien nous dirigeons-nous vers un univers matériel saturé de données ?

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Misère de l’humanité numérique

La compréhension du monde et sa transformation peuvent-elles se réduire à de simples questions de programmation ? Alors que vient de paraître son deuxième ouvrage, Who Owns the Future ?, il n’est pas inutile de discuter les intuitions du geek humaniste Jaron Lanier qui dénonce la standardisation des consciences et la démonétisation croissante de l’économie.

Deux milliards de personnes sont aujourd’hui connectées à internet. D’ici quelques années, la majeure partie de l’humanité vivra enveloppée dans un flux constant d’informations. Les différents éléments de notre quotidien sont en train de devenir smart (les voitures, les frigos, les compteurs électriques, les lunettes, les montres, etc.), et nos organes ne tarderont pas à être eux aussi branchés uns à uns sur le réseau global.

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Internet : la pollution cachée

Propre en apparence, le monde virtuel est beaucoup plus polluant qu’on ne l’imagine. Sa consommation vorace en électricité se heurte à la diminution des ressources énergétiques. En explorant l’univers des data centers, ce film pointe la question de l’avenir d’Internet, peut-être à l’origine d’une troisième révolution industrielle.

C’est l’histoire de Rebecca et de son double numérique. Cette petite fille qui vient de naître a déjà une identité virtuelle. Fil rouge de ce documentaire, elle incarne ce début de XXIe siècle qui a vu Internet envahir nos vies : la moindre de nos activités, comme payer nos impôts, acheter un livre, commander des fleurs, est numérisée, informatisée et circule via le réseau. Aujourd’hui, 247 milliards de mails transitent chaque jour par la Toile.

Une façon plus économique et moins polluante de communiquer, pourrait-on penser : il n’en est rien ! « Internet, c’est avant tout une infrastructure de réseaux lourde, rappelle Jean-Luc Vuillemin, directeur réseau chez Orange. Ce sont des millions de kilomètres de cuivre, de fibre optique. » Pierre angulaire du système, le data center est le centre qui permet de traiter les données, de les stocker, puis de les réorienter vers leurs destinataires.

Or, les besoins en électricité de cette base névralgique qui fonctionne jour et nuit sont énormes, parfois autant que ceux d’une grande ville ! Seule façon d’assurer à la fois la ventilation des milliers de serveurs en surchauffe et d’alimenter les générateurs qui prémunissent contre les coupures d’électricité…

Réalisé par Coline Tison et Laurent Lichtenstein (France – 2013)

Big data : Serez-vous bientôt recruté par des algorithmes?

L’utilisation des mégadonnées pour départager les candidats à l’embauche est encore embryonnaire, mais l’idée fait son chemin dans les entreprises. Non sans poser de questions.

Qui de l’homme et de la machine est le mieux à même de choisir un futur salarié, celui qui brillera autant par ses performances que par sa capacité à s’intégrer parmi ses collègues? Une étude de la Harvard Business Review publiée en avril 2014 a semé le doute. Deux psychologues de l’université du Minnesota ont jugé “qu’en matière de recrutement, les algorithmes font mieux que l’intuition“.

Bien paramétré, un modèle informatique capable de brasser des informations sur les candidats – depuis un CV, les réseaux sociaux, des tests de personnalité, etc. – aurait plus de chance de sélectionner les meilleures recrues que les employeurs.

Très doués pour définir les besoins d’un poste et extraire des informations à partir des profils des candidats“, les humains seraient “mauvais pour en pondérer les résultats“. Aveuglés par leur subjectivité, ils se laisseraient distraire par des éléments parasites sans lien avec la mission, contrairement aux algorithmes.
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Le big data au service des abeilles

Le Monde a sélectionné six innovations parmi les 30 projets finalistes du Hello Tomorrow Challenge, qui s’est déroulé les 25 et 26 juin à Paris. Parmi elles, la ruche intelligente pour aider les apiculteurs.

A 38 °C, une ruche voit naître des abeilles qui produisent du miel. A 39 °C, des faux-bourdons viennent s’ajouter à la communauté, ce qui a pour effet direct de baisser sa productivité. C’est ce type d’information qu’une équipe bulgare ­récolte et analyse depuis plus d’un an pour aider les apiculteurs à mieux gérer leurs ruches.

