Grèce : Fièvre acheteuse, de peur d’une banqueroute

Dans les rues d’Athènes, les magasins ne désemplissent pas. Les retraits sont toujours limités à soixante euros par jour, mais les Grecs qui peuvent se le permettre, préfèrent réaliser des achats, de peur de voir leur argent englouti par les banques, si elles devaient fermer pour de bon.

Les bijouteries, commerces de luxe ou encore d’électroménager ne désemplissent pas.

Ukraine : Décryptage des émeutes

Par Alexandre Latsa

La situation en Ukraine donne lieu à de nombreuses interprétations fantaisistes lorsqu’elles ne sont pas mensongères ou propagandistes, par omission ou méconnaissance bien souvent. L’idée de cet article est de tenter de définir un cadre clair à ces événements, loin de l’impartialité du Mainstream médiatique occidental.

1) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour lutter contre un président illégitime

Malheureusement ce n’est pas totalement vrai. Si la précédente révolution en Ukraine de l’hiver 2004, 2005 s’était déclenchée dans les jours qui ont suivi les résultats d’une élection serrée et peut-être contestable, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Le président Viktor Ianoukovitch a été élu le 7 février 2010, soit il y 4 ans, et le scrutin a été déclaré par L’OSCE « transparent et honnête ». Lors de ces mêmes élections, le précédent président, issu de la révolution de couleur, a lui obtenu 5,5 % des voix. Viktor Ianoukovitch est donc tout aussi légitime à ce titre que Vladimir Poutine, Barack Obama ou Angela Merkel.

 2) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour l’Europe

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Portugal : Un pays qui va à vau-l’eau

Par Sejo Vieira

Actuellement, des 5.800.000 actifs, presque 3 millions sont des précaires ou travaillent irrégulièrement pour des salaires qui peuvent descendre à 2 euros de l’heure. Des 900.000 chômeurs, 750.000 ne reçoivent aucune allocation de chômage. On répertorie plus de 3 millions de personnes dont les revenus se situent entre 7 euros et 15 euros par jour.

La corruption du monde avant le déluge, par Cornelis Cornelisz van Haarlem

Depuis fort longtemps, les alertes et les critiques prédisaient la mort de la nation. La stagnation de l’économie portugaise commença longtemps avant l’éclatement de la crise actuelle. Ayant été un des pays où la CEE injecta plus d’argent per capita, le Portugal est celui qui profita le moins de cette manne. Pendant les vingt-six années d’« aides » reçues afin de le préparer et adapter aux exigences de la communauté européenne, les fonds furent entièrement dilapidés au fur et mesure qu’ils entraient dans les coffres de l’État. Ils servirent, essentiellement à créer une classe de parasites qui firent main basse, en toute impunité, sur des sommes colossales.

Les fonds structurels d’aide au développement eurent comme contrepartie l’endettement des gouvernements portugais auprès des banques du centre de l’Europe (Allemagne, Benelux et Autriche). En effet, le financement des fameux projets, élaborés par Bruxelles obligeait le Portugal à participer avec des fonds propres (entre 15 et 25% de la totalité) obtenus, évidemment, à des taux usuraires. Une manière très astucieuse d’amener le pays à s’endetter auprès des banques. À peu près 121 milliards d’euros (41% de la dette actuelle portugaise) proviennent de ces emprunts.

Avec un des PIB le plus bas de l’Europe et une dette souveraine très préoccupante, la crise mondiale ne pouvait qu’aggraver la situation économique et sociale du Portugal.

Faute d’élites compétentes et honnêtes, tout le long de ces années de « démocratie », les Portugais ne purent forger les armes nécessaires pour affronter, efficacement, les économies avancées de l’Europe. Et, du fait de son entrée dans l’Union Européenne, en 1986, le Portugal dut abandonner un grand nombre de secteurs productifs essentiels, modestes mais capables néanmoins de relancer sa capacité exportatrice et d’assurer à son peuple un minimum d’autosuffisance. Presque tout l’essentiel à la survie de ses populations est, depuis lors, importé des autres membres de l’Union Européenne.

Après le coup d’État du 25 Avril, la fameuse « révolution des œillets », les politiciens « démocrates » se limitèrent à remplacer une aberration politique par une autre aberration politique. Au lieu du parti unique du salazarisme, les portugais découvrirent le « bloc central unique », l’alternance entre deux forces politiques, les socialiste du PS, d’un côté et les néolibéraux du PSD et son allié le CDS (droite traditionnelle), de l’autre. Ce front composé par des politiciens opportunistes, incompétents et corrompus montra, au fil des années, un inconcevable mépris envers le peuple. Ce sont les appareils de ces partis, un dangereux conglomérat de gens prêts aux pires combines, à l’escroquerie et au vol des richesses nationales qui conduisirent le pays à la banqueroute.

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Contre la culture du mensonge, la culture de la France !

