Les Maîtres de la monnaie

Documentaire historique non-fictif de 3h30 qui retrace les origines de la structure du pouvoir qui régit les nations du monde d’aujourd’hui. Les Maîtres de la monnaie revient aux sources de l’actuelle crise mondiale. Un discours sur la monnaie, la dette publique et l’étalon or.

Se pose aussi le problème de la tolérance à l’inflation, la question de savoir qui a le droit d’émettre la monnaie, pour le compte de qui, et du prix pour lequel ce service public est rendu…

Cela interroge également sur la hausse des bilans des banques centrales, lorsque l’on sait par exemple que la FED reverse au Trésor les intérêts que celui-ci lui paye, ce qui n’est rien d’autre que la transformation de la monnaie crédit en monnaie fiat, où la quantité de monnaie est gardée constante, en renationalisant une partie de cette masse monétaire.

Islande : Vers la révolution du système monétaire

L’Islande est-il sur le point de révolutionner son système monétaire ? C’est ce que suggère un document récent qui remet radicalement en question le système actuel de création de « l’argent dette » par les banques commerciales. Un virage qui pourrait être historique dans le monde de la finance moderne.

L’information relayée le 31 mars aura probablement été confondue avec un gros poisson et fut tristement ignorée des mass-médias. Elle, n’en est pas moins véridique et se base sur un rapport de 113 pages commandé par le gouvernement islandais. L’étonnant document promeut ni plus ni moins une révolution du système monétaire islandais.

La proposition de réforme intitulée « A better monetary system for Iceland » (Un meilleur système monétaire pour l’Islande) recommande au gouvernement progressiste d’interdire aux banques commerciales de créer de la monnaie. Une tâche qui serait, si la proposition est adoptée, désormais confiée à la banque centrale à travers le pouvoir décisionnel du parlement.

Par ce biais, l’Islande souhaite mettre fin à un système jugé responsable d’une crise économique qui se répète par cycle encore et encore. L’île aurait ainsi essuyé 20 crises financières depuis 1875, mettant récemment le pays tout entier au bord de la faillite.
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Brésil : Le pays est en passe d’entrer en récession

L’économie brésilienne a enregistré en 2014 une croissance de 0,1 %, sa plus mauvaise performance depuis 2009, et la faiblesse de l’investissement, l’inflation élevée et la montée du chômage augurent d’une récession douloureuse cette année.

Le Brésil a stagné en 2014 avec un PIB en hausse d’à peine 0,1 %, alors que la septième économie mondiale affronte des vents adverses et s’apprête à entrer en récession en 2015. Le chiffre annoncé le 27/03/2015 par l’Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE) dépasse légèrement les prévisions : la Banque centrale tablait sur une contraction de 0,1 % et la majorité des analystes prévoyait une croissance zéro.

Au 4e trimestre 2014, l’économie brésilienne a reculé de 0,2 % par rapport aux trois derniers mois de 2013. L’industrie, secteur le plus affecté, s’est contractée de 1,2 % en 2014, tandis que le secteur agro-industriel a progressé de 0,4 % et celui des services de 0,7 %, a précisé l’IBGE.

Le Brésil se prépare à entrer en récession sous le double effet de la crise et de l’ajustement budgétaire que tente de mettre en œuvre le gouvernement, pour enrayer la dérive des comptes publics et éviter une dégradation de la note souveraine du pays par les agences internationales.
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Europe : La déflation est-elle une bonne chose ?

Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui aucun prix n’a plus d’importance que celui du pétrole brut. Plus de 80 millions de barils sont produits et consommés chaque jour, dont la plus grande partie est vendue sur les marchés internationaux. Aussi la chute brutale du prix du pétrole brut (de 110 dollars le baril l’année dernière à environ 60 dollars aujourd’hui) permet-elle aux pays importateurs d’économiser des centaines de milliards de dollars. Pour l’UE et les USA, cela représente 2 à 3% de leur PIB.

Pour l’Europe, les avantages liés à cette baisse pourraient augmenter avec le temps, car les contrats à long terme de fourniture de gaz sont indexés sur le prix du pétrole. C’est un autre avantage pour le continent, car le prix du gaz naturel y était encore récemment beaucoup plus élevé qu’aux USA qui bénéficient du coût très bas du gaz de schiste.

Pourtant beaucoup d’observateurs estiment qu’un pétrole bon marché n’est pas sans inconvénient, car cela accroît les tendances déflationnistes dans les pays avancés déjà embourbés dans le piège d’une croissance faible. Selon ce point de vue, la chute du prix du pétrole va empêcher les banques centrales de ces pays d’atteindre le taux d’inflation de 2% que la plupart se sont fixées dans le cadre de leur mandat de maintien de la stabilité des prix.

