Le banquier de l’État islamique était un directeur d’école britanique

Il est apparu aujourd’hui qu’un des principaux bailleur de fonds du groupe terroriste de l’État islamique était directeur d’une école musulmane de Birmingham.
Par Leon Watson (Traduction libre par FORTUNE).


Religieux musulman éminent, le Docteur Nabil al-Awadi, un Koweïtien naturalisé, résidait en partie au Royaume-Uni jusqu’à l’année dernière, vivant à Brixton, au sud de Londres.

Jusqu’en février 2013, le sunnite a en effet été le directeur de l’école privée Al-Birr, fondée  il y a sept ans à Nechells dans la banlieue de Birmingham.

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L’image du jour : Grand Mouvement d’Exaltation du Pouvoir

Lancement du GMEP! Face à la montée dangereuse de mouvements réclamant la Démocratie qui menacent notre République, face à liberté d’expression grandissante que réclament ces mouvements, face à la contestation des inégalités de classes qui sont le moteur de notre économie, il est urgent de réagir en réaffirmant le bien-fondé des décisions de nos élites, passées, présentes, et futures.

Nous lançons donc aujourd’hui le GMEP, Grand Mouvement d’Exaltation du Pouvoir ! qui a pour but de soutenir notre oligarchie face à la méconnaissance et à l’ignorance du peuple. Nous n’avons que de biens modestes moyens, mais nous les utiliserons malgré tout à notre échelle pour aider nos bienfaiteurs, le monde politico-financier, national et international, à survivre face à ces temps d’ignorance et d’indiscipline, face à ceux qui osent ne serait-ce que poser la question de leur légitimité incontestable et centenaire.

Vous aussi, aidez le GMEP à aider les puissants et les décisionnaires.

Vive la République, vive l’Europe !

(Merci à gmep)

L’Argent Dette III – “Évolution au-delà de l’Argent”

Ce film d’animation, réalisé par Paul Grignon, offre un bilan succinct des sujets essentiels traités dans les deux premiers films de la série “L’Argent Dette”. Nous recommandons à nos lecteurs de regarder L’Argent Dette & L’Argent Dette II : Promesses Chimériques avant de visionner ce dernier opus de la trilogie.

NB: Il existe une version courte (1h05) de cette vidéo disponible en cliquant ici.

Les «banquiers» des stups dans les filets de la PJ

En matière de lutte contre la drogue, les saisies d”espèces sont monnaie courante, si l’on ose dire. Cette fois cependant, la police judiciaire peut se targuer d’avoir raflé la banque. Où l’on retrouve une “sainte” alliance devenue un classique des réseaux criminels, la jonction entre un milieu maghrébin spécialisé dans le commerce du cannabis d’origine marocaine et un milieu juif versé dans la finance internationale opaque.

La lessiveuse mise à jour par les enquêteurs de l’office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) fonctionnait de manière assez simple.

Les bénéfices du trafic étaient distribués à des commerçants installés ayant fortement besoin d’argent en espèce pour faire tourner leur “boutique”. Parmi eux, des rois de la confection, des entrepreneurs du BTP, mais aussi un architecte, un avocat parisien, M° Sellam… et une élue verte parisienne, Florence Lamblin, adjointe au maire du XIIIe arrondissement, tous suspectés aujourd’hui de blanchiment d’argent.

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L’Argent Dette 2 : Promesses Chimériques (Rediff.)

Renflouements, plans de relance, dettes empilées sur d’autres dettes. Quand tout cela prendra-t-il fin ?

Comment sommes-nous arrivés à une situation où il n’y a jamais eu autant de richesse matérielle ni de productivité, et où pourtant tout le monde est endetté auprès des banquiers ?

Et voilà que soudain les banquiers n’ont plus d’argent et que nous, les contribuables, devons les renflouer en nous endettant encore d’avantage !

L’Argent Dette II (LAD2) explore l’arithmétique déroutante, frauduleuse et destructrice du système monétaire qui nous tient en otages par une dette constamment grandissante…

… et envisage des systèmes novateurs d’avenir.

(Merci à Christopher Johnson)

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« Les banquiers sont les dictateurs de l’Occident »

Traduction par @Boreas d’un article de Robert Fisk paru le 10 décembre 2011 dans le journal anglais The Independent, dont il est le correspondant à Beyrouth :

Les banques et les agences de notation sont devenues les dictateurs de l’Occident. Comme les Moubarak et Ben Ali, les banques croyaient – et croient encore – qu’elles sont propriétaires de leurs pays. Les élections qui leur donnent le pouvoir sont – à travers le manque de cran et la collusion des gouvernements – devenues aussi fausses que les scrutins derrière lesquels les Arabes ont été forcés de s’aligner décennie après décennie pour consacrer leurs propres propriétaires nationaux. Goldman Sachs et la Royal Bank of Scotland sont devenus les Moubarak et Ben Ali des États-Unis et du Royaume-Uni, chacune engloutissant la richesse du peuple dans des récompenses factices et des bonus pour leurs patrons vicieux, à une échelle infiniment plus rapace que leurs cupides dictateurs-frères arabes ne pouvaient l’imaginer.