Par Aymeric Chauprade

Une nouvelle fois, après l’Irak, la Yougoslavie et la Libye, l’Occident a recours au mensonge le plus grossier qui puisse être : l’accusation d’usage d’armes de destruction massive.

La vérité est que le régime syrien est en train de gagner la bataille contre les terroristes islamistes et qu’il n’a pas besoin d’armes chimiques pour cela. Fort du soutien de l’Iran, du Hezbollah libanais et de la Russie (soutien politique sans failles), il est en train d’écraser son opposition islamiste, minoritaire dans le pays (bien que les sunnites soient majoritaires) et cela face à une rébellion islamiste internationale qui n’a plus d’autre issue que de tenter d’impliquer la France, le Royaume-Uni et les États-Unis dans la guerre.

Il faut dénoncer avec la plus grande fermeté ce mensonge de la rébellion islamiste et son soutien par le gouvernement français, soutien qui s’apparente autant à une trahison des intérêts de la France qu’à un crime contre la paix internationale.

Plus que jamais, il devient urgent de libérer la France des forces hostiles qui se sont installées au sommet de l’État, alors même que l’immense majorité de ceux qui servent cet État, dans les échelons subalternes, sont restés loyaux à la France et au Bien commun des Français.

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Pourquoi une ville française ne peut pas être déclarée en faillite?

La ville de Detroit est en faillite. La municipalité a demandé à se placer sous la protection du chapitre 9 du «Banruptcy code», une mesure qui lui éviterait de rembourser son énorme dette, qui l’asphyxie, de 18,5 milliards de dollars. Dans trois mois, un tribunal décidera si la ville, berceau de l’industrie automobile américaine, y est éligible. Si c’est le cas, sa dette sera restructurée, négociée avec les créanciers, et au final étalée dans le temps et le montant probablement abaissé.

Pour autant, cette décision n’est pas sans conséquence. Par exemple, les salaires des employés municipaux seront probablement baissés, tout comme le niveau des retraites des anciens employés. Les investissements seront au point mort, les services publics réduits à leur plus simple expression, etc. Comment la ville en est-elle arrivée là? «Pour Detroit, c’est la double peine: la ville a subi de plein fouet la désindustrialisation et la crise du secteur automobile et du coup, en soixante ans, elle a perdu la moitié de sa population (passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à 700.000 aujourd’hui), diminuant les impôts et autres taxes perçues par la municipalité», explique le professeur à Sciences-Po, Thomas Snégaroff. Et c’est bien connu, la dette, «c’est exponentiel: on emprunte encore plus pour rembourser, et à des taux plus importants vu que sa note est dégradée», ajoute-t-il.

«Il n’y a pas de droit des faillites en France»

Une telle situation est-elle possible en France? «Non», tranche Olivier Langer, délégué général de l’Association des communautés urbaines de France. «Non seulement il n’y a pas de droit des faillites pour les collectivités locales en France, mais arriver à un tel niveau de dette est impossible en France en raison de tous les pare-feu en amont», explique-t-il.

En effet, les mairies doivent voter chaque année un budget obligatoirement en équilibre, c’est-à-dire que le total des dépenses doit couvrir le total des recettes. «Il ne peut donc y avoir de cessation de paiement» comme à la municipalité de Detroit, fait valoir André Laignel, maire d’Issoudun et vice-président du comité des finances locales.

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L’Histoire montre que la banqueroute est possible voire nécessaire

Extraits du livre “Vive la Banqueroute”, par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

« La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout: l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Économie s’exprimant avec pareille audace !

À relire notre histoire de France sous cette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers…

Philippe le Bel ne chipote pas: il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours !

Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires.
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L’Amérique est en récession… et nous serons les prochains !

Connaissez-vous la pyramide inversée de John Exter ? Elle explique une bonne partie des circonstances économiques actuelles… et ce qu’elles pourraient devenir dans les mois qui viennent. La “contraction surprise” de l’économie américaine au dernier trimestre est un coup dur pour la “reprise mondiale”. Alors que les politiques de relance s’épuisent, la bulle obligataire devient plus menaçante.

Les États-Unis, dont nous attendions une croissance de 1,1% au 4e trimestre 2012, sont finalement en contraction de 0,1%. On nous avait promis un beau jouet pour Noël et ce ne fut même pas une orange. A Davos, Stanley Fisher, de la Banque centrale d’Israël, se félicitait déjà des largesses de la Fed, la prodigue banque centrale américaine. La classe politique mondiale s’esbaudissait: la-crise-est-derrière-nous-promis-promis-promis-l’austérité-c’est-fini-et-même-c’était-mal.
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Espagne : Gel des expulsions pendant deux ans

C’est une nouvelle illustration de la crise économique que traverse l’Espagne. C’est aussi la réaction d’un gouvernement confronté à l’émotion populaire suscitée par les suicides récents de deux propriétaires menacés de se retrouver à la rue.

