Les dessous de l’industrie pharmaceutique

Les scandales rythment l’information sur l’industrie pharmaceutique et focalisent l’attention sur ses excès. Suivre le parcours d’un médicament sans histoire, de sa conception à sa prescription, montre pourtant que la frontière est mince entre les dysfonctionnements et les pratiques routinières.

« J’ai compris que j’étais fliquée, qu’on savait exactement ce que je prescrivais, s’indigne une médecin installée à Paris. J’étais naïve, moi, je ne savais pas. [Un jour], une visiteuse médicale m’a dit : “Vous ne prescrivez pas beaucoup !” Je me suis demandé : “Comment peut-elle savoir cela ?” »

Cette pratique de surveillance, qui choque de nombreux praticiens, est orchestrée par les services commerciaux des laboratoires. Pour augmenter ou maintenir leurs parts de marché, les grands groupes pharmaceutiques déploient des trésors d’ingéniosité. Ils n’hésitent pas, par exemple, à modifier les indications de leurs médicaments pour gagner de nouveaux clients.

Considérée par certains médecins comme « la Rolls Royce de l’antibio dans le cutané », la Pyostacine, fabriquée par Sanofi — l’un des tout premiers groupes pharmaceutiques mondiaux en chiffre d’affaires (33 milliards d’euros en 2013) —. a connu un tel destin. Longtemps dévolu à un usage dermatologique, l’antibiotique a opéré un « tournant respiratoire » : il est désormais massivement utilisé dans les cas d’infections broncho-pulmonaires et oto-rhino-laryngologiques.
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Comment des OGM cachés arrivent sur le marché

Elles ne sont pas encore dans nos assiettes. Mais, dans les laboratoires des sociétés de biotechnologies, elles poussent à vive allure. Et elles ne tarderont pas à arriver sur le marché. Ce sont de nouvelles variétés de plantes, céréales, fruits et légumes issues des techniques de manipulation génétique les plus avancées. Il s’agit bien, au sens propre, d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Pourtant, elles n’ont pas encore de statut. Tandis qu’aux États-Unis des variétés de colza et de pomme de terre ont été exemptées de procédure d’autorisation par le ministère de l’agriculture, en Europe, ces cultures en germe échappent pour l’instant à toute réglementation. Et ce, alors que l’Union européenne (UE) vient d’adopter une nouvelle législation réformant le processus d’autorisation des OGM, après des années de blocage sur le sujet.

Les OGM classiques sont obtenus par la méthode de la transgénèse: un gène étranger provenant d’un autre organisme – un transgène – est introduit dans le génome d’une espèce végétale pour lui conférer une ou plusieurs propriétés. Par exemple, le pouvoir de sécréter un insecticide qui le protège des ravageurs − c’est le cas du seul OGM cultivé en Europe, le maïs MON 810 de Monsanto, actif contre la pyrale −, ou une tolérance, c’est-à-dire une résistance aux herbicides, qui lui permet de survivre à l’épandage de désherbants tels que le Roundup de la même firme américaine.

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Des pesticides dans nos assiettes

Et si la mort mystérieuse des abeilles était un signal d’alarme ? Les études se multiplient qui mettent en cause un type d’insecticide, les néonicotinoïdes, fabriqués notamment par la firme suisse Syngenta.

Ce sont de puissants neurotoxiques, 5000 à 10000 fois plus nocifs pour les insectes que le DDT. Ils se transmettent dans la chaîne alimentaire, donc dans notre nourriture, sans que l’on connaisse leurs effets à long terme sur la santé humaine. Une chose est sûre: ils n’affectent pas que les abeilles, mais toute la biodiversité.

Temps Présent (RTS – 2014)

Peter Gotzsche : « Médicaments meurtriers et crime organisé »

Le Professeur Peter Gøtzsche, Directeur du Nordic Cochrane Centre est spécialiste de médecine interne. Il a travaillé pour l’industrie pharmaceutique entre 1975 et 1983 dans les domaines des études cliniques et de la réglementation publique. De 1984 à 1995 il a travaillé dans des hôpitaux de Copenhague. Il a été cofondateur de la Cochrane Collaboration en 1983. En 2010 il a été nommé Professeur de projets de recherche et d’analyse à l’Université de Copenhague.

Professeur Gøtzsche, depuis plus de trente ans, notre réseau se préoccupe tout spécialement de Bayer. Quelle est l’importance de l’industrie pharmaceutique allemande, par exemple comme lobbyiste ?

Toutes les grosses firmes pharmaceutiques pratiquent un lobbying intensif, également à l’échelon européen.

La firme Bayer doit répondre de nombreux scandales liés à l’industrie pharmaceutique, depuis l’héroïne jusqu’au Lipobay. Quelles expériences avez-vous faites avec cette entreprise ?