« La disparition massive des abeilles a un impact alarmant sur la pollinisation et la production alimentaire mondiale, rappelle Ivan Kanev, cofondateur avec Sergey Petrov de Bee Smart Technologies. Nous avons imaginé une boîte bourrée de capteurs, de la taille d’un paquet de cigarettes, que nous plaçons au cœur de la ruche pour suivre différents indicateurs tels que le degré d’humidité, la température et même les vibrations sonores que produisent les insectes. »

Cette récolte et cette analyse de « données massives » (appelées big data) permettent « d’obtenir des conditions de vie optimales dans la ruche, poursuit l’inventeur. Logiquement, les abeilles s’adaptent en cas de problème, mais si les symptômes persistent, notre boîtier envoie un signal à l’apiculteur pour qu’il intervienne  ».

L’équipe, qui a gagné le Social Impact Challenge de Berlin en septembre 2014, va installer, d’ici à juillet, 10 prototypes en Californie chez des apiculteurs volontaires et annonce une production du boîtier en Bulgarie pour la fin de l’année.

Le Monde

La Haute finance à l’assaut de votre patrimoine génétique

Le dieu-argent de la haute finance est un dieu gourmand voire vorace. Il n’a jamais de sensation de satiété. Ce 21ème siècle est son heure. Il s’est coup sur coup approprié sans grande difficulté le marché de l’emploi, a saboté le concept d’Etat-Nation, a privatisé les services publics, a démantelé les institutions publiques de plus en plus soumises aux besoins impératifs du marché mondial, a confisqué les capitaux de retraite et autres épargnes, a mis la main sur les ressources naturelles mondiales, a siphonné les monnaies nationales et les excédents des balances publiques, etc. La privatisation de la planète et de ses ressources est ainsi une réalité difficilement contestable.

Les exploits du dieu-argent sont innombrables. Le plus déterminant pour l’avenir de l’humanité serait la réussite du renversement déjà bien engagé de la suprématie des législations nationales en sa faveur. Pour faire simple, le système du dieu-argent supplante aujourd’hui les gouvernements qui lui ouvrent grand les portes de leurs territoires et de leur législation dans une ambiance d’impuissance mêlée d’un certain fatalisme.

Que ce transfert de la suprématie du peuple en faveur des marchés financiers soit reconnu constitutionnellement et l’on verra tomber tout rempart protecteur de l’homme, de son identité et par extension de l’humanité.

Cette fragilisation des droits de l’humain et de sa liberté de disposer de lui-même dans un environnement sécurisé est fortement aggravée actuellement par une technologie massivement soutenue par les marchés financiers qui a pris une option claire pour le transhumanisme.

Eugénisme, marchandisation de l’être humain, captation du patrimoine génétique, humanisation des robots et robotisation de l’humain sont devenus non seulement possibles mais exigés par des décideurs inconnus cachés derrière les marchés financiers.

La bataille de fond qui se livre actuellement est celle de l’identité de l’humanité, des libertés inaliénables et gratuites de l’homme. L’enjeu : La privatisation de la VIE et de l’immortalité. Rien de moins !

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Big Data : Une révolution numérique

Conférence avec Stéphane Tufféry, mathématicien à l’École Nationale de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ENSAI), Rennes.

Dans cette conférence, nous allons parler d’un sujet qui nous concerne tous: l’exploitation des multiples données produites en permanence dans le monde économique, technologique, et de la communication. On les appelle Big Data et elles proviennent des opinions et contenus partagés dans les réseaux sociaux, du pistage des internautes, de la géolocalisation, de l’utilisation du téléphone ou de la carte bancaire, des capteurs industriels, etc.

Les Big Data sont caractérisées par trois « V »: le Volume énorme de ces données, leur Variété et leur Vitesse. Faut-il en avoir peur? Que permettent d’en faire les nouvelles méthodes statistiques et les technologies informatiques de pointe?

Un héros des méga-données

Le Big Data (ou méga-données, en français) est la denrée la plus abondante de notre époque. A l’heure où 3 milliards d’individus sont connectés à Internet, où plus de 2 milliards possèdent des smartphones et ont un compte sur des réseaux sociaux, les données croissantes que génèrent leurs activités sont une manne, exploitée par une poignée d’entreprises qui ont pris une avance certaine dans le secteur.

Mais pour valoriser ces données, il faut arriver à les capter, les stocker, les traiter, les analyser, les visualiser et en extraire des connaissances. Seuls des algorithmes sont en mesure d’effectuer ces tâches et plus la production de données croît, plus l’enjeu réside dans la capacité d’analyse massive et en temps réel.

