Le « confidential memo », ou comment la crise financière mondiale a débuté

par Greg Palast

La merde dans laquelle vous êtes vient d’un petit message envoyé il y a 16 ans.

Un contact dont je tairai le nom m’a fait lire le contenu du End Game memo – il s’agit d’un truc si fou et si diabolique que je ne n’arrive toujours pas à croire qu’il puisse être vrai.

Le Mémo confirme le fantasme le plus fou des conspirationnistes de tous bords : à la fin des années 1990, l’élite des fonctionnaires du Trésor américain complotait main dans la main et en toute discrétion avec une petite cabale de pontes du système bancaire afin de réduire en cendres les régulations financières à travers le monde. Quand on voit les chiffres du chômage en Espagne, le désespoir et la faim qui frappent la Grèce, les émeutes en Indonésie et la faillite de Detroit, un retour sur ce End Game memo s’impose, puisque ce document constitue la vraie genèse de l’horreur.

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Alerte, les robots ont pris le pouvoir dans la finance !

Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et programmeurs informatiques et sont au cœur d’une révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux. Mais le problème des quants n’est pas uniquement un problème de robots puisque leurs travaux conduisent presque toujours à la sous-estimation systématique des événements rares.

Décrire la réalité du monde avec les chiffres est une tendance qui semble s’accélérer. Ainsi, la technologie numérique s’associe avec les modèles financiers pour montrer que nous, “humains“, interagissons avec notre environnement à l’aide de modèles mathématiques. Ces modèles peuvent être très complexes pour une majorité de personnes, mais un commerçant n’a nullement besoin de maîtriser les modèles d’ingénierie financière pour comprendre la situation de son magasin et décider.

Pour notre commerçant, même si le hasard ne peut pas être prédit ou contrôlé, il n’est pas moins suggestif. Les modèles mathématiques peuvent être brillants, mais plus ils le sont, plus ils peuvent avoir tendance à vouloir modéliser le monde tel que l’on souhaiterait qu’il soit. En fait, le problème n’est pas tant les modèles mathématiques, mais la manière dont nous les utilisons.

Et en termes d’utilisations, nous avons franchi la ligne jaune avec les quants, apparus sur le devant de la scène après le krach financier éclair du 6 mai 2010 (Wall Street a plongé de 9% pendant 20 minutes). Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et des programmeurs informatiques réunis dans les salles de marché des grandes banques d’investissement du système financier mondial. Les quants sont au cœur d’une autre révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux.

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L’alchimie de la crise financière

Par Jacques Guerber, dirigeant de banque, ancien président du directoire de Dexia-Crédit Local de France.

Le cœur de la crise financière peut se résumer en une gigantesque opération d’alchimie ayant permis de transformer, à partir de 2005 et à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars, le plomb, en l’occurrence des prêts immobiliers à des clients parfaitement insolvables, en or, en pratique des placements financiers rémunérateurs et bénéficiant de la meilleure note des agences de notation. En 2007 et 2008, l’or redevient très brutalement plomb, pour le plus grand malheur de ses acquéreurs.

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Fulcanelli et l’alchimie au centre du portail ouest de la cathédrale Notre Dame de Paris.

Le procureur de New York, Joseph Cuomo, vient de lancer une enquête auprès des banques d’investissement et des agences de notation, avec pour objectif de déterminer s’il s’est agi d’une expérience de chimie qui a mal tourné ou d’une escroquerie à grande échelle.

Que s’est-il passé ? Il y a une vingtaine d’années se développèrent de nouvelles techniques financières, titrisation et structuration, permettant de proposer aux investisseurs des titres adossés à des portefeuilles de centaines ou de milliers de prêts (ou d’obligations). La difficulté, pour les investisseurs, d’apprécier le risque de ces titres aurait condamné ces techniques à demeurer confidentielles, sans l’intervention des agences de notation.

Pour ce faire, celles-ci ne se sont pas appuyées comme à leur habitude sur le jugement de leur comité de notation, mais sur des modèles mathématiques simulant le comportement de ces milliers de prêts individuels dans des hypothèses de stress.

En pratique, le stress pris comme référence était le niveau de défaillance le plus élevé rencontré dans le passé pour le même type de prêts plus une marge de sécurité. Sur la base de ces calculs, les agences ont attribué des notes à ces titres complexes en utilisant la même échelle de notation que celle qu’elles utilisaient pour noter des États ou des grandes entreprises.

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Goldman Sachs accablée par ses emails

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Alors que la banque prépare son argumentaire pour une audition mardi, le Sénat publie des courriels embarrassants qui montrent comment elle a profité de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars. En outre, cinq dirigeants auraient revendu leurs actions après l’annonce d’une enquête de la SEC.

Une commission du Sénat américain a publié ce samedi 24 avril des courriels montrant comment la banque Goldman Sachs a bénéficié de la crise des crédits immobiliers à risques pour empocher des dizaines de millions de dollars. Les messages montrent ses dirigeants se gargarisant de profits réalisés grâce à la crise en 2007.

Carl Levin, président de la Sous-Commission sénatoriale permanente d’enquête, a écrit dans un communiqué accompagnant la publication de ces documents que ” Les banques d’investissement comme Goldman Sachs n’étaient pas de simples courtiers, elles étaient les promoteurs intéressés de produits financiers risqués et complexes qui ont favorisé l’éclosion de la crise.

Dans un de ces messages, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, affirme: “Nous n’avons bien évidemment pas échappé à la pétaudière des crédits immobiliers à risque. Nous avons perdu de l’argent et ensuite nous en avons gagné plus que nous n’en avons perdu grâce à nos positions courtes.
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