1940, l’or de la france a disparu (Rediff)

Pendant toute la durée de la guerre, mises à l’abri hors de l’Hexagone, les réserves d’or détenues par la Banque de France échappent à l’Allemagne et aux Alliés. Les 2500 tonnes de lingots et de pièces entreposées au siège, le deuxième plus gros stock mondial, constituent alors un patrimoine très convoité.

Dès leur entrée dans Paris, les officiers du Reich tentent de s’en emparer. Une course contre la montre s’engage alors pour faire sortir le trésor de la métropole. En l’espace d’un mois, 300 camions prennent la route. La marine prend le relais. A la fin de la guerre, seulement 395 kilos d’or manqueront à l’appel. Retour sur cette incroyable épopée.

Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

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La drôle d’histoire des banques françaises (Docu)

Comment, du XVIIIe siècle à nos jours, les banques françaises ont réussi à se soustraire à toutes les règles pour générer le système actuel. S’appuyant sur des films d’archives et des séquences d’animation, le documentaire raconte l’histoire d’un éternel recommencement et d’un système qui s’emballe.

Absence de contrôle, spéculation à outrance et paradis fiscaux ont éloigné les banques de l’économie réelle et enclenché une crise sans précédent en 2008. Comment en est-on arrivé là ?

Ce documentaire remonte jusqu’en 1714, date de l’introduction en France du billet de banque, puis du système des actions orchestré par John Law – un banquier britannique féru de mathématiques, qui fit fortune dans les jeux. Mais, déjà, une première bulle spéculative crée la panique ! En 1789, la dette de l’État atteint 80 % du PIB. Elle est effacée huit ans plus tard, ruinant les créanciers et suscitant la colère des bourgeois…

Désireux de redonner confiance aux Français, Bonaparte crée en 1799 la Banque de France. Vingt familles parisiennes – dont les Rothschild – s’emparent de cette banque centrale. Vers 1865, pour financer la révolution industrielle, deux établissements sont créés pour collecter l’épargne dormante du grand public et drainer des investissements industriels à l’étranger, notamment vers la Russie : la Société générale et le Crédit lyonnais…

Réalisé par Guy Girard (France – 2012)

(Merci à Noway)

« Mon amie, c’est la finance »

Pour réussir un hold-up, laissez faire les professionnels ! Trois journalistes racontent comment les banquiers français ont roulé gouvernement et Parlement dans la farine sous vos yeux. Du grand art ! Extrait

(…)

Le Parlement tiraillé

Le 30 janvier à 9 heures, les banquiers ouvrent le bal des auditions à l’Assemblée nationale. Pour percevoir l’humeur du moment, les députés sont venus en nombre dans la salle 63 50. L’auditoire est composé de Jean-Paul Chifflet, président du Crédit agricole et devenu président de la FBF en septembre 2012, de Frédéric Oudéa, ainsi que de Jean-Laurent Bonnafé. Tous se sont positionnés à la droite du président de la commission, Gilles Carrez.

Un par un, ils entament des exposés lénifiants et conservateurs. Jean-Paul Chifflet ouvre le bal : “Les vraies raisons de la crise de 2008 sont liées à l’immobilier, l’accumulation d’actifs risqués et la faiblesse de régulateurs nationaux, ça n’a rien à voir avec la séparation des activités bancaires ! Cette réforme n’était ni urgente ni prioritaire !” juge-t-il. Il met en garde : “Attention ! Cette loi aura un impact sur le financement de l’économie et la présence des banques françaises dans le monde.”

Frédéric Oudéa et Jean-Laurent Bonnafé sont moins véhéments et appellent au statu quo : “Vous bâtissez une loi pour le futur et en l’état, elle sauve l’essentiel : notre capacité à travailler avec nos clients, à aider les entreprises et l’Etat à emprunter sur les marchés. N’allez pas casser la croissance en Europe quand celle-ci risque un gros décrochage. [...] Il faut des banques fortes”, assène le premier. “Le secteur bancaire français a raisonnablement passé la crise. La loi telle qu’elle est paraît équilibrée”, admet le second.

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Biens mal acquis : le jeu trouble de la Société générale en Afrique

L’affaire dite des « biens mal acquis » prend une nouvelle dimension. Elle se concentre désormais sur le rôle joué par le secteur bancaire français dans l’acquisition, par certains chefs d’Etat africains ou leurs proches, d’un important patrimoine possiblement financé par le détournement des richesses de leur pays.

Les juges Roger Le Loire et René Grouman, chargés d’enquêter sur les avoirs détenus en France par les familles dirigeantes de la Guinée équatoriale, du Congo-Brazzaville et du Gabon, s’intéressent à la Banque de France, et surtout à la Société générale, par la filiale dont cette dernière détient 46 % des parts, la SGBGE, basée en Guinée équatoriale.