Comme toutes les autres grandes entreprises pharmaceutiques, Bayer a participé à la criminalité organisée : par exemple corruption de médecins, ou escroquerie vis-à-vis du programme d’assurance-maladie US Medicaid.

Durant la Deuxième guerre mondiale, Bayer a utilisé comme cobayes des détenus de camps de concentration. Une lettre datant de l’époque prouve que Bayer a acheté 150 femmes à Auschwitz pour 170 marks chacune. Bayer avait écrit au commandant du camp : « Les expériences ont été effectuées. Toutes les femmes sont mortes. Nous vous recontacterons rapidement par un prochain message. »

Les entreprises allemandes ont par exemple injecté des bactéries typhiques à des détenus des camps puis expérimenté sur eux divers médicaments.

Pourquoi comparez-vous l’industrie pharmaceutique au crime organisé ?

Parce que j’ai découvert que le système commercial des dix premières firmes pharmaceutiques inclut la criminalité organisée.

Dans les années 80 les médicaments de Bayer ont infecté des milliers d’hémophiles. Des documents internes prouvent que la direction de la firme était au courant des risques, mais a néanmoins continué à vendre ses produits. Est-ce un exemple de pratique criminelle ?
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Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

George Grosz : “Eclipse de soleil”

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.

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1914 : Quand les multinationales engrangeaient déjà les profits de la guerre

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits !

Pyramide de casques allemands à New York en 1918

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100.000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10.000.

Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

Le 20 septembre, le ministre de la Guerre, le socialiste Alexandre Millerand, organise une réunion à Bordeaux, où le gouvernement s’est réfugié. Y participent des représentants du Comité des forges, la plus puissante organisation patronale française, des membres de l’influente famille Wendel, propriétaire des aciéries de Lorraine, et Louis Renault, fondateur des usines éponymes.
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Lien confirmé entre l’utilisation des neonicotinoides et le déclin des oiseaux

Pour la première fois, une étude britannique établit un lien statistique entre l’utilisation de ces pesticides et le déclin des populations d’oiseaux des champs.

Perturbez un échelon de la chaîne alimentaire, et c’est tout un écosystème qui est ébranlé.

Des travaux publiés au­jourd’hui dans Nature montrent, chiffres à l’appui, qu’un insecticide agricole a réduit certaines populations d’oiseaux aux Pays-Bas. Ils portent une nouvelle accusation contre l’imidaclopride, une molécule de la famille des néonicotinoïdes dont l’usage a été en partie restreint dans l’Union européenne, en raison du risque qu’elle fait courir aux populations d’abeilles et de bourdons.

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Documentaire : « La Guerre des Graines » (Màj docu)

Addendum du 31 mai : Documentaire complet

Réalisé par Stenka Quillet et Clément Montfort (2014)


Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse. En 100 ans, sous les effets de l’industrialisation de l’agriculture, les 3/4 de la biodiversité cultivée ont disparu. Alors que se renforce la main-mise sur les semences par une poignée de multinationales, un vaste arsenal réglementaire limite le droit des paysans à échanger et reproduire les semences. Enquête sur une bataille souterraine et silencieuse

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Pollutions : Les géants de la chimie exonérés de toute responsabilité ?

Par Rachel Knaebel

« Les industriels doivent répondre des intoxications causées par les PCB ! », réclame la Coordination contre les méfaits de Bayer, une association allemande qui lutte depuis 35 ans contre les abus de la multinationale chimique. De quoi s’agit-il ? Les PCB – polychlorobiphényles – sont des produits industriels utilisés à partir des années 1930 et jusque dans les années 1980 dans des transformateurs, des joints d’étanchéité, des peintures et des revêtements de sol. Il s’agit de composés organiques fortement chlorés, plus connus sous le nom de pyralènes.

Les PCB sont des produits toxiques. Très peu solubles dans l’eau, ils s’accumulent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire, avec des conséquences pour la santé de l’homme : cancers, problèmes de fertilité… Les PCB sont interdits en France depuis 30 ans. Mais des milliers de bâtiments sont toujours contaminés par ces produits. Une directive européenne retranscrite dans le droit français au début des années 2000 oblige à leur élimination.

« Au total, 1,3 million de tonnes de PCB ont été produites dans le monde depuis les années 1930 », rappelle la Coordination contre les méfaits de Bayer. Bayer, le géant allemand de la chimie, était l’un des deux principaux producteurs de ces PCB toxiques, aux côtés de Monsanto. « Environ la moitié de ces 1,3 million de tonnes est sortie des usines de la firme américaine Monsanto. Avec 160.000 tonnes, soit 12% de la production totale, Bayer arrive en second, suivie par des fabricants russes et le français Prodelec », poursuit l’organisation.

