Chine : Le piége dette-déflation

Les secousses qui ont affecté l’économie chinoise ont été suivies par des ventes boursières massives. Aussi la Réserve fédérale américaine vient-elle de reporter la hausse de ses taux d’intérêt. La Chine est confrontée maintenant à l’énorme défi que représente le piège dette-déflation un peu partout dans le monde.

En 1933, Irving Fisher a été le premier à pointer les dangers liés au surendettement et à la déflation en montrant que ces deux facteurs ont contribué à la Grande dépression aux USA.

Quarante ans plus tard, Charles Kindleberger a donné un caractère général à la théorie de Fisher en soulignant les problèmes qui se posent en l’absence de politiques monétaires, budgétaires et régulatrices coordonnées au niveau international, ainsi qu’en l’absence d’un prêteur de dernier recours à ce même niveau.

En 2011, s’appuyant sur le cas du Japon, Richard Koo a analysé les risques d’une “récession prolongée du bilan” quand un pays surendetté tente de redresser son bilan.
Lire la suite

Une science économique plus désespérante que jamais

Depuis 25 ans, un débat houleux fait rage entre les économistes les plus éminents sur la scène internationale. Le cœur du débat tournait autour de la nature des cycles économiques qui se serait fondamentalement modifiée à la fin des « Trente Glorieuses », la période qui a succédé à la Seconde Guerre mondiale, alors que l’économie était caractérisée par une croissance vigoureuse, le plein emploi et un penchant vers une inflation modérée. Trois groupes se sont campés sur leurs positions.

Larry Summers fut le premier à se prononcer, en 1991, par le truchement d’un article fondateur, intitulé « How Should Long-Term Monetary Policy Be Determined? » (Comment déterminer la politique monétaire à long terme ?) dans lequel il exprimait des doutes sur l’hypothèse d’une réalité économique sous-jacente en train de se transformer.

Son propos portait donc principalement sur des aspects techniques – une démarche pour prévenir une éventuelle répétition des perturbations inflationnistes des années soixante-dix qui ont marqué la fin des Trente Glorieuses.

Sa prescription consistait à raffermir l’indépendance technocratique des banques centrales. Les responsables politiques doivent établir les objectifs, mais aussi éviter de gérer les menus détails de l’économie ou d’imposer des règles trop rigides qui échoueraient inévitablement au moindre aléa. Selon Summers, les technocrates étaient plus à même de mener les politiques à bien, s’orientant sur une cible de 2 à 3 % d’inflation annuelle.
Lire la suite

La justice américaine estime illégal le sauvetage de l’assureur AIG en 2008

Maurice Greenberg, l’ancien PDG de l’assureur American International Group (AIG), a remporté, lundi 15 juin, une victoire de principe face à l’Etat américain. Un tribunal fédéral de Washington a en effet estimé que la prise de contrôle du groupe par le gouvernement au moment de la crise de 2008, afin de le sauver de la faillite, était abusive. Toutefois, le juge Thomas Wheeler a refusé d’accorder aux actionnaires plaignants, dont M. Greenberg en tête, les 40 milliards de dollars qu’ils réclamaient à titre de dédommagement.

Ce procès est l’aboutissement d’une plainte collective déposée en 2011 par l’ex-patron du groupe, qui accusait le gouvernement d’avoir spolié les actionnaires lors de la nationalisation d’AIG, le 16 septembre 2008. M. Greenberg, 90 ans, avait été évincé du groupe en 2005, après l’avoir dirigé pendant près de quarante ans, à la suite d’une enquête sur des malversations comptables. Sous sa direction, le groupe avait multiplié les produits spéculatifs, notamment les dérivés liés aux crédits immobiliers « subprimes », qui allaient être à l’origine de la crise.

Lire la suite

Philippe Béchade sur Radio Courtoisie : Les perspectives économiques mondiales pour 2014

Sur Radio Courtoisie, le 15 janvier, Laurent Artur du Plessis, assisté de Bernard de Fabrègue, recevait Philippe Béchade, journaliste, pour une émission consacrée à une analyse économique hétérodoxe de la crise mondiale et du rôle de la production de monnaie dans son déclenchement.

