Reportage: Règlements de comptes, braquages : sur la route du trafic d’armes

Pour braquer une supérette ou «sécuriser» un convoi de cannabis, la Kalashnikov, le célèbre fusil d’assaut d’origine russe, est devenue l’arme indispensable des malfrats. La quasi-totalité de ces armes qui circulent en France viennent des Balkans, dont les énormes stocks ont été dispersés lors des guerres des années 90. Une équipe de journalistes a suivi le piste de trafiquants qui importent ces armes.

France Reportage

Des « fractures françaises » à la guerre civile ? (Rediff.)

Étudiant les Fractures françaises et leurs conséquences, le géographe Christophe Guilluy écrit dans son dernier livre : « La “guerre civile” n’est pas l’horizon le plus probable, en revanche le retour du “conflit” paraît, lui, assuré. » Une thèse qui a suscité une levée de boucliers.

C’est un réflexe pavlovien : chaque fois qu’un chercheur aborde sans oeillères la question de l’immigration, les bons esprits l’accusent de « faire le lit du Front national ». Ce fut hier le cas avec le sociologue Sébastien Roché, puis la démographe Michèle Tribalat coupable d’avoir fustigé dans un livre paru en mars dernier [2010] chez Denoël ceux qui veulent garder Les yeux grands fermés devant la substitution de population (la France abriterait 15 millions d’allogènes selon l’ancien ministre chiraquien Azouz Begag) et ses conséquences. C’est donc aujourd’hui Christophe Guilluy qui se trouve sous les feux du lobby antiraciste.

La mondialisation, matrice de l’insécurité sociale et … du populisme

Il est vrai que dans son nouveau livre, Fractures françaises (1), ce géographe né en 1964 et déjà coauteur avec Christophe Noyé d’un édifiant Atlas des nouvelles fractures sociales françaises en France / Les classes moyennes oubliées et précarisées, ne mâche pas ses mots. Appuyé sur une solide documentation, il accuse de manipulation ceux qu’il nomme les « prescripteurs d’opinion », et de « gâtisme » les prétendues élites qui « chaussent les lunettes des années 1970 » pour analyser la situation des banlieues.

Lesquelles ne relèvent plus de la question sociale comme ce fut longtemps le cas pour la « ceinture rouge ». Leur « fonction principale » est au contraire d’être devenues « des sas entre le Nord et le Sud », un « constat que les politiques répugnent à assumer ».

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Mais où vont les milliards du Qatar?

Le patrimoine international du petit émirat arabe atteindra 210 milliards de dollars en 2012, résultat d’une série d’acquisitions très diversifiées et tous azimuts. Voici comment le Qatar est devenu le premier investisseur mondial.

Novembre 2011: une délégation de l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aneld), conduite par son président-fondateur Kamel Hamza, élu UMP de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), est en voyage au Qatar. L’idée est de lever des fonds pour les entrepreneurs des banlieues. “De nombreux porteurs de projets viennent nous demander de les aider, parce que les banques ne leur prêtent plus, raconte Kamel Hamza. Pourquoi ne pas essayer du côté du Qatar, pays ami de la France? ” Bingo. Le souverain, cheikh Hamad ibn Khalifa al-Thani, accède à leur souhait. Dès le 8 décembre, l’ambassadeur du Qatar à Paris annonce la création d’un fonds d’investissement doté de 50 millions d’euros. Une manne pour les banlieues françaises, une misère pour ce richissime Etat du Golfe, qui jongle avec des milliards d’investissements.

L’an dernier, le Qatar a racheté le Paris Saint-Germain (PSG), est devenu le premier actionnaire du groupe Lagardère et l’heureux possesseur du Carlton de Cannes. Mais son intérêt ne se limite pas à la France : il participe au sauvetage de deux banques grecques et au rachat des studios de cinéma Miramax, mis en vente par Disney aux Etats-Unis, acquiert des quartiers entiers de Londres, et lance un fonds de 1 milliard de dollars en Indonésie. Depuis trois ans, ce pays est devenu le premier investisseur du monde, par le biais de son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) et de la Qatar National Bank. Chaque année, il dépense de 20 à 30 milliards de dollars sous toutes les latitudes, et son patrimoine international devrait atteindre 210 milliards de dollars en 2012, dont 135 milliards pour QIA, selon des chiffres officiels dévoilés fin janvier.