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Suisse : Les entreprises infiltrent les salles de classe

Certaines entreprises élaborent des supports de cours qu’elles mettent à disposition des enseignants alémaniques. La Suisse romande est épargnée pour l’instant par ces pratiques qui visent «les clients de demain».

Qu’est-ce que l’énergie nucléaire? Quels effets secondaires peuvent avoir la pilule contraceptive?

Pour y répondre, certaines entreprises fabriquent des fiches d’exercices à destination des enseignants alémaniques. Elles s’introduisent ainsi dans les salles de classe et accèdent aux clients et citoyens de demain. Ces pratiques n’existent pas en Suisse romande pour différentes raisons.

La plateforme internet Kiknet, fondée il y a dix ans, met à disposition des fiches de travail en allemand sur environ 150 thèmes et dit enregistrer quelque 40’000 téléchargements par mois. Ce matériel gratuit pour les enseignants est financé par des entreprises, des associations, des organisations et des offices fédéraux.

Il peut aider des professeurs stressés à préparer leurs leçons. Mais lorsque La Poste enseigne aux enfants l’écriture des lettres, la Coop la consommation «durable» et le PLR le paysage politique en Suisse, cela ne revient-il pas à arroser les jeunes de publicité même au sein de leur classe? Un coup d’oeil sur ces supports montre que certains ne sont pas au-dessus de tout soupçon.

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Grande Bretagne : Abeilles, des députés demandent l’interdiction de pesticides

Un nouveau front s’est ouvert dans la guerre que mènent les défenseurs des abeilles contre les pesticides néonicotinoïdes. Dans un rapport sévère diffusé vendredi 5 avril, les députés britanniques de la Commission de l’environnement volent au secours des butineuses en appelant le gouvernement de Londres à interdire ces traitements chimiques, très largement utilisés dans les cultures de maïs, de colza, de tournesol et de coton.

L’interdiction des néonicotinoïdes est à l’étude en Europe, après que des études scientifiques ont démontré le rôle de ces produits dans l’effondrement des colonies d’abeilles et d’autres insectes pollinisateurs.

“Nous estimons que les preuves scientifiques sont importantes pour justifier des mesures de précaution, donc nous appelons (…) à un moratoire sur l’usage de pesticides liés au déclin des abeilles”, a déclaré la présidente de la commission parlementaire, Joan Walley, membre du parti d’opposition travailliste.

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Jacques Testart : « A qui profitent les OGM ? »

Biologiste mondialement connu, directeur de recherche à l’Inserm, Jacques Testart est le père du premier bébé éprouvette français. Il est également président de l’association Sciences citoyennes et défenseur acharné « d’une science contenue dans les limites de la dignité humaine ».

Les plantes transgéniques permettent – elles de disposer de produits moins coûteux ? De meilleure qualité ? De meilleur goût ? Se conservant mieux ? Bénéfiques pour la santé ou pour l’environnement ? Voilà les questions que la stratégie des entreprises de biotechnologies a permis que l’on ne se pose pas.

Quelques extraits : « Si, plutôt que s’épuiser à chercher la malignité des plantes transgéniques, on exigeait de ceux qui veulent nous les imposer de démontrer leurs avantages ? Messieurs les bienfaiteurs de l’humanité, s’il vous plaît, dites-nous ce que vous savez faire aujourd’hui ! Ne vous contentez pas de prédire des lendemains qui chantent grâce au gène miraculeux qui ferait pousser des plantes sur les sables du désert. Les PGM (plantes génétiquement modifiées) permettent-elles de disposer de produits moins coûteux ? de meilleure qualité ? de meilleur goût ? se conservant mieux ? bénéfiques pour la santé ou pour l’environnement ?

Voilà les questions que la stratégie des biotechnologies a permis qu’on ne se pose pas ! L’interrogation la plus audacieuse des autorités a porté sur la manière d’organiser la coexistence des PGM avec les autres plantes, même si cet arrangement est définitivement impossible sans préjudices irréversibles.

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La Commission renonce à protéger les abeilles

Une coalition d’intérêts divergents au sein de l’Union européenne a empêché vendredi la constitution d’une majorité pour interdire pendant deux ans plusieurs pesticides mortels pour les abeilles, a-t-on appris de sources européennes. C’est un “comité d’experts” qui a pris cette décision.

La Commission européenne a expliqué dans un communiqué que le vote organisé au sein d’un comité d’experts “n’a pas permis de dégager une majorité qualifiée en faveur ou contre sa proposition“.

Selon un décompte obtenu par l’AFP, treize États ont voté pour l’interdiction de ces pesticides, dont la Belgique, mais aussi la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne, 9 ont voté contre (République Tchèque, Slovaquie, Roumanie,  Irlande, Grèce, Lituanie, Autriche, Portugal et Hongrie) et 5 se sont abstenus, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Nouvelle proposition de compromis ?