Lire l’article en entier…

La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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Les Portugais en grève générale contre l’austérité

Les deux principaux syndicats du Portugal organisent mercredi 24 novembre une grève générale pour protester contre les mesures d’austérité censées réduire la dette et le déficit du pays. Massivement suivie, la grève entraîne déjà une paralysie des aéroports, des ports et des transports en commun. De nombreuses écoles sont fermées et la plupart des hôpitaux assurent seulement un service minimum d’urgence. Il s’agit du premier mouvement de cette ampleur depuis 1988, mais il risque de se heurter à la détermination du gouvernement minoritaire dirigé par le socialiste José Socrates.

Le premier ministre compte d’autant plus garder le cap que, après l’aide réclamée par l’Irlande à l’Union européenne et au Fonds monétaire international, les investisseurs désignent le Portugal comme le prochain pays de la zone euro qui sera contraint de solliciter un soutien extérieur pour rétablir ses comptes.

José Socrates a d’ores et déjà prévenu qu’il maintiendrait ses projets de baisse des salaires et de hausse de la fiscalité pour ne pas faire subir au Portugal le même sort que ceux de l’Irlande et de la Grèce. “La grève ne provoquera peut-être pas de modification radicale dans la politique d’austérité du gouvernement, mais elle constitue un élément supplémentaire d’incertitude dans la situation déjà instable du pays », reconnaît Elisio Estanque, sociologue à l’université de Coimbra.

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L’Europe aveuglée par ses certitudes

Par Jean-Luc Gréau

Union européenne... des aveugles

Plus cela change, plus c’est la même chose.

Deux années après la chute dans la pire récession de l’après-guerre, les dirigeants de l’Europe demeurent accrochés aux schémas de pensée qui ont guidé leur action depuis l’avènement du marché unique, puis de l’euro. Ils reprennent sans ciller des mots d’ordre ayant jalonné la période critique qui s’est achevée, en septembre 2008, par un double fiasco américain et européen.

Tout se passe comme si les faits, dont certains assurent qu’ils sont têtus, ne recelaient aucune leçon nouvelle grâce à laquelle l’Europe pourrait changer certaines de ses orientations antérieures.

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Pour occulter le dollar, rouvrons le dossier des PIGS

Je vous le disais il y a quelques semaines, il faut s’attendre à ce que les regards se tournent vers la zone Euro, après que le dollar ait sérieusement chuté à l’approche de l’annonce du QE2 de la Fed (voir mon article de la semaine dernière en cliquant ici).


Eh bien voilà : depuis quelques jours, on nous ressort les mêmes dossiers qu’au printemps dernier : les PIGS sont de retour ! (Pour ceux qui ne le savent pas, les PIGS (ou PIIGS) sont l’acronyme donné par les cambistes anglo-saxons aux pays de la zone euro en proie à des difficultés budgétaires importantes : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).

Tout cela serait extrêmement risible si ce n’était pas sérieux. On nous dit maintenant que le Portugal pourrait sortir de la zone Euro (voir l’article ici de Boursorama), où l’on apprend que Van Rompuy (vous savez, notre président de l’Europe) n’a plus peur de parler d’éclatement de la zone Euro. “Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie“, a-t-il déclaré.

Moi j’ai plutôt envie de dire “nous sommes confrontés à une crise pour la survie du système monétaire corrompu par la Fed, où on tente de régler des problèmes de surendettement par de la dette supplémentaire“.

Mais que voulez-vous : tant qu’on fera croire aux gens que la survie du système monétaire et leur survie personnelle c’est pareil, nous continuerons à nous saigner de plus en plus pour payer des intérêts qui montent au ciel et s’accumulent au fur et à mesure que nos gouvernants continuent à injecter plus de dette dans le système. La spirale infernale, très loin de se réduire, ne fait que s’accélérer.

Pendant ce temps, les marchés vont porter leur attention sur l’euro, laissant un peu de côté le dollar, et nous allons assister au retour en grâce du dollar, comme avant l’été 2010. Ce faisant, l’illusion que les monnaies valent toujours quelque chose peut perdurer.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Les secrets de la Réserve Fédérale, institut d’émission monétaire des États-Unis (Rediff.)

Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

J.P. Morgan et J.D. Rockefeller vers 1910

L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans.

Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent.

Un seul point est certain : elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat.

Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville. Lire la suite

L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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Banques US : vers un gigantesque «foreclosure-gate» ?