Il apparaît, d’après les documents auxquels Le Monde a eu accès, que la Société générale a autorisé des conditions de travail très dangereuses pour son personnel expatrié, tout en permettant le transfert en France d’importantes sommes d’argent au profit du clan Obiang, qui règne sur la Guinée-Equatoriale.

Or, les enquêteurs – ou plutôt l’enquêteur, car un seul policier français travaille sur ce dossier pourtant sensible – ont recueilli des témoignages révélant que ces sommes provenaient notamment de commissions illégales perçues sur le marché du bois par l’actuel vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang – visé par un mandat d’arrêt –, fils du président en exercice, Teodoro Obiang.

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Méridien Zéro : « La loi du 3 janvier 1973 » (audio)

Le vendredi 21 juin, Méridien Zéro recevait Pierre-Yves Rougeyron pour évoquer avec lui son ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, la fameuse loi Rothschild qui oblige l’État à emprunter sur les marchés financiers privés.

Emission animée par Gérard Vaudan avec la complicité d’Eugène Krampon.

Lord Igor à la technique.

John Law ou la chute spectaculaire d’un banquier central (Màj Vidéo)

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

Quand John Law a fait face à la dette énorme de l’État en France au dix-huitième siècle, il a émis beaucoup de papier monnaie -avec succès- et le pays s’est senti riche. Il était intelligent, courageux, charmant, honnête – et pour un temps- extrêmement populaire. Malheureusement, il a ainsi ruiné tous ceux qui avaient de l’argent en France, ce qui a fait de l’ombre à ses autres qualités. Il est intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé.

John Law était écossais. Il est né à Edimbourg en 1671, d’un père banquier et joaillier qui avait réussi. A l’âge de 14 ans, il commença son apprentissage dans ces métiers et s’en retourna à 17 ans, juste à temps pour hériter de son père qui décéda cette même année. Il était déjà connu alors pour ses talents mathématiques et sa popularité auprès des dames.

Apprendre son métier
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La Commune et la Banque de France

En 1881, Karl Marx reproche à la Commune de ne pas avoir pensé à réquisitionner la Banque de France : « Outre qu’elle fut simplement le soulèvement d’une ville dans des circonstances exceptionnelles, la majorité de la Commune n’était nullement socialiste et ne pouvait l’être. Avec un tout petit peu de bon sens, elle eût cependant pu obtenir de Versailles un compromis favorable à toute la masse du peuple – seul objectif réalisable à l’époque. À elle seule, la réquisition de la Banque de France eût mis un terme aux rodomontades versaillaises.  » [1]

Plus proche des événements, Prosper-Olivier Lissagaray note, dans son Histoire de la Commune de 1871, parue en 1876 :

« Toutes les insurrections sérieuses ont débuté par saisir le nerf de l’ennemi, la caisse. La Commune est la seule qui ait refusé. Elle abolit le budget des cultes qui était à Versailles et resta en extase devant la caisse de la haute bourgeoisie qu’elle avait sous la main. » [2]

Indubitablement, le film des événements donne raison à Lissagaray et à Marx. Il était facile à la Commune de prendre matériellement le contrôle de la Banque et c’eût été un moyen de pression considérable sur les versaillais. Ces derniers n’ont d’ailleurs, jusqu’à fin mai, jamais cessé de le redouter.

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Combien la France a-t-elle sur son compte en banque?

Fin janvier, le Zimbabwe annonçait qu’il n’avait plus que 217 dollars sur son compte. Et la France? Si elle est lourdement endettée, elle a un compte courant bien garni, dont le solde fluctue chaque jour entre quelques centaines de millions et quelques dizaines de milliards d’euros.

Le 30 janvier, le gouvernement zimbabwéen a annoncé qu’il lui restait 217 dollars sur son compteaprès avoir payé les salaires de ses fonctionnaires, si bien que l’Etat va en appeler aux donateurs internationaux pour financer les élections et le référendum constitutionnel prévus à la fin de l’année.

En France, comment fonctionne le compte en banque de l’Etat et quel est son solde ?

Celui-ci est toujours positif mais très variable, allant de quelques centaines de millions d’euros, voire un peu moins, à quelques dizaines de milliards –et paradoxalement, c’est quand la confiance dans le système bancaire se dégrade que le compte est le mieux garni.

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Bompard : “La spéculation contribue à la ruine de ceux qui travaillent”

Le député Non-Inscrit du Vaucluse, Jacques Bompard, expose les carences de la loi séparant les activités bancaires et spéculatives.

