Procès Tapie : L’État serait “impréparé”

Le procès Tapie débutera le 29 septembre. A la surprise générale, le magistrat qui devait juger l’affaire a été promu par la Chancellerie… Et, à Bercy, une note secrète circule sur “l’impréparation” de l’État. Pourtant, un milliard est en jeu !

Oui, c’est une promotion, qui était dans l’ordre des choses, mais de là à dire que je m’y attendais…” Jean-Noël Acquaviva, le président de la chambre civile de la cour d’appel de Paris chargée des arbitrages, a eu la bonne surprise, au début du mois, d’être nommé à la Cour de cassation. Une belle promotion pour ce magistrat spécialisé qui a annulé l’arbitrage Tapie-Adidas en février.

Le 29 septembre, Jean-Yves Acquaviva devait pourtant présider l’audience sur le fond. Malgré ce changement d’affectation, il aurait pu rester quelques mois, le temps de finir ce dossier qu’il connaît bien. “Mais personne ne m’a rien demandé, je ne serai donc plus là au 1er septembre“, confie-t-il, apparemment surpris lui aussi.

Pour tous les spécialistes de l’affaire Tapie, la nouvelle de cette “promotion express” a fait l’effet d’une petite bombe. “Incompréhensible“, pour les uns, “suspecte” pour les autres. “Ce départ ne doit rien au hasard, il prouve l’incroyable tissu d’influences, dans tous les camps, dont Tapie est capable“, soupire même un avocat du dossier.
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Les traders de la République

L’Agence France Trésor, située au 9e étage de Bercy, est le coffre-fort du pays. Une trentaine de traders de la République ont la lourde responsabilité d’emprunter pour la France, au meilleur taux, partout dans le monde.

Même Michel Sapin se transforme en “VRP” de l’emprunt quand il rencontre des investisseurs étrangers. Enquête sur les coulisses de la dette française.

La grande braderie de l’État

Le ministère de l’Économie planche sur des cessions importantes dans les entreprises publiques. Elles pourraient rapporter 16 milliards d’euros selon une étude.

L’étude Sodali réalisée pour le JDD

Tout est à vendre. Il y a un mois, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, annonçait la cession de 5 à 10 milliards d’euros d’actifs publics. Deux jours plus tard, il enfonçait le clou en ciblant l’ouverture du capital d’infrastructures de réseau. Le patrimoine de l’État, évalué à 110 milliards d’euros, va fondre dans les dix-huit prochains mois.

L’État a déjà vendu 3% de GDF Suez, 2% d’Orange et 3% de Safran sans que cela ne change son poids dans la gouvernance. Le mouvement va s’amplifier. “Nous pouvons réduire nos participations sans perdre de pouvoir, confirme un conseiller de Bercy. Il n’est pas nécessaire d’avoir autant de capital immobilisé pour avoir la même influence.

Le JDD a passé en revue les options du gouvernement et les projets qui sont “dans les cartons“. Il dispose désormais d’un arsenal législatif très avantageux : la loi visant à reconquérir l’économie réelle, dite “loi Florange“, votée en mars dernier.
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Homophobie : Bercy s’engage

Le 17 mai 2014, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, les ministères économiques et financiers seront résolument engagés dans la lutte contre toutes les discriminations.

Une démarche pleinement intégrée dans les politiques de gestion des ressources humaines: formation des jurys de concours, sécurisation des procédures de recrutement, déroulement de carrière, hygiène-santé-sécurité, relations de travail et dialogue social.

Un plan de formation ambitieux avec une attention particulière pour les responsables RH et les managers. Au 31 décembre 2013, 93 % des 35.000 responsables RH et managers ont déjà été formés à la lutte contre les discriminations.