N.B. : à travers notre ligne éditoriale dédiée à la réinformation, nous n’avons jamais fait la promotion des pseudo-solutions marxistes. De même, cet article est certes signé du président de l’Institut Hayek, également affilié à l’Institut Turgot, mais vous noterez qu’il n’y figure quasiment aucune publicité pour les soi-disant remèdes proposés par lesdits Instituts. La rédaction de Fortune

Par Vincent Bénard

Les derniers développements juridiques de la crise financière atteignent les sommets de la quatrième dimension de l’incompétence, la négligence, la bêtise, et maintenant, de la fraude la plus inimaginable. Entre rire et consternation, je vais tenter de vous narrer les aventures de Dupond et Dupont au pays des milliards.

Taux des procédures de saisie immobilière aux USA en août 2010. Couleur la plus foncée : saisie d'une maison sur 54. Couleur la plus claire : saisie d'une maison sur 66,263. Source : Realty Trac (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Des gros couacs dans les procédures de saisie-liquidation ?

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Si l’Islande refuse de banquer…

[N.B. : Le premier et le dernier de ces trois articles sont antérieurs au référendum par lequel les Islandais se sont massivement prononcés contre le remboursement, par leur pays, de la dette "Icesave". La rédaction de Fortune]

I – Si l’Islande refuse de banquer…

Faut-il faire payer par le contribuable l’incompétence des banquiers ? C’est la question à laquelle doit répondre le pays lors du référendum du 6 mars. Alors que le krach ne cesse de révéler les dérives d’une oligarchie, la révolte gronde.

“On va faire comme les paysans français !” avait promis l’un des activistes. Las ! le camion de fumier qui devait être déchargé devant le siège de l’Islandsbanki, sur le front de mer de Reykjavik, n’est pas arrivé à temps. Les protestataires en sont réduits à klaxonner bruyamment sur le parking, sous une bourrasque de vent glacé. “Nous voulons dire haut et fort notre refus de payer, nous simples citoyens, pour les fautes commises par les “banksters”", explique Svein, vendeur de voitures et l’un des organisateurs de la manifestation.

Des traites mensuelles multipliées par sept

Bankster, cette contraction des mots anglais banker (banquier) et gangster, s’impose dans le débat public depuis quinze mois. Précisément, depuis octobre 2008, date de l’implosion du système financier, sous l’effet d’une hyperspéculation incontrôlée. A l’automne 2008, l’Etat doit nationaliser en catastrophe les trois banques principales de l’île, récupérer les dettes et gérer l’explosion du coût du crédit qui frappe les ménages.

Mais, quinze mois après, comment payer la note ? Les contribuables islandais, normalement placides, refusent que leurs impôts, garantie d’un Etat providence généreux, épongent le passif creusé par les agissements troubles de financiers et hommes d’affaires. C’est tout un peuple qui se révolte contre des banquiers qui jurent qu’ils ne savaient rien de la catastrophe annoncée.

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USA : l’Anti-Defamation League couvre les malversations de l’« élite » financière

À cause de sa dernière page éditoriale, intitulée « Virtuous Bankers ? Really ?!! » (Vertueux banquiers ? Vraiment ?!!) l’Anti-Defamation League accuse d’antisémitisme Maureen Dowd du New York Times.

Cet article concernait la corruption à Wall Street et plus spécifiquement, l’implication de Goldman Sachs.

“Aucun lieu pour la haine”

Dans une lettre à l’éditeur du New York Times, Robert G. Sugarman, président national de l’ADL, a déclaré : « Bien que l’on puisse être d’accord ou en désaccord avec Maureen Dowd sur sa description de Goldman Sachs et d’autres banquiers (chronique du 11 novembre), en écrivant, ‘’les banquiers qui ont pris l’argent du gouvernement et ont ensuite distribué des bonus scandaleux sont les mêmes sortes de gens intéressés que Jésus jeta hors du temple’’, elle soulève potentiellement l’un des thèmes classiques de l’antisémitisme, liant les Juifs aux odieuses pratiques du prêt d’argent. Quelle qu’en soit l’intention, l’évocation de l’histoire du Nouveau Testament par Mme Dowd, pour illustrer la pagaille financière actuelle, rappelle les vieux préjugés contre les Juifs. »