En séance à l’Assemblée, le 12 février dernier, Jacques Bompard a expliqué en quoi le projet de loi séparant les activités bancaires et spéculatives était cruellement incomplet.

“Demain, comme hier, les épargnants seront les garants des dérapages bancaires à venir. Cette loi subit les mêmes logiques mondialistes dans la même continuité du mépris pour l’intérêt commun… Sur les 4.000 milliards de dollars des mouvements financiers internationaux quotidiens, 5% seulement alimentent le financement de l’économie réelle, les 3.800 milliards restant sont liés à des opérations spéculatives.”



(Merci à Damien)

1609 : la première grande banque européenne est née

Les débats actuels sur la politique économique que devrait mener la Banque centrale européenne (BCE) pour relancer l’activité en Europe illustre l’importance du rôle des institutions monétaires.

Tous les grands pays se sont dotés d’une banque centrale, dont le rôle a certes évolué dans le temps : la Banque d’Angleterre a été créée en 1694 pour trouver les fonds nécessaires au financement des dépenses militaires ; la First Bank of the United States naquit en 1791 pour gérer l’émission du dollar et deviendra la Réserve fédérale américaine (Fed) en 1913 ; la Banque de France fut fondée par Bonaparte en 1800 ; la Banque d’empire en Allemagne (l’ancêtre de la Bundesbank) apparut en 1875 peu après la réunification des Etats allemands et la création du mark (1871).

Mais la première grande banque européenne fut la Banque d’Amsterdam (Amsterdamsche Wisselbank), qui vit le jour en 1609. Sa création est liée à la situation particulière des Provinces-Unies au début du XVIIe siècle. Ce nouvel Etat regroupait sept régions auparavant possessions espagnoles.

Elles avaient proclamé leur indépendance en 1579 qui ne fut reconnue par l’Espagne, après une longue guerre, qu’en 1648 (traité de Münster entérinant la partition des anciennes terres espagnoles en deux entités : au sud, la future Belgique catholique encore soumise à l’Espagne, et au nord les Provinces-Unies indépendantes et protestantes).

AFFLUX DE POPULATIONS JUIVES

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Quand Michel Rocard dévoile le pot aux roses…

Fin décembre, au micro d’Europe 1, dans l’émission « Médiapolis », Michel Rocard fut l’auteur de déclarations on ne peut plus intéressantes qui, malheureusement, ne furent pas l’objet de reprises dans les autres médias.

Le propos de Michel Rocard est le suivant : la réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro. L’État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne.

Les deux journalistes chargés de l’interviewer ne réagirent pas, comme si Rocard avait dit là une banalité.

Pourtant, il venait de leur dire que tous les fameux « sacrifices », prétendument inéluctables, auxquels le peuple français devait consentir, ou encore la rigueur imposée par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), n’étaient pas une fatalité mais la résultante d’un choix de politique de dette.

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Réforme bancaire: des lobbys très investis

Les banquiers français ont fait feu de tout bois pour empêcher une mise en cause de leur modèle économique. Les dispositions arrêtées par le gouvernement devraient leur donner satisfaction. C’est une régulation a minima des activités spéculatives qui se profile.

Il est 15 h 43, au Bourget, en ce dimanche 22 janvier 2012. Devant un parterre conquis, François Hollande attaque le passage clef de son discours : “Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage[...], il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.” Cet adversaire “a pris le contrôle de nos vies“, “emprise devenue un empire“, qu’il faut remettre au service de l’économie réelle. Un tournant, dans une bataille électorale qui mènera finalement le candidat socialiste à la victoire. 7 h 48, le lendemain : le téléphone de Karine Berger, économiste proche du candidat, identifiée comme partisane d’une ligne dure concernant la finance, se met à sonner. Au bout du fil, un représentant de la Fédération bancaire française (FBF), qui désire la rencontrer. La future députée des Hautes-Alpes est loin d’être la seule personne contactée dans l’entourage du candidat.

Ce n’est que le début de presque un an de lobbying intense auprès de la gauche, puis du pouvoir, pour édulcorer la proposition socialiste de séparer, au sein des banques françaises, les activités spéculatives des activités “utiles à l’économie. Une contre-offensive couronnée de succès : l’ambition du projet de loi élaboré à Bercy, qui doit être présenté le 19 décembre, en Conseil des ministres, est bien moindre que celle de ses équivalents britannique, américain, ou même du rapport Liikanen, rédigé à la demande de la Commission européenne.

“Après le 6 mai, les hiérarques du parti ont convaincu le président de la nécessité d’attendre pour légiférer”

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Les banques échappent à la découpe

Le projet de loi bancaire dévoilé par le JDD sera présenté dans dix jours. Pas de scissions prévues, mais la Banque de France verra ses pouvoirs de contrôle renforcés.

