Olivier Delamarche : Zappage des phrases cultes (Màj)

BFM Business vous fait redécouvrir à travers un zappage toutes les phrases cultes d’Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion. Fed, Endettement américain, braquage à la chypriote, PIB et Moscovici sont au programme des interventions de Delamarche entre janvier et mars.

Partie 1:

Partie 2:

La FED et la BoJ avec Bernanke et Abe à leur tête sont au programme des interventions de Delamarche entre avril et juin.

Overdose : La prochaine crise financière (VOSTFR – Exclusivité Fortune)

En temps de crise, les sociétés cherchent des dirigeants forts et des solutions simples, mais que se passe-t’il si les solutions envisagées constituent les mêmes erreurs que celles qui ont provoqué cette crise ? Ce document relate l’origine de la plus grande crise économique de notre temps, la crise à venir.

Documentaire réalisé en 2010 par Martin Borgs et basé sur le livre de Johan Norberg : “Financial Fiasco”.

(Traduction et sous-titrage: Fortune)

Olivier Delamarche : “L’accord sur la flexisécurité est un cadeau aux entreprises”

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 15 janvier 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Les entreprises françaises n’avaient pas la même souplesse que les entreprises américaines pour licencier et pour adapter leur coûts. Elles vont maintenant avoir beaucoup plus de facilités pour le faire. »

« Les entreprises ne vont pas embaucher. Si vous avez une récession devant vous, vous n’embauchez pas. Donc la courbe du chômage va continuer à augmenter et probablement même s’accélérer. »

Olivier Delamarche : « Il y a un déni généralisé de la crise »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 16 octobre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Le marché est drogué par les liquidités. C’est de la drogue pure et dure. »

« Les Américains et les Européens ne peuvent pas se désendetter. Leurs revenus n’augmentent pas, si vous voulez avoir de la consommation, il faut continuer à endetter les gens mais il y a une limite à ce système. »

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Allons-nous vers une nouvelle “crise de 29″ ?

La soupe du couvent – Ferdinand Georg Waldmuller (1858)

Allons-nous vers une nouvelle “crise de 29″ ?

Ce n’est pas ce que nous disent les marchés financiers. Cet été, ils viennent même de connaître une envolée spectaculaire (+ 15 % en Europe en moyenne). Cet épisode haussier a été une nouvelle occasion de vérifier que la confiance joue un rôle prédominant. C’est toujours étonnant de constater l’impact qu’ont de simples paroles, dès lors qu’elles sont formulées par un orateur considéré comme crédible : ici Mario Draghi, le président de la BCE. Après sa dernière intervention, on a même pu lire que « l’Europe était sauvée ! » ou encore que « les marché européens avaient désormais un boulevard devant eux, car ils devraient rattraper l’avance prise par les marchés américains qui sont revenus à leur niveau d’avant 2008 alors que le CAC est encore à – 40 % ».Pourtant, si l’on examine plus en détail les vraies possibilités d’intervention de la BCE, on est en droit de penser que l’optimisme des marchés est largement exagéré. Si l’on s’arrête sur les fondamentaux économiques, c’est encore plus inquiétant, car on a toutes les raisons de craindre un retournement des marchés dans les semaines ou les mois à venir, tant la confiance devrait se retourner sous le poids du principe de réalité. Certains prix Nobel d’économie comparent même la situation actuelle à celle du début de «la grande dépression» de 1929.

Les vraies possibilités d’intervention de la BCE sont limitées

Le dernier message de Mario Draghi vient de faire mouche. La banque centrale assurerait enfin la stabilité du système financier européen en achetant des dettes d’Etats de maturité inférieure à 3 ans, sous certaines conditions certes, mais de façon illimitée. Le marché s’est immédiatement enflammé, enthousiasmé par ce terme « illimité ». Trois commentaires s’imposent :