C’est la première fois que les prix baissent depuis 2009 dans la zone euro qui se retrouve ainsi en première ligne. Elle devrait éviter la déflation parce que les pays débiteurs auraient alors encore plus de difficultés à rembourser, les premiers concernés étant ceux de la périphérie de la zone euro (la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne).
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Chine : Mauvaises nouvelles économiques en série

Après des chiffres moroses de croissance et le creusement du déficit budgétaire pour relancer l’activité, la production industrielle, les ventes au détail et les investissements en capital fixe chinois chutent brutalement. Les yeux sont tournés vers la banque centrale qui devrait à nouveau baisser ses taux d’intérêt.

Les jours se suivent et les mauvaises nouvelles économiques s’amoncellent pour Pékin. Et les statistiques publiées mardi 10 mars marquent particulièrement ce refroidissement de l’activité. Selon les chiffres officiels, la production industrielle a ralenti brutalement en janvier et février, enregistrant son plus bas taux de progression depuis six ans.

La production industrielle a grimpé de 6,8%, sur janvier et février cumulés, par rapport à la période comparable de 2014, a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS). C’est très en-deçà de la hausse de 7,9% sur un an constatée en décembre, et c’est sa plus faible progression depuis décembre 2008.

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Bye bye l’euro

Un scenario dans lequel la France sortirait de la zone euro est-il possible ? Est-il souhaitable ? Que se passerait-il si le franc circulait à nouveau dans l’Hexagone, comme le veulent certains économistes et certains hommes politiques ?

Ce documentaire met en scène une situation fictive : l’abandon par l’Italie, puis par la France, de la monnaie que l’Europe a mis plus de 20 ans à construire.

Des intervenants, personnalités de premier plan ou anonymes, se sont prêtés au jeu et ont tenté de répondre aux interrogations que susciterait un tel changement. Quelles conséquences sur la vie quotidiennes et sur l’économie ? Les participants tentent d’imaginer quelle serait leur réaction.


Selon le rapport secret “Black Swan”, commandé par l’ex-ministre des Finances François Baroin en 2011, au plus fort de la crise grecque, ce qui attend la France est une dévaluation de 20% à 30%, une dette publique à 130%, une perte de pouvoir d’achat de 20% à 30% pour les salariés, la disparition immédiate d’un million d’emplois, et une nationalisation forcée des banques. “Ça, c’est pour la partie aimable et paisible du dispositif”, explique François Baroin.

Réalisé par Ella Cerfontaine

(Merci à Bleu Marine)

Le franc suisse s’envole (Màj)

Addendum du 17/01/2015 : Panique en Pologne

La décision de la Banque nationale suisse a créé un vent de panique en Pologne où plusieurs centaines de milliers de personnes détiennent des crédits immobiliers libellés en francs suisses; le zloty polonais ayant décroché lui aussi de 20% par rapport à la devise helvétique.

En contractant un emprunt en devise étrangère on prend un certain risque, affirme Marcin Krason, un expert immobilier. Les personnes qui ont pris ce risque en Pologne ont été d’accord pour le prendre. Pendant quelques années, les mensualités étaient très basses. Ensuite c‘était pas trop mal non plus mais aujourd’hui c’est très dur”.

En Pologne, 40% des crédits immobiliers sont libellés en francs suisses.

En Hongrie aussi ils sont des centaines de milliers à avoir contracté ce type de prêts. Mais à la différence de la Pologne, les citoyens endettés sont désormais protégés par les autorités hongroises contre le type d’envolée qu’a connue jeudi la monnaie suisse.

Jeudi 15 janvier, la banque centrale suisse a laissé le franc suisse s’échanger librement face à l’euro. Le cours de la monnaie s’est alors envolé faisant le bonheur des Français travaillant en Suisse.
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Russie : Mini-krach sur le rouble (Màj : Le pays bascule dans la panique)

Addendum du 17/12/14 : Poutine sous pression en pleine crise du rouble

L’économie au bord du chaos

La crise du rouble va impacter les entreprises françaises

La Russie s’attache à éteindre l’incendie monétaire

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La Fed tourne la page du stimulus monétaire

Comme prévu, la Banque centrale des États Unis, la Fed, a annoncé mercredi soir qu’elle mettait un terme à son soutien monétaire exceptionnel à l‘économie américaine tout ne laissant les taux d’intérêt inchangés, proches de zéro.

Dans son communiqué, le comité de politique monétaire de la Fed qui cite “les solides gains sur le marché de l’emploi“ va cesser ses injections de liquidités.