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France : La disparition des abeilles prend un tour dramatique

Les derniers chiffres de l’Institut de recherches publiques France Agrimer, dépendant directement du Ministère de l’Agriculture, sont effarants. Plus de 1.000 colonies d’abeilles sont décimées… chaque jour ! En seulement 6 ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait « directement corrélé à la disparition des abeilles ».

C’est une véritable révolution silencieuse et tragique que nous sommes en train de vivre. La majeure partie de ce que nous cultivons aujourd’hui et consommons au quotidien est en danger : tomates, courgettes, melon, pastèque, fraises, pommes, abricots, cassis, mûres, choux, oignons, poivrons, poireaux, persil, tournesol…

Les abeilles ne font pas uniquement du miel. Elles sont une humble et gigantesque force de travail, pollinisant 80 % des plantes à fleurs sur terre, et près de 90 % des plantes que nous cultivons. Il n’existe aucune alternative, ni technique, ni scientifique, pour les remplacer.

Sans elles, c’est l’alimentation de toute la population qui est menacée ! Sans parler de millions d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes pour se nourrir.
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Percy Schmeiser, David contre Monsanto

Imaginez qu’une tempête balaie votre jardin et qu’à votre insu et sans votre consentement des graines étrangères génétiquement modifiées s’introduisent dans le potager que vous choyez depuis des années.

Quelques jours après les représentants d’une multinationale frappent à votre porte, réclament tous vos légumes et portent plainte contre vous pour utilisation illégale de semences patentées en exigeant le paiement d’une amende de 20.000 Euros. Et le tribunal donne en plus raison à la multinationale ! Mais vous résistez…

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(Documentaire réalisé par Bertram Verhaag – 2010)

Le mystère de la disparition des abeilles

Aujourd’hui, un tiers de notre nourriture dépend directement de l’abeille, le pollinisateur agricole le plus important de notre planète. Or, depuis plusieurs années, des millions d’abeilles disparaissent. Pourquoi ?

Enquête de Mark Daniels sur un désastre écologique mondial qui pourrait mettre en péril l’humanité toute entière.

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(Documentaire réalisé par Mark Daniels – Etats-Unis – 2010. Diffusé sur Arte le 28 août 2012)

Merci à NOP

Leur écologie et la nôtre

Visionnaire, le philosophe André Gorz avait prévu, dans ce texte paru en 1974, la récupération de l’écologie par l’industrie, les groupes financiers — en un mot, le capitalisme.

Complexe chimique de Ludwigshafen dans le Land de Rhénanie-Palatinat

Evoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change.

La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans capitalistes pour que son acceptation par les puissances d’argent devienne une probabilité sérieuse. Alors mieux vaut, dès à présent, ne pas jouer à cache-cache : la lutte écologique n’est pas une fin en soi, c’est une étape. Elle peut créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais quand, après avoir longtemps résisté par la force et la ruse, il cédera finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres.

C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Réforme ou révolution ?

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La Grèce à court de médicaments

Des laboratoires pharmaceutiques ne vendraient plus de médicaments à la Grèce.

C’est une crise des médicaments qui touche désormais la Grèce. Le président de l’union des pharmacies d’Attique, Kostas Lourantos, l’assure : “Les compagnies pharmaceutiques n’ont plus intérêt à vendre en Grèce où hôpitaux et pharmacies sont endettés.

De grands groupes, comme Roche, Bayer, Novartis ou Sanofi, seraient ainsi désormais rétives à vendre leurs produits en Grèce. Les raisons : le crédit en berne et une faible rentabilité.

La pénurie a donc déjà commencé. Selon Lourantos, 160 types de médicaments sont affectés, des antibiotiques aux antidépresseurs.

Une pharmacienne du centre d’Athènes ajoute même que “des patients de maladies graves, comme le cancer ou la sclérose en plaque peinent à trouver des médicaments devenus trop chers que les hôpitaux ou les pharmacies ne peuvent acheter.”

Le prix des médicaments étaient pourtant déjà bas par rapport à d’autres pays européens.

Atlantico.fr

Quand l’industrie européenne finance les climato-sceptiques US

Des sénateurs américains ont reçu plus de 306.000 dollars des “plus gros pollueurs européens.” Le Réseau Action Climat tient ces chiffres de la Commission fédérale électorale américaine.

Le rapport affirme que le cimentier français Lafarge, responsable de l’émission l’an dernier de 15 millions de tonnes d’équivalent CO2, a versé 34.500 dollars aux sénateurs climato-sceptiques américains.

Dans ce document, la fédération d’associations explique que “les plus gros pollueurs européens” ont versé plus de 306.000 dollars en 2010 à des sénateurs climato-sceptiques ou opposants à la loi sur le climat aux États-Unis.

Nouvel Obs