L’”ennemi invisible” ne disparaîtra pas. Six mois après le discours enflammé au Bourget du candidat Hollande contre la finance, le ministre de l’Économie Pierre Moscovici présentera, mercredi 19 décembre, en conseil des ministres son projet de loi bancaire. Une double lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat suivra au printemps. Mais le texte ne sera pas appliqué avant 2014. Ce calendrier place, néanmoins, la France en pôle position face aux projets toujours en débat sur le même thème aux États-Unis (commission Volcker), en Grande-Bretagne (commission Vickers). Le texte français va même plus loin que les recommandations du récent rapport Liikanen, commandé par Bruxelles. Le JDD en livre les grandes lignes.

8 milliards de plus pour un fonds de secours

L’idée que l’argent public ne soit plus le dernier recours en cas de faillite va obliger les banques à se soutenir entre elles. La future loi bancaire actera l’élargissement du fonds de garantie des dépôts.Il couvrira à la fois l’épargne des Français à hauteur de 100.000 €et le capital des banques en cas de défaillance. Aujourd’hui, il est doté de 2 milliards d’euros. Un arrêté le portera à 10 milliards comme le recommande le Parlement européen. Les banques françaises auront dix ans pour mettre de côté 8 milliards afin d’abonder ce fonds.Elles devront prendre en charge un dépassement mais sans devoir verser les fonds au préalable. Les banques sont réticentes à financer les erreurs de leurs concurrentes.Mais Bercy jure qu’il ne s’agira pas “d’un puits sans fond qui risquerait de couler les autres banques”.

La mise à l’écart des seuls métiers spéculatifs

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L’Argent de la Résistance

Ce film raconte des histoires humaines sur cette bataille de l’argent. L’influence des riches alliés, les pressions de Jean Moulin sur la Résistance intérieure, sa rivalité avec Henri Frenay, les  containers de billets parachutés dans les maquis, le rôle de Malraux dans le hold-up de Neuvic et ses millions disparus, l’argent qui corrompt et sert à déboulonner les héros de la Résistance comme Georges Guingouin ou le Colonel Passy.

Documentaire réalisé par David Korn-Brzoza – Novembre 2012

Le Franc à l’épreuve de la Première Guerre mondiale

La déclaration de la guerre, en août 1914, ne prend pas totalement au dépourvu les autorités monétaires françaises. Dès le début des années 1910, la Banque de France s’est préparée à l’éventualité d’un conflit. Dans un contexte international où l’or occupe une place dominante, elle s’est efforcée d’accroître le montant de son encaisse or qui atteint 4,1 milliards de francs à la veille de la guerre.
Des conventions ont en outre été passées avec le gouvernement, qui prévoient la suspension de la convertibilité des billets et un relèvement du plafond d’émission en relation avec un relèvement des avances au gouvernement.

Mais on n’avait pas prévu que la guerre durerait quatre ans. La facture extérieure s’envole. On fait largement appel à l’emprunt pour financer les dépenses de guerre. Pour enrayer l’érosion des réserves en or qui menace d’atteindre la crédibilité du franc, une “campagne de l’or ” est lancée. Elle permettra de compenser les ventes de métal précieux.

Ces actions permettent d’éviter une érosion des réserves d’or de la France et un effondrement de la valeur extérieure du franc. Mais le prix à payer pour un endettement particulièrement élevé sera lourd après la guerre.
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La Banque de France va-t-elle devoir vendre son Or ?

Si la banque de France doit se recapitaliser pour absorber les pertes liées à une nouvelle décote des obligations souveraines grecques, elle devra faire appel à l’Etat ou peut-être…vendre son Or.

L’Europe travaille à une nouvelle restructuration de la dette qui pourrait contrainte la banque centrale européenne (BCE) et la Banque de France à se recapitaliser. Pour faire baisser l’endettement de la Grèce et maintenir ainsi le pays dans la zone euro, cette restructuration de la dette supposerait en effet des pertes importantes pour la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales. L’objectif serait, selon des informations obtenues par l’agence Reuters, de réduire l’endettement de la Grèce de 70 à 100 milliards d’euros afin de le ramener à 100% du produit intérieur brut.

L’une des options envisagées consisterait pour la BCE et les banques centrales nationales membres de l’Eurosystème à accepter une décote de 30% sur les obligations de l’Etat grec qu’elles détiennent. Le montant total des créances du secteur officiel sur la Grèce , qui comprend les prêts bilatéraux consentis à Athènes par les Etats membres, est estimé entre 220 et 230 milliards d’euros.