La banque centrale promet aussi de laisser ses taux d’intérêt proches de zéro pendant “une période de temps considérable” en ajoutant que si les progrès de l’inflation et de l’emploi sont plus rapides, une première hausse des taux “pourrait intervenir plus tôt qu’anticipé”.

Dans son communiqué, la Fed ne qualifie plus d’importante la sous utilisation des ressources du marché du travail. Celles-ci diminuent progressivement constate la Fed qui fait référence aux nombreux emplois à temps partiels notamment.

Euronews 29/10/2014

Vent de panique sur les Bourses mondiales

Le mois d’octobre s’annonce calamiteux pour les marchés boursiers. Après deux séances de répit, un vent de panique a soufflé hier. Le CAC 40 a chuté sous le seuil des 4000 points. A la clôture mercredi, le Dow Jones a perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.De mauvaises statistiques économiques aux États-Unis et les interrogations sur le futur financement de la Grèce ont précipité les places dans le rouge. A Paris, l’indice CAC 40 a dévissé sous le seuil symbolique des 4000 points, à 3.939,72 points, son plus bas depuis fin août 2013 .

Avec un recul de 3,63% mercredi, l’indice vedette parisien affiche désormais une perte de 8,29 % depuis le début de l’année. Aucune valeur n’a été épargnée : Alcatel-Lucent (-6,3 %), Crédit Agricole (-5,45 %) et GDF Suez (-5,42 %) ont signé les plus fortes baisses de la journée.

Ailleurs en Europe, la Bourse de Francfort a reculé de 2,87%, Madrid a perdu 3,59%, Athènes 6,25% et Londres 2,83%. Wall Street a terminé en baisse une séance éprouvante mercredi : le Dow Jones, après avoir chuté de plus de 2,80% en séance, a finalement perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.

Le financement de la Grèce en question

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“La bulle immobilière chinoise risque d’éclater bientôt”

Crise du système bancaire, bulle immobilière, ralentissement de l’activité… L’économie chinoise est-elle aussi solide qu’affichée, et peut-elle évoluer vers un modèle davantage fondé sur la consommation intérieure que sur les exportations ? Mylène Gaulard, économiste, qui vient de publier “Karl Marx à Pékin” (éd. Demopolis), répond.

Pudong. Cette partie de Shanghai était un village de pécheur il y a 20 ans.

Pékin prépare un nouveau plan de relance pour soutenir son économie. La banque centrale chinoise va accorder un montant total de 500 milliards de yuans (62,8 milliards d’euros) de liquidités aux cinq principales banques du pays, relevait le Wall Street Journal, mardi 16 septembre. Mylène Gaulard, maître de conférences en économie, décrypte pour La Tribune les remises en questions de la Chine sur son système économique et les origines de ses difficultés.

La Tribune : Les plans de relance successifs sont-ils les signes d’un essoufflement de l’économie chinoise?

Mylène Gaulard : Ces plans de relance, mis en place par les autorités publiques, sont les réponses au ralentissement de l’économie chinoise. Depuis le fameux plan de 500 milliards de dollars de 2008, en pleine crise internationale des “subprimes”, le gouvernement chinois s’inquiète sérieusement de ce fléchissement, avec une croissance du PIB qui était supérieure à 9% jusqu’en 2011 pour n’atteindre plus que 7,7% en 2012 et 2013.

Depuis l’été 2014, de nouveaux chiffres ne cessent de tomber, pour mettre en évidence un ralentissement de la production industrielle et des ventes au détail, pour une croissance du PIB inférieure à 7,5% prévue pour l’année 2014. Afin de limiter l’ampleur de ce ralentissement, l’objectif numéro 1 du gouvernement est d’encourager le développement de l’infrastructure nationale, avec ces dernières années un essor important du secteur ferroviaire et de la construction immobilière. Il cherche également à stimuler la consommation des ménages afin que le pays devienne moins dépendant des exportations.

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Quels sont les enseignements de la Grande Dépression pour la zone euro

Par Simon-Wren Lewis

Il est plus facile de considérer les problèmes de la zone euro en considérant tout d’abord la zone euro dans son ensemble et en observant ensuite les différents pays. Dans les deux cas, la zone euro est en train de faire exactement les mêmes erreurs que celles qui ont été commises lors de la Grande Dépression des années vingt et des années trente.

La zone euro subit actuellement un manque chronique de demande agrégée. L’OCDE estime un écart de production (output gap) de presque -3,5 % en 2013. La banque centrale ne peut ou ne désire en faire beaucoup pour accroître la demande, donc la relance budgétaire apparaît nécessaire. C’est la première leçon de la Grande Dépression qui est ignorée. Mais au lieu d’avoir une relance budgétaire, le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) nous impose d’embrasser l’austérité.

