Créances douteuses : un boulet à 900 milliards d’euros pour les banques

Avec 136 milliards d’euros de créances douteuses supplémentaires, la rentabilité des banques est sous pression.

C’est un boulet de 880 milliards pour les principales banques de la zone euro, soit 4 % du total de leur bilan. Cette somme correspond au total des prêts dits « non performants » (c’est-à-dire en retard de paiement depuis au moins 90 jours), détectés par la BCE au sein des 130 banques de la zone euro passées au scanner par ses soins.

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Et si la BCE avait déjà échoué ?

La Banque centrale européenne se démène pour éviter la déflation. Mais son action risque d’être peu efficace. Par Marc Berry, consultant

Il y avait dans l’étalage de mesures annoncées par la BCE le 4 septembre, quelque chose de précipité, de l’ordre de l’urgence. Face aux questions des journalistes, le discours de Mario Draghi manque de cohérence, fuit les précisions et paraît même parfois gêné. La multiplication – pour ne pas dire l’amoncellement – des outils de refinancement semble trahir un certain désarroi de la part de la BCE.

Toutes les options sont désormais sur la table. Et même si le banquier central continue de brandir la menace d’un ” fantomatique ” QE (de dettes souveraines), on peut s’interroger sur la pertinence des mesures voulues par la BCE. En apparence, la banque centrale est dans son rôle : active, volontaire, impassible et sûre d’elle. Mais passé les premiers effets d’annonce, on comprend vite que ses actions n’auront qu’une portée limitée. Explications.

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Le système bancaire parallèle pesait 75.000 milliards de dollars en 2013

Selon le Conseil de stabilité financière, le poids du “shadow banking” s’est encore accru en 2013, jusqu’à représenter 25% des actifs financiers totaux au niveau mondial.

Le système bancaire parallèle, dit “shadow banking“, a continué de grossir l’an passé pour peser quelques 75.000 milliards de dollars, selon la dernière évaluation du Conseil de stabilité financière (FSB) publiée jeudi.

En 2013, son poids s’est ainsi accru de 5.000 milliards de dollars (3.963 milliards d’euros), a indiqué cette autorité dépendante du G20 dans un communiqué.

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Vous avez aimé la dernière crise financière ? Vous allez adorer la prochaine, encore plus dévastatrice…

Par Michel Crinetz, ancien contrôleur à l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP)

A quand une véritable réglementation bancaire ?

Imaginez une autoroute où la vitesse n’est pas limitée, où il est permis de boire de l’alcool, et même de faire demi-tour sans prévenir ; imaginez la kyrielle d’accidents mortels, de carambolages en chaîne…

Entre deux réglementations, laquelle préférez-vous ?

Celle qui interdit ou limite ces prises de risques pour soi-même et pour autrui ?

Ou bien celle qui oblige à épaissir les coussins gonflables et les pare-chocs ?

Le comité de Bâle, club de superviseurs bancaires, qui propose les versions successives de la réglementation bancaire mondiale, Bâle I, Bâle II, et à présent Bâle III, a choisi à peu près exclusivement la seconde méthode.

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Les USA ont recruté des “indics” au sein des banques

De multiples enquêtes ont été ouvertes ces derniers mois sur les manipulations dont se seraient rendues coupables de grandes banques sur les marchés des changes et du Libor.

Les autorités américaines ont annoncé mercredi des prochaines poursuites pénales contre de grands banquiers après avoir réussi à retourner certains d’entre eux en “indics” dans le cadre d’enquêtes en cours sur les manipulations supposées de marchés.

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Grand «ouf» de la City après le rejet de l’indépendance écossaise

Un profond soupir de soulagement parcourait la City de Londres vendredi après le rejet par référendum d’une indépendance écossaise qui aurait plongé le Royaume-Uni dans des affres d’incertitude.

La Bourse de Londres grimpait de 0,73% en milieu de matinée, la livre a atteint dans la nuit son plus haut niveau en deux ans face à l’euro et les taux des obligations britanniques augmentaient, témoignant d’un retour des investisseurs vers les actifs plus risqués.

«C’est le soulagement qui domine sur les marchés britanniques», a résumé Chris Beauchamp, analyste à la maison de courtage IG, pour qui «l’inquiétude liée à une possible indépendance écossaise s’est dissipée».