Les banques centrales de la zone euro détiennent en effet de grandes quantités de titres grecs acquis notamment dans le cadre du SMP (securities markets programme) et ces titres sont généralement assortis de taux d’intérêt très élevés. D’ailleurs, la Banque de France va reverser à la Grèce les intérêts qu’elle a perçu au tire des obligations souveraines grecques qu’elle détient, soit 754 millions d’euros comme le premier plan de restructuration le prévoyait.

Vers une recapitalisation de la Banque de France ?

La BCE s’est refusé à tout commentaires sur ce sujet. Mais certains responsables européens estiment que la Banque de France et les banques centrales de Malte et de Chypre seraient en première ligne. Elles sont les plus exposées à la dette publique grecque, et pourrait avoir besoin d’être recapitalisées pour compenser les pertes liées à la décote des obligations souveraines qu’elles détiennent. Certains imaginent même qu’elle pourrait vendre son Or…

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Crise grecque : Les banques françaises résisteraient au pire des scénarios

Les établissements financiers français sont capables de résister au pire scénario grec, y compris une sortie de la zone euro. C’est le message délivré par le gouverneur de la Banque de France.

Je ne connais aucun groupe qui serait mis en difficulté par un scénario extrême sur la Grèce”.Le gouverneur de la Banque de France n’a eu de cesse lundi 14 mai de répeter ce message.

En marge de la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel qu’il dirige, Christian Noyer a voulu écarter tout risque. Même en cas de sortie de la Grèce de la zone euro.

Il est très clair : “Quoi qu’il arrive, ce ne sera pas un problème pour le secteur financier français”.

Et pour cause ! Il rappelle que les banques françaises ont déjà provisionné 75 % de leurs titres de dettes grecs. En effet, si l’on regarde dans le détail, chacune des grandes banques françaises ne portent plus que quelques centaines de millions d’euros d’exposition résiduelle à la dette grecque. Alors pour Christian Noyer, “les 25 % restants” ne peuvent pas être un problème.

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Marine Le Pen, une démagogue en économie !

par Marc Rousset

Nicolas Sarkozy ne connaît pas l’histoire et Marine Le Pen ne connaît pas l’économie, mais tous deux sont d’excellents démagogues. Le Parti socialiste, lui, pratique la démagogie par définition, puisque son fonds de commerce consiste à faire rêver les gens d’une façon irréaliste en évoquant la justice, en augmentant les impôts, et, en taxant les vrais comme les faux riches, ce qui a pour résultat effectif de conduire à la misère pour tous et à l’inefficacité économique, comme à Cuba, et comme on a pu le voir dans les pays de l’Europe de l’Est, en U.R.S.S. et dans la Chine de Mao !

Marine Le Pen a promis devant l’Assemblée nationale, de dégager la France des griffes de ses créanciers, banques rapaces et marchés financiers, en permettant notamment à l’État d’emprunter à des taux « très faibles » à la Banque de France, ce qui revient à faire tourner la « planche à billets » !

Nous voudrions rappeler à Marine Le Pen qu’il fut un temps où les gens en Allemagne, complètement ruinés, tapissaient leurs chambres avec des billets de banques ! Un dollar valait 420 marks en juillet 1922 et 49 000 en janvier 1923. Pendant l’année 1923, le cours du dollar par rapport au « Papiermark » augmente de 5, 79 x 10 à la puissance 10 ! Le prix au détail passe de l’indice 1 en 1913 à 750 000 000 000 en novembre 1923. Les prix des repas servis au restaurant varient selon l’heure de la commande et l’heure à laquelle l’addition est présentée. Les ménagères souhaitant faire leurs courses amènent des liasses de billets en landau ! Le 26 septembre 1923 ont été émis des billets de 500 000 000 de marks ! Sous la houlette de Hjalmar Schacht, le « Papiermark » se trouva démonétisé le 20 novembre 1923, 1000 milliards de mark représentant un nouveau « Rentenmark » qui s’appuyait, comme les assignats de la Révolution française (qui eux ne purent enrayer la crise !) sur les sols, les usines, les immeubles, c’est-à-dire la richesse réelle de l’Allemagne. Grâce à  cette monnaie, l’État parvint à annuler 99 % des  dépôts de caisses d’épargnes, 97,5% des dettes de l’État et 75 % des emprunts hypothécaires !

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Le rôle de la Banque de France dans une nouvelle politique du crédit

La Banque de France est une vieille dame méconnue. Certes, son activité au sein des commissions départementales de surendettement ou son rôle dans l’impression des billets en euros ont été médiatisés. Cependant, il est une expertise le plus souvent ignorée : sa capacité à évaluer la situation 
des entreprises.

