Quand l’Afrique se réveillera : La France se relèvera

Par Michel Lhomme

Dans une tribune du quotidien britannique Financial Times, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, s’en est pris le mois dernier, « aux méthodes impérialistes de la Chine sur le continent. Il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine. »

La Chine en Afrique : du néo-colonialisme

Pour la première fois en Afrique, ont été dénoncées les relations commerciales déséquilibrées entre l’Empire du Milieu et les pays africains, ces derniers troquant l’exploitation de leurs immenses ressources naturelles contre des devises, des prêts et même des produits chinois bon marché mais de piètre qualité.

En riposte, Lamido Sanusi a proposé de produire localement mais aussi de repousser activement les importations chinoises et leur politique prédatrice. Que la Chine s’empare des matières premières africaines et qu’elle leur vende des biens manufacturés, n’est-ce pas exactement ce qu’on appelle par essence le néo-colonialisme? Cette politique chinoise contribue de façon significative à la désindustrialisation et au sous-développement continu de l’Afrique.

Le Nigéria est  l’un des premiers pays africains à avoir réagi. Pour que son immense manne pétrolière et gazière (qui représente en moyenne 36 % du PIB et plus de 97 % des exportations) profite au maximum au pays, le gouvernement nigérian applique depuis trois ans la politique dite de « local content », qui impose que l’essentiel de l’activité liée aux hydrocarbures soit assuré par la main d’œuvre locale ou des entreprises à capitaux majoritairement nigérians.
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Plus d’un tiers des personnes en extrême pauvreté vivent en Afrique

Plus d’un tiers des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour se trouvent en Afrique sub-saharienne, une proportion qui a plus que triplé en trente ans, a indiqué la Banque mondiale dans un rapport.

En 2010, cette région comptait 414 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté sur un total de 1,2 milliard recensé dans le monde, soit une proportion de 34%, selon le rapport. En 1981, ce taux était “seulement” de 11%, souligne la Banque mondiale.

Alors qu’il a augmenté ailleurs dans le monde, le revenu des plus pauvres a ainsi “stagné” en Afrique sub-saharienne depuis 1981, ajoute le rapport.

L’institution souligne également que cette région est la seule du monde à avoir vu le nombre de pauvres augmenter “rapidement et sans interruption” depuis trente ans.

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Grèce : François Hollande encourage la privatisation de l’eau

Lors de son déplacement en Grèce en février, François Hollande a appelé les entreprises françaises à investir dans la terre et l’eau. Dans une lettre ouverte, Save Greek Water rappelle que ces biens communs n’appartiennent à personne. « L’eau n’est pas seulement un bien commun, c’est le symbole de la justice et de la liberté », écrit ce mouvement, qui considère que l’Europe se comporte en « oligarchie anti-démocratique ».

« Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu. Ils soutiennent les lois avant de les abattre. » Voltaire, Catilina, acte I, scène 5.

Français, nos frères !

Le 19 février 2013, votre président, François Hollande, s’est rendu dans notre capitale Athènes. « Notre message envers la Grèce est un message d’amitié profonde, de soutien, de confiance et de croissance » : voilà ce qu’a dit votre président. Avant d’appeler les entreprises françaises à investir… dans la terre et l’eau.

François Hollande et Antonis Samaras (Premier ministre grec) parlent « d’investissements » dans le domaine de la gestion des ressources en eau de la Grèce, ressources naturelles protégées par la Constitution grecque, qui n’appartiennent à personne d’entre nous, ni même au Premier ministre qui veut en faire commerce.

Nous connaissons très bien votre combat pour la protection des biens publics et sociaux et votre sensibilisation au sujet de la gestion de l’eau. Après des dizaines d’années de gestion privée de l’eau, et bien que Suez et Veolia, les deux grandes multinationales de l’eau, aient des intérêts français, les villes de Paris, Brest, Varages, Durance-Lubéron, Castres, Cherbourg, Toulouse et d’autres, se sont battues et ont obtenu que la gestion de l’eau redevienne publique.

