Berlin et le tunnel des espions

Dans les années 1950, au moment où la guerre froide est à son maximum de tension et où les Alliés redoutent en permanence une attaque des Soviétiques qui conduirait à un troisième conflit mondial, les Britanniques et les Américains cherchent par tous les moyens à disposer d’informations sur les intentions de l’ennemi.

On décide de construire en secret sous le secteur soviétique un tunnel qui permette d’accéder aux câbles téléphoniques et d’intercepter les conversations du Q.G. Les spécialistes les plus pointus du corps d’ingénieurs de l’armée US sont réquisitionnés pour cette construction à haut risque. En février 1955, c’est chose faite. Les Britanniques sont alors chargés d’effectuer les dérivations nécessaires sans que les Soviétiques ne s’en aperçoivent.

Le dispositif permet d’écouter plus de cent vingt lignes et de réaliser quatre cents heures d’enregistrements par jour. Mais le 21 avril 1956, des techniciens chargés d’inspecter le réseau téléphonique après de fortes pluies découvrent le tunnel. En 1962, après l’arrestation de l’agent double des services britanniques George Blake, on comprendra que les Soviétiques étaient en fait au courant de l’opération depuis le départ.

Mais c’est aujourd’hui seulement, après la déclassification des documents de la CIA, que les participants peuvent témoigner et reconstituer le puzzle complet de cette opération hautement secrète.

Une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible

Le salon de l’électronique de Berlin a livré ses dernières innovations. Parmi elles, la greffe d’une puce sous la peau qui permettra de déverrouiller une porte à distance, de contrôler la lumière d’une pièce ou de lancer des impressions.

Mainmise sur les villes

À l’ère de l’hyper-urbanisation et des expropriations massives, où en est la démocratie urbaine et comment se positionnent les pouvoirs publics? De Paris à Istanbul en passant par Berlin ou Copenhague, ce film interroge la manière dont se construit la ville et la place qu’y occupent les citoyens.

Les milliards de Moscou

Si la guerre froide est finie, dans certains secteurs, la tension monte entre l’est et l’ouest de l’Europe. De Londres à Moscou en passant par Berlin, ce documentaire dresse un état des lieux des investissements russes. Enquête sur la stratégie employée par le président Poutine et ses hommes d’affaires, tous animés par le rêve de voir un jour émerger une grande Russie.

Des gazoducs aux chantiers navals en passant par le foot et l’immobilier, rien n’échappe à la voracité des oligarques russes. D’autant que le rêve de Poutine d’une grande Russie lui impose de placer habilement ses pions sur l’échiquier européen.

Sa stratégie ? Diviser pour mieux régner, notamment en montant la France contre l’Allemagne et inversement. Berlin compte six mille entreprises implantées en Russie, alors que les Russes gèrent quelque mille sociétés outre-Rhin. L’ancien chancelier Gerhard Schröder, membre du conseil d’administration de la société russe Gazprom, le plus grand groupe énergétique au monde, plaide en faveur d’étroites relations économiques avec Moscou. Quant aux Français, ils se sont réjouis de signer de juteux contrats d’armement avec la Russie… jusqu’à ce que l’embargo lié à la crise de Crimée en Ukraine stoppe la livraison des porte-hélicoptères Mistral destinés à renforcer la flotte de Poutine.

Réalisé par Christian Hans Schulz et Ulli Wendelmann (Allemagne 2015)

Le Corbusier : Pensée fasciste et cité radieuse

Le fascisme militant de Le Corbusier, grand architecte du XXe siècle, est mis en lumière dans plusieurs ouvrages publiés à quelques jours d’une exposition au Centre Pompidou qui aura lieu du 29 avril au 3 août à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort.

Le Corbusier, l’un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto et Theo van Doesburg. Il est le créateur de l’unité d’habitation de Marseille et de la Chapelle de Ronchamp (Haute-Saône), candidates au classement au patrimoine mondial. « l’unité d’habitation », concept sur lequel il a commencé à travailler dans les années 1920, expression d’une réflexion théorique sur le logement collectif.

« L’unité d’habitation de grandeur conforme » ne sera construite qu’au moment de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, en cinq exemplaires tous différents, à Marseille (la Cité radieuse), Briey-en-Forêt, Rezé, Firminy et Berlin. Elle prendra valeur de solution aux problèmes de logements de l’après-guerre.

Sa conception envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie — garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque, lieux de rencontre. Le Corbusier a également œuvré dans l’urbanisme et le design.
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Allemagne : Les végétariens défilent contre la “salamisation” de la société

C’est l’un des slogans pleins d’humour que l’on pouvait lire lors de la manifestation écologiste de ce samedi à Berlin. Ces agriculteurs et activistes végétariens entendaient protester contre ce qu’ils appellent les usines à viande, les OGM et l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et les États-Unis.