La Banque gère un fichier 
de 250 000 entreprises résidentes dont le chiffre d’affaires est supérieur à 750 000 euros ou dont le montant des crédits bancaires accordés est supérieur à 380 000 euros. Sont ainsi cotées plus de 75 % des entreprises de la plupart 
des secteurs. Un champ bien plus large que celui des agences de notation qui n’en évaluent au mieux que quelques centaines.

Le système de cotation de la Banque comporte 13 positions

qui vont de 0, la plus favorable, 
à P, cote qui indique que l’entreprise est engagée dans une procédure collective (redressement 
ou liquidation). La Banque de France est également à même de fournir des études détaillées aux collectivités territoriales sur 
des secteurs ou des zones d’activité. Elle a ainsi élaboré une étude sur le secteur de l’armement de Tulle ou sur les potentiels économiques comparés des régions lyonnaise et marseillaise.

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Une crise qui nous vient de si loin…..

On a souvent tendance à penser que l’actuelle grande crise remonte à l’été 2007, avec le début de l’effondrement du marché des crédits hypothécaires américains. Et ce dernier viendrait – est-il souvent assuré- mettre un terme à trente années d’une formidable croissance mondiale qui aurait arraché de la misère plus d’un milliard d’individus. Cette façon de voir les choses n’est sans doute pas inexacte, mais ne permet pas de repérer la dynamique du long terme qui seule nous amène à nous situer clairement  dans le présent.

Nous chercherons ici à expliquer, que la présente situation est le résultat de la déformation progressive d’un régime de croissance, qui a abouti à une dislocation planétaire, laquelle s’évalue en termes de soldes extérieurs nationaux de plus en plus déséquilibrés, et probablement non durables, car socialement beaucoup trop douloureux. Ce régime de croissance s’appelle régime Fordien ou régime d’accumulation intensive, et les toutes premières manifestations de son dérèglement remontent au beau milieu des années 60, et ce dans la plupart des pays développés.

La cohérence Fordienne, version particulière d’un « ordre organisé »

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Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

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Cour des comptes : quand Sarkozy liquidait un cinquième du stock d’or de la France.

En 2004, le ministre de l’Économie demande à la Banque de France de “gérer plus activement ses réserves de change”. Une mauvaise opération.

Par

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La Banque de France (BDF) a décidément des progrès à faire. Après avoir essuyé un “constat sévère” de la Cour des comptes en 2005, l’institution a une nouvelle fois été passée au scanner par les Sages de la rue de Cambon.

Dans leur rapport annuel 2012, ceux-ci reconnaissent des progrès, mais s’inquiètent toujours d’un réseau territorial trop étendu et recommandent une rationalisation accrue des activités. La Cour dénonce notamment une baisse des effectifs – rendue incontournable après l’entrée de la banque dans l’Eurosystème – en trompe-l’oeil : selon les Sages, le mouvement s’est accompagné d’un recours accru à des prestataires externes, soit l’équivalent de 699 postes équivalents temps plein.

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Décembre 1945 – De Gaulle réquisitionne l’or, les devises et les valeurs mobilières étrangères

Le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale allait mettre une nouvelle fois encore l’or sur le devant de la scène. Le 9 septembre 1939 était publié un décret-loi prohibant ou réglementant l’exportation des capitaux, les opérations de change et le commerce de l’or. L’or entrait, une nouvelle fois, dans la clandestinité, et n’en sortira qu’en 1948 !

Alors que le cours officiel (bloqué) de la Banque de France était de 274,49F pour un Napoléon, en juin 1940 le même Napoléon s’échangeait au cours officiel du marché parallèle à 825F, en novembre 1940 il atteignait 1000F, puis 1400F fin décembre 1940. Le Napoléon terminait l’année 1945 au delà de 4000F pour ensuite culminer à 6500F pendant l’année 1946.

Le 7 octobre 1944 De Gaulle publiait une ordonnance interdisant à tout propriétaire d’or, d’en effectuer la cession, à titre onéreux ou gratuit, sous quelque forme que ce soit, à toute personne de transporter de l’or pour quelque motif que ce soit.

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Pour occulter le dollar, rouvrons le dossier des PIGS

Je vous le disais il y a quelques semaines, il faut s’attendre à ce que les regards se tournent vers la zone Euro, après que le dollar ait sérieusement chuté à l’approche de l’annonce du QE2 de la Fed (voir mon article de la semaine dernière en cliquant ici).


Eh bien voilà : depuis quelques jours, on nous ressort les mêmes dossiers qu’au printemps dernier : les PIGS sont de retour ! (Pour ceux qui ne le savent pas, les PIGS (ou PIIGS) sont l’acronyme donné par les cambistes anglo-saxons aux pays de la zone euro en proie à des difficultés budgétaires importantes : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).