Les Écossais ont rejeté l’indépendance par 55,3% des voix à l’issue d’un référendum marqué par une participation massive.

La City de Londres (investisseurs, grandes entreprises, médias des milieux d’affaires) avait pris position contre la sécession de la région septentrionale du Royaume-Uni.

Elle craignait d’une part les incertitudes soulevées par cette indépendance pour l’Écosse elle-même, sur la monnaie utilisée par le nouvel État, le partage des revenus pétroliers, la répartition de la dette publique et l’environnement légal et financier des entreprises.

La capitale financière redoutait aussi, et peut-être surtout, les conséquences pour ce qui serait resté du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord), amputé d’une région pesant économiquement l’équivalent de l’Irlande ou de l’Algérie.

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Goldman Sachs à l’assaut de la finance islamique

Les banques occidentales veulent diversifier leurs ressources.

Goldman Sachs ne veut plus passer à côté du pactole de la finance islamique. La banque américaine a dévoilé cette semaine un projet d’émission d’obligations islamiques, des sukuk, de 500 millions de dollars. Elle suivrait ainsi les pas de HSBC, seul établissement occidental à avoir bouclé jusqu’ici un tel programme.

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Gaz de schiste, un non-sens économique

Par Myret Zaki

Depuis cet été, des experts mettent sérieusement en doute le bien-fondé économique de la fracturation hydraulique.

«La production des puits décline si rapidement aux Etats-Unis qu’ils ne seront jamais rentables», dit l’expert Tim Morgan dans un article intitulé «Gaz de schiste, la bulle internet de notre temps», paru le 4 août dans le Telegraph. Responsable global de la recherche chez le courtier en énergie Tullett Prebon jusqu’en 2013, il estime que la fracturation, ou fracking, est une absurdité économique.

«Quand les investisseurs le réaliseront, conclut-il, cette industrie s’effondrera.» Malgré la frénésie spéculative qui l’entoure, ce secteur n’a jamais été rentable en sept ans d’activité. Comme la bulle «dotcom», la «story» du gaz de schiste américaine a été montée en épingle par les banques, sous de beaux slogans comme «Saudi America», qui à présent séduisent moins d’investisseurs.
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L’argent gratuit inonde les marchés et fait chuter les coûts d’emprunt

La France et l’Allemagne empruntent à des taux négatifs sur les marchés obligataires. Rarement l’argent aura été d’un accès aussi facile pour les Etats, mais aussi pour certaines entreprises.

Les investisseurs se traînent aux pieds des banques centrales

Bienvenue dans un monde où, pour prêter de l’argent, il faut payer. Ce monde s’appelle l’Allemagne… et la France. [Le 1er septembre 2014], le taux des obligations françaises à échéance novembre 2016 (environ 2 ans) est passé en territoire négatif. L’Etat a aussi placé des titres de court terme à taux négatifs, pour la deuxième semaine d’affilée.

Outre-Rhin, les emprunts d’Etat à 1, 2 et 3 ans offrent déjà des rendements négatifs et l’Allemagne a émis des titres à 2 ans avec un coupon de 0 % cet été.
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Vous avez dit PIB

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Commenter à chaud les chiffres d’un PIB trimestriel est si difficile qu’on devrait éviter d’en tirer des conclusions générales, comme c’est malheureusement trop souvent le cas.

Le PIB n’est pas facile à mesurer…

Commenter à chaud les chiffres d’un PIB trimestriel frais émoulu des cuisines statistiques nationales est un exercice fort délicat et plein d’embûches. Heureusement qu’on le sait d’ailleurs, sinon la plupart des commentaires donneraient à rire, et non pas simplement à sourire comme c’est le plus souvent le cas de nos jours.

Il y a évidemment les déclarations politiques des ministres concernés qu’il ne vaut même pas la peine d’écouter ou de lire tant elles sont convenues, mais qui, malheureusement, sont de plus en plus fréquentes depuis que la croissance trimestrielle du PIB est devenue un véritable veau d’or politico-médiatique dans nos contrées. Un restant de charité chrétienne nous fait toutefois plaindre le pauvre ministre contraint de devoir annoncer 0% ou moins de croissance contre – mettons – les 0,2% attendus, car le PIB n’est simple ni à expliquer ni surtout à construire.