• En premier lieu, il convient de rappeler que l’interventionnisme de la BCE n’est pas une nouveauté. Depuis 2010, elle a déjà racheté des dettes de pays en difficulté pour au moins 200 Milliards d’€ et surtout 5 fois plus de créances « douteuses » auprès des banques en difficulté.
• Par ailleurs, en y regardant de plus près, le caractère illimité de l’aide potentielle est en fait restreint, dans son montant et du fait des conditions d’obtention extrêmement dissuasives. En effet, le pays demandeur d’aide doit, en contrepartie, accepter de perdre sa souveraineté par son asservissement à un plan de rigueur et à des contrôles sévères menés par la « Troïka » (le gendarme de l’Europe en la matière). Cela explique pourquoi il y a si peu de pays candidat pour le moment.
• Enfin, si l’on se réfère à la décision que vient de prendre la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, en pratique, la capacité d’intervention maximale de la BCE serait de l’ordre de 600 Milliards (et non illimitée), montant qui correspond à moins de la moitié de la dette sur 3 ans des seuls PIIGS.
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Olivier Delamarche invité des Experts sur BFM Business (31/08/2012)

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, était l’invité de l’émission Les Experts (BFM Business) ce vendredi 31 août à l’occasion de l’Université d’été du MEDEF.

http://www.dailymotion.com/video/xt79pb

Merci à €uro$€ptic

États-Unis : Autopsie d’un désastre

Par Bruno Bertez.

Du logement aux banques, des banques aux gouvernements, des gouvernements aux banques centrales, elle monte, elle monte la mer de dettes.

Fin mars 2012, Ben Bernanke a donné 4 conférences à la George Washington University School of Business. Elles sont passées quasi inaperçues. Il est possible que les observateurs aient jugé qu’une conférence destinée aux étudiants ne pouvait rien apprendre de nouveau aux professionnels qu’ils étaient. Ils ont tort, ils oublient que le Docteur Bernanke attache beaucoup d’importance au monde académique et aux débats théoriques.

Les deux dernières conférences contiennent une multitude de pépites, nous en avons extrait une : “la crise des subprimes est un symptôme, ce n’est pas la cause de la Grande crise financière”.

C’est, à notre connaissance, la première fois que Bernanke reconnaît que le mal est plus profond que celui qui a été  épinglé sous le nom de crise des subprimes, c’est la première fois qu’il accepte de reconnaître que le mal est plus profond. C’était la thèse de tous ceux qui, comme nous, pensent que l’on est dans une crise du cycle du crédit, une crise de surendettement généralisé, la Réserve Fédérale s’y est ralliée. Un texte récent de la Fed de San Francisco le confirme.
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Olivier Delamarche : « On va finir par se réveiller avec une très grosse gueule de bois »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 27 mars 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Le QE 3 aux États-Unis va faire monter le cours des matières premières – Le Quantitative Easing 3 est indispensable pour racheter des bons du Trésor américains – L’immobilier et le chômage aux USA continuent à se dégrader – Les QE ne relancent en rien l’économie et la croissance. »

Olivier Delamarche : « On n’est plus au bord du précipice, on est dedans »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 20 mars 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Les petites déclarations des politiques sont là pour rassurer, ce n’est pas leur boulot d’annoncer la catastrophe surtout avant des élections – Il vaut mieux ne pas être dans le marché – Je me fous complètement du “rebond partiel” car je sais ce qui va se passer – La hausse du prix du pétrole va encore peser sur la croissance US. »

Olivier Delamarche : « Il faudrait placer Bernanke et Draghi en prison »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 06 mars 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Les Grecs n’en finissent plus de mourir – On n’a pas eu envie de créer un précédant avec la Grèce – La question est de sauver le système – Avec 70 % de conversion (créanciers privés + plan de sauvetage) la dette grecque passe 161 à 159 % 2012 et 2013, donc cela n’aura servi à rien – On vous raconte des conneries toute la journée, comme d’habitude – En Espagne, les chiffres sont truqués depuis des années, c’est le même problème – L’État espagnol sera obligé de recapitaliser les dettes – Vous voulez que je vous ressorte toutes les déclarations de Lagarde et du FMI qui ont été démenties dès le lendemain ? – La Chine connaîtra aussi un arrêt de sa croissance car elle dépend de celle des USA (qui est en train de caler) et de l’Europe (qui n’en a plus pour longtemps). »

NB : Pour obtenir une analyse détaillée des chiffres du chômage aux États-Unis voir le blog d’Olivier Berruyer.

(Merci à Laurentenne, Quentin & à Crise de nerfs)

Les prévisions d’Olivier Delamarche pour 2011

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 janvier 2011 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

Ce qu’on peut espérer de mieux pour l’économie c’est que les marchés sifflent la fin de la partie. Jusqu’à présent on se disait que nos enfants paieraient l’addition, mais à la vitesse à laquelle se dégradent les choses c’est bien nous qui paierons et on risque d’avoir des soucis. On ne peut pas s’endetter et créer de la monnaie sans aucune conséquence, on va le payer à un moment ou un autre.