Manger, c’est politique, déclare ce militant. A chaque fois que je décide d’acheter quelque chose, je le fais en fonction de comment les animaux sont traités ou de ce qui pousse dans nos champs. Bien-sûr, je peux acheter certaines espèces, je peux manger moins de viande – on en mange trop de toutes façons – et je fais en sorte de soutenir les paysans, et pas les grandes compagnies agro-alimentaires”.

Allemagne : Une start-up berlinoise fait pousser des tomates à l’aide de poissons

Les poissons sont en bas, qui font de l’engrais, les plantations sont en haut, qui font des tomates: bienvenue à la “ferme-container“, prototype d’une agriculture urbaine qui allie pisciculture et cultures maraîchères, et cœur de métier d’une start-up berlinoise.

Dans la cour pavée d’une ancienne brasserie de la capitale allemande se dresse la mini-ferme de la société ECF: un container qui abrite l’élevage de poissons, coiffé d’une serre où poussent tomates, blettes et poivrons. Le principe est simple: des bactéries transforment l’ammonium des déjections des poissons en nitrates, qui servent d’engrais pour les cultures un étage au-dessus.

Les Aztèques utilisaient déjà cette méthode, connue sous le nom d’aquaponie, une contraction d’aquaculture et hydroponie. Ce dernier vocable désigne un procédé agricole où les plantes ne poussent pas dans la terre mais sur un substrat neutre (sable ou roches par exemple) régulièrement irrigué.

Cette technologie permet à l’agriculture de se libérer de la contrainte d’un sol fertile et donc de quitter la campagne… Un atout important dans un contexte d’urbanisation croissante au niveau mondial.

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Allemagne : Berlin, capitale inachevée ?

Berlin, capitale de l’Allemagne réunifiée, porte les traces d’une histoire douloureuse. Capitale du Troisième Reich, puis symbole de la division du pays pendant la guerre froide, la ville doit construire son identité sur les traces de son passé. Le Dessous des Cartes s’intéresse au lien entre mémoire et urbanisme à Berlin.

Partie 1:

Après la chute du Mur, Berlin a dû relever de nombreux défis : devenir la capitale unifiée de l’Allemagne, en accueillir les institutions et poursuivre son développement économique pour rattraper les villes de l’ouest du pays. Le dessous des cartes retrace le chemin parcouru par Berlin depuis la réunification.

Partie 2:
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Scandales à la Deutsche Bank

Cinq cents policiers armés prenant d’assaut un bâtiment avec l’aide d’un hélicoptère. On croyait ce genre de scènes réservées à la lutte antimafia. A tort. C’est à Francfort (Hesse), au siège de la puissante Deutsche Bank, que s’est déroulée, le 12 décembre 2012, cette perquisition hors normes. Faut-il que les charges soient lourdes pour que les autorités allemandes mettent volontairement à mal la réputation de ce fleuron de la finance germanique.

Par Frédéric Lemaître, Berlin, lemonde.fr

Car, comme BNP Paribas en France, Deutsche Bank est la banque pivot du capitalisme allemand.

Celle dont la bonne santé financière permet de jeter un voile pudique sur les difficultés de ses concurrentes régionales. Celle qui a repris en 2010 le réseau de la banque postale allemande et ses 14 millions de clients.

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L’Espagne appelle l’Europe à l’aide pour ses banques

Le premier ministre espagnol demande à l’Europe «d’aider les pays en difficulté». L’Espagne n’a plus accès aux marchés. L’appel à un sauvetage bancaire semble imminent.

L’Espagne est au bord du plan de sauvetage. Si Madrid n’a pas encore officiellement appelé à l’aide européenne, celle-ci devient inéluctable, tant la pression des marchés est forte.

«L’Espagne va devoir manger son chapeau»

Refusant d’être assimilée à des petits pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, refuse un sauvetage souverain.

Elle juge cette solution non seulement inutile mais hors de portée de l’Europe. «Mettre l’Espagne à l’abri des marchés financiers pendant trois ans nécessiterait 600 milliards d’euros et l’Europe ne les a pas», rappelle un proche du gouvernement à Madrid. L’Europe ne dispose, il est vrai, que de 750 milliards d’euros de capacité de prêts, à travers le Mécanisme européen de stabilité (MES).

En revanche, Madrid s’accommoderait d’un sauvetage strictement bancaire, évalué à 100 milliards d’euros d’après les experts.

