Zone euro : Dette, la spirale infernale

L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière de 2007. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre.

Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncés plus profondément dans la crise. Mais comment en est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ?

En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l’anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie.

Au contraire d’un plaidoyer “pour ou contre” la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l’endettement est vieux comme le monde. Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s’offrent à l’Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel.

L’économiste Bernard Maris a été assassiné dans l’attentat contre Charlie Hebdo

L’économiste Bernard Maris, qui signait des chroniques sous le pseudonyme d’”Oncle Bernard”, dans Charlie Hebdo, s’ajoute à la liste des victimes de l’attentat. Sa mort a été confirmée. Il avait publié en septembre dernier un essai étudiant la vision de l’économie et de la crise de la société contemporaine à travers la littérature de M. Houellebecq.

Bernard Maris a écrit pour différents journaux : Marianne, Le Nouvel Observateur, Le Figaro Magazine, Le Monde et Charlie Hebdo, dans lequel il prenait la plupart du temps le pseudonyme d’« Oncle Bernard ». Dans ce dernier journal, il était jusqu’en 2008 le directeur adjoint de la rédaction. En tant que fondateur, lors de la renaissance du titre en 1992, il en était actionnaire à hauteur de 11 %3.

À la radio, Bernard Maris tenait le samedi sur France Inter une chronique hebdomadaire intitulée J’ai tout compris à l’économie et participe le vendredi à un débat sur un thème d’actualité économique avec le journaliste économique des Échos Dominique Seux à partir de 7 h 50.
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Bernard Maris : La création monétaire pour les nuls

Bernard Maris, l’un des économistes les plus connus en France, chroniqueur sur France Inter, et membre du conseil général de la Banque de France, a tout dévoilé dans un documentaire récent sur “La Dette” produit par Nicolas Ubelmann et Sophie Mitriani. Lorsque l’on lui pose la question “D’où vient l’argent que prêtent les banques?”, sa réponse est claire:

La banque fabrique de l’argent à partir de rien. C’est le métier du banquier. La banque crée ex nihilo de l’argent. Ça c’est quelque chose qui est très difficile à comprendre“.

Serge Latouche : “La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique”

Entretien avec Serge Latouche, professeur émérite d’économie et un des principaux inspirateurs du mouvement de la décroissance. Il retrace ici les racines de la décroissance, entre Club de Rome, Yvan Illich et André Gorz.

Quelle est votre définition de la décroissance ?

C’est très difficile de définir la décroissance car je considère que ce n’est pas un concept, c’est une bannière, un drapeau. Pour moi, c’est un mot d’ordre qui permet de rallier les objecteurs de croissance. C’est aussi un horizon de sens vers lequel chacun chemine comme il l’entend.

La décroissance permet surtout de s’affranchir de la chape de plomb de l’impérialisme économique pour recréer la diversité détruite par l’occidentalisation du monde. Elle n’est pas à proprement parler une alternative, mais plutôt une matrice d’alternatives: on ne va pas construire une société décroissance de la même façon au Chiapas et au Texas, en Amérique du Sud et en Afrique… Il y a des histoires et des valeurs différentes.

Avec la décroissance, on n’est plus dans l’intérêt, l’égoïsme, le calcul, la destruction de la nature, dont l’homme serait maître et possesseur, ce qui définit le paradigme occidental. On veut vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, retrouver beaucoup de valeurs des sociétés traditionnelles. On sort aussi de la vision « économiciste » de la richesse, de la pauvreté, de la rareté.
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“Peut-on s’assoir sur la dette ?”

Émission “C Dans l’air” du mercredi 8 mai 2013 avec les invités suivants: Philippe Dessertine – Agnès Bénassy-Quéré – Bernard Maris – Philippe Frémeaux.

En ces temps de crise économique et de chômage record sur fond de croissance nulle, le débat sur l’austérité budgétaire fait rage dans la classe politique. Et certains appellent à un moratoire sur la dette publique, qui représente désormais 90 % de la richesse nationale…

Au lendemain de l’octroi par Bruxelles d’un sursis de deux ans à la France pour atteindre ses objectifs budgétaires, ce qui a suscité quelques grincements de dents en Allemagne, la problématique du remboursement de la dette publique est au centre des débats dans l’Hexagone. Si le ministre du Budget, Pierre Moscovici, s’est félicité de la décision de Bruxelles, tout en assurant qu’« il n’y aura pas de laxisme » côté français et qu’« il n’est pas question de relâcher en quoi que ce soit l’effort de réduction des dépenses ». Des voix s’élèvent dans la classe politique contre l’austérité budgétaire, ou vont plus loin, comme Jean-Luc Mélenchon qui a affirmé, il y a quelques jours dans l’émission Des paroles et des actes sur France 2, que « la dette ne serait jamais remboursée ».

Alors, peut-on « s’asseoir » sur la dette ? Et de quoi parle-t-on exactement ? Qui achète et qui possède la dette publique de la France ? Si la réponse à cette question semble simple, elle est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et éminemment stratégique, alors que notre pays atteint un nouveau record d’endettement, à hauteur de 90,2 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 1 834 milliards d’euros.

Dans les faits, la dette publique française est triple : il y a celle de l’État proprement dit, mais aussi celle des collectivités locales et celle des administrations publiques.

Partie 1 :


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La France, paradis des grévistes ?

La légende nationale, et aussi l’image de la France à l’étranger, veulent que nous soyons le pays de la grève, comme nous sommes celui aux 400 fromages.

Ce constat est grandement à nuancer, on le voit dans cette série d’articles :

- La France, pays des grèves, sur Acrimed.

- Des grèves partout, sauf dans les statistiques, sur le blog Ecopublix.

- Les pays qui font le plus la grève en Europe, sur L’internaute.

Globalement, sur une échelle longue, le nombre de journées “perdues” (sur l’ensemble de population active) par les grèves a tendance à baisser : environ 1 million par an dans les années 60, 150 millions en 1968 (!), 2 millions dans les années 70 ; au milieu des années 70 (début de la crise et du chômage de masse) s’amorce une décrue pour atteindre 500.000 en 1980, remonter à 780.000 en 1995 avec les grandes grèves “Juppé” et, désormais, osciller, selon les années et le climat social, entre 300 et 800.000. Des chiffres à relativiser en fonction du nombre d’actifs (environ 25 millions sur la période).

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