Ainsi, Uber, emblématique de la révolution actuelle, collecte en permanence des informations sur chaque passager, chaque requête, chaque trajet, et les utilise pour prédire à l’avance les pics d’activités, dans le temps et l’espace, afin d’optimiser le travail de ses chauffeurs. Un jeune génie français, Paul Duan, a, lui, choisi de mettre ses compétences de « data scientist » au service de l’intérêt général.

Originaire de Trappes, il a obtenu un diplôme de Sciences po Paris avant d’entamer des études de mathématiques et d’atterrir dans la Silicon Valley, chez Eventbrite, une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de billets.
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Le futur de la politique en 2050: gouvernance ouverte, féminisation et paranoïa orwellienne

PROSPECTIVE – “Rue de Rivoli à Paris, 25 mars 2050. Un soleil éclatant fait miroiter les boucliers solaires photovoltaïques qui surplombent désormais le Jardin des Tuileries. En contrebas, les jardins potagers greffés sur les façades néo-haussmaniennes adoucissent le thermostat qui culmine à 25 degrés à l’ombre. Plus à l’Est, le débit de la Seine alimente les hydroliennes amarrées aux deux tours géantes qui dominent le pont habité reliant les 12e et 13e arrondissement. Au Nord, les plants de tomate made in Paris dans les fermes verticales de la porte d’Aubervilliers rougissent encore avant leur livraison sur les étales de la capitale…”

Ce scénario fantasmé d’un Paris doublement réconcilié avec l’innovation architecturale et le développement durable nous en dit beaucoup sur l’avenir possible de la capitale francilienne. Il nous renseigne peu en revanche sur la manière dont ces bouleversements auront été pensés, décidés et mis en oeuvre au cours des trois prochaines décennies.

Ici ou ailleurs, ces métamorphoses souhaitables ou cauchemardesques (c’est selon) seront-elles imposées d’en haut, par le fait du prince d’une élite dirigeante plus ou moins éclairée? Ou seront-elles au contraire coélaborées par une agora de citoyens associés à chaque étape du processus décisionnel? Une révolution démocratique rendue aujourd’hui possible par les nouveaux outils numériques, dont beaucoup, certes embryonnaires, sont déjà à l’essai.

A l’heure où la crise démocratique éloigne sans cesse les décideurs de leurs administrés, comment serons-nous gouvernés d’ici 2050 ? Ou plutôt: comment nous gouvernerons-nous ?

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Philippe Bihouix : “ Les innovations ne sont pas exploitées pour sauver la planète, bien au contraire ”

Afin de prendre la vraie mesure de la transition à mener, il s’agit de revisiter les objets, de les rendre réparables et modulaires pour limiter la consommation de matériaux. Ce qui passe par une remise en cause des besoins de nos sociétés de consommation.

Actu-environnement : Le monde est une immense machine à expresso, écrivez-vous dans L’âge des Low Tech, vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014). Que signifie cette métaphore ?

Philippe Bihouix : Notre système économique, industriel et commercial s’est profondément transformé ces dernières décennies. C’est une évidence de le dire, on pense naturellement au développement exponentiel de l’informatique et des télécommunications. Mais la révolution radicale, un peu moins visible des consommateurs que nous sommes, c’est la réorganisation mondiale de la production. L’effondrement des coûts de transport, provoqué par la généralisation du transport par conteneurs et soutenu par un pétrole bon marché, a permis aux entreprises, à la recherche de gains de productivité et d’efficacité, de coûts de production plus bas, d’effets d’échelles, de tisser des liens de plus en plus complexes, d’échanger des sous-systèmes et plus seulement des matières premières ou des produits de base. La plupart de nos objets manufacturés, des voitures aux téléphones, des vêtements aux jouets, sont l’aboutissement de processus industriels extrêmement imbriqués, assemblant des composants qui ont sillonné la planète et des matières premières en provenance de dizaines de pays différents.

Cet éloignement entre la consommation et la production ne nous permet plus de mesurer les conséquences sociales et environnementales de nos actes. De la même manière que l’électricité, à la fin du 19ème siècle, a permis de s’éclairer et de se chauffer sans l’odeur et la suie du charbon, en repoussant la production en dehors des villes, nous avons délocalisé la pollution. La France semble relativement “vertueuse” dans l’évolution de ses émissions de gaz à effet de serre, mais plusieurs calculs ont montré qu’en réintégrant l’effet des imports, celles-ci ont en réalité augmenté. D’où l’image de la machine à expresso, où la capsule utilisée est escamotée à l’intérieur de l’appareil : le déchet est oublié, nié, surtout si c’est quelqu’un d’autre qui vide le bac à votre place…

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Nos ordinateurs ont-ils la mémoire courte ?