Il passerait par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté de 450 milliards d’euros, qui peut recapitaliser les banques en émettant des obligations, comme il l’a fait en Grèce le mois dernier.

Impossible dit Berlin.

D’après les traités, ni le FESF ni le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne sont autorisés à recapitaliser directement les banques. Le passage par une entité publique garante de l’utilisation des fonds européens est obligatoire.

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L’aléa François Hollande préoccupe la City

La pole position du candidat socialiste dans les sondages à l’élection présidentielle française alimente les pires scénarios.

Certains de mes clients se préparent à spéculer sur une montée en flèche des taux d’intérêt de la France si François Hollande est élu.» Cette remarque, lâchée sur le mode de la confidence par un banquier d’affaires britannique, résume le sentiment d’une partie de la City à propos des perspectives de la crise de l’euro. De sources sûres, l’éventualité des conséquences d’une victoire de François Hollande est discutée dans de nombreux établissements, ne serait-ce que pour savoir si ce ne serait pas de nature à mettre fin au rebond actuel des bourses. C’est que, pour de nombreux financiers, le dernier règlement de la crise grecque n’est pas vu, à l’instar de Paris ou de Berlin, comme une victoire sur le temps – le temps de digérer et de contenir la probable faillite d’Athènes – mais simplement comme une manœuvre dilatoire. Ils évoquent généralement l’image de la canette qu’on pousse du pied dans la descente version City du mythe de Sisyphe. Surtout, ils s’interrogent sur la possibilité pour la Banque centrale européenne de poursuivre sa politique accommodante d’injections de liquidités au travers du système bancaire en cas de changement de cap à Paris.

La vengeance de la finance sans visage?

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Triple «A» et 12 millions de pauvres: l’Allemagne, un pays modèle?

Même si Sarkozy vante le modèle germanique, l’Allemagne paye pour sa compétitivité retrouvée, son chômage en baisse et ses records à l’exportation. Résultat: des millions de pauvres et une fracture sociale qui grandit.

A Berlin, Rolf-Bernd Pelikan s’explique mal comment son quartier bien-aimé de Spandau est devenu l’une des zones à risques de la capitale allemande, qui accumule des taux de chômage, de criminalité, de suicides ou encore de faillites privées parmi les plus élevés du Land. Mais lui et sa femme Jutta le constatent chaque jour: «Les zones commerciales ont été colonisées par des baraques à frites et à kebab, des magasins discount qui vendent tout à 1 euro et des coiffeurs qui coupent les cheveux pour 5 euros», raconte Jutta, assistante sociale dans un hôpital qui a été privatisé il y a peu: «Les rapports sociaux se sont durcis, les gens se renferment. Les ménages plus aisés sont allés vivre dans le centre de Berlin», ajoute Rolf-Bernd qui sort lui-même de 15 mois de chômage.

«Spandau a toujours été un lieu de vie pour les classes moyennes industrieuses qui vont travailler à l’usine, comme l’ont fait mes parents», raconte-t-il. Avec la présence des usines Siemens et BMW et de nombreux sous-traitants, Spandau a toujours été un des principaux quartiers industriels de Berlin. Le reste du territoire se partage entre d’agréables étendues boisées et des zones d’habitations très présentables. Et le centre-ville, avec ses rues piétonnes pavées de neuf, n’a rien d’un ghetto.

Petites annonces

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Jeudi 16 décembre : Marc Rousset au Centre Charlier

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Le Centre Charlier organise une conférence avec

Marc Rousset (*)

Docteur en Sciences économiques

sur le thème :

La nouvelle Europe,

l’axe Paris-Berlin-Moscou

Jeudi 16 décembre 2010

à 19 h 30


au Centre Charlier,

70, Boulevard Saint-Germain 75005 PARIS

(métro Maubert-Mutualité)

La conférence sera suivie du traditionnel buffet

L’auteur dédicacera son ouvrage

« La nouvelle Europe : l’axe Paris-Berlin-Moscou »

paru aux éditions Godefroy de Bouillon

Participation aux frais : 8 €

Étudiants, chômeurs : 4 €

(*) Marc Rousset collabore régulièrement à la revue Synthèse nationale.

Synthèse nationale et Euro-Synergies

La solution de l’inflation

Le monde croule sous la dette. Ou, pour être plus précis, le vieux monde, celui qui va de Berlin à Tokyo, en passant par toute l’Europe de l’Ouest, Paris, Londres et Washington. Dans cette gigantesque banane du « leverage » [« levier » NDLR] qui s’étend sur plus de 15.000 kilomètres, l’endettement total, celui qui regroupe les engagements de l’État, des entreprises et des ménages, dépasse partout deux années de production.