Olivier Delamarche : « Il n’y a aucune reprise en Europe »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Cyrille Collet, directeur de la gestion actions de CPR AM, le 23 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« Vous aurez très probablement un fort ralentissement en 2014. Vous ne pouvez pas vous substituer sans cesse à des revenus en baisse ou à des manques de crédit. Le QE a augmenté le patrimoine des 1% d’Américains les plus riches, le reste de la population crève la gueule ouverte. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
Lire la suite

États-Unis : Réflexion sur une pseudo croissance non créatrice d’emplois

Hervé de Carmoy, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Olivier Berruyer proposent une analyse très intéressante sur la situation économique actuelle suivie d’une analyse approfondie du système politique et économique, en croisant leurs expériences.

États-Unis : La Fed va ralentir la planche à billets (+ réaction)

La banque centrale américaine a décidé mercredi de limiter son aide à l’économie américaine en réduisant “modestement” le montant de ses injections de liquidités tout en maintenant les taux d’intérêt inchangés.

A l’issue de deux jours de réunion de son comité monétaire (FOMC) à Washington, la Réserve fédérale a indiqué qu’elle réduisait de 85 à 75 milliards le montant de ses rachats d’actifs mensuels auxquels elle procède depuis plus d’un an pour desserrer l’étau du crédit et soutenir l’activité.

Réaction d’Olivier Delamarche :

Olivier Delamarche : « Le Père Noël n’existe pas »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 16 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Le quantitative easing est la bonne solution pour acheter du temps et gonfler la bulle financière. Le QE n’a jamais été fait pour relancer l’économie dans l’esprit de Bernanke ni de Yellen. Aux Etats-Unis il y a une fausse reprise de l’immobilier. Pour que la croissance reparte, il faudrait que les revenus augmentent et que le chômage baisse, ce n’est le cas ni dans l’un ni dans l’autre. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
Lire la suite

Olivier Delamarche : « On a totalement oublié notre problème de dette »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 27 août 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« La Chine est assise entre deux chaises, d’un côté elle doit monter les taux pour maîtriser la bulle immobilière, de l’autre si elle monte les taux elle ralentit son économie. En Espagne, il n’y a que Mr Rajoy qui voit une amélioration, le coût de la crise immobilière sera probablement de 400 milliards d’euros.  Mr Bernanke  ne ralentira pas son quantitative easing. Les taux sont maintenus artificiellement bas. »

Radio Courtoisie : Olivier Delamarche invité du Libre Journal de la crise

Le 31 juillet, Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, était l’invité de Laurent Artur du Plessis dans le cadre de son Libre Journal de la Crise sur Radio Courtoisie. Thème de l’émission : “La situation mondiale se redresse-t-elle ?”

(Merci à jadoremonpseudo)

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici

A mettre en correspondance avec la grille de programme
Pour ceux qui souhaitent commenter des émissions de la radio il suffit de créer un compte twitter et de se logguer sur Branch avec son user twitter (ce sont les mêmes créateurs – propriétaires) sauf que Branch permet de mettre beaucoup plus que 140 caractères :

Olivier Delamarche : « Il n’y a aucune reprise. Tout cela repose sur bien peu de choses »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 30 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« Les chiffres de la production industrielle japonaise sont les plus mauvais depuis le tsunami et depuis février 2009. Pourquoi s’embête-t’on avec Détroit ? Mr Bernanke n’a qu’à racheter la dette de la ville, pour lui ça correspond à 5 jours de planches à billets. En 2013, les États-Unis ont imprimé 1000 milliards de dollars pour 160 milliards de PIB en plus, beaucoup de dépenses pour pas grand chose. Jürgen Stark n’a pas dû écouter notre Premier comique, l’économiste dit les choses comme elles sont, le comique dit le contraire. »

Que vaut un dollar de la Fed de Bernanke ?

