Courtes considérations sur le fil du temps historique…

… des dis-simulations et impostures policières de la marchandise
et sur ce qui a conduit à l’étrange renonciation spectaculaire de Benoit XVI.

Par Francis Cousin

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.
Première homélie dominicale de Benoit XVI

« La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. »
K.Marx, Manuscrits de 1844

Ce n’est certes pas un hasard si Marx écrivit sa célèbre Question juive en 1843 comme une sorte de préambule nécessaire à toute la Critique de l’économie politique qui allait suivre puisqu’il lui fallait éclaircir pour quelles raisons le prêt à intérêt de l’Ancien Testament a été si longtemps interdit dans l’Occident intimement agrarien de la chrétienté catholique et pour quel motif cela n’a pu changer qu’avec le mouvement historique de la Réforme urbaine qui a tout à la fois édulcoré le caractère propre des indisciplines du Nouveau testament et porté ce principe que l’argent doit circuler au profit de l’ensemble des hommes puisque le gain est la besogne et le bon-heur de l’homme dépouillé de lui-même…

Les êtres humains qui craignent la dynamite subversive de la vraie pensée communarde ne redoutent finalement que peu de textes aujourd’hui en circulation puisque la foire éditoriale courtisane n’offre décidément en son infinité quantitative nul risque d’interrogation dérangeante sur le marché des librairies normalisées.

Aujourd’hui, c’est exclusivement dans les espaces désobéissants qui échappent aux pollutions courantes de l’abrutissement universitaire et médiatique de la marchandise que les esprits de lucidité trouvent ce qu’ils cherchent en recherchant ce qu’ils dé-chiffrent.

Le développement modernisateur de la dictature spectaculaire de la marchandise, éclairé par le jansénisme de la comptabilité et par les lumières maçonniques des architectures du profit, n’a pas seulement produit la révolution judéo-protestante qui a conduit aux novations théologiques de Vatican II, il a surtout marqué que le règne autocratique de l’argent qui avait désormais atteint un seuil d’omnipotence absolu faisait aussi de la banque vaticane un lieu majeur de l’outrance financière mondiale, de ses manoeuvres, ténèbres et étrangetés.

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En Europe, Goldman Sachs recrute des hommes de pouvoir pour asseoir le sien

Les compliments, Petros Christodoulou affecte de s’en moquer d’où qu’ils viennent. Depuis son adolescence, ce premier de la classe a l’habitude d’entendre dire le plus grand bien de sa personne. Nommé le 19 février à la tête de l’organisme de la gestion de la dette publique grecque, il est aujourd’hui aux premiers rangs.

Reste que l’ancien responsable des marchés de la National Bank of Greece (NBG) est au coeur de l’enquête, annoncée le 25 février par la banque centrale des États-Unis (Fed), sur les contrats relatifs à la dette grecque liant la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, et d’autres sociétés, au gouvernement d’Athènes.

L’établissement new-yorkais s’est fait rémunérer comme banquier conseil du gouvernement hellène tout en spéculant sur la dette du pays. En particulier, l’institut d’émission américain s’intéresse au rôle joué par Petros Christodoulou qui, début 2009, a supervisé la création, aux côtés de Goldman Sachs, de la société londonienne Titlos pour transférer la dette du bilan de la Grèce à celui de la NBG. Avant de rejoindre cette dernière en 1998, l’intéressé a été banquier chez… Goldman Sachs.

Cette affaire met en lumière la puissance du réseau d’influence européen de Goldman Sachs, sédimenté depuis 1985. Ce maillage serré, à la fois souterrain et public, a ses entremetteurs et ses fidèles qui, grâce à leur carnet d’adresses, ouvrent les portes des chancelleries. Ces conseillers recrutés avec grand soin et à prix d’or connaissent les moindres subtilités des coulisses du pouvoir au sein de l’Union européenne. Ils ont l’oreille des décideurs, qu’ils peuvent appeler directement au téléphone dans les moments de crise. Lire la suite