Tout cela serait extrêmement risible si ce n’était pas sérieux. On nous dit maintenant que le Portugal pourrait sortir de la zone Euro (voir l’article ici de Boursorama), où l’on apprend que Van Rompuy (vous savez, notre président de l’Europe) n’a plus peur de parler d’éclatement de la zone Euro. “Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie“, a-t-il déclaré.

Moi j’ai plutôt envie de dire “nous sommes confrontés à une crise pour la survie du système monétaire corrompu par la Fed, où on tente de régler des problèmes de surendettement par de la dette supplémentaire“.

Mais que voulez-vous : tant qu’on fera croire aux gens que la survie du système monétaire et leur survie personnelle c’est pareil, nous continuerons à nous saigner de plus en plus pour payer des intérêts qui montent au ciel et s’accumulent au fur et à mesure que nos gouvernants continuent à injecter plus de dette dans le système. La spirale infernale, très loin de se réduire, ne fait que s’accélérer.

Pendant ce temps, les marchés vont porter leur attention sur l’euro, laissant un peu de côté le dollar, et nous allons assister au retour en grâce du dollar, comme avant l’été 2010. Ce faisant, l’illusion que les monnaies valent toujours quelque chose peut perdurer.

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L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

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Une victoire du lobby bancaire

LE chiffre que les banques attendaient – avec une inquiétude largement médiatisée – est enfin sorti. Ce sera 7%. Pour garantir leur bilan, le comité de Bâle, émanation de la Banque des règlements internationaux (BRI), a décidé que les banques devront détenir 7% de fonds propres (ratio dit de Bâle III).

Elles disaient craindre 9% ou 10%, et le soulagement est tel que les valeurs bancaires sont à la fête aujourd’hui [13 septembre 2010]. Car le comité de Bâle a en plus accordé un délai de 8 ans pour se conformer à cette nouvelle norme.

Bien sûr, les banquiers vont continuer à hurler de plus belle. Le lobby bancaire s’est d’ailleurs exprimé très vite dans un communiqué publié dans la matinée [du 13 septembre 2010] par la Fédération bancaire française (FBF). “La principale préoccupation des banques françaises est que le renforcement des fonds propres auquel conduit la réglementation constitue une contrainte forte qui pèsera inévitablement sur le financement de l’économie et notamment le volume et le coût du crédit“, explique ainsi la FBF. L’argument n’est pas nouveau mais il a largement prouvé son efficacité. Alors, pourquoi s’en priver ?

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Comment va-t-on recréer le franc ?

Par Gérard Lafay, professeur émérite à l’université Paris-II

Contrairement aux espoirs annoncés, l’euro a manifestement échoué. A l’intérieur de la zone concernée, il n’a engendré qu’une faible croissance économique, une délocalisation des activités industrielles et la persistance du chômage, tout en accentuant les divergences entre les pays membres.

La politique de la Banque centrale européenne a en effet suscité une surévaluation chronique de la monnaie unique européenne, et elle a permis un endettement accentué des nombreux agents économiques, tant publics que privés. Au lieu de jouer un rôle d’entraînement, l’Allemagne a mené une politique salariale inutilement restrictive, accentuant le déficit de certains pays de la zone, au point de les conduire au bord du gouffre.

Sur le plan économique, l’euro ne pourrait être poursuivi qu’en menant un fédéralisme budgétaire, solution préconisée par Messieurs Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn. Cohérente sur le plan économique, cette solution est inapplicable politiquement dans un régime démocratique. Elle impliquerait le même type de transferts budgétaires que celui qui existe, à l’intérieur de chacune des nations, entre les régions riches et les régions pauvres.

Or l’Europe n’est pas une nation, qui a l’habitude d’accepter cette forme naturelle de solidarité. Le pays le plus riche, l’Allemagne, exclut même formellement une telle formule, ayant déjà suffisamment payé pour mettre à niveau les länder de l’ex-RDA.

A plus ou moins brève échéance, l’euro est donc condamné. La question n’est donc pas de savoir s’il faut recréer le franc : une telle issue est inéluctable. La seule question pertinente est de connaître les conditions dans lesquelles ce processus va se dérouler.

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Le spectre d’un nouveau choc bancaire

La déroute financière de la Grèce, et les premiers signes de contagion au Portugal et à l’Espagne, pourraient-ils entraîner une nouvelle crise grave du système bancaire européen ?

Échaudées, voire aguerries, par le choc des subprimes de 2007 et la crise mondiale qui s’en est suivie, les autorités de régulation des États européens s’emploient à rassurer sur l’exposition de leurs banques à la dette grecque, afin de ne pas laisser la peur se diffuser sur les marchés financiers. Le poids de ces titres de dette dans les comptes des établissements financiers resterait, dans la plupart des pays, contenu. Un défaut de paiement de la Grèce aurait un effet limité.