Manifestation à Madrid après le suicide d’une ancienne élue menacée d’expulsion de son logement, le 12 novembre 2012.

Pour des “raisons humanitaires”, les expulsions vont être suspendues pendant deux ans “pour les groupes les plus vulnérables”, a annoncé la porte-parole du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria. Cette mesure concernera notamment “les familles nombreuses, les familles monoparentales avec deux enfants à charge, les personnes dépendantes ou les victimes de violences domestiques“.

En Espagne, où le chômage touche désormais plus du quart de la population active, les cas d’expulsion se multiplient. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière dans le pays en 2008, quelque 350.000 ordres de ce type ont été lancés.

La décision gouvernementale intervient cinq jours après l’annonce de la caisse d’épargne Kutxabank de suspendre les expulsions de propriétaires accumulant les impayés. Du jamais vu dans le secteur bancaire espagnol.

La veille, le suicide d’une femme au Pays Basque faisant l’objet d’un avis d’expulsion avait ravivé l’émotion en Espagne. En effet, un premier suicide, celui d’une ancienne élue socialiste de 53 ans, intervenu “alors que les huissiers allaient l’expulser de son logement“, selon la police, avait provoqué des manifestations, notamment à Madrid, où des centaines de personnes avaient défilé au cri de “banquiers assassins“.

Métro

Europe : Fusion des États, fission des sociétés ?

Par Bernard WichtI, Privat-docent, Institut d’études politiques et internationales, UNIL.

A court terme, vers quelle Europe se dirige-t-on ?[1] La question est loin d’être académique. Effondrement de l’UE ou raidissement sous forme d’une fédéralisation forcée ? A priori les deux options sont envisageable dans le climat actuel, cependant la seconde hypothèse me semble la plus vraisemblable compte tenu de la dynamique générale qui s’est enclenché avec la crise de l’euro.

En effet, si l’on suit les explications de l’historien britannique Niall Ferguson, spécialiste de la monnaie, il est plus facile de sortir de l’UE que de l’euro[2]. Si le Traité de Lisbonne prévoit la possibilité pour un État de quitter l’Union, ce n’est pas le cas pour l’euro où aucun mécanisme n’est prévu en la matière; un peu comme les conquistadores des Grandes Découvertes, l’UE a semble-t-il brûlé ses vaisseaux et rendu un retour en arrière quasi-impossible.
 

De plus, matériellement une sortie de l’euro signifierait pour les États fortement endettés que leurs actifs seraient libellés en (nouvelle) monnaie nationale (drachme, lire, pesetas, etc.) tandis que leurs passifs resteraient libellé en euro: donc banqueroute assurée pour ces pays.

A cette première explication touchant la quasi impossibilité de sortir de la monnaie unique tant institutionnellement que concrètement, Ferguson en ajoute une deuxième: une monnaie nécessite impérativement un système fiscal et budgétaire unifiés, c’est la condition fondamentale de son fonctionnement à moyen et long terme.

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Leçons de l’Ancien Régime en matière de finances

La Banqueroute de l’Etat royal, Marie-Laure Legay, Editions EHESS, 320 pages

L’occasion était trop belle. Celle de sonder la France de l’Ancien ­Régime, pour mieux comprendre, peut-être, celle du président Nicolas Sarkozy. Mais y a-t-il des points communs entre les blocages politiques et financiers, à la veille de la Révolution française, et ceux auxquels la France fait face aujour­d’hui ?

Dans cette synthèse savante, sous-titrée «Gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française», Marie-Laure Legay, professeur d’histoire à l’Université de Lille, nous livre une histoire passionnante des finances aux XVIIe et XVIIIe siècles, en évitant toutefois, avec soin, tout anachronisme.

Sa thèse ? La France de l’Ancien Régime avait de nombreux atouts, notamment des outils de gestion mis en œuvre au temps de Colbert (1619-1683). Mais elle s’est montrée incapable d’encadrer « l’affairisme » au cœur de l’Etat.

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L’ombre de la faillite plane sur plusieurs Etats américains

Après la Californie, le New Jersey et l’Illinois sont étranglés par leurs dettes. Certains estiment que Washington viendra à leur aide, d’autres évoquent la solution de la banqueroute.

San Diego sera-t-elle la première ? Dans la grande ville du sud de la Californie, le débat fait rage depuis quelque temps : pour s’en sortir, la municipalité doit-elle se déclarer en faillite ? L’ancien procureur de cette ville de près de 1,5 million d’habitants s’est déclaré favorable à l’idée, comme les principaux entrepreneurs, lassés disent-ils des «semi-vérités» assénées par des élus qui cacheraient la gravité de la situation.

Plus de 2 milliards de dollars de déficit dans le régime des retraites ; 1,4 milliard manquant pour financer le système de santé… Alors que les autorités de San Diego refusent d’augmenter les impôts, certains s’interrogent sur la pertinence de cette solution radicale, qui permettrait notamment à la ville de renégocier en bloc les salaires et le montant des retraites.