Ces villes ont agi ainsi après avoir vécu les conséquences de la commercialisation de l’eau, la montée vertigineuse des prix, l’accès inégal aux services hydrauliques, la baisse des investissements dans l’entretien du réseau, et les pratiques monopolistiques.

Même si en Grèce les citoyens ont oublié les temps lointains de 1925, quand l’eau d’Athènes était aux mains de l’entreprise américaine Ulen, nous les plus jeunes avons étudié et réfléchi à cette question, et nous partageons des inquiétudes similaires aux vôtres concernant la privatisation à venir des Compagnies des eaux ΕΥΑΘ et ΕΥΔΑΠ (compagnies de gestion de l’eau à Athènes et Thessalonique), et de nombreux autres services municipaux selon les bruits qui courent.

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Afrique du Sud : Les “BRICS” lancent leur banque de développement

Les dirigeants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis à Durban en Afrique du Sud, se sont mis d’accord mardi pour créer une banque de développement commune destinée à financer des infrastructures, qui devrait leur permettre de se passer de la Banque mondiale.

[...] Derrière le discours politique unificateur, qui consiste à dire que les Brics doivent constituer une force économique et politique pour s’affranchir des puissances occidentales, se dissimulent cependant des appréhensions africaines.

C’est de fait l’implantation massive en Afrique de la Chine, le géant des Brics, qui pose question, certains estimant que la Chine n’est plus un pays émergent, et que ses relations économiques avec le continent s’apparentent désormais à une nouvelle forme de colonialisme.

La nouvelle banque devrait être dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Quand bien même elle devrait avoir du mal à réunir une telle somme qui correspond à 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), l’Afrique du Sud en a fait une priorité. Elle espère trouver ainsi un moyen de financer son ambitieux programme d’infrastructures et aussi les projets des pays voisins.
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Intégrisme économique : La grande illusion

Une tentative de remise en cause du modèle idéologique dominant de croissance.

Mauvaise nouvelle : le Père Noël n’existe pas. Et puisqu’on en est aux vérités qui fâchent : la croissance ne repartira pas. A l’origine de cette annonce à contre-courant des promesses officielles : Olivier Berruyer. Un spécialiste des chiffres et des risques, actuaire de son état – autrement dit expert en risque financier – créateur d’un blog économique, les-crises.fr – totalisant 200 000 visiteurs mensuels et auteur de deux livres sur les crises et leurs origines qui, il y a quelques années, entreprend une vaste démarche de recherche sur la base d’un désir impérieux. “Comprendre ce qui s’était passé” – en 2008 et avant cela, en 1971 et en 1929.

Rapidement, il en retire une certitude : les mécanismes menant aux crises économiques tout comme ceux permettant leur résolution ne tiennent ni du hasard, ni du miracle. Uniquement d’une accumulation de faits. Ceux-là mêmes qu’il a passé près de deux ans à amasser dans les bases de données économiques mondiales – celle de la BCE, de la Fed, de la Banque mondiale… – avant de les réunir dans ce qu’il appelle “une photographie d’ensemble”.

…“Les décideurs envisagent systématiquement les questions économiques selon un angle mathématique, explique-t-il. Avec la conviction qu’elles sont régies par des vérités absolues.” Résultat : les modèles économiques reposent sur des hypothèses de base erronées, parmi lesquelles celles voulant que les marchés soient efficients, que leurs acteurs disposent tous des mêmes informations, soient intègres…

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La soif d’eau de Wall Street

Les manœuvres en vue d’un marché global de marchandisation de l’eau doivent être arrêtées. Un tel marché pousserait à la hausse les prix de certains produits alimentaires, bien au-delà des pics enregistrés au cours des cinq dernières années, prévient Frederick Kaufman.

Au début de l’année dernière, j’ai publié un article dans Foreign Policy expliquant comment Wall Street se fait de l’argent sur le dos de ceux qui souffrent des affres de la faim. J’ai procédé à l’historique des marchés financiers des produits alimentaires et relevé que les prix du maïs, du soja, du riz et du blé ont battu des records à trois reprises au cours des cinq dernières années [« How Goldman Sachs Created the Food Crisis », Foreign Policy, 27 avril 2011.].