La mémoire est une question capitale pour notre société et pour chacun d’entre nous. Mais aujourd’hui, notre mémoire est de masse, interconnectée et dématérialisée.

Avec l’informatique, elle se heurte à une fragilité que personne n’avait prévue : son caractère éphémère. Saurons-nous assurer la pérennité de nos données numériques ou bien sont-elles condamnées à disparaître tôt ou tard ?

Pour le moment, aucun support numérique n’a encore réussi à s’imposer sur le long terme, mais des scientifiques ont compris que l’informatique devait désormais laisser place à la génétique. L’ADN est, en effet, un des champs de recherche les plus prometteurs dans ce domaine.

Réalisé par Vincent Amouroux

Considérations éthiques à l’ère du journalisme robotisé

Dimanche soir, les robots-journalistes du journal Le Monde produiront – comme la semaine dernière *- résultats et fiches d’élections par milliers, très rapidement. Cette initiative arrive après celle de l’agence américaine Associated Press (AP) laissant depuis quelques semaines des machines écrire les résultats financiers ou sportifs.

Car les journalistes sont enfin disponibles pour des tâches plus gratifiantes, à plus forte valeur ajoutée. Vérifier, donner du sens, notamment. Ce qu’on leur demande, d’ailleurs !

Il n’empêche ! Des questions légitimes, souvent éthiques, se posent. Tom Kent, directeur adjoint de la rédaction d’AP, responsable des standards d’écriture et des guides de style de l’agence de presse, vient d’en lister 10.

1 – Les données d’origine sont-elles fiables ?
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L’usine 4.0, nouvelle révolution industrielle

Bourrées de capteurs, les usines de demain seront connectées en permanence avec les produits qu’elles ont fabriqués. Objectifs : optimiser la maintenance et améliorer la qualité.

Schenectady, dans l’Etat de New York, sur la côte est des Etats-Unis a longtemps été « la ville qui éclaire et déplace le monde ». L’Edison Electric Company, ancêtre de l’actuel General Electric, et Alco, un fabricant de locomotives aujourd’hui disparu, y ont eu sièges sociaux et usines. La cité brille à nouveau grâce à une unité ultramoderne dans laquelle GE a investi 170 millions de dollars (125 millions d’euros) : sur 18.600 mètres carrés, quelque 400 salariés – dont certains dotés de tablettes tactiles pour piloter opérations d’assemblage, maintenance et approvisionnements – produisent 25 à 50 batteries Durathon par semaine. Ces accumulateurs, vendus plus de 15.000 euros pièce, servent d’alimentation de secours à des hôpitaux, des antennes de téléphonie mobile, etc.

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Google : Sans limite

Les services de Google sont devenus tellement omniprésents que l’on peine à imaginer que cette entreprise n’existait pas encore il y a 16 ans ! C’est le moteur de recherche numéro 1 au monde mais connaissez-vous vraiment l’histoire de ce géant de l’Internet ?


Google, au cœur du géant qui veut changer le monde – Capital M6 (22/03/2015)

Sans jamais renier sa source de revenus : la publicité, Google a su se diversifier et créer de nombreuses branches d’activité, notamment en passant par une politique de rachats de sociétés massive. Google est aussi une société qui fait peur.

Le documentaire n’élude pas les faces sombres de Google, à commencer par la question des conflits d’intérêt entre les différentes casquettes de Google, son omniprésence et la question des données personnelles. de part sa présence dans notre quotidien, Google en sait plus sur nous que la plupart de nos proches. Et si un jour elle utilisait toutes ces informations intimes à des fins malintentionnées ?

Stockage en ligne via Drive, logiciels de bureautique, plateforme vidéo avec YouTube, système d’exploitation mobile avec Android, réseau social avec Google+, navigateur de recherche avec Chrome, messagerie Gmail, smartphones et tablettes Nexus, etc. La liste est longue et loin d’être exhaustive et ne cesse de s’allonger. Une véritable société tentaculaire qui vaut aujourd’hui plus de 380 milliards de dollars.
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Au-delà d’Internet : Tor, Darknet, Bitcoin et surveillance de masse

L’être humain est devenu de plus en plus dépendant des nouvelles technologies. Non pas qu’il est seulement dépendant, il est aussi plus que jamais relié et connecté à Internet: sa vie est de plus en plus affichée et ses informations privées de plus en plus menacées d’intrusions.