Par Bill Bonner

Comme on pouvait s’y attendre, la Fed de Bernanke est pleinement, carrément, à 1.000% engagée dans l’argent facile. Pourquoi ? Parce qu’un vrai désastre politique gigantesque ne s’arrête pas avant d’être allé jusqu’au bout. Comme un vrai marché baissier… un feu de forêt… ou une histoire d’amour… il doit se consumer jusqu’au bout.

Comme nous l’expliquons depuis quelques jours, en 1971, l’administration américaine a mené la monnaie mondiale dans une nouvelle direction. Elle est revenue à l’argent basé sur le crédit… plutôt que sur l’or physique.

La monnaie basée sur le crédit permettait d’étendre quasiment à l’infini la quantité, eh bien, de crédit. De 150% avant le changement à plus de 350% aujourd’hui aux Etats-Unis… la dette en tant que pourcentage du PIB est devenue folle.

L’or est limité. Le crédit, non. Avec leur nouvelle carte de crédit en poche, les gens pouvaient dépenser de l’argent qu’ils n’avaient pas encore gagné… de l’argent qu’ils pourraient bien ne jamais gagner. Ils réalisèrent aussi qu’ils pouvaient dépenser les revenus de leurs enfants et petits-enfants loin dans l’avenir.

Une devise basée sur ce système fonctionne bien dans de petites sociétés primitives. Dans certaines tribus étudiées par les anthropologues, le crédit peut être extrêmement subtil et étendu. Un homme peut faire une erreur ou prendre une décision. Tous ses descendants, pendant des générations, peuvent en porter le fardeau.
Lire la suite

Olivier Delamarche : « La Chine est le cul entre deux chaises »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 23 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« 50% des économistes pensent que dès septembre Bernanke va réduire son QE, je leur annonce que ça ne se passera pas et qu’au contraire il est fichu de l’augmenter. Nous sommes dans un marché qui est, presque, administré au niveau des cours. Entre la baisse du yen et l’augmentation du prix du pétrole, les Japonais paient  leur pétrole 70% plus cher depuis un an. La Chine est prise entre d’un côté un ralentissement fort de son économie et de l’autre une bulle du crédit. »

Olivier Delamarche : « Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique ! »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 16 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« Les sociétés américaines vont avoir du mal à défendre leurs marges avec un recul du chiffre d’affaires, elles ont déjà viré tout le monde. Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique. La crise en Europe n’est absolument pas terminée. Aujourd’hui la vraie question est : comment peut-on vivre avec 0.5% de croissance ? Mais personne n’ose la poser. »

3 bombes financières exploseront-elles cet été ?

Aux Rencontres économiques d’Aix, ce Davos provençal qui s’est tenu du 5 au 7 juillet, experts, grands patrons et gouvernants de la planète n’ont pas masqué leur inquiétude, notamment pour l’Europe.

Les récentes turbulences financières ont relancé les inquiétudes. “La zone euro est la seule région du monde dont la croissance est à l’arrêt“, a rappelé Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Décryptage de ces bombes financières qui pourraient tomber sur le continent.[...]

Les économistes n’ont pas caché leur pessimisme, notamment à propos de l’Europe. “La crise de la zone euro n’est pas terminée. Le plus grave n’a pas encore eu lieu, s’inquiète ainsi Charles Wyplosz, professeur à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève. Les dettes publiques ne sont pas soutenables et les bilans des banques n’ont pas été vraiment nettoyés“.

Ils sont presque tous d’accord. A Aix, les experts en finances publiques comme Anna Kinberg Batra, qui a présidé la commission des Finances au Parlement suédois, Jared Bernstein, ancien conseiller du vice-président américain Joe Biden, ou l’économiste italien Francesco Giavazzi ont dénoncé les effets dévastateurs des politiques d’austérité en Europe.