J’ai scruté les impacts du changement climatique et des biocarburants sur les marchés à terme des céréales et j’en ai déduit que le système mondial des prix des produits alimentaires qui, jadis, bénéficiait aux agriculteurs, aux boulangers et aux consommateurs a été sapé par les dérivés financiers créés par les banques d’investissement.

Ces fonds de matières premières ont effectivement détruit la fonction traditionnelle de « découverte des prix » pour les échanges à terme du blé sur les places de Chicago, de Kansas City et de Minneapolis, et ont fait de ces marchés des machines à générer des profits pour les banques et les fonds d’investissement, tout en orientant à la hausse le prix de notre pain quotidien [1].

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Chine : la consommation privée, clé de voûte du futur équilibre économique

Pékin vient de dévoiler les grandes lignes de sa réforme sur la distribution des revenus. La transition graduelle vers une économie fondée sur la consommation privée en est à ses balbutiements.

L’année 2012 a marqué un tournant décisif dans l’évolution de l’économie chinoise.

Outre le ralentissement très commenté – l’économie a décéléré à 7,9 %, après 10,4 % et 9,2 % les deux années précédentes – un phénomène passé plus inaperçu mérite d’être relevé : pour la première fois depuis deux décennies, la population en âge de travailler s’est contractée. Conséquence de la politique de l’enfant unique lancée dans les années 1970, cette tendance va se poursuivre pendant les prochaines décennies.

Voilà qui va contribuer, avec l’essoufflement des avantages venant de l’intégration de la main-d’œuvre rurale, à la hausse des revenus et des produits fabriqués dans le pays.

Modèle dépassé
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La Chine et la guerre du fer

En Chine, l’année du Dragon a été déprimée avec une croissance moyenne de 7,8%, très en dessous des 11% de moyenne entre 2000 et 2011, avec un pic à 14,2% en 2007. Cette chute, en partie voulue par le pouvoir qui tente de rééquilibrer le développement du pays, pourrait cependant rejaillir de manière négative sur la stabilité politique du pays. C’est en tous cas ce que la nouvelle direction, mise en place lors du 18e Congrès en novembre, semble redouter.

Sans le dire, et en contradiction avec les injonctions des experts qui suggèrent plutôt de redynamiser l’économie par une augmentation des ressources de l’état (impôts sur les grandes sociétés, TVA, taxe à la propriété) et d’apaiser la société par un meilleur partage des fruits de la croissance, le Bureau Politique a initié une relance par l’investissement, dont les premiers effets se sont fait sentir à la fin de l’année 2012 et se propageront probablement durant l’année du Serpent, inaugurée à coups de pétards et de feux d’artifice, le 10 février.

La reprise est réelle et palpable. La vraie question renvoie à sa pérennité à moyen, voire à court terme, au-delà de 2013. Nombre d’experts chinois et étrangers anticipent en effet que sans réformes structurelles de fond, aujourd’hui handicapées par de graves divergences politiques au sommet, l’économie chinoise restée rigide, dominée par l’alliance des grands groupes publics et des banques, fiefs des prébendes de l’oligarchie, rencontrera assez vite d’importantes difficultés. Beaucoup estiment cependant que, même en crise, le pays ne ralentira pas ses importations de minerai de fer.

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Banques et blanchiment, dernières nouvelles de la piraterie financière

Il ne s’agit pas d’une dérive solitaire et de pratiques extravagantes de HSBC, nombre des méga-banques mondiales étant convaincues d’activités tout aussi illicites.

Dans les grands aéroports du monde, les passerelles d’accès aux avions affichent, sous forme de publicités gentillettes, le roman-photo de la mondialisation heureuse. Issues (bien sûr) “de la diversité”, les demoiselles des affiches sont les souriantes vestales de ce temple de l’imminent bonheur.