Dans la zone euro, nous avons un problème provoqué par une Allemagne cherchant à vendre moins cher que les autres pays-membres sur la période 2000-2007. Je ne suis pas en train de suggérer que ce fut une politique délibérée, mais les conséquences ne furent pas saisies par les gouvernements des autres pays-membres à cette époque.

Une certaine correction a été à l’œuvre en 2007, mais elle fut inachevée. Or, quelle est la seconde leçon de la Grande Dépression et de l’étalon-or ? Chercher à corriger via la déflation et la réduction des salaires s’avère non seulement difficile, mais aussi inutilement douloureux.
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Les banques centrales doivent mesurer l’inflation financière (Vidéo)

L’objectif principal de la banque centrale américaine, c’est de garantir la stabilité financière. Une question fondamentale: une banque centrale doit-elle inclure le prix des actifs financiers dans sa mesure de l’inflation ?

Bilan.ch

Bernard Maris : La création monétaire pour les nuls

Bernard Maris, l’un des économistes les plus connus en France, chroniqueur sur France Inter, et membre du conseil général de la Banque de France, a tout dévoilé dans un documentaire récent sur “La Dette” produit par Nicolas Ubelmann et Sophie Mitriani. Lorsque l’on lui pose la question “D’où vient l’argent que prêtent les banques?”, sa réponse est claire:

La banque fabrique de l’argent à partir de rien. C’est le métier du banquier. La banque crée ex nihilo de l’argent. Ça c’est quelque chose qui est très difficile à comprendre“.

Crimée : Le référendum provoque une ruée vers les banques

Des files d’attente de gens paniqués et espérant retirer le maximum d’argent liquide sont apparues devant les banques en Crimée, à l’approche du référendum de dimanche pour le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie.

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol, le 15 mars 2014 ( AFP / Dimitar Dilkoff)

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol, le 13 mars 2014 ( AFP / Dimitar Dilkoff)

Des gens font la queue devant une banque à Simféropol

Les autorités pro-russes locales tentent pourtant de rassurer la population, assurant qu’il n’y aura pas de problèmes avec les retraites et les salaires et que les banques disposent de suffisamment de liquidités pour tout le monde. Mais leurs propos semblaient contredits par la réalité.

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“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

Contre la dictature de la finance : la bombe atomique suisse !

Avant-hier, en parcourant ce « cerveau collectif » qu’est Facebook, je suis tombé sur la publication d’un de mes amis et par la même occasion, je suis tombé des nues. Les médias « main stream », si prompts à sortir l’artillerie lourde contre les votations des Suisses sur les minarets ou l’immigration massive, se sont bien gardés de nous informer de cette initiative en cours, qui a recueilli à ce jour près de 50 000 signatures mais il lui en faudra le double pour déboucher sur un référendum.

C’est de la bombe. J’en ai rêvé, et les Suisses sont peut-être en train de le faire. Il faut absolument qu’ils aboutissent. Non seulement pour eux mais pour nous tous. C’est pourquoi nous devons les soutenir. J’invite tous ceux d’entre nous qui ont des amis et connaissances au pays des Helvètes de les contacter et de faire la promotion de cette initiative citoyenne. Si l’insurrection des fils (et des filles) de Guillaume Tell contre les Banksters (et les banques suisses sont puissantes !) est couronnée de succès, alors tout espoir sera permis pour nous-mêmes et les générations futures.

Voici donc de quoi il s’agit : zeitpunkt.ch

J’ai traduit l’essentiel de l’article ci-après :

« L’initiative citoyenne la plus importante des 20 dernières années devrait être lancée le 1er mai : la transformation du franc suisse d’argent-dette en « plein argent » [100 % money comme disent les économistes anglo-saxons]. C’est ce qu’ont décidé hier [le 8 janvier 2014 puisque l’article est daté du 9] à Zurich les responsables de l’association pour la modernisation de la monnaie.

L’initiative « Plein argent – pour un argent à l’abri de la crise dans l’intérêt de tous : la création monétaire à la seule banque centrale » veut mettre fin à la création de la monnaie par les banques privées.