Panique à l’européenne

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La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale

Par Alfred W. McCoy, professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

Un atterrissage en douceur pour les États-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux États-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projettent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les États-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

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Avec le MES, la Zone euro fait un beau gâchis !

Par Philippe Béchade

S'ajoutent à ces sommes, 250 milliards d'euros apportés par le FMI

▪ De nombreuses voix s’élèvent en Europe, au FMI et à la BCE pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros au printemps dernier, voie ses moyens financiers accrus.

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Pourquoi l’Allemagne veut sauver l’Irlande

Lorsque la Grèce était au bord de la banqueroute, Angela Merkel avait tardé à garantir la participation financière de l’Allemagne au plan de sauvetage européen. Dans le cas irlandais, le ministre des Finances d’outre-Rhin n’a pas tergiversé : dans un discours prononcé à la Sorbonne il y a quelques jours — et alors que le Tigre celtique commençait à s’enfoncer dans la crise –, il a déclaré que « nous devons nous féliciter de la réaction (…) de l’Union européenne pour garantir la stabilité de l’euro ».

En observant l’exposition des banques allemandes à l’économie de l’île, on comprend aisément ce changement de ton.

Selon les derniers chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), les établissements bancaires allemands sont exposés à hauteur de 205,8 milliards d’euros aux dettes des banques et des entreprises locales, ainsi qu’à celle de l’Etat. Par comparaison, ce montant ne s’élève qu’à 51 milliards d’euros pour la Grèce, soit quatre fois moins !

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Un pays peut il répudier sa dette ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai vu un article du grand gourou de la finance, étoile clignotante des pitis Zépargnants, et comme d’habitude, il m’a fait beaucoup rire.

L’Argentine de 1997 n’était pas un pays émergent, mais plutôt descendant depuis 1945, et largement en voie de désindustrialisation depuis 1974. En outre, il ne faut pas surestimer le poids de son secteur agricole. Si celui-ci est important et assure les 3/4 des exportations, il avoisine les 5 % du PIB… Donc, cacahuètes (ça tombe bien comme image pour le secteur agricole). De plus, les terres cultivées sont loin de coller à leur potentiel réel (380.000 km² contre 2.800.000 km² de superficie totale). Si tout n’est pas cultivable, on voit donc bien que cette agriculture a des problèmes de débouchés.

De plus, dévaluation, banqueroute et autres, font IMMEDIATEMENT remonter les productions, même si l’appareil productif est peu important. Le Zaïre des années 1970 fut mis pendant deux ans à l’index du FMI, “puni”. La première année, la production agricole fit du + 100 % et la production industrielle + 50 %. La “punition” ne fut pas pour tout le monde. A l’image de l’Argentine, ce sont les productifs qui furent avantagés, comme le seront les pays concernés par des faillites, ouvriers, techniciens et ingénieurs, et les vrais punis seront les financiers…

Le choix des Kirchner, s’il fut certainement imparfait, fut de favoriser un capitalisme productif au lieu d’un capitalisme financier de branleurs invétérés.

En outre, le déficit commercial, c’est comme les dettes, elles sont un jeu à deux. Quand on relie deux pays par ces liens, le coup de tabac quand on les coupe concerne AUTANT le pays exportateur que le pays importateur. On a vu, en 2008, les réductions des déficits US, grand-breton et espagnol ont créé de sérieux problèmes aux exportateurs.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Irlande : Le cauchemar économique n’est pas terminé

La situation ne s’arrange pas dans le pays et de nombreux journaux prédisent “des décennies d’enfer financier“. Un constat que partage le quotidien britannique The Guardian, après la publication du coût du renflouement des banques irlandaises par le gouvernement.

Le Cauchemar - Johann Heinrich Füssli - 1790-1791

De la Grèce au Japon, en passant par les États-Unis, la crise bancaire a fait des ravages dans les pays du monde entier. Mais aucune économie n’a été victime d’une mise à sac aussi brutale que celle de l’Irlande. L’ancien tigre celtique a vu son revenu national dégringoler de 17 % au cours des trois dernières années – la contraction la plus sévère et la plus rapide en Occident depuis la Grande Dépression.

Au plus fort de la longue période de prospérité de 1990 à 2007, l’immobilier avait plus de valeur à Dublin qu’à Londres. Depuis, les prix ont chuté de près de 40 % – et ils continuent à couler à pic. A ce rythme, le pays aura bientôt l’honneur douteux d’avoir été le théâtre de l’éclatement de la plus monstrueuse bulle immobilière de l’histoire moderne. En 2008, quand les financiers, pour plaisanter, disaient que la seule différence entre l’Islande en faillite et une Irlande fauchée, c’étaient une lettre et quelques jours, ils avaient tort : la catastrophe qui a englouti l’île d’Émeraude est infiniment pire que celle qui secoue l’Islande.