Dans The Jewish News du New Jersey, Menachem Rosensaft et Jason H. Dolinsky ont aussi suggéré que l’article de Mme Dowd est antisémite : « Nous avons entendu ces paroles bien trop souvent pour les laisser passer. Les tracts antisémites et les sites Internet sont pleins de références aux ‘’suceurs de sang Juifs’’. Et Mme Dowd est trop intelligente pour ne pas avoir compris que décrire les Juifs comme des prêteurs d’argent avides, a produit les persécutions et les pogroms des deux derniers millénaires. Mme Dowd a ravivé la lutte contre ces anciennes incitations antisémites. Nous appréhendons la perspective de croix gammées barbouillées à l’extérieur des bureaux de Goldman Sachs, ou d’apprendre que quelque truand des rues, inspiré par la chronique de Mme Dowd, ne brise la jambe d’un Juif respectueux des règles, en criant ‘’Goldman Sachs, t’achèteras une autre guibolle !’’ À une époque où monte la judéophobie virulente, notamment en Europe et dans une grande partie du monde musulman, les hommes politiques, journalistes et chroniqueurs ont le devoir de s’abstenir d’utiliser des paroles incendiaires du jargon antisémite. Notre liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’accorde à personne d’entre nous le permis d’inciter à l’intolérance ou à la violence. » Lire la suite

Qui veut la peau de l’Europe ?

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

L’encre de mon dernier article concernant la crise européenne, et le rôle des agences de notations anglo-saxonnes, n’était pas encore sèche, que la banque HSBC dégradait toute l’Europe ! Sans vergogne, elle exceptait l’Angleterre ! (1)

Les économico-tartuffes, après nous avoir abreuvé pendant des mois de l’impossible rechute des marchés, de l’efficacité des plans de relance, feraient bien d’exhumer leurs analyses financières vieilles de quelques mois… Vous avez eu les « plans de relance, » vous avez les « plans de soutien, » vous aurez les « plans de sauvetage “… ou de « sauve-qui-peut. » Il n’y a jamais eu de reprise, mais juste une gabegie gouvernementale, en millier de milliards de dettes, que les générations futures ne pourront jamais payer. Juste pour sauver les banquiers.

Au ridicule jeu des notations, et en vertu des critères appliqués à tous les pays, les pires notes devraient être attribuées aux anglais et aux américains. Ce n’est qu’en vertu d’un privilège impérial inventé à Bretton Woods que ces derniers sont exemptés de rigueur budgétaire (2). Le FMI, bras armé de l’ordre monétaire d’après guerre, inventé par les vainqueurs, vient de subir un sévère camouflet à la dernière réunion du G20.

Le Canada, ainsi que l’Australie et le Japon, ont avancé que leurs banques ne devaient pas payer pour les errements de leurs homologues américaines et européennes. Une demande appuyée par des grands pays émergents, comme le Brésil et l’Inde qui ont fait valoir que leur secteur bancaire est en bonne santé et n’a donc pas besoin de l’établissement d’un fonds de sécurité. « C’est une vue un peu optimiste », a estimé le sherpa Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI qui avait présenté de nouvelles propositions de taxes à Busan.

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Les non-dits de la crise économique et financière

La critique des banquiers et des spéculateurs est juste. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la crise économique et financière.

La réalité est la suivante :

Les consommateurs et les rentiers contre les producteurs

Nous assistons à l’agonie d’un système qui s’est imposé depuis trente ans. Un système favorable aux consommateurs, aux assistés et aux rentiers, mais profondément pénalisant pour les producteurs et les forces vives des pays développés.

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La pire catastrophe écologique continue, mais…

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

Il fallait bien que la guignolesque d’outre-Atlantique nous serve un pamphlet contre les compagnies pétrolières.

Le comique de situation fait parfois discrètement déraper les comédiens, drame oblige…

Le dérapage présidentiel : “Il est évident que le système a échoué, et gravement“, a également reconnu le président américain, n’exonérant pas son gouvernement. “Depuis trop longtemps, pendant une décennie ou plus, une relation de proximité a existé entre les compagnies pétrolières et l’agence fédérale qui leur permet de forer“, a-t-il constaté.

Ce mea-culpa n’est qu’un gros mensonge !

Comment le président des États-Unis pourrait-il ne pas savoir que le lien qui unit les pétroliers et l’administration américaine depuis des décennies, ne se situe pas au niveau de l’agence fédérale, mais directement au sommet de l’Establishment ? On ne devient pas président des États Unis sans le soutien financier des Cartels !

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Bienvenue au bal des vampires

Par Denissto. Article intégral, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

C’est sans vergogne que les banquiers, tout juste sauvés de la faillite par les deniers publics, ont réussi à transférer leurs mauvaises dettes privées, en dettes d’États. Forts de cet incroyable privilège, ils spéculent maintenant sur les dettes de ces mêmes nations. Leurs discrètes succursales, plus connues sous le nom de hedge funds (1), cachées aux Îles Caïmans, mènent la curée.

La ruine des particuliers étant consommée, ce sont dorénavant sur les nations et autour de leurs dettes souveraines que ces vautours se rassemblent. La piétaille a droit à un mea culpa savamment orchestré par la déesse aux cent bouches, histoire de patienter quelques heures dans les files d’attente de la Soupe Populaire (2). Les débats au Sénat américain affichent complet, c’eût été une faute de goût électorale de ne pas participer à une telle pantomime ! On aurait aimé voir ces élus un peu plus assidus à l’audition de l’inspecteur général de la Réserve fédérale américaine (3), incapable d’expliquer la disparition de 9000 milliards de dollars.