(Merci à Méro)

« Plus personne ne maîtrise rien »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 07 décembre 2010 sur BFM Radio, dans l’émission “Intégrale Bourse.

L’appel de Cantona ne sert à rien, car cela ne va pas mettre en risque les banques. C’est la finance qui met le système en péril. On ne peut pas imprimer des billets à tour de bras, sans penser qu’il n’y aura jamais aucune conséquence. En dépassant un certain taux d’endettement, on tue la croissance.

(Merci à Méro)

Le jour où le Dollar est mort

Cette fiction, produite et réalisée par la National Inflation Association (Association Nationale sur l’Inflation Américaine), anticipe sur le futur économique des États-Unis, et par extension du monde.

Rappelons qu’encore récemment, Ben Shalom Bernanke, alias “Helicopter Ben,” patron de la Réserve Fédérale, avait annoncé son QE2 signifiant que la FED allait injecter (officiellement) 600 milliards de dollars pour Wall Street. Il n’est économiquement pas viable d’imprimer de l’argent papier à outrance sans que les montants ne soient soutenus par une industrie forte, une demande ou une production de biens réels. L’argent à destination des requins de la finance est régulièrement volé, dévaluant le dollar et préparant le monde à la catastrophe économique du siècle : une hyperinflation massive inévitable.

(Merci à Virtus & Honor)

« Les analystes américains n’ont pas de calculettes »

Olivier Delamarche du groupe Platinium Gestion le 26/10/2010 sur BFM Radio.

Les chiffres Us sont magouillés… On nous prend pour de imbéciles, c’est un vrai bonheur… Entre Geithner et Bernanke, nous avons deux champions du monde…

Via Minuit -1

(Merci à Christopher Johnson)

« La déferlante est pour tous »

Par Philippe Grasset

(…) pour représenter la grande crise, (…) la houle n’a pas le caractère haché, brisé, infiniment brutal et puissant des grandes déferlantes que lève une tempête. S’il n’était galvaudé, le terme de tsunami, par la puissance, la vitesse et l’autonomie qu’il suggère, pourrait faire l’affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l’ampleur des océans, pour rendre l’universalité de la crise. La vague déferlante couvre toute l’étendue du monde.

On parle ici, vous l’avez compris, de la vraie grande crise, qui est, à notre avis, la crise eschatologique, – crise de l’environnement ou crise climatique (on ne dit pas global warming [réchauffement global] pour ne pas voir déferler en houles multiples les vagues contestataires). C’est la crise de notre univers, qui va des matières premières au climat, des cadres de nos vies à notre survie même, et qui touche absolument tous les domaines. Il nous restait à mesurer la charge psychologique, symbolique, métaphysique de cette idée d’une “crise de notre univers”, – et nous y sommes.

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Les Etats-Unis laissent-il couler le dollar ?

Fini le temps où Washington assurait au monde qu’il voulait un dollar fort. Alors que le billet vert a plongé à un plus bas de cinq mois contre l’euro mercredi, le gouvernement américain semble très bien s’accomoder de la tendance.

Caricature américaine, août 2010. Sans commentaire...

Les Américains laissent-ils délibérément plonger le dollar ?

«Un dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis» : cette phrase rituelle des secrétaires au Trésor américain, Timothy Geithner ne l’a pas prononcée en public depuis maintenant un an. Si les Etats-Unis ne le reconnaissent pas officiellement, personne n’est dupe : ils ont tout intérêt à laisser le dollar tomber, s’ils veulent booster la compétitivité de leurs produits et atteindre l’objectif lancé en janvier par Obama, de doubler les exportations américaines en cinq ans.

La Fed est d’autant plus incitée à maintenir un dollar faible, que quasiment toutes les grandes banques centrales mondiales font la même chose avec leur monnaie.

A la mi-septembre, la Banque du Japon est intervenue directement sur le marché des changes, pour la première fois en six ans, afin de freiner l’ascension du yen, emboîtant ainsi le pas à la Suisse, qui bataille depuis plus d’un an pour empêcher une envolée du franc suisse. Quant à la Bank of England, elle s’apprête, comme la Fed, à lancer une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif.