Et, jusqu’au bout, les ministres de Dublin ont promis à leurs électeurs que les choses étaient sur le point de s’améliorer. Les prêts d’urgence consentis aux banques, c’était la bonne solution. Les réductions radicales des dépenses, ça allait marcher. Et cette décision qui, en gros, revenait à cautionner l’ensemble du système bancaire (sans aucun droit de regard ou presque) et qui réglerait tout ? Eh bien, non, non, et encore non : tel un corps balancé du toit d’un gratte-ciel, l’économie irlandaise a simplement continué à plonger.

Le 30 septembre, Brian Lenihan, le ministre des Finances irlandais, a assuré aux électeurs que le “cauchemar” national qu’ils sont contraints de subir depuis à peu près deux ans était sur le point de cesser. “Nous sommes désormais en train d’en finir avec ça.”

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La Crise : scénario pour 2010

Par Jean-Claude Werrebrouck

Au seuil d’une année nouvelle, il est inutile de rappeler les causes ultimes de la grande crise qui se déploie partout dans le monde : une mondialisation sans projet ni sens a développé de grands déséquilibres entre pays ; déséquilibres, à la fois créés, gommés et aggravés par la finance. Le fordisme des Trente Glorieuses a laissé la place à un modèle où une épargne et une production excessives en un point du monde, comblent et creusent à la fois des revenus, et où une production est insuffisante en d’autres points.

Le compromis fordien laisse la place à ce que certains appellent le « modèle Wall Street. » Avant, paraît-il, de passer au « modèle Wal-Mart. » Et s’il est probablement abusif de parler de modèle au vu de l’inventaire de la réalité, il est bien sûr impensable de parler de « compromis Wall Street. »

C’est que le modèle ne peut fonctionner que sur la base d’un endettement sans cesse croissant et donc, forcément, limité. Le déclenchement de la crise exprime le dépassement du seuil de soutenabilité de la dette.

En 2008 mais surtout en 2009, parce que l’endettement privé est devenu insoutenable, notamment aux USA, la crise financière qui s’en est suivie a pu être contenue par la montée au front des États. La demande globale, partout dans le monde, s’effritant voire s’effondrant, fut réanimée par des déficits budgétaires massifs (5000 milliards de dollars à l’échelle mondiale). Les perfusions les plus gigantesques furent entreprises aux USA et en Chine. Les entrepreneurs politiques de tous pays n’avaient d’autre choix que cette aussi gigantesque fuite en avant. Et aussi, fuite en avant intellectuelle, car quel sens donner à l’action d’entrepreneurs politiques – dits libéraux – obligeant Keynes à plonger dans la tempête pour sauver Hayek ?
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La Californie transformée en brocante pour se renflouer

Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger va lancer un site Web de “vente de garage” pour renflouer un peu les caisses de son État.

Les 6 000 premiers articles mis en ligne – voitures, ordinateurs, meubles, bijoux… – sont des objets trouvés jamais réclamés ainsi que des objets saisis par la Justice californienne.

La dette californienne est aujourd’hui tellement importante que l’État à dû réduire considérablement ses services, y compris dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Le produit des ventes participera à réduire la dette de la Californie. Les particuliers pourront aussi mettre en vente des objets sur ce site au profit de l’État de Californie.

Journal du Net

BP a provoqué la catastrophe en voulant faire des économies

British Petroleum a effectué une série de raccourcis visant à économiser de l’argent et commis des bévues qui ont considérablement accru le danger d’une marée noire destructrice, dans un puits qui avait été qualifié de «cauchemar» par un ingénieur seulement six jours avant l’explosion, indiquent des documents publiés lundi, qui jettent une autre lumière sur les causes du désastre.

Le comité du commerce et de l’énergie de la Chambre des représentants a dévoilé des dizaines de documents internes, qui soulignent divers problèmes sur la plateforme en eaux profondes, dans les jours et les semaines ayant précédé l’explosion du 20 avril. Le comité a fait enquête sur l’explosion et ses conséquences.

Les représentants démocrates Henry A. Waxman et Bart Stupak ont affirmé que des décisions ayant augmenté le risque d’une explosion, semblent avoir été prises par BP, dans le but d’épargner à la compagnie du temps ou de l’argent. Si c’est le cas, ont estimé les deux hommes, l’«insouciance» et la «complaisance» de BP ont infligé un lourd fardeau au golfe, à ses habitants et aux travailleurs sur la plateforme pétrolière.

Par ailleurs, les enquêteurs du Congrès ont identifié plusieurs erreurs commises dans les semaines ayant précédé le désastre, alors que la compagnie prenait beaucoup de retard dans le forage du puits.

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Rapatriement de la dette ou dé-mondialisation ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Parmi les nombreuses propositions à effet de juguler les dangers d’une dette publique jugée insupportable, on notera l’intéressant article signé de Rodolphe A. Müller et Pierre-Alain Schieb dans Le Monde du 8 juin.