Cote d’alerte sur les dettes publiques
Lire la suite

« Les conséquences apocalyptiques de la hausse des taux ! »

Par Charles Sannat

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Avant de vous parler du fort mouvement de hausse concernant les taux d’intérêt dans le monde, je voulais juste revenir sur la baisse de l’or de la fin de la semaine dernière. Quelques jours après – il faut toujours un peu de temps pour que ces informations arrivent jusqu’à nous –, nous avons appris que les appels de marge avaient encore été augmentés, obligeant un certain nombre d’investisseurs à découvert à couper tout ou partie de leur position, ce qui entraîne toujours mécaniquement un afflux d’ordres ce qui pèse sur le cours de l’or.

Évidemment, ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour l’or (à court terme j’entends), ni pour les actions quelle que soit leur place de cotation, ni pour les obligations !

La mauvaise nouvelle ? Les taux explosent à la hausse !

Avant de commencer à disserter sur ce sujet essentiel, voici quelques chiffres juste pour illustrer ce mouvement massif de hausse des taux :

- Emprunt à 10 ans USA 2,62 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,38 % ;

- Emprunt à 10 ans France 2,45 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,65 % ;

- Emprunt à 10 ans Allemagne 1,82 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 1,13 % ;

- Emprunt à 10 ans Italie 4,82 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 3,64 % ;

- Emprunt à 10 ans Espagne 5,05 % à ce jour contre un plus bas dans la dernière année de 3,94 %.

Plusieurs constats peuvent être tirés à l’appui de ces quelques exemples chiffrés:

Lire la suite

Ben Bernanke, le pompier qui pourrait se révéler pyromane

Par Marc Vignaud

Sur le départ, le président de la banque centrale américaine s’apprête à fermer les vannes de l’argent pas cher. Non sans risque de krach obligataire.

Les marchés du monde entier étaient suspendus à ses lèvres mercredi. Quand et à quel rythme Ben Bernanke allait-il commencer à resserrer sa politique monétaire ? La question hante les investisseurs depuis des semaines, voire des mois. Et pour cause, la simple évocation, le 22 mai, d’un scénario de sortie de cette politique de planche à billets par le président de la banque centrale américaine avait fait s’évaporer en quelques jours 3 000 milliards de dollars sur les places financières.

Un républicain admirateur de Friedman

C’est donc celui qui anticipera le mieux les décisions de l’ancien professeur d’université à Stanford et Princeton qui s’en sortira dans des marchés rendus volatils par les torrents de liquidités déversés par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour affronter la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale.

Qu’un resserrement monétaire intervienne trop rapidement et c’est le risque d’un krach obligataire, comme en 1994. À l’époque, les taux d’intérêt sur la dette américaine avaient brutalement bondi de 2,25 points en moins d’un an et la valeur des obligations en circulation, qui varient en sens contraire, s’était écroulée… Un bain de sang pour les plus imprévoyants.

Mais pour de nombreux analystes, ces craintes d’une sortie rapide de la politique monétaire très accommodante de la Fed sont exagérées. Ce ne sera sans doute pas Ben Bernanke, dont le second mandat à la tête de la puissante institution américaine s’achève théoriquement au 1er janvier 2014, qui aura à gérer ce lourd héritage. Barack Obama n’a en effet pas caché sa volonté de voir partir ce républicain nommé par George Bush en 2005.

“Helicopter Ben”…
Lire la suite

Philippe Béchade : « Tous les pays émergents sont en voie de ralentissement »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 19 juin 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Placements“.

« Il n’y a aucune amélioration de l’activité économique. Je ne vois pas comment l’Amérique pourrait tirer seule la croissance. Les retraites aux Etats-Unis sont très basses, le taux de pauvreté parmi les retraités est en train d’exploser. L’effet de richesse de Mr Bernanke n’enrichit que les riches. »

L’économie mondiale au bord du gouffre

Par Pierre Hillard

Le diplomate Charles-Maurice de Talleyrand se plaisait à répéter que « la vraie force est de savoir se limiter ». Ceci est vrai dans tous les domaines, y compris l’économie. Cependant, l’esprit de lucre qui anime les hautes sphères de la finance conduit à accumuler des richesses complètement déconnectées de l’économie réelle.