Depuis 2009, une cellule de prévention des discriminations auprès du délégué à la diversité et à l’égalité professionnelle pour aider en toute confidentialité les agents qui s’estiment victimes d’une pratique discriminatoire.
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Les banques françaises recevront 30 milliards d’euros

Quelques heures après leur départ de l’Élysée, les banquiers ont goûté leur plaisir. Alors qu’ils alertent depuis des mois sur les risques que représentent pour l’économie leurs contraintes en matière de liquidités, Bercy annonçait dans un communiqué avec la Caisse des dépôts qu’ils allaient récupérer non pas 25 mais 30 milliards d’euros de dépôts de l’épargne réglementée, aujourd’hui centralisée par le Fonds d’épargne au sein de l’institution de la rue de Lille.

L’exécutif multiplie les signes de détente

En réalité, cette décision avait été prise deux jours avant, lors de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts. Les membres de la vigie parlementaire de l’institution financière ont en effet estimé que libérer cinq milliards de plus de la collecte centralisée du Livret A et du LDD ne porterait pas préjudice au Fonds d’épargne.

« Ces ressources permettront aux banques de prêter davantage pour le financement de l’économie, principalement au bénéfice des petites et moyennes entreprises », précisait le communiqué.

Au contraire, celui-ci dispose de près de 110 milliards de dépôts non utilisés qu’il place sur les marchés à des taux trop bas par rapport à la rémunération qu’il doit servir aux détenteurs de Livret A et LDD. Rendre une partie de ce trésor de guerre va donc permettre au Fonds d’épargne d’optimiser sa gestion de liquidité.
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Budget 2013: Les entrepreneurs sont-ils des pigeons?

Ils pestent contre la taxation des plus-values à 60%. Les auto-entrepreneurs enragent eux contre la hausse des charges…

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«Un hold-up fiscal sans précédent». C’est peu dire qu’une partie des patrons sont très remontés contre le budget 2013 présenté vendredi par le gouvernement et qui prévoit 10 milliards d’impôts nouveaux pour les entreprises auquel s’ajoute le projet de loi sur le financement de la Sécu annoncé lundi.

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Le jour où la France s’arrêta de payer

Quand la tempête bancaire a commencé, aucun esprit en France ne semblait prêt à y faire face. Comme si les multiples avertissements lancés pendant quatre ans par les marchés et les innombrables exégètes de l’économie s’étaient adressés à un sourd. L’état-major français paraissait démuni par une attaque pourtant si prévisible, à tel point que le sens même de la réalité lui était mystérieux.

“Mais il suffit de laisser passer le gros temps. Nos fondamentaux sont bons. Nos fondamentaux sont sains”,

lançait le ministre du redressement productif lors de la réunion de la cellule d’urgence qui se tenait le soir même à Matignon.

“Le problème, fit François Pérol, c’est qu’avec une action a quinze centimes d’euros, nous n’avons plus assez de fonds propres pour couvrir nos engagement, si l’on applique la règle de Bâle 3. Et là, on a un problème. On peut tenir quelques jours comme ça. Peut-être deux ou trois semaines en étant habiles. Mais très vite, il faudra du cash, de l’argent frais, de la recapitalisation. Comme les banques espagnoles. Sinon…”

Il y eut un silence.

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Merci à Clémence.

François Baroin : Possible “sortie de crise économique” en 2012

Lundi soir, l’agence Moody’s envisageait d’ici à quelques mois de dégrader la note française et,  mercredi, vont être publiés les chiffres de la croissance en France, qui font état d’un ralentissement économique. François Baroin, le ministre des Finances estime que la France sortira de cette crise ” si la zone euro se stabilise”.

Invité sur LCI mardi, François Baroin le ministre des Finances a confirmé  le ralentissement économique de la France.

Ce mercredi seront publiés les chiffres de la croissance française au quatrième trimestre de 2011:

“Je connais le chiffre publié demain. On est dans un ralentissement, une forme de faux-plat économique” a t-il dit sans toutefois préciser si le pays était dans le négatif. “Ca, l’INSEE vous le dira” rapporte Les échos.

Selon l’institut national, la France va entrer en récession en 2012. Et les chiffres de la croissance ont été revus à la baisse par le gouvernement pour 2012, passant de 1% à 0,5%. Pour le ministre:

“Beaucoup dépend de ce qui se passe sur la zone euro. Si nous arrivons, ce que je crois, à stabiliser la zone euro, à éviter la contagion, nous sommes dans la bonne direction, la France ne peut pas se relâcher”.