Ce premier épisode traite de ce qu’on appelle le « Darknet » et plus précisément de Tor (acronyme de The Onion Router), le plus célèbre des réseaux superposés. Tor permet à chaque utilisateur de naviguer sur Internet de manière plus « anonyme » et « sécurisée » (la sécurité restant un terme relatif). A titre d’exemple, si nous voulions aller sur le moteur de recherche de Google, notre ordinateur passera sur plusieurs réseaux à travers le monde avant de se connecter sur le site désiré.

Partie 1:

Un spécialiste résume ce qu’on peut trouver dans le Darknet : du simple article philosophique traitant de « Matrix » aux sites dédiés à toute une série de ventes d’armes, fausses monnaies, drogues… Il n’est pas question de défendre ou de combattre le Darknet, mais plutôt de constater qu’il peut à la fois être utilisé par des personnes honnêtes défendant la liberté d’expression que des personnes mal intentionnées… Il revient assez rapidement sur le moyen de paiement utilisé : le Bitcoin.

Partie 2:

Ce deuxième épisode traite de la surveillance de masse, à travers les divers projets internationaux qui ont vu le jour à la fin de la seconde guerre mondiale dans le contexte de la guerre froide.
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« Cliquez vous êtes traqués »

Sur Internet, chaque page consultée par un internaute laisse des traces : les produits qui ont attiré son attention, mais aussi son nom, sa date de naissance, son e-mail. Et parfois bien plus. La somme de ces données personnelles a été surnommée «Big Data». Et ce serait même le pétrole XXIe siècle.

Car collecter les données de consommateurs est devenue une véritable industrie en soi, un marché estimé à 315 milliards de dollars pour les données des habitants de l’Union européenne.

Ces entreprises, largement non contrôlées, obtiennent des informations en fouillant les recherches internet, les réseaux sociaux, les historiques d’achats, les données publiques.

C’est ainsi que certaines entreprises mondialement connues, telles que Facebook, Google, Yahoo, Twitter, sont devenues multimilliardaires.

Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Sous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google.

Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire.

Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015.

En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA.

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Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
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Les vertiges du transhumanisme

S’il fallait résumer la philosophie transhumaniste d’une idée, la plus extrême mais aussi la plus saisissante, ce serait celle-ci : un jour, l’homme ne sera plus un mammifère. Il se libérera de son corps, ne fera plus qu’un avec l’ordinateur et, grâce à l’intelligence artificielle, accédera à l’immortalité.

Science-fiction ? Pas si simple. Dans la Silicon Valley, l’idée de l’« homme augmenté » n’effraie personne. Pas plus que celle de longévité indéfinie. Cette enclave en dehors des contraintes temporelles a quitté depuis longtemps le XXsiècle, ses conventions de langage et de pensée. Ce qui paraît tabou ailleurs lui semble empreint d’un principe de précaution dépassé par les progrès exponentiels de la science. Elle invente des mots, comme « disruption », la faculté de perturber l’ordre établi, et peu se soucient que les mutations promettent de mettre sur la paille des industries entières. Sûre de sa « révolution », elle vit dans sa bulle – ou son nuage – numérique. « L’idéologie de la Silicon Valley, c’est celle de la toute-puissance », résume un investisseur étranger. Les seigneurs californiens « veulent être les maîtres du monde ». Mais il ne faut pas en déduire, ajoute-t-il, que « c’est forcément mauvais pour l’humanité ».

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Big Data : Une nouvelle révolution copernicienne

C’est une révolution dont l’internaute ne voit encore que les prémices. Le Big Data va transformer la façon dont chacun de nous perçoit la réalité. La capacité de stocker et d’analyser des volumes massifs de données via les technologies de l’informatique dites « en nuage » (« cloud ») va en effet accélérer un autre développement: celui des objets connectés.

Alors qu’aujourd’hui, pour l’essentiel, les informations qui transitent sur Internet sont générées par des opérateurs humains, dans un avenir proche, ce sera majoritairement le fait de capteurs et d’objets connectés à des machines ou à des hommes.

« Comme ce fut le cas des réseaux sociaux ou des moteurs de recherche, les nouvelles générations d’objets connectés devraient être à l’origine de changements majeurs dans les formes culturelles, sociales et politiques de nos sociétés », prévient Bernard Benhamou, ancien délégué interministériel aux usages de l’Internet.