Sauf que «si tout le monde cherche à déprécier sa monnaie, cela devient un jeu à somme nulle», met en garde Nordine Naam, économiste à Natixis.

Comment font les Etats-Unis pour affaiblir le dollar ?

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La relance bute sur l’endettement

Par Bruno Bertez

Nous avons passé l’été aux Etats-Unis. En Californie et au Nevada. Toujours autant de voitures sur les routes, des hôtels « sold-out » [complets], des files d’attente dans les restaurants de qualité. Les parkings de Wholefoods, le distributeur « green » [vert] à la mode, qui vend tout au double du prix normal, sont complets.

Voilà pour la première impression. La seconde est différente. Les sorties d’autoroutes sont bordées de mendiants, homeless, sans domicile ; les angles de rues sont occupés par des hommes sandwichs qui agitent des panneaux publicitaires pendant des heures en plein soleil pour quelques dollars. Les magasins populaires du type Wal  Mart sont sinistres, déprimants, ils ne cessent de baisser la qualité et les prix pour s’adapter à l’appauvrissement de leur clientèle.

Dans les endroits les plus favorisés de la Californie, dans la Silicon Valley, un immeuble de bureaux sur cinq est vacant, une boutique sur six est fermée. A chaque coin de rue, fleurissent les panneaux à vendre ou à louer. Le petit commerce, les petites entreprises sont fermées, les vitres badigeonnées. Le Nevada est couvert de chantiers arrêtés; les casinos populaires sont fermés, sans repreneurs, à l’abandon.

La crise est bien là. Mais ce n’est pas la fameuse destruction créatrice, l’élimination du gaspillage, c’est le laminage des couches moyennes et inférieures de la population.

Le chômage officiel est de 9,6%, mais le vrai chiffre significatif c’est celui de la statistique U6 du Bureau du Travail, le BLS, c’est 16,7%.

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Une crise plus grave que 2008 ?

Il est de plus en plus probable que nous revivions, d’ici à quelques mois, une nouvelle crise beaucoup plus grave que celle de 2008. Nul besoin, en effet, d’être un “expert” en économie pour constater que les dérives qui ont débouché sur le krach de 2008 n’ont pas été éradiquées mais qu’elles se sont amplifiées.

D’abord, dollars et euros coulent à flots comme jamais : gigantesques plans de relance ou de soutien aux États-Unis et en Europe ; prêts et aides du FMI ; planche à billets – pardon, quantitative easing ! – de la Fed. M. Bernanke a repris, sans vergogne, la politique de M. Greenspan, son prédécesseur.

Ensuite, ces capitaux qui se déversent sur les cinq continents, et qui devaient avoir pour vocation de réactiver la machine économique en luttant contre le gel du crédit, n’ont nullement été canalisés. Ils ont repris le même chemin que celui des années 1990 et 2000 : la spéculation, le leverage via des hedge funds rebadigeonnés. Les génies de Wall Street qui ont inventé les fameux produits dérivés – baptisés ensuite produits toxiques – n’ont jamais cessé de phosphorer et n’ont jamais été en panne d’imagination. À ce propos, il est plaisant de rappeler que les produits dérivés étaient couronnés, avant 2008, d’un triple A par les agences de notation…

Aujourd’hui pas plus qu’hier aucune autorité nationale ou internationale n’a pris les moyens de freiner l’appétit de cette ingénierie financière dont le seul objectif est la “maximisation” des profits.

Toutes les déclarations tonitruantes des chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy, sur l’impérieuse nécessité de mettre de l’ordre dans les circuits bancaires et financiers relèvent de la redondance. Il ne s’est rien passé au dernier G20, il ne se passera rien au prochain. Quant au bruit autour des salaires des PDG, des paradis fiscaux et de la “moralisation” du capitalisme, il n’est que cinéma. La crise de 2008 n’a été provoquée ni par l’extravagance de certaines rémunérations ni par les paradis fiscaux, elle l’a été par des banquiers incompétents, imprudents et âpres.

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Marc Faber : «Le système sera en faillite dans cinq à dix ans»

Selon Marc Faber, le gourou de la finance, les pays occidentaux sont devenus plus risqués que les économies émergentes.

– L’intervention des Etats dans l’économie va-t-elle encore durer des années ?

