Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Bernard Monot, l’économiste « libertarien » de Marine Le Pen

C’est l’une des nouvelles figures du Front national. Bernard Monot, 52 ans, est arrivé en tête aux élections européennes dans la circonscription centre, avec 24,18 % des suffrages. Il a distancé Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, qui a recueilli 21,38 % des voix. Tout un symbole.

Inconnu du grand public, Bernard Monot travaillait jusqu’alors à la Caisse des dépôts. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il officiait au FN sous le pseudonyme de Nicolas Pavillon.

Il fit d’abord ses premières apparitions publiques au compte-gouttes, toujours lors de rendez-vous frontistes consacrés à l’économie. Il est ensuite devenu de plus en plus visible au FN, jusqu’à sa déclaration de candidature, fin février. Auparavant, il prenait un luxe de précautions pour rencontrer les journalistes, très soucieux de ne pas « griller » sa couverture.

M. Monot se revendique libertarien en matière économique. Ce qui peut apparaître contradictoire avec le discours interventionniste de Marine Le Pen. Il assure néanmoins qu’il « défend les principes de l’économie de marché protégée et régulée raisonnablement dans le cadre d’un État de droit ».

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