« Jusqu’à récemment, la collecte de données était difficile, chronophage et coûteuse », précise Viktor Mayer-Schönberger, professeur à Oxford. La méthode de l’échantillonnage aléatoire permet encore aujourd’hui d’utiliser une petite partie des informations pour se faire une idée du tout.
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A la recherche de l’algorithme qui vous trouvera un boulot

L’algorithme a pris une place quasi mystique dans nos sociétés connectées. Un nom bizarre qui désigne une opération mathématique tout aussi étrange, sorte de formule magique moderne. Il suffit de voir comment l’on évoque le fameux algorithme de Google qui contribuerait en grande partie au succès de la société. 

Grâce à un algorithme savamment dosé, on peut arriver quasiment à tout. Nous avons déjà vu ainsi comment ils servent à prévoir le succès que pourra avoir une recette de cuisine sur Internet, qui en raffole. Ou comment il peut informer votre patron que vous envisagez peut-être de quitter votre poste, à partir de «l’analyse d’une base de données de 300 millions d’offres d’emplois qui permet de savoir quelles qualifications sont recherchées à un moment donné sur le marché du travail», écrivions-nous il y a quelques jours.

Dans le même ordre d’idée, New Scientist explique que des sites Internet visent le Graal en matière d’emploi: l’algorithme susceptible de vous dégoter le boulot, voire la carrière, de vos rêves. Le site spécialisé est allé à la rencontre de plusieurs entreprises qui cherchent à affiner leur algorithme dans ce sens.

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Bernard Stiegler : « La société automatique »

La numérisation généralisée qui est en cours conduit à l’automatisation intégrale, et ce fait emporte des questions épistémologiques aussi bien qu’économiques, sociales et politiques de première grandeur.

Cette conférence s’attachera tout d’abord à esquisser le contexte de cette métamorphose des sociétés — qui se décline aussi bien du côté du calcul intensif et de la smart city que de la production robotisée, de la neuroéconomie, du corps et de la transformation des conditions de la décision dans tous les domaines.

Elle tentera ensuite de montrer que toute l’organisation économique qui s’était concrétisée au cours du XXè siècle autour de l’organisation fordiste et keynésienne de la production et de la consommation s’en trouve compromise. Elle soutiendra enfin qui, d’une part, loin d’être le contraire de l’automatisation, la capacité de décision la suppose, et d’autre part, seule l’automatisation qui permet la désautomatisation est productrice de valeur durable — c’est à dire de néguentropie.

Biographie de Bernard Stiegler:
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Jeremy Rifkin : « Ce qui a permis le succès inouï du capitalisme va se retourner contre lui » (Màj vidéo)

Addendum du 28/09/2014 : Jeremy Rifkin “Une jeune génération prête à passer à l’économie de partage“.

Il y a vingt-cinq ans, c’était la star du ring, le « boss », vainqueur du communisme par K-O ! Aujourd’hui, le capitalisme est un champion usé par la crise, miné par les contradictions et politiquement à bout de souffle. Pour l’économiste américain Jeremy Rifkin, nous assistons, tout simplement, à son éclipse. L’heure de la troisième révolution industrielle a sonné. La société va devoir s’adapter.

Dans un livre passionnant – La Nouvelle Société du coût marginal zéro – en librairie le 24 septembre 2014, il raconte le basculement, inévitable, que nous avons déjà commencé à opérer vers un nouveau système de production et de consommation: les « communaux collaboratifs ».

Cette troisième voie (au-delà du sempiternel binôme « capitalisme ou socialisme ») est une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels, et rendue possible par la troisième révolution industrielle, dans laquelle Internet nous a fait entrer. Un nouveau monde émerge, dynamisé par les réseaux sociaux, l’innovation et la culture du partage.

Utopie, encore ? Pour Jeremy Rifkin, c’est déjà une réalité. Entretien.
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États-Unis : « On tue à partir des métadonnées » (Michael Hayden ancien directeur de la NSA)

Lors d’une conférence sur les questions de la surveillance massive par la NSA, la question des métadonnées derrière laquelle se retranchent souvent les agences de renseignement pour rassurer les citoyens (avec l’argument : « nous n’espionnons et n’interceptons pas le contenu, juste les  méta données ») a été abordée.