- Certainement. L’excès de crédits qui a provoqué la crise a été plus ou moins nettoyé et caché sous le tapis. A entendre les discours récents de Bernanke (ndlr : président de la Réserve fédérale américaine) et de Krugman (ndlr : Prix Nobel d’Economie en 2008), aucune mention n’est faite par rapport à la croissance démesurée de l’endettement. Cela n’existe pas pour les Américains. L’Etat peut intervenir dans l’économie de deux manières : directement, ou via la politique fiscale et monétaire. C’est cette dernière qui est privilégiée. Il me semble qu’avec Obama, les aides étatiques augmenteront, notamment pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac. Ils ont bien plus de problèmes que n’en ont eus AIG et d’autres établissements. Aujourd’hui comme lors de la faillite du fonds LTCM, le message qui est envoyé par les Etats est : continuez de spéculer, nous sommes là pour vous sauver. Ceux qui veulent, aux Etats-Unis, créer une inflation de l’ordre de 6% par an, ne pourront pas le faire sans avoir de problèmes d’endettement. Pour créer cette inflation, les taux d’intérêt seront artificiellement maintenus à des niveaux proches de zéro, comme aujourd’hui.

Cette année, on prévoit 1600 milliards de dollars de déficit pour les Etats-Unis. A moyen terme, l’endettement américain ne pourra être inférieur à 1000 milliards de dollars, ce qui reste énorme. En conséquence, lorsqu’il faudra remonter les taux d’intérêts pour réduire la dette, le payement des intérêts sera équivalent à 35% des entrées fiscales dans cinq à dix ans. Cela posera des problèmes énormes.

– Où se situe-t-on dans le développement de la crise ?
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Les dangers de l’austérité

La rigueur fiscale va provoquer ralentissement et aggravation du poids relatif des dettes. Mais surtout avoir un impact dévastateur sur la liquidité globale. La question de refinancement du stock de dettes des entreprises va se poser avec acuité.

La crise qui s’est révélée en septembre 2008 par la faillite de Lehman Brothers est réelle. C’est une crise des passifs comptables, c’est à dire une crise de la finance et, en même temps, c’est une crise des actifs, c’est à dire de l’économie réelle.

Face à la menace d’effondrement économique, sociale et politique, les grands moyens, moyens exceptionnels et non conventionnels ont été utilisés. Les marchés financiers ont été placés sous respiration artificielle; les économies ont été mises sous perfusion.

L’économie globale n’est pas repartie comme espéré. La question du maintien des dispositifs de survie artificielle monétaire et fiscale reste posée. Les marchés se réveillent, ils perdent confiance dans la capacité des États souverains à rembourser leurs dettes. C’est la phase II. La phase II se définit comme celle dans laquelle les «remèdes» à la crise révèlent leurs limites. Limites dans le résultat obtenu et surtout limites dans l’usage que l’on peut en faire.

La dépression a été évitée. Elle a été évitée par l’action conjointe de la politique monétaire et de la politique fiscale. Le mot important est «conjointe». Il n’est pas possible de dissocier les deux. L’analyse ne permet pas de séparer ce qui est imbriqué car l’indissociabilité des deux est organique. Aussi bien le fiscal que le monétaire devaient être mis en oeuvre pour dégeler les comportements, pour évacuer la frilosité générée par la peur.

Le point de rencontre des deux actions, la monétaire et la fiscale, le résultat de leur synthèse au sens fort de la chimie et même de l’alchimie, ce fut le retour de l’appétit pour le risque. Nous le prenons non pas au sens des marchés, sens étroit, étriqué et truqué, nous prenons l’appétit pour le risque au sens commun: la confiance, la moindre peur de l’avenir, la capacité à l’envisager sereinement. Plus sereinement, et ainsi à reprendre des comportements plus rationnels, plus habituels, sinon plus normaux. C’est à dire consommer, entreprendre, investir, jouer, spéculer.

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Guerre des monnaies – Dollar contre Yuan – deuxième round

Par André Serra

Il y a incontestablement une “guerre des monnaies” dans le monde depuis le début de la crise, je qualifierais ce qui s’est passé jusqu’ici de premier round, pendant lequel des initiatives ont été lancées par différents pays pour démontrer, sous plusieurs motifs, la nécessité de remplacer le dollar dans son rôle actuel de monnaie internationale de paiement et de réserve, par une monnaie planétaire nouvelle qui serait, celle-ci, indépendante de tout État national particulier.