La bulle de la dette enfle, atteignant un niveau jamais vu dans l’histoire du monde. Il est utile d’avoir à l’esprit quelques chiffres clés résumant la situation économique sans issue dans laquelle se trouve l’humanité. Cher lecteur, accrochez-vous quant au nombre de zéros.

On estime que le PIB total mondial tourne autour des 70.000 milliards de dollars tandis que le montant total des dettes est estimé à 190.000 milliards de dollars. Cette dette a doublé en une dizaine d’années. En y regardant de plus près, on constate que le cas américain est absolument explosif.

En effet, les 25 plus grandes banques américaines détiennent pour 212.525 milliards de dollars de produits dérivés en 2013 (produits dérivés à l’origine de la crise de 2007/2008). Or, le total des avoirs de ces banques atteint les 8.900 milliards de dollars. Le ratio est donc de 24 à 1. En élargissant ces produits dérivés à l’ensemble du monde, la fourchette va de 600.000 milliards à 1.500.000 milliards de dollars. En gardant l’estimation haute, le ratio par rapport au PIB mondial total est de 21 à 1.

La situation américaine est révélatrice de l’effondrement en cours du système. Le plafond de la dette avoisinant les 17.000 milliards de dollars (environ 1.000 milliards de dollars au début des années 1980), les Républicains majoritaires à la Chambre refusent de relever le chiffre butoir. En procédant à des acrobaties financières pour éviter le défaut de paiement du pays (suspension de versement d’intérêts, etc.), les mesures prises par le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, permettent de prolonger « la bête » jusqu’au 2 septembre 2013. L’espoir d’un règlement temporaire réside dans une hypothétique entente entre Républicains et Démocrates.
Lire la suite

Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

Lire la suite

Olivier Delamarche : « Il n’y a aucune espérance de croissance »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

« La Chine a un taux de dette privé phénoménal, ils ont utilisé la relance par l’investissement mais ça ne marche pas. Le monde  entier est dans une logique : j’inonde de billets pour essayer de tenir le plus longtemps possible; mais ça ne passe absolument pas dans l’économie. »

Philippe Béchade : « Ben Bernanke ne peut pas arrêter d’émettre du papier »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 24 mai 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Bourse“.

« Il n’y a pas de marché, c’est une bulle. Si on se demande pourquoi Ben Bernanke ne peut pas arrêter d’émettre du papier, on ne tardera pas à découvrir la réponse et la réponse est horrible. Au Japon, le marché obligataire a perdu 20% mercredi matin, ça s’appelle un krach, ensuite ça a été la grande faucheuse sur les actions. »

Olivier Delamarche : « On assiste en direct à la mort du Japon »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 21 mai 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« On assiste en direct au décès du Japon et tout le monde se réjouit. Ça se paiera dans un bain de sang. Ça va se traduire par un effondrement total de la monnaie, la République de Weimar au Japon. Bernanke est obligé de continuer les QE, s’il arrête ça sera un effondrement économique. »

Nicolas Doze : La FED songerait à débrancher prochainement

Le 17 mai, Nicolas Doze est revenu sur les propos du patron de la FED de San Francisco qui envisage de “débrancher plus tôt que prévu”, sur BFM Business.

Les américains sont dans une phase où l’on va faire une exit strategy. C’est compliqué parce que l’on ne maîtrise pas tout. En 1994 Greenspan décide de débrancher. 25 points de base de hausse de taux. Et tout à coup les taux américains et les taux longs commencent à repartir vers le haut et l’on se dirige vers une forme de Krach obligataire.