François Baroin se veut donc optimiste et espère une sortie de crise pour le second trimestre 2012:

“Si ça se passe bien, il peut  y avoir une sortie de crise économique pour le second trimestre, peut-être plus rapide que les cycles traditionnels économiques, donc on peut atteindre des perspectives de rebond économique pour l’année prochaine”.

gentside.com


Une pieuvre nommée Bercy

Combien ? Qui ? Et comment paie-t-on ses impôts en France, pauvres, riches et très fortunés ?

Ce documentaire diffusé mardi 17 janvier 2012 sur France 5, rédigé, à partir de leur livre, par Thomas Bronnec et Laurent Fargues, et réalisé par Jean Crépu, explore les coulisses du ministère des Finances. Edifiant.

Exemples criants (le bouclier fiscal, avec ou sans chèque de remboursement), anecdotes stupéfiantes (le choix contraint du directeur de cabinet) et batailles homériques (la suppression de la cellule fiscale)… Une pieuvre nommée Bercy, documentaire rédigé, à partir de leur livre, par Thomas Bronnec (journaliste à L’Express) et Laurent Fargues, et réalisé par Jean Crépu, se regarde (presque) comme un thriller. Conclusion : ce n’est pas le ministre de l’Economie qui commande l’administration, c’est l’inverse.

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En 2012 la rigueur en France sera pire qu’en 2011

Par Cyrille Lachèvre

30 milliards d’euros d’économie. Le chiffre a été lâché mardi sur France inter, par le ministre du Budget François Baroin : l’an prochain, il faudra faire 30 milliards d’euros d’économie pour faire passer le déficit public de 6% du PIB à 4,6%. Pour ramener, en 2011, de 7,7% à 6% du PIB le déficit public, l’effort demandé est de 40 milliards d’économie.

Apparemment donc, s’il reste encore de nombreux efforts à fournir l’an prochain, le lecteur non averti pourrait avoir la sensation que le plus dur sera à faire cette année et que la suivante sera plus tranquille.

Dans la réalité, il n’en est rien. L’effort qu’il faudra accomplir en 2012 est colossal, sans commune mesure avec celui de cette année. Pourquoi ? Parce que, grosso modo, au cours des douze prochains mois, le véritable effort sur la dépense publique ne sera pas de 40 milliards mais, dans le meilleur des cas, de 17 milliards. Comment expliquer une telle différence ? Parce que les 40 milliards mélangent les choux et les carottes.

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Un hôtel de luxe au château de Versailles

Le Château de Versailles va transformer une de ses dépendances en hôtel de luxe en le concédant à une société privée, ouvrant la voie à une série d’opérations en France destinées à exploiter le potentiel économique de bâtiments classés, tout en assurant leur rénovation.

L'Hôtel du Grand Contrôle, à Versailles

L’Hôtel du Grand Contrôle, où ont résidé les contrôleurs des finances comme Turgot, Loménie de Brienne ou Necker, va être transformé en « hôtel de charme », a annoncé mardi Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public du château et du domaine national de Versailles. « C’est une initiative pionnière », a-t-il souligné à l’occasion de la présentation à la presse de ses projets pour Versailles en 2011.

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Finance islamique : 2010, l’année de la réussite ?

Impulsée par Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, depuis près de dix-huit mois, la finance islamique fait une apparition de plus en plus remarquée sur la scène économique française. Face au leadership britannique en la matière sur le continent européen, la place française ne se laisse pas démonter malgré les obstacles et entend bien rivaliser la City au fil des avancées. Fin d’année oblige, Thierry Dissaux, le bras droit de la ministre en charge de la finance islamique, en tire un bilan et se projette sur 2010.

Saphirnews : Comment avez-vous été amené à devenir le « Monsieur Finance islamique » de Bercy ?