Après un rappel de ces initiatives en cours, je décrirai le second round, qui vient à peine de commencer.

1er round :

Le lundi 19 novembre 2007, à Singapour, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a montré qu’il était de plus en plus difficile de gérer les 1430 milliards de dollars (970 milliards d’euros) de réserves de change de la Chine, à cause de la devise américaine (réserves se montant à 2600 milliards de dollars en avril 2010). “Nous n’avons jamais connu une pression aussi forte”, a-t-il déclaré, selon l’agence Reuters. “Nous sommes inquiets sur la manière de préserver la valeur de nos réserves”, a-t-il ajouté. La devise étasunienne avait perdu 5% contre le yuan depuis janvier 2007, et malgré toutes les promesses de Washington, il continuait, jour après jour, de perdre des plumes. C’était alors le tout début de la crise des subprimes, qui devait exploser quelques mois plus tard.

Dès cette époque, la Chine se mit à plaider dans chaque forum qu’il était grand temps de remplacer le dollar comme monnaie de paiement et de réserve. Rapidement, cette information fit le tour du monde et tous les ministres des Finances de la planète commencèrent à plancher sur le sujet.

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Du Japon aux États-Unis, de la dette à la dépression économique durable

Par Bill Bonner

Officiellement, la crise est terminée. Tout le monde le dit. Les banques centrales et les autorités économiques s’auto-congratulent. Voilà un an que la fin du monde n’a pas eu lieu… et ils s’en attribuent tout le mérite.

Bernanke a déclaré cette semaine qu’il maintiendrait les vannes monétaires grandes ouvertes pendant encore un temps… mais c’est juste parce que la reprise est fragile. Il parle également de “sortir” des programmes de relance, maintenant que l’économie se remet sur pied.

Sottises ! Balivernes ! Absurdités !

Les économistes grand public sont coupables de manquement à leur devoir. Ils devraient dire aux gens que cette “reprise” est une escroquerie. Ils devraient prévenir les investisseurs que les marchés pourraient s’effondrer du jour au lendemain. Ils devraient acheter de l’or et vendre des titres du Trésor US… et expliquer aux politiciens qu’on ne peut pas dépenser jusqu’à sortir d’une dépression, avec des dollars bidon gaspillés en projets inutiles !

Au lieu de ça, les idiots se donnent des tapes dans le dos… se félicitant d’avoir sauvé la planète de la destruction. Lire la suite

Qui veut acheter les Etats-Unis ?

Ou plutôt : “qui le veut ENCORE” ? C’est la question que pose l’économiste suisse Michel Santi.

Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages américains – échaudés par la crise et donc, en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant, de manière décisive, à maintenir les rendements sous pression.

Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée, l’an dernier, championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres), puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période, alors que les investisseurs étrangers, eux, ont, pour solde, écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

L’hyperactivité de la banque centrale américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la trésorerie américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US, qui s’est montré extrêmement friand, vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus, aujourd’hui, à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA !

Certes, les Etats-Unis – et avec eux le reste du monde – doivent-ils à ces baisses de taux quantitatives – et donc, en partie, aux ménages américains – d’avoir pu maintenir leurs taux proches du zéro et d’être, ainsi, en mesure d’injecter force liquidités dans leur système financier au bord de la banqueroute. Pour autant, ces ménages – et ce consommateur – US, représentent pour Wall Street une proie facile à convaincre – et à plumer -, dans une conjoncture où la trésorerie américaine éprouve une peine dramatique et sans précédent à écouler ses bons en direction de son marché traditionnel, à savoir à l’étranger.

Il est effectivement de notoriété publique que c’est l’appétit de l’investisseur non américain – privé, institutionnel et gouvernemental – qui a autorisé la trésorerie US à procéder, ces vingt dernières années, à des levées massives de fonds, ayant financé tout à la fois le train de vie du Gouvernement (guerres comprises), la consommation caricaturale du citoyen moyen et, au passage, quelques bonnes bulles spéculatives… Les autorités américaines ont néanmoins trouvé, aujourd’hui, une parade bien pratique pour contourner cette volte-face des investisseurs étrangers.
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Pourquoi Bernanke n’est pas pressé d’augmenter les taux

Battant en brèche l’idée répandue selon laquelle la politique monétaire laxiste de Greenspan serait responsable de la bulle immobilière, Bernanke a affirmé dimanche que l’instrument des taux directeurs ne devait être utilisé qu’en second ressort. Explications.