90 % de l’argent – la plupart des gens n’ont pas conscience de cette monstruosité – est créé littéralement à partir de rien par les banques. Le monopole de la banque centrale ne s’étend qu’à la monnaie fiduciaire [pièces et billets]. L’argent scripturaire, utilisé pour la plupart des paiements, est créé par les banques elles-mêmes chaque fois qu’elles octroient un crédit. Elles ne prêtent pas l’argent des épargnants – ceux-ci le conservent et peuvent s’en servir pour leurs paiements – , mais créent de l’argent qui n’existait pas par un simple jeu d’écritures. (…) La loi ne les oblige qu’à avoir 2,5 % du montant des prêts en dépôt. [c’est ce qu’on appelle le système des « réserves fractionnaires »]
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Philippe Béchade invité de “monnaie libre” (janvier 2014)

Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora, analyste financer depuis près de 30 ans, et souvent sollicité sur les médias est l’invité de l’émission Monnaie Libre.

On apprend lors de cet entretien que Philippe Béchade connaît bien l’économiste Yoland Bresson avec qui il a travaillé sur le Revenu de Base au début des années 2000. En véritable amateur du jeu d’échecs, il ne se prive pas non plus de nous livrer quelques métaphores à propos de l’économie.

C’est également avec une légère teinte d’ironie et d’humour que Philippe Béchade nous décrit comment les banquiers auto-légitiment le système bancaire, s’exonèrent eux-mêmes de toute responsabilité dans les crises financières, et nous détaille le mécanisme d’effondrement à l’œuvre. On y voit aussi un commencement d’analyse des monnaies numériques et du Revenu de base comme sorties possibles d’un système monétaire non-libre.

Après le FMI, la Bundesbank préconise aussi une taxation exceptionnelle sur l’épargne

Lundi 27 janvier, la Bundesbank a préconisé que  les pays de la zone euro en difficulté devaient d’abord prélever une taxe exceptionnelle sur l’épargne de leurs propres citoyens avant de demander l’aide des autres pays, a rapporté le journal Frankfurter Allgemeine.

« Il est crucial qu’un pays en crise épuise d’abord ses propres solutions pour regagner la confiance dans sa capacité à gérer de façon durable ses finances publiques. Les programmes de sauvetage financés par les contribuables des autres États membres ne devraient être sollicités qu’en dernier ressort, lorsque la stabilité financière de la zone euro est mise en danger », écrit la ‘Buba’.

« Une taxation sur le capital correspond au principe de responsabilité nationale, selon lequel les contribuables sont responsables pour les obligations de leur gouvernement, avant que la solidarité des autres États ne soit requise », énonce la banque centrale allemande, dans son dernier rapport mensuel.

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Olivier Delamarche : « Ce qui est considéré comme un risque, c’est que les économies repartent »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion le 30 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Il n’y aura jamais de reprise au Japon vu l’endettement et le vieillissement. La Grèce a fait du Madoff à la puissance mille. Les États-Unis ont vécu sur le mythe de l’indépendance énergétique. »

« Achetez de l’or et des maisons car les banques vont bientôt exploser »

Par

L’œil du cyclone, c’est cet endroit bien connu dans la tourmente, un endroit de calme plat, un endroit où tout semble aller pour le mieux et en réalité… ce n’est qu’un moment, qu’une pause dans le passage du cyclone.

La situation économique que nous vivons correspond en tout point à la définition de l’œil du cyclone. Encore une fois, rien n’a changé depuis 2007, début de la crise dite des subprimes.

Beaucoup d’agitation, beaucoup de plans de relance, beaucoup d’argent dépensé, un nombre incalculable de sommets et de réunions de la dernière chance, des moyens colossaux mis en œuvre mais au bout du compte, rien ou presque n’a changé.

Alors ce soir, en ce jour de baisse de l’or relativement importante, je tenais à partager avec vous ma conviction la plus profonde sur la situation économique.

Vous dire que vraisemblablement ce mouvement baissier va nous conduire sur le seuil des 1.000 dollars l’once, et que nous allons pouvoir nous renforcer à bon compte sur le métal jaune, car encore une fois, rien n’a changé.

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Alain de Benoist : « Au bord du gouffre – La faillite annoncée du système de l’argent »

Notes de lecture établies par Pierre Milloz (29/06/2012)

Sous ce titre, Alain de Benoist publie à propos de la crise contemporaine une analyse incisive et peu complaisante du capitalisme. Les débouchés, dit-il, sont le problème éternel du capitalisme. Après la phase initiale qui a vu les salaires soumis à une très forte pression, au XIXe siècle surtout, ce problème a pu être résolu un temps par le fordisme : on a alors globalement et progressivement relevé le niveau des salaires de manière à soutenir la consommation. Mais…

Mais après la période des Trente Glorieuses est survenue une baisse tendancielle de la profitabilité des investissements et, d’une certaine manière, on a abandonné le fordisme pour revenir à la phase initiale se caractérisant par une pression sur les coûts salariaux propre à restaurer la profitabilité.