Thierry Dissaux : Lorsque Christine Lagarde a défini cet objectif du développement de la finance islamique en France au printemps-été 2008, on n’avait pas défini avec précision la feuille de route pleine et entière avec tout ce qu’il y avait lieu de faire. Comme la finance islamique touche à un certain nombre de composantes de ce ministère, à savoir aux opérations bancaires et asurancielles, à des mécanismes juridiques comme la fiducie, à la fiscalité et bien d’autres qui traversent la DGTPE, la Direction générale du Trésor (et de la politique économique, ndlr), on a éprouvé le besoin d’avoir une structure de coordination pour la finance islamique et donc un pilote pour celle-ci. Ce fut moi et j’en suis ravi.

Avant tout, petit zoom sur l’actualité. Le débat sur l’identité nationale se focalise sur l’intégration de la population musulmane en France. Comment vivez-vous ce débat au ministère de l’Économie ?

Th. D : Joker ! On est dans un débat qui est d’ordre politique et qui dépasse clairement le cadre de mes fonctions. Je n’ai pas vocation à m’exprimer sur ces questions-là.

Pouvez-vous dire que des banques islamiques verront bien le jour en 2010 ?

Th. D : L’objectif de réalisation n’est pas complètement entre nos mains. L’agrément bancaire est une procédure gérée par le CECEI, le Comité des établissements de crédit et des entreprises et d’investissement, qui est dans le champ des compétences de la Banque de France et qui travaille de manière confidentielle. Je souhaite vivement que les choses se réalisent en 2010 mais nombre d’étapes sont à franchir de notre côté et du côté des promoteurs. On travaille tous activement pour que les projets puissent prendre forme.

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Le discret retour des LBO (rachat d’entreprises par endettement)

La crise n’a-t-elle donc rien changé au monde de la finance ? Après une traversée du désert en 2009, le redressement des marchés financiers en 2010 et l’argent facile semble s’accompagner du retour en grâce des fonds d’investissement. Notamment ceux dits de “LBO”, adeptes des rachats d’entreprises avec un recours massif à la dette, dont la cavalerie financière a pourtant été pointée du doigt pendant la crise.

Selon l’agence Dealogic, au premier trimestre 2010 en Europe, 9 milliards d’euros ont été investis dans des opérations de rachat d’entreprises avec LBO. C’est peu au regard des montants records de 2006, qui avaient atteint près de 180 milliards d’euros ; mais c’est déjà la moitié de la performance réalisée sur l’ensemble de l’année 2009 (18 milliards d’euros). “Le marché du LBO n’est pas mort !” conclut Sucheet Gupte, analyste chez S & P LCD.

En France aussi, certains fonds reviennent sur le terrain. Selon le baromètre LBO Net, l’année 2009 a certes chuté pour l’industrie avec un total de 187 entreprises rachetées contre 277 un an plus tôt. Mais, ” on retrouve les niveaux de 2003, où l’industrie fonctionnait à une bonne vitesse de croisière”, indique Gonzague de Blignières, PDG du fonds Barclays PE.

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Pourquoi la France n’est pas crédible sur son déficit

Recalé. Bercy n’a pas réussi son examen de finances publiques devant la Commission européenne. Bruxelles a en effet jugé non crédible le programme de la France de réduction de son déficit budgétaire. Les hypothèses de croissance de Bercy sont jugées trop “optimistes.”

Pour parvenir à réduire le déficit de 8,2% du PIB cette année à 3% en 2013, comme le lui demande Bruxelles, Paris table sur un fort rebond de la croissance (+2,5% par an à partir de 2011), générant d’abondantes recettes. Bercy refuse d’envisager une reprise plus molle: le seul autre scénario avancé table sur une croissance à peine moins importante, de 2,25% par an.

L’avis rendu par la Commission européenne était à prévoir : la plupart des économistes jugent également improbable le scénario de croissance de 2,5% en 2011. Les experts du consensus interrogés par le Centre de Prévision de L’Expansion (CPE) tablent sur une hausse du PIB de 1,6% l’an prochain. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend quant à lui à une croissance de 1,7%. Même le scénario de croissance de 1,4% cette année, jugé crédible, pourrait bien ne pas être atteint, car la reprise est en train de faire pschitt.