Cet agrégat est en fait un Lego dont certaines pièces s’ajusteraient mal et qu’on devrait souvent raboter pour les faire tenir ou, tout simplement, manqueraient et devraient être remplacées par d’autres plus ou moins semblables, mais qui ne s’emboîteraient d’ailleurs pas parfaitement dans la construction. Avec le temps, cependant, on retrouve souvent certaines des pièces manquantes, si bien que le résultat initial sera plusieurs fois révisé non seulement dans les mois qui suivent sa première publication, mais souvent bien plus tard.

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Détention record de cash par les entreprises françaises : un symptôme supplémentaire d’une crise de la demande

Malgré la crise, les entreprises françaises disposent d’une trésorerie enviable qu’elles n’investissent pourtant pas. Et préférer s’asseoir sur ses liquidités témoigne d’une crise des carnets de commande.

C’est le grand paradoxe “apparent” de la crise ; les entreprises n’ont jamais détenu autant de liquidités. Ainsi, selon Moody’s, les entreprises américaines détenaient 1,64 trillion de dollars américains à la fin de l’année 2013, en cash. Soit une hausse de 12% par rapport à l’année antérieure.

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États-Unis : Les “dark pools”, nouveau front judiciaire pour les banques

Déjà cibles de multiples enquêtes, les grandes banques font face à un nouveau front judiciaire aux Etats-Unis, menaçant un de leurs relais de croissance: les “dark pools“, des plateformes alternatives où s’échangent dans l’anonymat des milliards de dollars par jour.

Le Procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, montrant des mails internes émanant de Barclays, montrant la volonté de la banque d’échapper à la réglementation

Tour à tour, la britannique Barclays, les suisses UBS et Credit Suisse, l’allemande Deutsche Bank et les américaines Goldman Sachs et Morgan Stanley ont révélé avoir reçu des demandes de documents d’autorités américaines dans le cadre d’enquêtes concernant leur “dark pool” respective. Elles disent coopérer.

A l’exception de Barclays, attaquée en justice, la plupart des investigations, menées par le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman, le FBI et le régulateur des marchés financiers (SEC), sont encore à un stade préliminaire.

Une dark pool est une plateforme où les transactions, qui sont de gré à gré, se font à l’aveugle, c’est-à-dire que le prix et l’identité du vendeur et de l’acheteur ne sont connus qu’une fois l’opération conclue. L’opérateur, souvent une banque d’affaires, joue les intermédiaires.

A l’inverse des marchés réglementés, il y est difficile de tracer qui a acheté et vendu quoi.

Les dark pools sont fréquentées par les investisseurs institutionnels (fonds d’investissements, de pension ou spéculatifs) qui achètent et vendent de gros blocs de produits financiers (actions, obligations) et ne veulent pas que ça se sache.

Ils viennent ici pour l’anonymat“, explique à l’AFP Adam Sussman, un des responsables de la plateforme alternative Liquidnet, qui compte 700 participants affichant des portefeuilles d’actifs d’un montant total de 13.000 milliards de dollars.

Les dark pools représentent aujourd’hui 35% du volume des échanges boursiers aux Etats-Unis, contre 25% en 2009, selon des chiffres cités par la patronne de la SEC Mary Jo White lors d’un discours en juin.

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Le New York Times prône la légalisation de la marijuana

Le conseil éditorial du journal a publié sur le site internet du quotidien un message intitulé “Abroger la Prohibition, à nouveau”.

La prise de position est claire, il n’y a pas de doute : le New York Times, l’un des principaux quotidiens américains, prône la légalisation de la marijuana dans tous les Etats-Unis, comparant l’interdiction fédérale en vigueur à la prohibition des ventes d’alcool entre 1920 et 1933.

Sur son site Internet, dans un éditorial où, au fil de la lecture en scroll, les étoiles du drapeau américain présent sur la photo de Une se transforment en feuille de cannabis, le conseil éditorial du quotidien s’explique : “Il a fallu treize ans pour que les Etats-Unis reviennent à la raison et mettent fin à la Prohibition, treize ans pendant lesquels on a continué de boire, de sorte que des citoyens respectueux de la loi sont devenus des criminels et que les syndicats du crime sont apparus et ont prospéré”.
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Avec ou sans sanctions, les affaires des Européens en Russie en souffrance

Adidas manquera ses objectifs cette année, les fabricants allemands de machines-outils aussi: le mal est déjà fait pour beaucoup d’entreprises actives en Russie, avant même l’entrée en vigueur de sanctions économiques contre Moscou dont l’impact supplémentaire est difficile à évaluer.