Quand les médias braquent leur objectif sur un scandale financier, quand un sénateur accuse une banque d’avoir vendu « des produits de merde », ne vous imaginez pas informés, mais juste anesthésiés. Ce qui se joue en coulisse, vous le comprendrez encore une fois trop tard. Mieux encore, Goldman Sachs s’est déjà entendu avec la police financière pour payer une amende et fermer toutes enquêtes.

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Il ne fait pas bon être vieux en Lituanie

Gravement touché par la crise économique, aucun autre pays – à l’exception de l’Irlande – n’a adopté de mesures d’économie plus strictes que la Lituanie. Si ce plan de rigueur n’a pas encore suscité autant d’agitation dans l’opinion publique qu’en Grèce ou en Espagne, son impact sur les Lituaniens sur les plans social et individuel est considérable.

Si les dirigeants de ce monde, largement endetté, se demandent à quoi ressemble la véritable austérité, la réponse est probablement à chercher du côté de cette république de 3,3 millions d’habitants.

Confronté à des déficits croissants menaçant le pays de faillite, cet État balte a réduit ses dépenses publiques de 30%, avec des coupes claires de 20% à 30% dans les salaires des fonctionnaires et une réduction de 11% des pensions de retraite. Même le Premier ministre, Andrius Kubilius, a vu son salaire réduit de 45%.

Et ce n’est pas tout. Dans le même temps, le gouvernement lituanien a augmenté les taxes sur toute une série de biens, notamment l’alcool et les produits pharmaceutiques. Les impôts sur les bénéfices des entreprises sont passés de 15% à 20% et la TVA de 18% à 21%. Le résultat sur les finances publiques s’est traduit par une économie équivalant à 9% du PIB, ce qui représente le deuxième plus grand rééquilibrage budgétaire d’un pays développé – après l’Estonie – depuis le début de la crise du crédit.

Les retraités à la soupe populaire
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Vous avez dit « démocratie » ?

Nos pays occidentaux seraient-ils devenus des républiques bananières ? S’il est vrai que collusion entre pouvoir public et oligarchie est une constante qui débouche systématiquement sur une confiscation des profits et sur une mise en commun des pertes, alors nous sommes bien en république bananière…


Roubini n’affirme-t-il en effet pas que “ceci est une crise de solvabilité (…) car les pertes des institutions financières ont été socialisées et reportées sur le bilan de l’Etat.” ?

Stiglitz n’évoque-t-il pas un “socialisme pour les riches” ?

Et Taleb ne déplore-t-il pas que la masse des passifs “appartient aujourd’hui au gouvernement (…) qui les transformera en dettes à régler par nos enfants et petits enfants” ?

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Comment la « machine à bulles » est entrée dans la tourmente

Déjà critiquée pour son rôle peu orthodoxe dans la gestion de la dette grecque et le sauvetage d’AIG, la firme la plus en vue de Wall Street se retrouve cette fois officiellement au coeur d’un gigantesque scandale. Goldman Sachs et son trader chargé des produits structurés, Fabrice Tourre, ont-ils abusé les clients investisseurs en vantant les mérites de produits toxiques ?

Le gendarme a finalement sifflé. La décision surprise de la Securities and Exchange Commission (SEC) de déposer une plainte civile pour fraude à l’encontre de Goldman Sachs et de l’un de ses traders chargé des produits structurés, le Français Fabrice Tourre, trente et un ans, a fait l’effet d’une bombe, ce week-end à Wall Street. Derrière l’initiative de la SEC, c’est un gigantesque conflit d’intérêts au sein de la banque la plus profitable de Wall Street (13,4 milliards de dollars de résultat net en 2009) qui est visé. Et depuis la nomination par Barack Obama de Mary Schapiro à sa tête, le 27 janvier 2009, la SEC n’a pas la réputation d’agir à la légère.

« De plus en plus d’effet de levier dans le système. L’édifice tout entier peut maintenant s’effondrer à chaque instant… Le seul survivant éventuel : le fabuleux Fab [son propre surnom, NDLR]… debout au milieu de toutes ces opérations exotiques, complexes, à très fort effet de levier, qu’il créa sans nécessairement saisir toutes les implications de ces monstruosités !!! »

Ainsi s’exclamait Fabrice Tourre, le 23 janvier 2007, dans un courriel adressé à un ami saisi par les enquêteurs de la Fed. Preuve relativement claire qu’il était conscient qu’une bombe avait été amorcée, et pas forcément au bénéfice de tous ses clients. Le 11 février 2007, le jeune centralien était plus concis, sinon moins éloquent : « Le biz’ du CDO est mort, il ne nous reste plus beaucoup de temps ! » Désormais, la jeune recrue de Goldman Sachs a fait son entrée dans Wikipedia et ses courriels n’ont pas fini de laisser des traces à Wall Street.
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L’effondrement des États

Des dettes bancaires aux dettes « souveraines. » Les jours comptés de l’État-nation et d’une « hypothétique » réforme monétaire internationale.