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Le financement de l’armée du futur sur la sellette

Bercy cherche des marges de manœuvre pour tenir ses engagements de déficits. Les dépenses d’équipement des armées pourraient être remises en cause.

Au ministère du Budget, on travaille d’arrache-pied sur la prochaine loi de programmation des finances publiques, celle qui couvrira les années 2011 à 2013. Et l’exercice ressemble à la quadrature du cercle.

Car le gouvernement français s’est engagé vis-à-vis de Bruxelles à ramener le déficit public total de l’Hexagone - État, Sécu et collectivités locales réunies – de 8,2 % en 2010 à 3 % du PIB en 2013. Pour tenir cet objectif, Paris a prévu que les dépenses du seul État ne progressent pas plus vite que l’inflation (stabilisation en volume). Compte tenu de la hausse des charges d’intérêt de la dette et du coût des retraites des fonctionnaires, cela implique un gel en euros des dépenses des ministères.

Or, l’un d’entre eux, celui de la Défense, a droit à un régime beaucoup plus favorable. Après des années de basses eaux, Nicolas Sarkozy a décidé de mettre les armées françaises aux meilleurs standards mondiaux en les rééquipant massivement. Entre 2009 et 2014, dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM), un peu plus de 100 milliards d’euros, soit en moyenne 17 milliards par an, seront consacrés à l’achat de matériels de toute sorte : frégates multimissions, avions de combat Rafale, véhicules blindés de combat et d’infanterie VBCI ou encore l’équipement Felin pour le fantassin du futur.

En contrepartie de cet investissement sans précédent, les militaires se sont engagés dans une vaste restructuration. Fermeture de casernes ou bases aériennes, externalisation de pans entiers d’activité, le tout avec à la clef 47 600 suppressions de postes entre 2009 et 2014.

Au total, la balance reste positive pour la Défense. Selon la LPM, ses dépenses doivent augmenter en volume de 1 % en 2012, de 0,9 % en 2013 et 0,8 % en 2014. Soit une enveloppe supplémentaire de près de 1 milliard d’euros sur la seule année 2012.

Arbitrage en avril

Difficile à justifier alors que les autres ministères sont à la diète. Et Bercy est d’autant plus attentif que la Défense, avec ses 37 milliards de budget annuel, retraites comprises, représente le troisième poste de dépense de l’État, derrière l’Éducation nationale (61 milliards) et le service de la dette (44 milliards).

Comme les armées font déjà des efforts sur leur fonctionnement, c’est leur budget d’équipement qui est dans la ligne de mire. Interrogés, plusieurs industriels de l’armement s’inquiètent. Mais à l’hôtel de Brienne, on est décidé à se battre. La dépense en armement est «productive», explique-t-on dans l’entourage d’Hervé Morin, le ministre de la Défense. Elle est la locomotive de l’innovation, du développement des technologies dites critiques et assure un volant d’activité aux industriels français. La LPM apporte à EADS, Thales, Dassault Aviation, Safran, DCNS et autre Nexter un horizon de travail et de rentrée financière. «Toute renégociation de nos engagements pluriannuels coûtera très cher», avertit-on au ministère de la Défense. La bataille promet d’être serrée entre Bercy et la Défense d’ici à l’arbitrage final, en avril prochain.

Le Figaro

Patrons voyous graciés pour cause de… crise !

De 575 millions d’euros, l’amende record infligée au “Cartel de la sidérurgie” par l’Autorité de la Concurrence a lamentablement fondu à 72 millions. La Cour d’appel de Paris a en effet estimé qu’il ne fallait pas stigmatiser les entreprises délinquantes… en période de crise ! Par ailleurs, la ministre de l’Économie renonce discrètement à se pourvoir en cassation après cette forte réduction des amendes. Mais une commission va réfléchir à la politique de sanction pour les entreprises.