D’abord, plus de chemise !
- Maintenant, plus de pantalon !
(caricature américaine)

Sur fond de crise ukrainienne, l’Union européenne a décidé d’interdire à partir de vendredi d’exporter certains produits vers la Russie et de bloquer l’accès aux marchés financiers européens à certaines banques russes.

Mais pour les entreprises implantées en Russie, cela fait déjà des mois que les affaires sont en souffrance, souligne la fédération allemande VDMA des fabricants de machines-outils.

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Espagne : Taxation des comptes bancaires, début du plus grand hold-up de l’Histoire ?

C’est parti : le 7 juillet, l’Espagne a décidé de taxer de façon rétroactive tous les dépôts bancaires de 0,03%. Et devinez pourquoi ? Pour relancer la croissance et la création d’emploi, bien sûr ! À chaque fois que nous nous disons « ils n’oseront pas » nous nous trompons. « Ils » c’est bien sûr les fonctionnaires omniscients et leurs conseillers intéressés. La chypriotisation, la confiscation des assurances vies en Pologne, les taux négatifs, la taxe Lagarde… Quelle couleuvre n’avalerait-on pas pour la croissance et l’emploi ?

Pourtant, pendant des milliers d’années, l’économie – c’est à dire la production de biens et services et les échanges commerciaux librement consentis entre bipèdes – s’est développée sans ces artifices. En effet, nous produisons plus qu’à l’Âge de pierre et les biens et services circulent plus librement qu’au XIXème siècle. Ce résultat a été obtenu le plus souvent malgré les taxes douanières, les escroqueries monétaires, de malheureux épisodes guerriers ; nous avons connu des hauts et des bas, mais sommes arrivés à produire et à échanger plus et mieux.

Aujourd’hui, toutefois, on nous explique que des administratifs et des fonctionnaires sont seul aptes à savoir ce qui est bon pour la croissance et l’emploi. Ce qui leur donne le droit de confisquer notre argent.

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L’Allemagne donne son feu vert à la confiscation partielle des dépôts en cas de faillite bancaire

Ces dernières semaines, deux grandes banques se sont retrouvées en difficulté en Europe. C’est pourquoi le vieux continent s’active afin de définir, en s’inspirant de l’exemple chypriote, les modalités qui seront utilisées pour sauver les banques.

Et comme ce fut le cas avec Chypre, les épargnants seront mis à contribution. Le système bancaire reste très fragile en Europe. Nous en avons eu encore la preuve ces derniers jours avec Erste Bank (source), la plus grosse banque autrichienne (oui, dans l’une des rares dernières Nations à être notées AAA) qui a dû augmenter de 40 % ses provisions à causes de remboursements de prêts qui risquent de ne pas être honorés, ainsi que la banque portugaise Banco Espirito Santo SA, qui a été incapable de payer les porteurs de ses obligations à court terme (source).

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que nos gouvernants préparent le cadre qui leur permettra de taper dans vos économies pour renflouer le secteur bancaire.

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Quand les Etats-Unis font payer leur puissance

L’amende astronomique que devra verser aux autorités étasuniennes la banque BNP Paribas révèle un véritable scandale juridique et politique : les lois d’embargo au nom desquelles les États-Unis entendent sanctionner tous ceux qui ne se conforment pas à leur politique étrangère. La pratique semble s’être tant banalisée que l’on ne s’en émeut plus.

La politique unilatérale de sanctions économiques des États-Unis à l’égard d’un nombre grandissant de pays est déjà une pratique très regrettable. Le seul cadre légitime devrait être celui de l’Organisation des Nations Unies, et plus particulièrement, celui du Conseil de sécurité de l’ONU qui est, seul, habilité à prendre de telles sanctions au titre de l’article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

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Les patronats français et allemand font front commun contre les Etats-Unis

Les présidents du Medef et du BDI veulent un jeu égal avec les Etats-Unis. Ils s’inquiètent, notamment, des amendes contre les banques européennes.

Les “patrons des patrons” français et allemand côte à côte

Les patronats français et allemand montent au créneau contre les Etats-Unis, qu’ils soupçonnent de distorsion de concurrence dans plusieurs dossiers.

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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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