En France, il a franchi les 2.000 milliards d’euros il y a dix ans, les 3.000 milliards en 2006 et le seuil des 4.000 milliards sera atteint cet été. Les causes de cette fantastique ascension sont connues : déséquilibres financiers planétaires, innovation financière débridée, intervention publique défaillante notamment aux États-Unis (incitations à l’emprunt immobilier, réglementations trop lâches, politique monétaire laxiste), et plus récemment impact dévastateur de la crise financière sur les comptes publiques (plans de relance, chute des rentrées fiscales).

Les conséquences, elles, vont se faire sentir dans les mois et les années à venir : un étouffement de l’activité. La dette est un poison mortel qui tue les empires et provoque les révolutions.

Pour s’en sortir, il n’y a que trois issues, au-delà des belles histoires sur la manne venue d’une croissance imaginaire. D’abord, la solution César Birotteau : rembourser ses créanciers mois après mois en se serrant la ceinture au risque de mourir d’épuisement, comme le fit le parfumeur imaginé par Balzac. C’est une voie qui séduit notamment ceux qui sont imprégnés d’une culture chrétienne où l’on gagne son salut par ses efforts. Mais, au moindre dérapage, elle risque d’entraîner l’économie dans la spirale dépressive décrite en 1933 par l’économiste Irving Fisher. Ensuite, la solution Lénine : répudier la dette comme le fit la Russie en 1917, ce qui implique de ne plus recourir au moindre emprunt pendant des décennies. D’autres formes moins violentes consistent à étaler la dette dans le temps – on parle alors de rééchelonnement ou de restructuration. Le créancier accepte alors, plus ou moins forcé, la perte d’une partie de son argent. Ce moyen a été très utilisé par les rois de France et plus récemment par des pays émergents comme l’Argentine. Il secoue sacrément les marchés financiers.

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La mondialisation des cendres

Dans l’histoire de l’aviation civile, jamais autant d’avions n’ont été cloués au sol pour cause d’activité volcanique. Mais dans l’histoire de l’humanité, ce n’est pas la première fois qu’un volcan crée le chaos en crachant dans le ciel des tonnes de cendres.

L’oeuvre du peintre William Turner, influencée par l’éruption du Tambora

Les cratères de Laki (en islandais Lakagígar) sont situés dans le sud de l’Islande dans la proximité de l’Eldgjá. La ligne de cratères de Laki fait partie du même système volcanique que le Grímsvötn auquel elle est rattachée.

Entre les glaciers Mýrdalsjökull et Vatnajökull, il y a une zone de fissures en direction sud-ouest à nord-est. Cette région, à laquelle Eldgjá appartient aussi, produisit une masse de lave qui représente un record mondial. Sur une distance de 25 km, on trouve 130 cratères qui émirent 14 milliards de m3 de lave basaltique, d’acide fluorhydrique et de dioxyde de soufre, entre 1783 et 1784, causant l’éruption volcanique la plus importante des temps historiques, avec des conséquences catastrophiques pour l’Islande et de très importantes perturbations météorologiques en Europe.

Le 8 juin 1783, une fissure avec 130 cratères s’ouvrit de manière explosive d’abord à cause de l’interaction entre le plancher sous-marin et la poussée de magma basaltique. Ensuite l’éruption devient moins explosive, passant d’un mode plinien à un mode strombolien puis plus tard à un mode hawaïen avec des niveaux élevés d’effusion de lave. Cet évènement est classé de niveau 4 sur l’échelle d’explosivité volcanique mais les 8 mois d’émission de gaz sulfurique provoquèrent une des plus importantes perturbations climatiques et sociales du dernier millénaire.

L’éruption se poursuivit jusqu’au 7 février 1784, mais la majorité de la lave fut éjectée dans les cinq premiers mois. Le volcan Grímsvötn, duquel part la fissure du Laki, était aussi en éruption de 1783 à 1785. L’épanchement de gaz, dont les 8 millions de tonnes de fluor et 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre donna naissance à travers l’Europe à ce qui est connu sous le nom de « brouillard de Laki. »

L’éruption aussi connue sous le nom de Skaftáreldar (« feux de la rivière Skaftá ») ou Síðueldur, produisit environ 15 km³ de lave basaltique et un volume total d’ejecta de 0,91 km3. On estime que des fontaines de lave ont atteint des hauteurs de 800 à 1 400 mètres. Au Royaume-Uni, l’été de 1783 est connu comme l’« été de sable » à cause des pluies de cendres. Les gaz furent emportés par la convection de la colonne d’éruption à des altitudes de 15 km. Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout l’hémisphère Nord.
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La mort du Président polonais : le symbole d’un échec des USA

Par Michel Drac

Lech Kaczynski et George W. Bush en 2007, à l'époque des négociations sur l'implantation du système anti-missiles américain en Pologne (dirigé contre la Russie)

Le président polonais, Lech Kaczynski, vient de décéder dans un accident d’avion, près de Smolensk. Il se rendait à Katyn, où il devait assister, avec Vladimir Poutine et le Premier Ministre polonais Donald Tusk, à la commémoration du 70ème anniversaire du massacre commis par le NKVD en ce lieu.