En réalité les métadonnées, qui sont la plupart du temps  les seules données effectivement collectées, permettent de savoir absolument tout sur une personne, simplement en faisant des recoupements et du « data mining » qui est à la base de l’exploitation du modèle du  « big data ». Plus surprenante est la déclaration du général Michaeal Hayden, ancien directeur de la NSA qui affirme : « nous avons tué des gens sur la base de métadonnées. »

Gilles Babinet à propos du “Big Data”

Gilles Babinet est un multi-entrepeneur, né à Paris en 1967. Il est actuellement « Digital Champion », c’est-a-dire responsable des enjeux de l’économie numérique, pour la France auprès de la Commission européenne.

Dans le cadre de cette fonction, il fait parler de lui en marge de la publication du rapport “Pour un New Deal numérique, en déclarant dans une interview donnée à L’Usine nouvelle que la CNIL est « un ennemi de la nation ».

Gilles Babinet est, en autres, le fondateur de “Captain Dash” qui développe son expertise sur l’analyse du big data. C’est une société qui offre aux directeurs marketing la possibilité de synchroniser dans un même tableau de bord dynamique l’ensemble de leurs données provenant de leur ERP, de leurs outils statistiques web avec des données exogènes, météo, qualité de l’air, de l’eau, cours de bourses, trafic routier, vacances scolaires, fêtes religieuses, tarifs énergétiques, Google Trends, variations monétaires, élections politiques, audiences TV, etc

Comment notre ordinateur nous manipule

Tout a commencé avec une géniale invention, celle du cookie. Une simple ligne de code – par exemple MC1:UID = 6daa554691bd4 f9089dc9d92e5cdadf4 – déposée sur votre navigateur par les sites Web que vous visitez, et des publicités ciblées s’affichent sur votre écran.

Appelé ainsi en référence aux biscuits que les restaurants offrent au moment de l’addition, le cookie apparaît dès 1994, l’année où le Web s’ouvre au public. Vingt ans plus tard, il reste le socle de la publicité en ligne, une industrie qui a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires mondial de 102 milliards de dollars.

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Les cookies sont gérés par des sociétés spécialisées qui les déposent, les récoltent, les classent, les analysent, les agrègent et les revendent. Ils servent à vous identifier, à vous pister de site en site, à retenir vos mots de passe, à gérer vos paniers d’achat, à déterminer si votre navigation est lente ou rapide, hésitante ou déterminée, systématique ou superficielle…

L’objectif est de vous « profiler », c’est-à-dire de créer des fichiers personnalisés, stockés dans des bases de données. En d’autres termes, de mieux vous connaître afin de vous présenter le bon message publicitaire au bon moment et dans le bon format. Vous pouvez effacer les cookies, mais de nouveaux arriveront dès que vous reprendrez la navigation. Et si vous les bloquez, la plupart des sites ne fonctionneront plus. Certains cookies ont la vie dure : ceux que dépose Amazon aujourd’hui sont conçus pour durer jusqu’en 2037.

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Cartes de fidélité : Fidèle un jour, fiché toujours

En quelques années, les cartes de fidélité ont envahi les porte-monnaie des consommateurs. Neuf Français sur dix en possèdent. Au moyen de bons, de cadeaux bien ciblés ou de crédits, les chaînes de la grande distribution récompensent leurs meilleurs clients, les incitent à revenir et en attirent de nouveaux.

Les sociétés qui gèrent ces programmes de fidélité font recette en scrutant les habitudes de consommation des ménages et en constituant d’énormes bases de données informatiques. Au bout de la chaîne, des acheteurs plus ou moins consentants, parfois entraînés dans la spirale du surendettement. Enquête dans l’univers de la fidélité programmée.

Big Data : Les Nouveaux Devins

Sur internet, l’ensemble de nos données personnelles sont, en permanence et sans que nous le sachions, l’objet de toutes les attentions. Tous surveillés d’accord, mais par qui ?

Par des petits génies de l’algorithme et des statistiques qui passent au crible nos vies numériques. Ils étudient nos goûts, nos comportements et nos habitudes pour tenter de pronostiquer… nos désirs. On les appelle « les nouveaux devins ».

Cette activité a déjà un nom : Big Data. Le traitement massif des données personnelles trouve ses applications dans tous les domaines : commerce, sport, politique, criminalité, consommation… C’est l’un des enjeux majeurs de ce siècle. Certains pensent qu’il pourrait révolutionner notre société, comme l’a fait le pétrole, au siècle dernier !