Dans une étude transmise à ses clients privilégiés, la Société générale recommande de se tenir prêt face au risque d’« effondrement de l’économie mondiale » au cours des deux prochaines années.

Une manière de dire : « Vous voilà bien prévenu ! » Les auteurs de cette étude fondent leur conclusion sur des données concises, sans préciser bien sûr que la crise actuelle résulte avant tout de la révolution des techniques financières spéculatives des banquiers. Techniques financières qui ont permis, depuis la fin des années 70, l’émergence, malheureusement durable, d’une économie virtuelle aux dépens de l’économie réelle.

Une économie virtuelle qui a désormais besoin, pour survivre, d’écraser la véritable économie, seule source de richesses et d’emplois durables.

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«Nous accusons la Société Générale de violation des lois fédérales»

Alors que le procès Kerviel va s’ouvrir à Paris, un nouveau dossier judiciaire s’ouvre à New York pour la Société Générale. La plainte collective, déposée en janvier, ayant été jugée recevable, la banque doit déposer ses réponses aux accusations avant le 15 avril. Les plaignants estiment que la Société Générale a dissimulé l’impact de la crise des subprimes sur ses comptes et a laissé faire, sinon couvert, Jérôme Kerviel.

Le titre n’est pas très accrocheur, mais c’est un document irremplaçable pour comprendre la crise de la Société Générale. Administrativement baptisé «Seconde plainte collective pour violation des lois boursières fédérales», le document compte 204 pages d’accusations. Jérôme Kerviel, la crise des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, des administrateurs indélicats, des coups bas, des témoins anonymes, des triturations informatiques réalisées à la hâte, des princes des dérivés évincés les uns après les autres… Il y a tout cela dans l’accusation rédigée par les avocats américains représentant la Caisse de retraite des enseignants de l’État du Vermont, le Fonds de pension national des chaudronniers et les forgerons ou les ouvriers de l’agroalimentaire et de la distribution de l’union locale UFCW 880 de Cleveland (Ohio).

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Les Islandais ne paieront pas pour les banquiers

Les Islandais ont rejeté à 93% le remboursement, par leur gouvernement, de la dette contractée [auprès des] banques britanniques et néerlandaises, issue de la faillite d’une autre banque en ligne (Icesave). Pour le blogueur Michel Koutouzis, cela montre que les peuples sont prêts à se libérer de l’emprise du pouvoir financier.

Autour de 580 av. JC, Clisthène, qui avait entre temps cassé le monopole politique de l’aristocratie athénienne, promulgue une loi qui fera, dans les années à venir, la grandeur de la cité et sera à la base du « miracle grec ». Il supprime la dette de milliers de paysans, mettant ainsi fin à la pratique qui consistait à emprunter en [se] mettant soi-même en gage, c’est-à-dire, à transformer pratiquement les paysans pauvres et endettés en esclaves.

La fin du « gage sur le corps » mit fin, surtout, à une série de révoltes et d’instabilité sur le territoire athénien. Allant de pair avec les réformes politiques qui permirent à l’ensemble de la population de l’Attique à participer à la chose publique, cette réforme consacra la naissance de la démocratie.

Indépendance politique et libération économique
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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Par Michel Santi

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres, puisque la planification de la privatisation de France Telecom avait autorisé l’Etat français à toucher, en 1997, la somme de 5 milliards d’Euros, officiellement au titre des retraites des salariés de cette entreprise devant être assumées par les pouvoirs publics, officieusement afin d’embellir le déficit budgétaire du gouvernement de l’époque…

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des “grandes nations” leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

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La crise des dettes publiques : une réédition de la crise bancaire de 2007 ?

La crise qui frappe aujourd’hui les dettes publiques ressemble beaucoup à la crise bancaire de l’été 2007.

· Déni de réalité

Au début de la crise, la réaction des hommes politiques ou des managers est identique : minimiser les problèmes, voire les cacher. La publication des statistiques grecques ressemble ainsi à s’y méprendre aux publications de résultats d’UBS ou de Citigroup en 2007 : confuses, obscures, sous-estimant totalement les problèmes.

De même, les déclarations pendant l’été 2007 d’Henry Paulson, secrétaire au Trésor américain, assimilant le début de la crise et les dérapages des marchés à une « simple réappréciation des risques », limitée au petit secteur des « subprimes », sont à mettre en perspective avec les commentaires rassurants sur la petitesse de la Grèce.