La question des débouchés s’est alors posée à nouveau de manière aiguë. L’auteur énumère trois moyens propres à y répondre: premièrement, augmenter la durée du travail (le lecteur rapprochera sans doute ce moyen de l’exhortation à « travailler plus pour gagner plus »), avec tous les effets pervers qui s’ensuivent sur la vie personnelle des salariés ; deuxièmement, rechercher une main-d’œuvre moins chère et « peu revendicative », ce qui incite à recourir à l’immigration et aux délocalisations ; et enfin troisièmement, faciliter le crédit dans des proportions éventuellement imprudentes pour favoriser la consommation.

On touche ici au risque fondamental: un excès déraisonnable de crédit. Alain de Benoist replace ainsi dans une perspective plus générale l’événement ponctuel qui a déclenché une crise mondiale dont le système était gros : l’endettement des ménages américains par les prêts hypothécaires et l’impossibilité où ils étaient de rembourser ces « crédits pourris ».

L’auteur retrace alors tous les facteurs qui ont concouru et concourent encore à l’endettement général, au premier rang desquels la dérégulation globale, souhaitée par la pensée libérale.
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Olivier Delamarche : « Croissance: un avion sans moteur se crashe »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 13 août 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Paul.

« Les chiffres de la production industrielle dans tous les pays officiellement sortis de la crise: -4,6 % en Espagne, -5,1 % en Italie, -0,2 % en France… Il n’y a que Messieurs Hollande et Moscovici, nos deux comiques préférés, qui pensent que la crise est terminée – Les revenus et l’activité n’augmentent pas donc on ne voit pas comment les gens pourraient se mettre à consommer comme des fous – Sur les marchés, on achète en comptant sur le fait qu’on va continuer à injecter des liquidités. »

Les guerres de l’or

Conférence donnée par Ferdinand Lips1 à l’Université de St-Gall le jeudi 24 juin 2004 dans le cadre de la série intitulée «International Finance & Security»

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier les organisateurs, Messieurs Graf et Brunner, de m’avoir invité. Avoir choisi un sujet aussi brûlant que celui de l’or les honore. Ils font ainsi preuve de courage. En effet, le mot «or» était tabou jusqu’il y a peu. Le prononçant, on risquait de passer pour un original. Ils ont pris une sage décision. Nous verrons bientôt à quel point, dès l’origine de la civilisation, l’or a joué un rôle essentiel et positif dans l’histoire de l’humanité.

Je prouverai que, sans monnaie-or, il n’est que crises et guerres dans le monde. Le XXe siècle et le début du XXIe en témoignent. Je prouverai également ou affirmerai tout au moins que, sans étalon-or, le monde retombera dans un nouveau moyen-âge. [...]

D’ici là, le système financier actuel – ou plutôt le non-système – aura fini d’exister, à mon avis. Comme vous le savez, il se fonde sur un mensonge et une accumulation gigantesque de dettes, qui ne peuvent plus être honorées. Il est probable que cette montagne de dettes recouvrira tout finalement.

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Méridien Zéro : « La loi du 3 janvier 1973 » (audio)

Le vendredi 21 juin, Méridien Zéro recevait Pierre-Yves Rougeyron pour évoquer avec lui son ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, la fameuse loi Rothschild qui oblige l’État à emprunter sur les marchés financiers privés.

Emission animée par Gérard Vaudan avec la complicité d’Eugène Krampon.

Lord Igor à la technique.

John Law ou la chute spectaculaire d’un banquier central (Màj Vidéo)

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

Quand John Law a fait face à la dette énorme de l’État en France au dix-huitième siècle, il a émis beaucoup de papier monnaie -avec succès- et le pays s’est senti riche. Il était intelligent, courageux, charmant, honnête – et pour un temps- extrêmement populaire. Malheureusement, il a ainsi ruiné tous ceux qui avaient de l’argent en France, ce qui a fait de l’ombre à ses autres qualités. Il est intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé.

John Law était écossais. Il est né à Edimbourg en 1671, d’un père banquier et joaillier qui avait réussi. A l’âge de 14 ans, il commença son apprentissage dans ces métiers et s’en retourna à 17 ans, juste à temps pour hériter de son père qui décéda cette même année. Il était déjà connu alors pour ses talents mathématiques et sa popularité auprès des dames.

Apprendre son métier
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Indépendance des Banques Centrales et paradigmes culturels

par Jean Claude Werrebrouck

Le choix du modèle allemand de banque centrale qui s’est partout imposé à la fin du siècle dernier, fut facilité par la commune croyance en un nécessaire devoir de lutte contre l’inflation. Cette dernière très importante dans les années 70 était attribuée aux largesses de la politique monétaire que – selon la théologie monétariste de l’époque -  les Etats pratiquaient sans modération. De ce point de vue, le dessaisissement radical de la gestion monétaire au profit d’une banque centrale indépendante, organisme simplement soumis au maintien de la valeur de la monnaie, est apparu comme modèle à suivre.