L’avenir globalisé ? tonique, positif – que du bon. Sauf que. Passons outre le décor. Outre le conte de fées des lendemains (mondialisés) qui chantent. Là, on dégringole sec de Mary Poppins au Cartel du Golfe et autres machines à tuer ravageant divers continents.

Car le promoteur du radieux roman-photo mondial, c’est la super-banque HSBC dont voici, preuves à l’appui, les crimes les plus récents. Précision : ci-après, nulle minime filouterie ou entourloupe mais de graves crimes, passibles pour le vulgum pecus d’années en prison. Loin du vague tuyau ou de l’info douteuse, nos preuves proviennent d’institutions renommées : Sénat des États-Unis, agences majeures de régulation et de contrôle, etc.

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Argentine : Ces vieux démons qui hantent le pays

Décembre 2001. Buenos Aires se déclare en faillite sur près de 100 milliards de dollars. Onze ans après, l’Argentine continue d’en payer le prix. Banni des marchés financiers mondiaux, harcelé devant les tribunaux, le pays est de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Par Isabelle Couet |

Lorsque le « Libertad » pénètre dans les eaux ghanéennes en ce jour d’octobre 2012, son destin est scellé. Le majestueux trois-mâts argentin, avec à son bord 300 marins, a renoncé à accoster au Nigeria par crainte des pirates. Mais dans le port de Tema c’est un autre adversaire qui l’attend :

Elliott, le fonds d’investissement du milliardaire américain Paul Singer. On lui prête le nom de fonds « vautour » car, tel un charognard attiré par l’odeur du sang, il rôde autour des États et des entreprises au bord de la faillite.

L’ennemi juré de Buenos Aires a suivi la frégate et obtenu l’accord d’un tribunal du Ghana pour la saisir. Coutumier de ces opérations musclées, Elliott a déjà tenté de s’emparer des avoirs de la Banque centrale d’Argentine aux États-Unis, et se bat devant les tribunaux français pour mettre la main sur les redevances pétrolières de la filiale de Total opérant en Terre de feu et dans le bassin du Neuquén. Son but ? Imposer son chantage à l’État argentin, qui refuse de le rembourser, à la suite de la retentissante faillite de 2001, la plus importante de l’histoire jusqu’à celle de la Grèce en début d’année.

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Islande : Les ressources naturelles bientôt transférées aux citoyens ?

Les Islandais ont décidé de reprendre leur destin en main. Après avoir refusé le renflouement des banques en 2010 et 2011, ils ont voté lors d’un referendum en octobre, les propositions faites par un comité de citoyens pour élaborer une nouvelle Constitution. Le texte prévoit en particulier que les ressources naturelles soient « détenues par le peuple islandais ». Entretien avec Victor David, juriste de l’environnement à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Novethic : Le projet de nouvelle constitution islandaise prévoit que les ressources naturelles soient «  détenues par le peuple islandais ». Quelle serait la portée de ce texte s’il était adopté ?

Victor David : Cette formulation est une façon politiquement correcte de parler de nationalisation des ressources naturelles. En Islande, un des grands enjeux concerne les produits de la mer. Quelques grosses entreprises concentrent presque l’ensemble des quotas de pêche. Cette nationalisation permettrait de renégocier les quotas vers une redistribution plus favorable à l’ensemble de la population. Les perspectives de trouver du pétrole dans les eaux territoriales islandaises en mer du Nord ne sont probablement pas non plus étrangères à cette proposition.

Plus largement, la nationalisation est motivée par la crainte de voir des multinationales, voire des États étrangers via des entreprises publiques, accaparer les ressources. La Chine a par exemple essayé d’acquérir des terrains en Islande. Il faut cependant relativiser la portée du texte islandais qui ne fait référence qu’aux ressources non déjà privatisées. Il ne s’agit donc pas pour le gouvernement de faire une chasse aux compagnies privées.