Constatant une corrélation positive entre la quiétude des marchés et le pourcentage de la dette domestique dans la dette publique totale, les deux auteurs en viennent à proposer un plan de compensation inter-Etats et inter-créanciers, aboutissant à la renationalisation de la dette.

Aucun détail concernant la procédure suivie n’est indiqué. Simplement, il s’agirait d’une gigantesque compensation. Et, sans doute, compensation elle-même fort complexe, puisque les dettes publiques nombreuses, en théorie égales au nombre d’Etats, sont appropriées par des agents nationaux fort nombreux et fort divers : banques centrales, banques nationales et étrangères, compagnies d’assurances, fonds de pension, ménages.

Plus complexe encore – à supposer qu’il existe un accord politique international, regroupant un nombre significatif d’Etats concernés et volontaires – serait le taux de change entre les dettes compensées. Problème qui reste entier, dans une compensation entre Etats n’appartenant pas à un même zone monétaire. Mais, problème qui demeure, même à l’intérieur d’une zone, les nouvelles créances ne jouissant plus des rendements antérieurs. A titre d’exemple, les créanciers français de dette publique grecque verraient s’affaisser, au terme de la compensation, la rentabilité de leur investissement.

Mais il y a beaucoup plus grave. La compensation généralisée aboutirait à la mise sur le devant de la scène, et donc sa mise à l’index, de l’Etat le plus internationalement endetté. Le processus envisagé de rapatriement favorise peu les Etats dont l’endettement est faible ou repose sur une base domestique.

Ainsi, le Japon qui, certes dispose d’un Etat très endetté, serait peu favorisé par la procédure de rapatriement. Il n’y a quasiment rien à rapatrier et seulement 5,8% de la dette publique sont détenus par des étrangers.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

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Le Portugal prochaine cible des marchés

La fragilité économique et politique du Portugal fait craindre que le pays soit la prochaine cible des marchés.

Cristiano Ronaldo, l’un des footballeurs les plus riches de la planète, “a la certitude que son argent sera en sécurité au Banco Espirito Santo.” Sur les publicités de BES, la principale banque portugaise, l’image de la star s’affiche comme un contre-pied à l’offensive des marchés sur la crédibilité financière du pays. “Ceux qui parient sur la banqueroute du Portugal vont perdre beaucoup,” a déclaré le président de la République, Anibal Cavaco Silva, en réponse aux pressions exercées sur la dette portugaise.

Le Portugal connaîtrait une situation comparable à celle de l’Argentine en 2001, selon un article de deux économistes américains publié le 15 avril dans le New York Times. Après la Grèce, le Portugal ? Il n’en fallait pas plus pour que les spéculateurs internationaux cherchent à vérifier ce sombre pronostic.

Les marchés sont nerveux et surréagissent aux titres de presse alors que les fondamentaux n’ont pas changé, minimise Carlos Andrade, chef économiste du groupe BES. Le pays n’a pas de problème de liquidités. Depuis le début de l’année, il est allé plusieurs fois sur le marché sans difficulté, il n’y a pas de raison pour que les primes de risque augmentent.
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L’Europe n’échappera pas à des réformes impopulaires, déclare Van Rompuy

La survie du modèle économique et social européen passera par des “mesures impopulaires” alors que le “populisme régnant” rend difficile l’adoption de telles mesures, a estimé le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy dans un entretien à quatre journaux.

Le modèle européen ne peut survivre sans une croissance économique plus forte et l’Europe ne peut jouer un rôle dans le monde sans plus de robustesse économique”, déclare Herman Van Rompuy dans El Pais.

Or “le grand danger, c’est le populisme régnant et, par conséquence, le manque d’engagement européen. Le populisme rend difficile l’adoption des mesures nécessaires pour l’avenir de l’Europe. Quand je vois l’agenda économique, les défis budgétaires… je vois que nous serons obligés de prendre des mesures impopulaires dans les prochaines années”, ajoute-t-il.

En tant que Belge, je suis bien placé pour en parler.

Le populisme va à l’encontre du courage politique. Quand j’étais ministre du budget, on a pris des mesures d’économie très dures. Après quatre ans, on est sorti vainqueur de cette phase. Il faut à un moment donné aller à l’encontre de certaines tendances”, précise-t-il dans Le Monde.

On ne pourra pas échapper à des réformes impopulaires dans les prochaines années”, poursuit Herman Van Rompuy, sans préciser lesquelles.

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La banqueroute menace Los Angeles

Après l’État de Californie, c’est la ville de Los Angeles qui jongle pour éviter la faillite. Avec un déficit de 222 millions de dollars, selon un document publié vendredi, la deuxième plus grande ville américaine après New York pourrait être à court de cash pour régler ses factures avant la fin de son exercice, en juin, ont prévenu les autorités la semaine dernière.