Aujourd’hui, les difficultés d’une mondialisation intimement liée aux causes profondes de la crise en termes réels[1], questionnent le bel unanimisme. Mais surtout, la guerre des monnaies qui semble s’amplifier, passe par l’examen  des racines  culturelles nationales, paramètre  oublié au moment du grand basculement vers l’indépendance.

Mondialisation et racines culturelles oubliées

Les racines culturelles mises à l’écart des raisonnements économiques concernent au moins trois grandes conceptions de la liberté : l’anglo-saxonne, la française et, peut- être plus intermédiaire, la conception allemande.

Les deux premières sont assez radicales et très radicalement opposées.

L’anglo-saxonne fait de la liberté une dépendance de la propriété qui, selon la loi naturelle de Locke, est elle-même un bouclier au regard des agissements d’autrui. Je ne suis libre que si je dispose de droits de propriété eux-mêmes négociables sans restriction sur un marché.

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Pays-Bas : L’État n’a plus aucun contrôle sur sa politique monétaire

« La Hollande offre une leçon salutaire de ce qui peut arriver à une économie riche et sophistiquée victime d’une baisse de l’offre de crédit à la suite d’une bulle après qu’elle a perdu le contrôle de sa devise, de la banque centrale et des leviers monétaires », affirme Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph.

Beaucoup de gens assimilent les Pays Bas aux autres économies cotées triple A de la zone euro, mais le pays est en récession depuis 2011. Le chômage augmente aussi rapidement qu’à Chypre ; il a doublé sur les deux dernières années, et il est passé de 7 ,7% à 8,1% sur le seul mois de mars.

Pourtant, sur le fond, l’économie est saine. Le compte courant est excédentaire de 8,3% du PIB et le taux de l’épargne est de 26%. Mais le Japon pouvait aussi se targuer d’une situation de ce type lorsqu’il a été piégé par les suites de l’éclatement de sa bulle immobilière.

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Philippe Béchade : « Ben Bernanke ne peut pas arrêter d’émettre du papier »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 24 mai 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Bourse“.

« Il n’y a pas de marché, c’est une bulle. Si on se demande pourquoi Ben Bernanke ne peut pas arrêter d’émettre du papier, on ne tardera pas à découvrir la réponse et la réponse est horrible. Au Japon, le marché obligataire a perdu 20% mercredi matin, ça s’appelle un krach, ensuite ça a été la grande faucheuse sur les actions. »

Philippe Béchade : « Il n’y aura aucune reprise au Japon »

Philippe Béchade, rédacteur en chef à la Chronique Agora, le 22 mai 2013 sur BFM Business dans l’émission “Intégrale Placements“.

« La réaction en chaîne [de la bourse japonaise] n’est plus maîtrisable, c’est un krach à la hausse. Quand on a 50% de retour sur investissement en quatre mois et demi, il n’y a aucun placement dans le monde réel, rien ne résiste à ça. Aux États-Unis la consommation ne repart pas. La FED achète et fait monter le marché, c’est totalement mécaniste. »

Nicolas Doze : La FED songerait à débrancher prochainement

Le 17 mai, Nicolas Doze est revenu sur les propos du patron de la FED de San Francisco qui envisage de “débrancher plus tôt que prévu”, sur BFM Business.

Les américains sont dans une phase où l’on va faire une exit strategy. C’est compliqué parce que l’on ne maîtrise pas tout. En 1994 Greenspan décide de débrancher. 25 points de base de hausse de taux. Et tout à coup les taux américains et les taux longs commencent à repartir vers le haut et l’on se dirige vers une forme de Krach obligataire.

Inde : La chute de l’or met le pays en ébullition

S’il y a un pays où la chute de l’or suscite bien des réactions, c’est l’Inde. Le métal jaune demeure le placement de prédilection des Indiens, ce qui fait du pays le plus gros acheteur de la planète. Compte tenu de la place de l’or dans les portefeuilles - mais aussi dans la psychologie - des Indiens, un repli brutal des cours entraîne des conséquences variées et parfois inattendues.

La première d’entre elles, bien sûr, c’est un appauvrissement des Indiens qui ont placé tout ou partie de leur épargne en or. Globalement, le broker CLSA estime que les ménages indiens possèdent 20.000 tonnes d’or valant 845 milliards d’euros (en décembre dernier), ce qui correspondrait à 18 % de leurs avoirs. La baisse des cours d’environ 20 % observée depuis le dernier pic se traduirait donc par un effet d’appauvrissement de l’ordre de 4 % de leurs actifs.