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«Il n’y a pas de déclin américain, mais l’Europe, elle, cède sa place»

Chercheuse en géopolitique prospective, Virginie Raisson avertit: si l’Europe ne repense pas son modèle économique et son mode de vie, elle pourrait dans l’avenir ne plus valoir grand-chose. Démonstration par la lecture du futur.

Virginie Raisson lit l’avenir. Non dans les astres ou dans le reflet de nos peurs, mais à travers l’analyse des grandes tendances démographiques, économiques et géopolitiques. La chercheuse, auteur de 2033, atlas des futurs du monde, invitée au forum de la Fondation pour la haute horlogerie à l’IMD de Lausanne, terminait ainsi son exposé devant un parterre de managers issus de l’industrie du luxe: «En résumé, je recommande à nous autres Européens: primo, d’apprendre le chinois, et, secundo, d’être ouverts et innovants pour repenser notre modèle économique et notre mode de vie. Afin que nos enfants – dont ma fille de trois mois – s’emparent du futur avec appétit et confiance.»

Bilan Votre voix était à vos dernières paroles emplie d’émotion. Avons-nous réellement du souci à nous faire pour nos enfants?
Virginie Raisson Si nous continuons dans la voie du repli sur soi, oui. Mon émotion est le reflet de mon indignation devant notre manque d’énergie à réagir. J’ai écrit ce livre pour montrer que l’avenir se présente mal si nous n’opérons pas les bons choix. Car nous avons encore le choix. Simplement, nous n’avons plus le droit à l’erreur, précisément parce que les choix de notre génération engagent aussi ceux qui nous survivront.

B On vous sent en colère. Pourquoi?

Oui, j’en veux à la génération des baby-boomers qui ne réfléchit pas à l’impact de son vieillissement, elle qui compte prélever sur la jeunesse la hausse du volume de ses cotisations retraites. Je lui en veux pour la dette publique, qui préempte déjà l’avenir; pour son refus de changer de modèle énergétique; pour les coups de boutoir que les Etats infligent à l’organisation européenne si originale dans sa conception; pour sa gestion électoraliste des affaires publiques.

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Agriculture : la terre monopolisée par les sociétés privées

La mainmise de sociétés privées d’exploitation agricole sur de vastes étendues de terres s’est accélérée partout dans le monde depuis la crise de 2008. La surface des terres vendues depuis dix ans suffirait à nourrir un milliard de personnes.

Il y a dix ans, quand on traversait la Province de Santiago del Estero, dans le nord-est de l’Argentine, on pouvait voir des kilomètres et des kilomètres de plaines arides, recouvertes d’arbustes, de chèvres et de quelques enfants au bord de la route qui vendaient des tortues.

Quelques années plus tard, l’endroit sentait le brûlé, et au milieu des nuages de fumée on ne voyait plus qu’une végétation carbonisée. Les nouveaux propriétaires terriens, bien décidés à planter du soja transgénique plus résistant à l’aridité avaient pratiqué la politique de la terre brûlée.

L’expulsion des petits paysans, qui vivent depuis des décennies sur ces terres sans titre de propriété, par les grands investisseurs du commerce agricole n’est pas l’apanage exclusif de Santiago del Estera, mais bien un phénomène mondial.

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Afrique : Le continent a les moyens de se nourrir !

L’Afrique peut non seulement se nourrir elle-même, mais aussi gagner des milliards et éviter des crises alimentaires en débloquant le commerce régional de produits alimentaires.

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « L’Afrique peut contribuer à se nourrir elle-même : supprimer les obstacles au commerce régional des produits alimentaires de base», les exploitants agricoles africains pourraient produire suffisamment de denrées alimentaires pour nourrir le continent et éviter de futures crises alimentaires si les pays levaient les restrictions au commerce transfrontalier de produits agricoles au sein du continent.

La Banque estime que l’Afrique pourrait aussi générer 20 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires si ses dirigeants parvenaient à s’entendre pour supprimer les obstacles à la redynamisation du commerce régional. La Banque mondiale prévoit que la demande de produits alimentaires doublera d’ici à 2020 en Afrique, les populations quittant de plus en plus les campagnes pour s’installer dans les villes du continent.