Le maire de la ville, Antonio Villaraigosa, a menacé de fermer certains services deux jours par semaine.

Il est finalement revenu sur cette déclaration alarmiste, mais la perspective de perdre deux cinquièmes de leur salaire a semé la panique parmi les employés de L.A., ainsi placés en première ligne.

Selon CNN, 2400 pourraient prendre leur retraite plus tôt et 1000 postes être supprimés.

Les agence de notation ont, quant à elles, rétrogradé la note de qualité d’emprunteur de Los Angeles. Le chef de la banque centrale américaine, Ben Bernanke, a reconnu mercredi que «les villes et les Etats luttent pour assurer les services essentiels.»

Face à cette situation, la responsable des finances de la ville, Wendy Greuel, a déclaré «une crise budgétaire urgente.» Le cœur du problème réside a la fois dans une fonte des revenus à l’heure de la récession économique et une explosion des dépenses sur le front des retraites des fonctionnaires, alors que les fonds de pension ont enregistré de lourdes pertes.
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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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Vers une crise de solvabilité mondiale

L’ère des défaillances des États

Par Bill Murphy, président du GATA (Gold Anti-Trust Action Committee)

Nous sommes de nouveau arrivés à un point où les « puissances en présence» doivent «créer de l’inflation ou bien mourir ». D’une manière ou d’une autre, il faut insuffler de l’oxygène dans le ballon immédiatement ou bien « l’impensable » déflation va prendre le dessus et commencer à tout dévorer.

Nous avons eu un stimulus monétaire et fiscal massif ces 18 derniers mois – ou davantage – et le seul résultat visible à ce jour, c’est une stagnation économique à un bas niveau. Les récessions, dans le passé, duraient généralement de 6 à 9 mois ; or, si vous croyez les chiffres officiels trafiqués, nous avons déjà eu au moins un an de récession.

Oui, les USA ont un PNB qui indique une croissance de 5,7% pour le trimestre qui s’est terminé en décembre. Et tout, le bon sens, les chiffres anecdotiques et les chiffres sérieux contredisent ce conte de fée.

Le problème auquel nous faisons face, c’est que la dette a crû si grandement que le paiement des intérêts va dévorer toute la liquidité (cash flow) et les revenus fiscaux. La monnaie doit être « créée » (par la dette) de façon à ce qu’il y en ait assez dans le système pour payer des intérêts.

Le problème, c’est que les individus, les Etats locaux et l’Etat fédéral [américain] souverain sont endettés jusqu’au cou et ne veulent pas, ou bien ne peuvent pas (parce que le marché ne leur octroierait pas), obtenir davantage de crédits. A mon avis, nous sommes finalement « arrivés » au niveau de saturation de dettes annoncé depuis longtemps (par les économistes de l’école autrichienne).

Une fois que les taux d’intérêt vont commencer à augmenter et qu’ils le feront mondialement, les défaillances d’Etats souverains vont commencer à sauter comme des grains de pop-corn, parce qu’il n’existe pas assez de « monnaie » pour payer le service futur de la dette. C’est pourquoi il ne peut y avoir de schéma de Ponzi qui croisse exponentiellement et qui se poursuive éternellement. Il n’existe pas d’option alternative, c’est une question de logique mathématique.

L’ensemble du système est devenu intenable et a atteint son point d’inflexion. Le monde entier n’a pas suffisamment d’argent pour financer la dette que le gouvernement US et les gouvernements européens souhaitent, et dont ils ont désespérément besoin pour continuer « comme avant ».
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La Méditerranée n’est pas loin de l’Atlantique…

Par Michel Santi

A des années lumière de la Grèce, Washington et Wall Street ne se rendent pas (encore) compte qu’une contamination éventuelle de cette maladie, revenant à une simple perte de confiance des investisseurs en la capacité des Etats à rembourser leurs dettes, saperait l’ensemble des efforts et plans de sauvetage mis en place à grands frais!

L’effet de contagion (ou de dominos) est pourtant consubstantiel aux marchés financiers, l’avant dernière conflagration d’importance ayant démarré en 1997 par la décapitation de la quasi totalité des monnaies du Sud-Est asiatique, pour finir en apothéose par l’effondrement d’une institution financière majeure dans le domaine des produits dérivés, non sans avoir acculé l’Etat russe à la banqueroute virtuelle…

L’épidémie suivante ayant, quant à elle, été inaugurée, une décennie plus tard, par une liquéfaction du marché immobilier américain, ayant très rapidement infecté le marché du crédit mondial, vital pour l’activité économique, tout en décimant les Bourses du monde dit “développé” !

Aujourd’hui, notre système financier, mortellement touché par cette dernière crise, est toutefois maintenu sous respiration artificielle grâce à des analgésiques qui, loin de soigner le mal, ne font que calmer les douleurs en remettant à une date ultérieure la résolution de questions cruciales.

