Mode et développement durable sont-ils compatibles ?

Les grandes chaînes à bas prix ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats, ce qui entraîne de nombreux problèmes : exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays pauvres, consommation pharaonique en ressources et en énergie, pollution… Quelles solutions ?

Nos voisins allemands achètent quelque six milliards de vêtements par an. Ce qui s’explique surtout par la stratégie des grandes chaînes à bas prix qui ne cessent d’inciter les consommateurs à multiplier les achats. De nombreuses enseignes proposent jusqu’à douze collections annuelles différentes. Les problèmes que pose la mode ” kleenex ” sont évidents.

D’une part, il y a l’exploitation des travailleurs du secteur textile dans des pays comme le Bangladesh et la consommation pharaonique en ressources et en énergie liée à la production. D’autre part les produits chimiques utilisés polluent considérablement l’environnement, rendent malades les travailleurs des pays pauvres et laissent des traces sur la peau des consommateurs. Ce sont surtout les vêtements destinés aux loisirs de plein air qui sont les plus discutables.

Xenius Arte (Septembre 2015)

Hyperland : La mondialisation folle en modèle réduit

Hyperland est une oeuvre d’art qui dénonce la folie de l’homo-œconomicus moderne. « Produis – Consomme – Recommence » voilà en quelques mots comment décrire l’œuvre de Karine Giboulo, représentant le cycle éternel de la société productiviste.

A 35 ans, l’artiste Karine Giboulo vit et travaille à Montréal. Artiste pluridisciplinaire, cela fait une dizaine d’années que son œuvre oscille de la peinture à la sculpture en passant par des œuvres sur papier ou de la photographie.

Un jour, fascinée par les secrets de la mondialisation, elle décide d’infiltrer une usine chinoise en se faisant passer pour une riche femme d’affaire. Elle verra ainsi de ses yeux ces millions d’anonymes qui construisent le monde dans l’ombre. De ce choc avec la réalité en découlera des dioramas d’une incroyable complexité.

Karine Giboulo sculpte avec justesse, et une bonne dose de cynisme, ces instantanés d’un monde de surconsommation qui a transformé l’espèce humaine en machine. Elle livre non pas des vérités mais des visions et ne revendique rien sinon une volonté de voir, de fouiller, de (tenter de) comprendre.

Usine de prêt-à-porter au Bengladesh, tentes de fortunes en Afrique, consommateurs affamés et autres ‘drogués’ aux médicaments sont autant de scènes parlantes qu’elle reconstitue minutieusement.

Mr Mondialisation

États-Unis : Les pauvres et la dictature des marchés

Pour écrire notre livre Days of Destruction, Days of Revolt (Jours de destruction, jours de révolte), Joe Sacco et moi avons passé deux ans à enquêter sur les endroits les plus pauvres des États-Unis. Nous sommes allés dans les “misérables zones sacrifiées” de notre pays – les premiers endroits obligés de s’agenouiller devant la dictature des marchés – pour montrer ce qui arrive quand le capitalisme dérégulé et l’expansion économique illimitée s’en donnent à cœur joie.

Nous voulions montrer les conséquences de l’exploitation sans foi ni loi des multinationales sur les familles, les communauté et la nature. Nous voulions pourfendre l’idéologie régnante du mondialisme et du laissez-faire capitaliste en montrant ce que devient la vie quand les êtres humains et l’écosystème ne sont plus que des marchandises à exploiter jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne.

Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales.

Ce qui s’est passé dans ces zones sacrifiées – les villes post-industrielles comme Camden, N.J., et Detroit, les mines de charbon de l’ouest de la Virginie où les compagnies minières ont fait exploser le sommet des montagnes, les réserves indiennes où le projet dément de l’expansion et l’exploitation économiques sans fin a causé ses premiers dégâts et la culture intensive où les travailleurs sont traités quasiment comme des esclaves – est en train se propager au reste du pays. Ces zones sacrifiées sont tombées les premières. C’est maintenant notre tour.
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