Pour l’instant, on n’y voit qu’un accident. Demain, sans doute, on cherchera à pointer du doigt la responsabilité de tel ou tel service secret. Pour ma part, j’y vois surtout un symbole.

Lech Kaczynski était un agent américain.

Il est difficile de dire si c’était un agent rémunéré, encadré, cornaqué par la CIA, ou tout simplement un politicien polonais qui, comme n’importe quel politicien dans n’importe quel pays, avait besoin d’appuis extérieurs pour s’imposer en interne.

Mais en tout cas, c’était un agent américain. A ce titre, il avait reçu, c’est évident, un cahier des charges de son employeur et/ou protecteur. Ce cahier des charges n’est pas connu dans les détails, bien sûr, mais ses grandes lignes se laissaient facilement dessiner : il suffisait d’observer les prises de position de Kaczynski pour savoir ce que ses amis étatsuniens attendaient de lui.

Et ce qu’ils attendaient de lui, c’était tout simplement de faire, de la Pologne, un obstacle sur la route qui va de Moscou à Berlin.

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« Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou » (suite)

Lors d’un entretien paru hier ici même, Michel Drac évoquait l’hypothèse d’un tel renversement d’alliances. Dans le texte qui suit, il développe et précise cette idée, qui selon lui s’incarne déjà dans la politique allemande, notamment au plan économique, et nécessite l’appui de la France.

Vers un axe Paris-Berlin-Moscou ? Ce vieux rêve, reformulé récemment par Henri de Grossouvre, Marc Rousset, Alain de Benoist et d’autres encore, a longtemps paru irréalisable, mais qu’en sera-t-il demain ?
Il existe aujourd’hui, dans la dissidence française, une tentation de la simplicité à l’égard de l’Allemagne.

Du côté germanophobe, on souligne que l’affaire du Kossovo a été favorisée par Berlin, alliée en l’occurrence aux Etats-Unis. On a raison d’ailleurs, mais on devrait aussi se souvenir que tout en soutenant ouvertement l’opération du Kossovo, les Allemands ont en sous-main appuyé la partie russe lors des négociations finales.

Du côté germanophile, on rappelle que Schröder a accepté l’alignement de son pays sur la position française lors de la deuxième guerre d’Irak. On a raison là encore, mais on devrait aussi se souvenir que dans le même temps, les services secrets allemands transmettaient des informations sensibles à leurs homologues américains.

On voit bien, à la lumière de ces deux exemples, que la position actuelle de l’Allemagne n’est pas simple. Elle est au contraire très complexe, polyvalente, fluctuante. Berlin n’est ni le serviteur de la haute finance mondialiste, ni son adversaire résolu. L’impression générale, en termes géostratégiques, est qu’à chaque fois que Berlin prend position officiellement dans un sens, elle fabrique une position officieuse en contrepoids.

Cet article vise précisément, en particulier à partir d’une analyse de la donne économique, à sortir de la tentation de la simplicité, pour comprendre cette Allemagne-puissance renaissante et paradoxale. Lire la suite

1.300 milliards: coût de la réunification allemande

Alors que l’Allemagne célèbrera lundi le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, une récente étude menée par l’institut de recherche IWH de Halle vient d’évaluer à 1.300 milliards d’euros le coût pour l’Allemagne de la reconstruction de l’ex-RDA.

La somme de 1.300 milliards d’euros équivaut à plus de la moitié du PIB allemand de 2008. Selon l’enquête, les transferts de l’Ouest vers l’Est ont “notablement augmenté” au cours des dix dernières années.

L’ex-RDA a fortement rattrapé son retard depuis la réunification grâce à ces aides, mais le taux de chômage y reste deux fois plus élevé que dans le reste du pays. Selon les économistes, il faudra encore des années pour gommer les décalages.

L’institut IW de Cologne a indiqué cette semaine que le PIB par habitant de l’Est atteindrait au cours de la prochaine décennie 80% de celui de l’Ouest. Il est aujourd’hui de 70%, et de 33% en 1991, un an après la réunification. Reuters