Partie 1:

Partie 2:
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Jacques Attali : “Les (hyper) métropoles vont supplanter les nations”

Les métropoles de demain seront altermodernes, c’est-à-dire à la fois durables et attractives, plus soucieuses de l’environnement, de l’humain et du « vivre-ensemble ». Une métropole durable n’est pas seulement une métropole verte, elle se définit par de multiples facettes : économiques, sociales, politiques, culturelles et écologiques. Les nouvelles technologies y dessinent un nouvel avenir.

La concurrence accrue au sein d’un archipel mondial nécessitera une constante adaptation de la part des métropoles pour pouvoir rester attrayantes sur tous les plans. Elles devront miser sur des technologies nouvelles, interconnectées, qui tirent profit de la densité de population offerte par les aires urbaines.

Les métropoles devront savoir attirer une classe moyenne grandissante, mais aussi composer avec une élite hypernomade et sans attache, et avec des populations de travailleurs toujours plus itinérantes, déménageant au gré de la demande de main d’œuvre.

L’adaptation aux besoins de ces trois groupes devra se faire dans une logique intégrée, impliquant l’ensemble des populations urbaines ainsi que les territoires à proximité directe, dans le but de bâtir un projet métropolitain cohérent qui apportera une nouvelle façon de vivre et de penser les métropoles.

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Big Data : Pourquoi nos métadonnées sont-elles plus personnelles que nos empreintes digitales ?

A l’occasion du colloque “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel “ organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’École normale supérieure de Lyon qui se tenait le 21 novembre dernier, Yves-Alexandre de Montjoye (@yvesalexandre) était venu présenter ses travaux, et à travers lui, ceux du MediaLab sur ce sujet (Cf. D’autres outils et règles pour mieux contrôler les données” ). 

Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales

Faire correspondre des empreintes digitales n’est pas si simple, rappelle Yves-Alexandre de Montjoye. Dans Les preuves de l’identité, Edmond Locard, le fondateur de la police scientifique, explique qu’il suffit d’utiliser 12 points de références pour être sur et certain d’identifier les empreintes digitales d’un individu.

Nos traces numériques laissent bien plus d’empreintes que 12 petits points… Nos téléphones laissent derrière eux, dans les données des opérateurs, de nombreuses informations : qui on appelle, quand, pendant combien de temps, de quel endroit… Nos données de mobilités listent tous les endroits où nous sommes allés. Or, nos façons de nous déplacer sont très régulières, répétitives, uniques, pareilles à des empreintes digitales.

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États-Unis : Big Data, moteur majeur de l’économie américaine de demain

Le Global Institute du cabinet de conseil McKinsey publie un rapport identifiant le Big Data comme l’un des 5 secteurs clé pour rétablir une croissance durable et booster la création d’emplois aux États-Unis.

Si le Big Data est l’objet de nombreux débats dans le monde des start-ups et des amateurs de haute technologie, sa place au sein de grands indicateurs macroéconomiques mondiaux reste à définir.

Dans son dernier rapport, le McKinsey Global Institute place le Big Data parmi les 5 “game changers” amenés à soutenir la croissance de l’économie américaine sur les dix prochaines années.

Le Big Data, l’Énergie, le commerce, l’Éducation et enfin les infrastructures ont été identifiées sur la base d’une analyse rigoureuse de l’économie américaine et des facteurs l’impactant le plus transversalement.
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L’emploi à l’épreuve des algorithmes

L’analyse des grandes quantités de données – le Big Data – est appelée à révolutionner bien des domaines. L’emploi et les ressources humaines pourraient même devenir l’un de ses premiers terrains d’application.

Bien sûr, rappelle Steve Lohr dans Bits, le blog techno du New York Times, “la science de la force de travail” – comme on commence à l’appeler – n’est pas nouvelle. Le management “scientifique” et la mesure statistique de l’efficacité du travail ou du recrutement ont déjà connu bien des méthodes… (et pas que des succès) : “Ce qui est différent aujourd’hui”, explique Mitchell Hoffman, économiste et chercheur à l’école de Management de Yale, “est le montant et le détail des données sur les travailleurs qui sont recueillies”.

L’étude de Hoffman et de ses collègues, intitulée “La valeur de l’embauche par les références” (.pdf) a fouillé les données de plusieurs sociétés dans trois secteurs différents (les centres d’appels téléphoniques, le transport et le secteur logiciel) portant sur plus d’un million de demandeurs d’emploi et plus de 70 000 employés sur plusieurs années.

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