Selon le rapport, une urbanisation rapide remettra en question la capacité des agriculteurs à livrer leurs céréales et autres produits alimentaires aux consommateurs alors même que le marché le plus proche peut se trouver juste de l’autre côté de la frontière. Les pays subsahariens, par exemple, pourraient augmenter de façon importante leurs échanges de denrées alimentaires au cours des prochaines années afin de gérer l’impact meurtrier d’une aggravation de la sécheresse, d’une hausse des prix alimentaires, d’une croissance démographique rapide et de la volatilité des conditions climatiques.

Importations étrangères
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Un monde de la finance déboussolé

Les “maîtres du monde” réunis à Tokyo du 9 au 13 octobre à l’occasion de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ne maîtrisent rien du tout. Les 188 ministres des finances, plus autant de gouverneurs de banques centrales, y ont donné le spectacle d’une planète déboussolée. Car la belle solidarité déployée sous la houlette du FMI, quand la crise grondait de 2008 à 2010, s’est envolée. Le “chacun pour soi” et le “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais” sont devenus la règle pour des gouvernants englués dans leurs stratégies électoralistes.

A Tokyo, la zone euro a été la région la plus montrée du doigt pour l’effet dépressif mondial que provoque son incapacité à juguler la crise de sa dette. Personne ne l’a dit, mais la Grèce est considérée par tous comme incapable de se redresser et de rembourser ses emprunts. On lui donnera du temps – “deux ans”, a proposé Christine Lagarde, la patronne du FMI –, mais personne ne veut lui prêter plus d’argent que ce qui lui a été promis. “Oui, dit un des décideurs de son sort, la Grèce fera défaut, mais personne n’en prendra la responsabilité.”

Passé par pertes et profits, ce pays ne semble plus être le problème de la zone euro. Il a cédé sa place à l’Allemagne. Quoiqu’ils en disent pour complaire à leur opinion, les dirigeants américains sont moins irrités par Pékin que par Berlin : les Allemands ont profité de la baisse de l’euro pour accroître leurs parts de marché à l’export ; par leur orthodoxie budgétaire, ils bloquent la reprise de la croissance en Europe.

Voilà qu’ils encouragent les Espagnols à ne pas demander l’aide conjointe de l’Europe, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI et qu’ils traînent les pieds pour bâtir l’union bancaire européenne que le monde entier réclame ! A Tokyo, leur raideur a fait l’objet de vives critiques et nul ne pense que le Conseil européen du 18 et du 19 octobre sera plus efficace que les précédents.

Mais les Etats-Unis, eux aussi, menacent l’équilibre mondial, comme se sont fait un plaisir de le rappeler Yi Gang, gouverneur adjoint de la Banque de Chine, ou Guido Mantega, ministre brésilien des finances. Une incapacité de leurs deux partis à s’entendre pour réduire leurs déficits déclencherait, dans douze semaines, des coupes automatiques dans le budget de l’Etat, un “précipice budgétaire” qui plongerait le pays mais aussi le monde entier dans la récession.

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Offensives du Capital contre le monde du Travail

Intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la Table Ronde de Terre & Peuple, le 7 octobre dernier.

Le monde actuel, et son ordre financier libéral, devient de plus en plus insupportable, pour un nombre sans cesse croissant d’européens. Mais tout ordre illusoire, déconnecté du réel finit par s’écrouler : le marxisme n’était pas en phase avec les réalités du monde et a finit par périr. Il en sera de même de ce capitalisme, pour les mêmes causes.

A nous de tirer les enseignements de ce que nous savons sur ce système, pour préparer l’avenir. Car nos peuples sont prêts à envisager un changement de destin.

Dans notre conception du monde il n’y a pas de fatalité. Le destin se regarde en face, et si l’on ose, alors son cours peut être infléchi. La crise financière aura été le révélateur d’un grand nombre d’injustices. Ce système économique je vais vous le montrer sous un autre visage. Nous pourrons alors porter un autre regard, sur notre condition sociale.