Olivier Delamarche : « Il va falloir qu’on paie l’addition »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 14 mai 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« La conclusion du G7 : on continue à inonder et à créer des bulles et on verra bien ce qui se passera. Au Japon on ne voit pas d’impact de la baisse du yen sur l’économie. Si Mr Bernanke arrête de donner sa dose aux marchés de 4 milliards par jour, le marché s’écroule. Il va falloir qu’on paie l’addition. Ce n’est pas ceux qui ont créé l’addition qui vont la payer, c’est nous. Les marchés n’anticipent rien depuis des années. »

États-Unis : La nouvelle bulle immobilière

L’immobilier aux Etats-Unis s’emballe. Sur un an, le glissement des prix est supérieur à 10%. C’est la meilleure «performance» depuis 7 ans. 47 Etats sur 50 bénéficient de l’envolée. La palme revient au Nevada en hausse de 20% suivie de l’Arizona en hausse de 19% puis la Californie en hausse de 15%.

Depuis 2008, la politique monétaire vise à reflater. Pour cela, on a soufflé une bulle des emprunts d’Etat, celle-ci semble avoir atteint ses limites. On a soufflé une bulle des marchés d’actions; malgré des records marginaux récents, les bourses ont du mal à aller plus loin. Une troisième bulle est en train d’être soufflée, c’est celle de l’immobilier. On notera que les bulles ne se succèdent plus, elles sont maintenant simultanées.

Notre analyse est que le phénomène auquel on assiste est délibérément voulu. Bernanke et le système financier tentent une nouvelle expérience.

Lire la suite

Olivier Delamarche : « Ce n’est pas une guerre des monnaies, ce sont les monnaies qui s’effondrent »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 19 février 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Le Japon est en récession pour le troisième trimestre consécutif. Les États-Unis ont annoncé un PIB négatif alors que Mr Bernanke n’a pas freiné la planche à billets. Il n’est absolument rien sorti du G20. »

Olivier Delamarche : « Si les Etats-Unis arrêtent les injections massives de billets, ils tombent en récession »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 12 février 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« L’Etat américain a remplacé les ménages. Les ménages se sont endettés de 1000 milliards par an de 2000 à 2008, aujourd’hui c’est l’Etat qui fait la même chose. On distribue du fric qu’on n’a pas en essayant de tenir le plus longtemps possible. Pour le moment, ce ne sont pas les Chinois ni les Japonais qui rachètent la dette américaine, c’est la FED. »

« J’espère que le pape va faire des émules chez nos politiciens et nos autorités économiques. »

Conférence d’Olivier Delamarche : La vérité qui dérange! Les sujets brûlants

Conférence d’Olivier Delamarche : “La vérité qui dérange! Tous les sujets brûlants du moment” réalisée lors du point trimestriel FXCM du 16/11/12 au palais Brongniart à Paris.

Bonus : entretien avec Olivier Delamarche à l’occasion de cette conférence

«Wall Street a commis le crime parfait»

L’auditeur américain Thomas Myers parcourt le monde pour mobiliser une puissante coalition d’investisseurs, seule capable de forcer une réforme éthique à Wall Street. Rencontre.

«C’est un crime parfait.» C’est ainsi que Thomas Myers, associé principal du cabinet d’audit national T. A. Myers & Co, décrit le «pillage» du système financier global par les banques de Wall Street. Luttant aujourd’hui pour une «réforme éthique» du système financier, le juricomptable de la prestigieuse firme d’Aspen (Colorado) est l’un des très rares experts en instruments financiers complexes à mettre ses compétences au service d’une telle réforme. Analysant depuis trente ans des transactions ultrasophistiquées de quelque 2000 entités financières américaines, il a représenté depuis 2008 de nombreux clients face à Goldman Sachs, UBS, Merrill Lynch, Citigroup et Bear Stearns dans d’innombrables litiges liés à la crise des subprimes. Il a accédé à des documents hautement confidentiels qui lui ont permis d’acquérir une connaissance parfaite des mécanismes frauduleux incriminés.