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Fin 2008, l’Autorité de la concurrence, le gendarme de l’économie avait condamné onze entreprises de la sidérurgie à verser 575 millions d’euros pour s’être entendues sur les prix. Une amende “record”, que l’Autorité qualifiait toutefois de “minimum” au regard des infractions constatées. Si elle avait appliqué les barèmes de la Commission européenne, la douloureuse aurait atteint 1,5 milliard d’euros. Ce cartel a fonctionné pendant au moins cinq ans, de 1999 à 2004, faisant perdre entre 360 et 720 millions d’euros à ses pigeons (en premier lieu : les collectivités locales et les consommateurs, donc… nous, dans les deux cas).

S’il est un concept fondamental de notre culture économique libérale, c’est bien celui de la concurrence libre et non faussée. A tel point que feu le TCE l’avait élevé au rang d’objectif principal de l’Union Européenne, devant même les Droits de l’Homme. En France, c’est l’Autorité de la concurrence qui veille au respect de ce principe absolu, “pour la sauvegarde de l’ordre public économique“.

Christine Lagarde avait jusqu’à samedi pour renvoyer devant la Cour de cassation la décision de la cour d’appel de Paris, qui avait divisé par huit, à 73 millions d’euros contre – un record – 575 millions le montant des amendes contre le cartel de l’acier. Elle ne formera pas de pourvoi. « Ce dossier est assez clair. La cour d’appel a validé l’enquête de l’Autorité de la concurrence. Nous ne nous prononçons pas sur le niveau de la sanction et nous ne sommes pas sûrs, au vu des expertises que nous avons réalisées, que l’arrêt soulève un point de droit », justifie l’entourage de la ministre de l’Economie.

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Incroyable : Bercy a donné 20 milliards au CAC 40, en échange de rien

Aujourd’hui [lundi 8 février 2010], le ministère de l’économie s’est enfin expliqué, chiffres à l’appui, sur l’énorme niche fiscale de 20 milliards d’euros consentie aux grandes entreprises. Ses explications sur cet énorme cadeau sont peu convaincantes.

Didier Migaud, le président PS de la commission des finances de l’Assemblée, aura dû patienter près de deux mois pour obtenir des explications de Bercy.

Et pour cause ! Les crânes d’œufs du ministère de l’économie devaient s’expliquer sur une niche fiscale de plus de 20 milliards d’euros.

Pire, il s’agissait de décrire un incroyable dérapage : son coût avait été largement sous-estimé lors du vote du dispositif présenté par Jean-François Copé en 2004. Le ministre délégué au Budget, Nicolas Sarkozy étant à Bercy, affirmait alors que le manque à gagner fiscal n’excéderait pas 3 milliards d’euros en rythme annuel.

Entre la promesse et le résultat : un trou béant, dont Marianne s’était largement fait l’écho.

Que nous apprend la réponse de Bercy cosignée par Christine Lagarde (Economie) et Eric Woerth (Budget) qui continuent d’estimer que « la taxation à taux zéro des plus values à long terme provenant de cessions de titres de participation » est « indispensable à l’attractivité de notre territoire » ?

Un, les entreprises se sont ruées sur le dispositif. Désormais soumises à une imposition proche de zéro, nombre d’entre elles ont purgé des plus-values latentes, y compris les fonds investis dans des opérations hyper-spéculatives que sont les LBO. Rien qu’en 2007, l’ensemble des holdings qui ont profité de l’opportunité ont liquidé pour 42,5 milliards d’euros de plus-values, répétant le détournement au profit des actionnaires en 2008, pour 25,1 milliards d’euros.
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Chute historique du crédit à la consommation

Les établissements spécialisés ont octroyé seulement 38 milliards d’euros de crédit, soit 13,3 % de moins qu’en 2008.

Jamais un tel effondrement n’avait été constaté en quarante-cinq ans.

« Une décrue d’une ampleur sans précédent en quarante-cinq ans. »

Les spécialistes du crédit à la consommation, convoqués à Bercy avec les banques le 10 février pour signer de nouveaux objectifs de financement de l’économie, pouvaient difficilement venir avec un plus mauvais bilan.