Evolution des taux directeurs de la BCE et de la FED, de 1999 à 2009 (le taux de la FED est en bleu foncé) - Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

(…) les marchés financiers américains guettent le moment où la Réserve fédérale relèvera ses taux directeurs, actuellement à leur plus bas niveau historique, entre 0 et 0,25%.

Dans un discours prononcé dimanche devant l’American Economic Association à Atlanta, Ben Bernanke a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la régulation financière, laissant entendre qu’il y aurait peu de changements à court terme dans la politique monétaire de la banque centrale. Voici pourquoi : Lire la suite

Bourse: “on sait comment ça va se terminer”

Une bonne dose de réalisme de la part d’Olivier Delamarche du groupe Platinum Gestion qui remet les pendules à l’heure sur BFM.

– “On a tout anticipé… sauf les gamelles!”
- “Il n’y a que le marché actions qui y croit.”
- “Reprise: on sait que ça va se finir mal, mais on continue à accélérer en vue du mur qui arrive, dans la joie et la bonne humeur.”
- “Ce n’est pas une vision très noire, il faut regarder un petit peu les chiffres. Il y a une succession de mauvaises nouvelles depuis le 5 novembre (les CA sont mauvais, taux de chômage qui est du jamais vu, etc.)”
- “En dehors des secteurs aidés c’est une catastrophe, mais tout le monde est content car comme les entreprises virent tout le monde, forcément vous avez des gains de productivité.”
- “Qu’est-ce qui va pouvoir sauver une économie qui est moribonde, sous perfusion?”
- La hausse actuelle du marché est une bulle. Tout le monde le sait. Bernanke est en train d’inonder le monde entier de dollars et il est ravi.”

http://www.dailymotion.com/video/xb81nr

La Très Grande Illusion

Par Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

Les médias traditionnels voient des jeunes pousses éclore dans l’économie, se réjouissent du moindre résultat « moins mauvais » que prévu et sont résolument optimistes. Mais quand on observe le succès grandissant de certains sites web alternatifs d’informations financières, on ne peut s’empêcher de constater que de plus en plus d’investisseurs désabusés doutent de la neutralité des grands médias.

Ces derniers sont tous plus ou moins liés à de grands groupes financiers. Par exemple la chaîne de télévision financière CNBC est une filiale de General Electric qui aurait reçu du contribuable américain 51 mlds de USD via le programme TLGP . Est-il absurde de croire que les autorités américaines souhaitent que l’information financière soit présentée sous son « meilleur jour » et ainsi d’imaginer que CNBC soit tenue de respecter une certaine « ligne éditoriale » ?
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“L’équilibre du pouvoir mondial est en train de changer”, selon l’ancien économiste en chef du FMI

L’économiste anglais Simon Johnson, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), a quitté le Fonds Monétaire International en 2008 et publié en mai 2009, dans le magazine américain The Atlantic, un article retentissant, “Le coup d’Etat feutré”.

Auditionné peu auparavant par Comité Economique Conjoint des parlements des Etats Unis, il expliquait “comment la finance a conquis et ruiné l’Amérique”.

Il est l’un des rares à analyser cette crise en terme de rapports de force internationaux et considère qu’elle va durablement redistribuer les cartes.

Voici son analyse.

En 2002, Ben Bernanke [président de la Réserve fédérale des États-Unis] avait prononcé un discours décrivant exactement ce que la Fed devrait faire si les États-Unis étaient confrontés à une spirale déflationniste des prix et des salaires, qui pourrait causer des ravages sur l’économie.

Il avait proposé une série de mesures commençant par l’abaissement à zéro des taux d’intérêt à court terme, puis l’achat de bons du Trésor, suivi par celui de titres émis par Fannie Mae et Freddie Mac. Tout cela a été mis en oeuvre depuis la mi-2007.

Certes, M. Bernanke était bien préparé à cette crise, et il pourrait être reconduit dans ses fonctions de président de la Fed au début de 2010 [en définitive, cela a été fait, plus tôt que prévu, depuis la rédaction de cet article le 11 juin 2009].

Mais est-ce la bonne lecture de cette histoire ? Lire la suite