Dans une lettre ouverte à Occupy Wall Street, il dénonce l’impunité des banquiers, devenus plus riches et influents que jamais, bien qu’ils aient commis la «plus grande fraude de l’histoire». Et en effet, aucun financier aux Etats-Unis n’a eu à répondre légalement pour le comportement des banques dans la crise des subprimes. Récemment, la justice américaine a renoncé à entamer des poursuites pénales contre Goldman Sachs ou ses employés, accusés d’avoir parié contre les mêmes titres subprimes qu’ils avaient vendus à leurs clients. La justice a estimé qu’il n’y avait «aucune base viable pour lancer des poursuites pénales» contre la banque.

«C’est une faillite des autorités de surveillance»

Lire la suite

Olivier Delamarche : « Nous allons vers une récession grave »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 02 octobre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Nous n’aurons pas de croissance, ce n’est pas en pompant 30 milliards de plus qu’on en aura plus. On sait que tout ralentit partout dans le monde, c’est la première fois qu’on a quelque chose de ce niveau. »

Image de prévisualisation YouTube

Chine : La montée en puissance du pays futur détonateur de la prochaine Guerre mondiale ?

Alors que le Royaume-Uni et la zone euro sont retombés en récession, les Etats-Unis et le Japon sont menacés du même sort. La Chine, elle, continue de prospérer. En se nourrissant d’un déséquilibre commercial international qui ruine les autres pays de la planète, la Chine sera-t-elle l’élément déclencheur du prochain conflit mondial ?

Si dans les années 30, la récession avait été dans l’ensemble plus accentuée que celle que subissent aujourd’hui les pays développés, c’est essentiellement parce que les dirigeants politiques concernés n’avaient pas réagi à hauteur de l’adversité qu’ils subissaient.

Il n’en va pas de même aujourd’hui. Les dirigeants américains, européens et japonais, pour éviter un remake des années 30, se singularisent au contraire par une succession d’initiatives d’une audace extrême.

Fin 2008, faisant fi de l’état de leurs dettes publiques, ils décidèrent, sous l’égide du FMI et de DSK, une opération de relance budgétaire massive et simultanée qui se termina très mal : effet boomerang, les titres de leurs dettes publiques furent attaquées, obligeant le Royaume-Uni à basculer dans une austérité budgétaire marquée dès 2010 et obligeant un nombre croissant de pays de la Zone Euro à adopter eux aussi des politiques d’austérité jamais vues.

Pour faire baisser les taux longs sur leurs marchés obligataires en dépit de la défiance dont leur dette publique faisait désormais l’objet, la Banque d’Angleterre, la Fed, la Banque du Japon et très récemment la BCE elle-même ont osé pratiquer ce qu’elles s’interdisaient jusqu’alors : faire fonctionner la planche à billets, le financement des Etats par la banque centrale qui leur correspond.

Ce qui est alarmant, c’est que toutes ces initiatives de relance, bien que d’une ampleur jamais vue, n’ont accouché que d’une souris. Certes, l’ampleur de la récession est bien moindre que celle subie dans les années 30. Mais jusqu’à présent, les économies des pays développés n’ont redémarré ni significativement ni durablement. Pire, si on interrompait brusquement les perfusions artificielles qui leur sont administrées, ces économies s’effondreraient et on se retrouverait dans l’affreux scénario des années 30.

Lire la suite

On joue avec le feu !

par Nouriel Roubini

Depuis juillet les marchés financiers espèrent que la situation économique et les perspectives géopolitiques mondiales ne vont pas s’aggraver, ou bien que dans ce cas les banques centrales soutiendront l’économie et les marchés en injectant à nouveau des liquidités et en procédant à une phase de relâchement de la politique monétaire supplémentaire.

Les bonnes nouvelles (ou meilleures que celles que l’on attendait) ont donc redynamisé les marchés. Cependant les mauvaises nouvelles ont joué le même rôle, parce qu’elles augmentent la probabilité que les responsables des banques centrales qui servent de pompiers – tels Ben Bernanke, le responsable de la Réserve fédérale américaine, et Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne – inondent les marchés de flots de liquidités.