· Des spéculateurs coupables

L’origine des problèmes se situe dans la gestion calamiteuse des affaires, qu’elles soient publiques ou privées. Pourtant, de nombreux commentateurs affirment que la crise de la dette publique est le produit de spéculateurs qui parient sur la faillite prochaine d’un Etat, comme, dans la crise bancaire, les faillites auraient été dues à la spéculation des « hedge funds ».

Mais n’est-il pas normal que les créanciers s’inquiètent et décident de protéger leurs créances, lorsque les situations dérapent ? Les marchés, dans les deux cas, n’auront fait que leur métier : réagir, plutôt que de mourir idiot et pauvre !

· Des effets de contagion mortels

En 1929, les « bank run » populaires avaient mis à terre de nombreuses banques. En 2008 les « bank run » institutionnels couchèrent de nombreuses institutions financières. Assistera-t-on en 2010 à un « state run » qui verrait les créanciers des Etats endettés se précipiter pour être remboursés ?
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USA : les “walk away” laissent leur maison… et leur dette aux banquiers

Fairfield, à 65 kilomètres de San Francisco (Californie), est l’un de ces lieux où les cadres californiens sont, depuis 2004, venus chercher qualité de vie et immobilier abordable. Dans cette ville nouvelle, ils se sont fait construire de belles maisons avec piscine, jardin et un garage pour trois véhicules. Beaucoup ont choisi de quitter leur appartement en ville pour acheter une de ces villas. Et pour financer ce rêve à 800 000 dollars (près de 600 000 euros), sûrs de faire, grâce à la hausse des prix de l’immobilier, une bonne affaire, ils ont emprunté sur 30 ans.

(En mars 2008, déjà...) Légende de la photo : "Pour les propriétaires qui ne peuvent plus rembourser leur prêt, la saisie pourrait ne pas être la seule solution"


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“La fraude est un rouage essentiel de l’économie”

Jean de Maillard, 58 ans, vice-président au tribunal de grande instance d’Orléans, s’intéresse aux mutations économiques, financières et sociales nées de la mondialisation. Dans “Le Rapport censuré” (Flammarion), publié en 2004, il a repris un travail “trappé” sur les menaces engendrées par les circuits de l’argent sale, réalisé pour le ministère des Affaires étrangères.

Pour [lui], la globalisation et l’effacement de l’Etat ont favorisé l’émergence d’un pillage sans précédent au coeur du système financier, organisé dans l’opacité et en toute impunité. Interview.

L’éclatement des bulles, technologiques ou financières, révèle nombre de scandales et de malversations, telles les affaires Enron ou Madoff. La financiarisation de l’économie s’accompagnerait-elle d’une nouvelle criminalité ? Pis, nous dit le magistrat, auteur de “L’Arnaque” (Gallimard), cette criminalité est partie prenante du système économique, dont elle est devenue “la variable d’ajustement et de régulation”. De quoi s’inquiéter !

Qu’est-ce qui vous permet de dire qu’une nouvelle criminalité, différente des mafias, a pénétré les circuits économiques ?

J’hésite à parler de délinquance ou de criminalité, car cela obscurcit le débat. Je préfère parler de fraude, de pillage ou de prédation.

La globalisation économique et financière a fait évoluer les frontières de la criminalité : à l’ancienne, de forte intensité et de haute fréquence, s’est superposée une fraude de plus faible intensité et de basse fréquence qui est facilement ignorée dans les analyses officielles.

Les techniques frauduleuses sont devenues des variables d’ajustement de l’économie globalisée, et même des modes de gestion de celle-ci, et pas seulement des malversations marginales.

Il ne s’agit pas du gangstérisme en col blanc des mafias ou des escrocs, mais d’un pillage de l’économie à travers le système financier. Cette prédation est, de la part des acteurs, un acte rationnel, même si elle aboutit à l’irrationalité quand le système s’effondre, comme dans la crise des subprimes.

Ces techniques sont donc frauduleuses sans être toujours délictueuses ?

Oui, parce que les réglementations étatiques se sont restreintes au profit de l’autorégulation des marchés, censés faire leur propre loi. Les Etats ont accepté que cette dernière se substitue à la leur, et ils ont perdu le contrôle des régulations.
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Les banquiers sont-ils des voleurs ? – Seconde Partie

Deuxième Partie : Qui veut Gagner des milliards ?

Un an après la chute de Lehman Brothers, la vie quotidienne de la City de Londres, où la crise n’a strictement rien changé.

Sur quelques kilomètres carrés au bord de la Tamise, la City de Londres représente la plus grande concentration de banques au monde, employant 300 000 personnes de toutes nationalités et brassant, chaque jour, des centaines de milliards de livres sterling. Bien que les excès des banques aient entraîné une crise économique majeure, et en dépit des pressions internationales, la City refuse d’être soumise à quelque régulation que ce soit.