Ce système n’est pas passé loin de l’effondrement en 2008, mais aujourd’hui, bien que toujours en crise, il n’en est pas moins offensif. Il ne faut pas s’y tromper ; le capitalisme financier mène une véritable attaque, structurée, méthodique et efficace contre les peuples.
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Le « shadow banking » en Chine : risqué ou dangereux ?

Tandis que dans les pays développés, le système bancaire parallèle est associé à une ingénierie financière sophistiquée, son équivalent, dans les pays émergents, est davantage ancré dans la tradition, à l’instar de la Chine. Dans tous les cas, la croissance du shadow banking est une réponse à la raréfaction des crédits bancaires.

Le shadow banking « à la chinoise » est constitué d’une myriade d’acteurs, tels que prêteurs sur gages, trusts, ou autres organismes de garantie, dont certains n’exigent même pas de collatéraux en contrepartie de leur caution. Ce sont autant d’entités qui échappent à toute régulation. Le système bancaire parallèle inclut également le système financier informel. La China Banking Regulatory Commission distingue trois grandes catégories d’entités (Encadrés 1 et 2) : les institutions financières non bancaires, les institutions non financières, et les « autres ».

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Le prix des céréales flambe, vers le retour des émeutes de la faim ?

Quand la sécheresse touche les Etats-Unis c’est toute la planète qui tremble : en un mois les prix du maïs, du blé et du soja se sont envolés de 30 ou 50%, atteignant ou dépassant leur niveau de 2007-08 et faisant resurgir le spectre d’une crise alimentaire et des émeutes de la faim.

« Alors qu’il y a quelques semaines nous étions optimistes, la situation s’est retournée d’un seul coup et nous sommes maintenant inquiets », reconnaît Abdolreza Abbassian, économiste pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il y a encore peu la récolte mondiale de blé était attendue en léger recul mais tous les experts pensaient que ce serait compensé par une production record de maïs. Las, la sécheresse américaine a balayé toutes ces prévisions optimistes.
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La femme qui sait ce qui déclenchera la 3ème Guerre mondiale

Née en Zambie de parents économistes, diplômée à Harvard et Oxford, embauchée par la Banque mondiale et Goldman Sachs, Dambisa Moyo l’affirme : la tension autour des ressources naturelles grandit de jour en jour, en particulier face à la montée de la demande chinoise. Et les conséquences pourraient être catastrophiques…

La Chine est devenue, ces dernières années, une très grosse consommatrice mondiale de ressources naturelles. Le fer, le cuivre, le pétrole, le soja, le blé… Pour soutenir son énorme croissance et les nouveaux besoins et désirs de sa population, elle sécurise ses approvisionnements et tente d’en obtenir de nouveaux. Mais elle est loin d’être la seule.

En 1950, la population mondiale ne dépassait pas 2,5 milliards d’habitants. L’année dernière, elle a dépassé les 7 milliards, et certaines projections la font atteindre les 10 milliards en 2050. Et avec le taux de croissance des économies émergentes, ce seront près de 2 milliards de personnes qui rejoindront les rangs de la classe moyenne en 2030. Lire la suite

Argentine : Sortir du mondialisme, c’est possible

Par Aymeric Chauprade

Toujours cette même question lancinante : sortit ou ne pas sortir de l’euro ? La confusion s’est installée chez les peuples de la zone euro. Aurons-nous une réponse cohérente avant que l’euro et sa zone n’implosent ?

Le Fonds monétaire international a déploré la semaine passée que l’Argentine soit « imprévisible » après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des États-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des États. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité.

J’étais en Argentine entre le 24 mars et le 2 avril, date anniversaire des 30 ans de la Guerre des Malouines. Cela m’a permis de me faire mon propre avis sur un pays tant décrié par le FMI et les donneurs de leçon occidentaux. Et j’ai compris pourquoi ce pays était la cible d’une désinformation si forte, qui veut ternir son image et ainsi dissuader les investisseurs de s’y intéresser.
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