Pour 2010, l’horizon n’est pas plus clair. « La consommation des ménages reste la grande inconnue », indique la présidente de l’ASF.

Les établissements spécialisés aidés par l’État (en particulier RCI Banque, PSA Finance, ainsi que le CIF et GE) s’étaient engagés à augmenter leurs encours de crédit de 3 à 4 %. Au final, les spécialistes du crédit à la consommation, aidés ou non par l’État, n’ont accordé que 38 milliards d’euros en 2009, soit 13,3 % de moins qu’en 2008 ; année déjà en recul de 2,4 %, selon les chiffres publiés hier par l’ASF, l’association française des établissements de crédit spécialisés.

Un baromètre qui vaut pour toute la place. En matière de crédit à la consommation, les adhérents de l’ASF représentent environ 60 % du marché. Lire la suite

La France vole vers un endettement record

Bercy empruntera 188 milliards d’euros l’an prochain, un niveau jamais atteint. L’agence de notation Fitch invite Paris à mettre en place une politique budgétaire «crédible» sur plusieurs années.

Pour convaincre la commission Juppé-Rocard de limiter au maximum le montant du grand emprunt, les fonctionnaires de Bercy avaient joué sur la corde patriotique : pas question qu’en 2010 la France s’endette plus que l’Allemagne. L’argument a fait mouche. Paris empruntera l’an prochain 20 milliards d’euros de moins que Berlin. Maigre consolation alors que dans l’absolu la France émettra en 2010 pour 188 milliards d’euros de nouvelles obligations, soit 23 milliards de plus qu’en 2009. Un record : il y a dix ans, la France empruntait moitié moins…

La dette publique française atteignait 1 430 milliards au 30 juin 2009. Elle devrait donc dépasser allégrement la barre des 1 600 milliards l’année prochaine.

Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2010, en septembre, le gouvernement tablait sur 175 milliards d’euros d’émission. La révision en hausse de ces projections s’explique par la décision prise dans l’intervalle par Nicolas Sarkozy de lancer un grand emprunt pour financer les dépenses d’avenir. L’État empruntera 22 milliards de plus.
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L’État vole au secours des entreprises en détresse

46 dossiers examinés depuis le début 2009. Et près de 65 000 emplois en jeu. Jamais le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) n’avait été aussi sollicité.

Après plusieurs années de mise en sommeil, la cellule créée au sein de Bercy pour venir en aide aux entreprises en difficulté de plus de 400 salariés a été réactivée depuis le début de la crise.

Pour éviter au maximum les liquidations judiciaires, le Ciri dispose aussi de leviers renforcés. L’enveloppe permettant d’accorder des prêts aux entreprises en restructuration a été portée de 20 millions d’euros en 2008 à 115 millions d’euros en 2009, partagée avec les commissaires à la réindustrialisation. Les deux tiers ont déjà été consommés.

En 2008, le Ciri a traité 38 dossiers d’entreprises représentant 33 000 emplois directs en France, contre 15 seulement sur l’ensemble de l’année 2007. La cadence a encore augmenté cette année. « Mais depuis l’été, le nombre de nouveaux dossiers s’est stabilisé, » affirme Jacques Le Pape, le directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde, la ministre de l’économie.
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Attention danger pour les entreprises françaises

Les faillites pourraient se multiplier d’ici la fin de l’année alors que la situation de trésorerie des entreprises, en particulier des PME, sont très précaires.

Alors que Christine Lagarde promet des lendemains meilleurs – Bercy vient de réviser à la hausse ses prévisions de croissance – , les chefs d’entreprises restent, eux, très prudents.

Dans beaucoup de sociétés, les trésoreries sont à sec alors même que les carnets de commandes sont un peu plus fournis. Il faut dire que les difficultés de paiement se sont considérablement accentuées avec la crise.

Une récente étude d’Intrum Justicia sur les délais de paiements en Europe, révèle que l’économie française est entrée dans une zone dangereuse pour la survie des entreprises. Lire la suite