Les familles voient dans la baisse des cours l’occasion d’achats à bon compte. Les prêteurs sur gages s’inquiètent.

Leurs réactions risquent cependant d’être très différentes selon que l’on ait affaire à des épargnants traditionnels qui placent leurs économies plutôt modestes en or (souvent sous forme de bijoux) faute d’autre possibilité et qui en achètent quoi qu’il arrive pour les mariages et les fêtes religieuses ; ou à des investisseurs qui voient dans le métal jaune un instrument de spéculation et de couverture contre l’inflation.
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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (24/04/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 24 avril 2013

Émission au format mp3

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Partie 1/2


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Inde : La banque centrale prévoit de mettre l’or des ménages à contribution

La banque centrale Indienne a pour objectif de mobiliser l’or paresseux des ménages. Elle considère aujourd’hui des méthodes moins directes que l’augmentation des taxes sur les importations d’or pour réduire son déficit de compte courant.

Puisque les importations d’or contribuent énormément au déficit du compte courant de l’Inde, un comité a été nommé par la banque centrale du pays en vue d’étudier des solutions alternatives.

Anand Sinha, sous-gouverneur de la banque de réserve Indienne, expliquait récemment que la banque considère actuellement l’instauration d’instruments financiers capables d’imiter les retours offerts par l’or.

“Les importations d’or sont responsables d’une part substantielle de notre déficit de compte courant. Nous sommes désormais à la recherche des meilleures solutions qui pourraient nous aider à faire face à ce problème. Les importations ne sont qu’un aspect de notre étude, l’autre aspect étant que l’or des ménages puisse être mis à contribution pour satisfaire la demande grâce à la création d’instruments financiers capables d’imiter les retours offerts par l’or.”

L’idée, dit-il, est de rendre productif l’or des ménages.
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Espagne : L’État pille le fonds des retraites pour les “paiements d’urgence”

Le Fondo de Reserva de la Seguridad Social, le fonds de la Sécurité Sociale espagnole, a saisi l’opportunité des promesses de Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, de faire « ce qu’il faudrait faire pour sauver l’euro », pour augmenter la part d’obligations souveraines espagnoles qu’il détient. 

Le fonds, qui a été créé pour garantir les paiements futurs des pensions, a acquis 20 milliards d’euros de dette espagnole l’année dernière, et il s’est débarrassé dans le même temps de 4,6 milliards d’euros d’obligations françaises, allemandes et hollandaises. 70% des achats ont eu lieu après les déclarations de Mario Draghi qui ont fait remonter le cours des obligations espagnoles.

Désormais, ce sont 97% de ce fonds de 65 milliards d’euros qui ont été investis en obligations souveraines espagnoles de plus en plus risquées, contre 90% en 2011, et 55% en 2008.

« On dirait qu’à défaut de disposer de sa propre banque centrale pour monétiser sa propre dette, le gouvernement espagnol a tout simplement pillé une autre entité quasi-gouvernementale pour s’assurer du rachat des obligations », écrit le blog financier américain Zero Hedge.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (03/04/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 03 avril 2013

Nouveau : écouter l’émission au format mp3

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Afrique du Sud : Les “BRICS” lancent leur banque de développement

Les dirigeants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis à Durban en Afrique du Sud, se sont mis d’accord mardi pour créer une banque de développement commune destinée à financer des infrastructures, qui devrait leur permettre de se passer de la Banque mondiale.

[...] Derrière le discours politique unificateur, qui consiste à dire que les Brics doivent constituer une force économique et politique pour s’affranchir des puissances occidentales, se dissimulent cependant des appréhensions africaines.

C’est de fait l’implantation massive en Afrique de la Chine, le géant des Brics, qui pose question, certains estimant que la Chine n’est plus un pays émergent, et que ses relations économiques avec le continent s’apparentent désormais à une nouvelle forme de colonialisme.

La nouvelle banque devrait être dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Quand bien même elle devrait avoir du mal à réunir une telle somme qui correspond à 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), l’Afrique du Sud en a fait une priorité. Elle espère trouver ainsi un moyen de financer son ambitieux programme d’infrastructures et aussi les projets des pays voisins.
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Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après

Par Jean Claude Werrebrouck

La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ?  Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il  de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.

La très difficile stratégie coopérative

Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.

Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont  apparents.

Du côté des forces sociales qui tenteront  de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS -  au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].

Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère  pas  les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.

De fait la grande difficulté est que – telle une drogue  les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

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