Mais les marchés qui se redressent qu’elles que soient les nouvelles, sont instables. Si la situation économique s’aggrave et si la confiance à l’égard de l’efficacité des responsables politiques chute, des phases durant lesquelles les investisseurs inquiets ne prennent aucun risque vont probablement réapparaître.

Dans la zone euro, la décision de la BCE d’aider les pays en difficulté en achetant potentiellement sans limite leurs obligations a suscité l’euphorie. Pourtant cela n’a pas changé la règle du jeu, mais simplement permis aux dirigeants politiques de gagner du temps pour appliquer les mesures difficiles indispensables pour résoudre la crise. Or les défis politiques sont impressionnants : la récession de la zone euro s’aggrave, alors que les mesures de consolidation budgétaires supposées résoudre la crise continuent à s’appliquer et que le crédit reste toujours sévèrement rationné. Les banques de la zone euro et le marché des dettes publiques se balkanisent de plus en plus, il va donc être extrêmement difficile de parvenir à une union bancaire, budgétaire et économique, tout en poursuivant une politique macroéconomique destinée à restaurer la croissance, la balance extérieure et la compétitivité.

Lire la suite

Olivier Delamarche : « Une minute de plus Monsieur le bourreau »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 septembre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« On attend du dieu Bernanke qu’il prêche la bonne parole, qu’il indique ce qu’il va faire pour sauver le monde et en fait on est toujours déçu – Il échoue lamentablement à réduire le chômage depuis 3 ans avec les quantitative easing – Monsieur Draghi est un disciple de Monsieur Bernanke – L’Espagne qui appelle à l’aide cela signifie pour nous tous des dettes insoutenables et une réduction de la croissance. »

Entretien avec Olivier Delamarche : La fin du monde pour bientôt ?

Olivier Delamarche, analyste financier, président de Platinium Gestion et chroniqueur sur BFM dans l’émission “Intégrale bourse“, a su imposer un style corrosif et sans concessions. En témoigne cet entretien réalisé par Rage Mag dans les locaux de sa société.

Les économistes sont comme les météorologues, ils se trompent, mais on a parfois l’impression que rien ne remet en cause les modèles de prévision qu’ils utilisent. Que leur manque t-il ?

Ce qui leur manque c’est une analyse macro-économique. Faire de la macroéconomie, c’est analyser les chiffres, les confronter aux autres pour voir si c’est cohérent ou pas, afin de bâtir de vrais scénarios sur les cycles économiques et sur les conséquences des actions des banquiers centraux. Le problème, c’est que les économistes de marché ne font pas de prévisions.

Pour les économistes de marché, la crise de 2008 ne pouvait pas exister

Ils sont toujours surpris par les chiffres qui tombent. Ils ne font que les commenter sans jamais faire de scénario. Fin 2007, Patrick Artus disait “tout va bien, il n’y aura pas de récession“. Christine Lagarde disait “c’est pas parce que quelques ménages ne remboursent pas leurs maisons, que ça va provoquer une récession en Europe et des problèmes bancaires“. On réagit à des chiffres sans bien les comprendre car peu de gens  font de la macro.

Comment les économistes de marché réalisent-ils leurs prédictions ?
Lire la suite

(EXCLUSIVITE Fortune) Pourquoi les Etats-Unis sont dans une dépression invisible

D’après Al Lewis, éditorialiste pour le Dow Jones Newswires, les Etats-Unis sont en réalité d’ores et déjà en dépression, mais la plupart des gens ne s’en rendent pas encore compte. Un américain sur sept vit grâce aux tickets repas qu’il reçoit par courrier – si ils ne recevaient pas ces coupons tous les mois dans leur boîte aux lettres, nous les verrions faire la queue pour obtenir de la soupe et du pain, comme au temps de la Grande Dépression. (The News Hub, via le Wall Street Journal, 16 juillet 2012)

“Ben Bernanke a dit qu’il nous avait évité une Grande Dépression. En réalité il nous a caché le fait que nous sommes entrés dans une Grande Dépression.” – Al Lewis

(Version française de cette vidéo par fortune.fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source.)