Tout semble y avoir recommencé comme avant : banquiers surpayés, fonds spéculatifs, pratiques risquées… Plongée au coeur d’un univers aussi feutré que cynique, ce film cherche à comprendre pourquoi. Il raconte comment ce petit bout d’Angleterre est devenu, au fil des décennies, la capitale du système bancaire mondial et pourquoi il a fini par oublier sa mission première : financer l’économie.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/xbhcev
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Les banquiers sont-ils des voleurs ?

Alors que les situations de surendettement se multiplient, Isabelle Vigouroux montre de l’intérieur le durcissement de la relation entre les banquiers et leurs clients.

Pour comprendre l’impact de la crise déclenchée voici un an, la réalisatrice explore de l’intérieur la manière dont elle a affecté la relation entre les banques et leurs clients, particuliers ou entreprises. Poussé par son banquier à investir dans les actions Natixis, l’un des témoins a perdu tout son capital. Cette femme, elle, a glissé petit à petit dans l’angoisse du surendettement, comme des millions de gens en Europe.

Quant à ce patron de PME, il ne digère pas que sa banque, après avoir perdu des milliards en Bourse, lui refuse un prêt au motif qu’il serait risqué. Hausse des intérêts et des taux variables, frais bancaires en expansion… Des conseillers financiers témoignent de l’engrenage de la pression commerciale. Sommés de faire du chiffre, ils ont vendu crédit et produits bancaires sans tenir compte de l’intérêt des clients. Un film qui, à travers des histoires personnelles, raconte comment nous avons perdu confiance dans les banques.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/xbhtty
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La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite

Eric Laurent nous en dit plus sur la collusion entre banquiers et politiques

Nous rendons compte ici, pour la deuxième fois, d’un ouvrage intéressant, non parce qu’une redite serait utile, mais en raison de la teneur complémentaire des propos tenus par l’auteur au cours d’un second entretien.

Après La face cachée du 11 septembre (2004) et La face cachée du pétrole (2006), Eric Laurent, toujours aux éditions Plon, publie La face cachée des banques. Sous-titre : scandales et révélations sur les milieux financiers.

Ce livre nous emmène dans les coulisses des établissements financiers et nous brosse le portrait des maîtres de l’Amérique, une poignée d’hommes déterminés qui traversent le temps au rythme des crises et des élections et dans les mains desquels mangent les politiques.

Cette enquête a demandé huit mois de travail. Huit mois à rencontrer des financiers et hommes politiques qui souvent, lorsqu’ils veulent bien répondre, exigent l’anonymat le plus complet. Face à ce livre sorti à la fin du mois d’octobre, la presse reste « inerte et passive », selon les propres mots d’Eric Laurent. Il y a plusieurs raisons à cela, explique l’auteur : « D’abord parce que c’est un sujet compliqué à traiter pour les journalistes. Ces derniers fonctionnent dans l’immédiateté absolue, donc on leur a vendu l’idée que la crise était en voie de résorption, donc il y a moins d’exigence ou d’obligation d’en parler. Et puis je crois que pour beaucoup de journalistes, aujourd’hui, il y a une totale inculture qui fait que c’est un sujet trop barbare. Enfin il y a une une quatrième raison, c’est que l’information circule de plus en plus mal ».

Premier et principal scandale dénoncé dans votre livre : la mainmise des financiers sur les principaux dirigeants américains. Lire la suite

Les industriels souffrent, les banquiers pavoisent

La publication, lundi 16 novembre, des résultats d’EADS, dernière entreprise du CAC40 à rendre publics ses comptes trimestriels, montre que la crise n’est pas terminée.

Le chiffre d’affaires des quarante plus grands groupes cotés français pour leur capitalisation, a chuté de 9,91 % au troisième trimestre, et de 10,86 % sur neuf mois, selon une étude du cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC).

On ne constate aucune amélioration significative par rapport au début de l’année.

Ces données montrent que la situation s’est encore dégradée, comparée au troisième trimestre 2008, période durant laquelle la crise avait déjà fait sentir ses effets.

Ce constat global masque néanmoins des situations très contrastées, avec des baisses à deux chiffres dans certains secteurs, comme l’industrie et les matériaux, et des hausses à deux chiffres dans d’autres – la finance.

La santé retrouvée des entreprises financières contribue ainsi à donner une image trompeuse de la situation globale : leur chiffre d’affaires a augmenté de 14,59 % au troisième trimestre.

Les entreprises des secteurs de l’industrie, de l’énergie et des matériaux continuent de trinquer lourdement : chute du chiffre d’affaires de 46,16 %, pour le troisième trimestre, dans le secteur des matériaux, entraîné par la dégringolade d’ArcelorMittal. Chute de 8,12 % du chiffre d’affaires dans l’industrie et de plus de 30 % dans l’énergie, en raison des performances de Total.

Le Monde