C’est le cas du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, rapidement monté au créneau sur le sujet : “L’exposition des banques françaises à la crise grecque ne suscite pas d’inquiétude particulière,” a affirmé M. Noyer le 9 avril, en admettant cependant “surveiller de près” la situation.” Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques françaises seraient exposées à hauteur d’une cinquantaine de milliards d’euros en Grèce, un montant important, en tant que propriétaires d’obligations émises par l’État grec et créancières au secteur privé.

De bonne source, le Crédit agricole, l’un des principaux concernés, est exposé à hauteur de 300 millions d’euros à la dette grecque, via sa filiale Emporiki, un chiffre relativement mesuré comparé aux dizaines de milliards d’euros de dette détenues par les autres grandes banques helléniques.

Officieusement toutefois, l’inquiétude est bien de mise alors qu’il est très difficile, voire impossible, à ce jour, de connaître précisément, et de manière incontestable, l’exposition des banques européennes à la Grèce – et de la même façon au Portugal et en Espagne, dont les notes de crédit vient d’être dégradées par l’agence Standard & Poor’s – par pays et a fortiori par établissement.

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Sarkozy vend l’or de la France

C’est bien connu, dans les périodes d’incertitude, le seul bien qu’il faut savoir conserver, c’est l’or. Ce n’est pas l’avis de l’agent Sarkozy qui se démène depuis 2002 pour vider les coffres de la Banque de France. Il faut rappeler que Nicolas Sarkozy alors ministre des Finances avait déjà réussi à forcer la main du Gouverneur de la Banque de France pour vendre une grosse part de notre patrimoine commun.

Cet or sera remplacé par du papier et de la dette. L’Italie qui est pourtant en plus mauvaise posture que notre pays n’a pas vendu son or et elle en détient désormais plus que la France ! Pourquoi ne pas vendre le château de Versailles et Notre-Dame de Paris à Goldman Sachs, ça nous fera quelques dollars…

http://www.dailymotion.com/video/xcx4wa

NPI

«Nous accusons la Société Générale de violation des lois fédérales»

Alors que le procès Kerviel va s’ouvrir à Paris, un nouveau dossier judiciaire s’ouvre à New York pour la Société Générale. La plainte collective, déposée en janvier, ayant été jugée recevable, la banque doit déposer ses réponses aux accusations avant le 15 avril. Les plaignants estiment que la Société Générale a dissimulé l’impact de la crise des subprimes sur ses comptes et a laissé faire, sinon couvert, Jérôme Kerviel.

Le titre n’est pas très accrocheur, mais c’est un document irremplaçable pour comprendre la crise de la Société Générale. Administrativement baptisé «Seconde plainte collective pour violation des lois boursières fédérales», le document compte 204 pages d’accusations. Jérôme Kerviel, la crise des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, des administrateurs indélicats, des coups bas, des témoins anonymes, des triturations informatiques réalisées à la hâte, des princes des dérivés évincés les uns après les autres… Il y a tout cela dans l’accusation rédigée par les avocats américains représentant la Caisse de retraite des enseignants de l’État du Vermont, le Fonds de pension national des chaudronniers et les forgerons ou les ouvriers de l’agroalimentaire et de la distribution de l’union locale UFCW 880 de Cleveland (Ohio).

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Economie : que faire ?

Par Patrick Reymond

Je répondrai à la question posée par certains internautes, à savoir les remèdes proposés pour sortir de l’ornière actuelle.

Les différentes solutions sont très simples et ramènent à un monde antédiluvien : les Trente Glorieuses.

Lesdites années se sont caractérisées, non pas par une forte croissance, mais par un certain paramétrage, qui a permis la croissance.

D’abord, il faut purger la dette.

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En pleine faillite de Lehman Brothers, la Banque de France lui prêtait du cash

La Banque de France a prêté du cash dans une opération décriée de pension livrée (Repo) 105 qui s’est achevée le 16 septembre 2008, au lendemain de la mise en faillite de Lehman Brothers !

Pour elle ou bien pour protéger une banque française ?

Le 15 septembre 2008 la banque d’investissement américaine Lehman Brothers faisait faillite, secouant la planète financière. Le 11 mars 2010, Anton R. Valukas du cabinet Jenner & Block LLP rendait public un rapport de plus de 2000 pages sur la faillite de Lehman Brothers.

Il faut du temps pour tout lire et plusieurs articles seront nécessaires pour en faire le tour et mettre l’accent sur des aspects étonnants. Mais ce que j’ai trouvé m’amène à publier un premier article en urgence sur le sujet.

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