Cependant, le problème est que cet acharnement thérapeutique n’a été rendu possible que du fait d’endettements étatiques exponentiels, ayant bénéficié de la complaisance d’investisseurs et de spéculateurs ayant jusque là joué le jeu de se porter acquéreurs de ces papiers valeurs émis par les Trésors respectifs de ces Etats avides de déficits.

Que se passe-t-il aujourd’hui en Grèce : ces mêmes investisseurs ont-ils subitement pris conscience de cette manière absurde et superficielle de relancer une activité économique, ou commencent-ils prosaïquement à gagner moins d’argent sur ces opérations obligataires ?
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Japan AirLines : c’est la fin

Une tribune libre de Patrick Reymond

JAL a déposé le bilan, fait l’impasse sur ses dettes, va virer le tiers de ses effectifs (15600 personnes), en attendant d’en virer au total 50 % (en 2011), puis 100 % (en 2012).

Le problème des dépôts de bilan et de la continuation de l’activité, c’est de fausser profondément le jeu économique dans un secteur.

Si on prend le cas de JAL, le dépôt de bilan ne fonctionnera pas.

Pourquoi ? Parce que c’est un mouvement comptable. On fait l’impasse sur le plus de dettes possibles, en ayant le plus possible de créances non couvertes (qu’on se dépêche de couvrir après la faillite).

C’est là que le bât blesse. JAL et toutes les compagnies aériennes n’ont absolument aucune créance non encaissée. Au contraire, elles encaissent les créances à l’avance.

La compagnie japonaise, si elle fait bien l’impasse sur les dettes, n’est pas non plus dans une situation brillante, après la remise à zéro du compteur.

En effet, les dettes sont finalement assez réduites : beaucoup de charges, dans l’aviation, se paient comptant.

2320 milliards de yens, soit 17,6 milliards d’euros, la dette pour une compagnie de cette taille est loin d’être démesurée.
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Grèce : un avertissement pour les travailleurs européens

La troupe de plus de 10.000 policiers armés rassemblée dimanche dernier pour disperser les manifestations à Athènes démontre la brutalité avec laquelle l’élite dirigeante sur toute la planète cherche à défendre ses privilèges dans une période de crise économique. De ce point de vue, les événements de Grèce sont d’une grande importance pour les travailleurs d’Europe.

Ces derniers développements révèlent ce qui attend toute l’Europe. L’élite financière européenne utilise les institutions européennes pour déterminer la politique de tel ou tel pays, contourner les droits démocratiques et faire peser tout le poids de la crise économique sur la population.

Le pays étant confronté à la banqueroute, l’Union européenne est intervenue dans la vie politique grecque pour dicter un programme d’austérité draconien. Les officiels de l’UE à Bruxelles ont passé la camisole de force au gouvernement grec, confisquant le contrôle du budget « pour une certaine période » et piétinant les droits démocratiques.

Le gouvernement du PASOK social-démocrate endosse la responsabilité d’imposer ce diktat de Bruxelles aux Grecs avec toute la brutalité requise. Pour cela, elle s’appuie sur les syndicats et le soutien, direct ou indirect, des partis dits « de gauche. »
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Image du jour

Grand succès commercial au Royaume-Uni. Ce calendrier produit par Kevin Beresford, “encourage les britanniques à rire de la situation économique” (?!) avec 12 clichés de lieux qui ont souffert de la crise…

Cliquez ici pour voir tous les mois de l’année 2010, il doit s’agir du fameux “humour anglais”.

L’État subprime !

Selon les estimations de la Maison Blanche, les intérêts qui devront être réglés en 2019 par les États-Unis sur leur dette de 12.000 milliards de dollars excéderont 700 milliards de dollars (et ce même dans l’hypothèse d’une réduction de leur déficit budgétaire), comparés aux 200 milliards dont ils doivent s’acquitter cette année !

Ce différentiel de 500 milliards de dollars – équivalent aux dépenses annuelles des États-Unis sur l’éducation, l’énergie, leur sécurité intérieure et sur les deux conflits en Irak et en Afghanistan ! – reflétera tout simplement une augmentation des taux d’intérêts qui sera inévitable dès lors que la Réserve Fédérale aura mit fin à ses programmes d’aides d’urgence.

En fait, un vent de panique – en tout cas de grande fébrilité – semble saisir depuis peu les responsables de la Trésorerie Américaine préoccupés à juste titre par les conséquences potentiellement dramatiques d’une remontée des taux d’intérêts. L’austérité et la rigueur n’étant pas constitutifs du gène Américain, leur seule parade consiste donc aujourd’hui à tenter de fixer les taux bas actuels en échangeant un maximum de leurs Bons à court terme en Bons à long terme ! Les Gouvernements successifs des États-Unis d’Amérique ont en réalité hypothéqué leur nation et sont parfaitement conscients de ne plus être en mesure de payer les intérêts en cas de hausse des taux !
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