Des liens étroits avec la France

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Les banques invitées à miser sur les quartiers populaires

Le laboratoire d’idées Terra Nova a présenté, mardi 24 janvier, 16 propositions en faveur de la diversité qu’il entend soumettre aux candidats à la présidentielle.Le groupe de travail suggère notamment de s’inspirer d’un dispositif américain qui promeut l’investissement bancaire dans les quartiers en difficulté.

Les banques financent très peu le tissu économique des quartiers populaires. 93 % des créateurs d’entreprise en banlieue investissent sur leurs ressources personnelles, celles de la famille ou des associés (1).

Le manque de soutien financier est tel que c’est auprès de l’émirat du Qatar que l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aneld), alertée par les difficultés, a récemment obtenu un fonds de 50 millions d’euros destiné à soutenir les projets des habitants des banlieues françaises.

« Le plus injuste certainement dans cette situation, c’est que l’épargne même des habitants des quartiers populaires est réinvestie ailleurs, dans les centres-villes ou les quartiers d’affaires » , constate Olivier Ferrand, président et fondateur de Terra Nova. « Cette population, pour monter des affaires, ne trouve des financements que par le biais de dispositifs d’exception, comme le microcrédit » , regrette-t-il.

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France : Le Qatar tente de séduire la diaspora algérienne

Le quotidien algérien Tout sur l’Algérie s’interroge sur l’intérêt manifesté par le Qatar pour la communauté maghrébine en France, algérienne en particulier, en raison de la «proximité du Qatar avec les milieux islamiste».

L’émir cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani a récemment reçu neuf conseillers municipaux de banlieue, tous originaires du Maghreb, et créé un fonds d’investissement pour les jeunes entrepreneurs de banlieues.

Il ne s’agit pas de «charité», explique le diplomate qatari à propos de ce Fonds, mais d’un «partenariat qui va servir la relation entre le Qatar et la France», «un pays stratégique et très important pour nous». Une attitude qui suscite des interrogations en France, dans la presse et au sein de la classe politique française, à la veille de l’échéance électorale présidentielle.

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Patrick Lozès : La France néglige le «joyau» de la diversité

Par Patrick Lozès, ancien président du Conseil représentatif des association noires de France (Cran) et candidat à la présidentielle, s’indigne que la France ne tire pas profit du potentiel des habitants des banlieues et parle de «gâchis français».

Il est temps que notre pays prenne conscience du potentiel énorme de ces populations pour notre économie. Il est surprenant que des pays étrangers se rendent compte avant nous de nos atouts extraordinaires.

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Maurice Leroy enterre le “plan Marshall” des banlieues

Le ministre de la Ville appelle à une mobilisation en faveur des quartiers populaires mais explique que l’heure n’est plus aux coûteux plans de grande envergure.

Les grands plans ‘globaux’, les grandes promesses, les plans Marshall, c’est inutile car personne n’y croit et de surcroît, c’est désormais irréaliste dans un contexte financier qui nous contraint à une grande vigilance budgétaire“, dit-il, précisant vouloir “concentrer” et “cibler” les efforts.

Le candidat Nicolas Sarkozy avait promis, lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, un “plan Marshall” pour les banlieues. Il était revenu sur le sujet après son élection, évoquant en février 2008 un plan “Espoir banlieues” et affirmant lors d’un discours à l’Elysée devant des habitants de quartiers difficiles qu’il fallait “réinventer la ville“.

Fadela Amara avait dessiné les grandes lignes de cet ambitieux projet qui devait se concentrer sur une centaine de quartiers avec comme priorités l’insertion par le travail, la lutte contre l’échec scolaire et le désenclavement.

La secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville avait évoqué imprudemment un effort d’un milliard d’euros pour ce vaste programme avant d’être écartée du gouvernement et de céder la place, à la faveur d’un remaniement de novembre 2010, à Maurice Leroy, qui lui a succédé avec le rang de ministre.

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Les classes populaires ne sont pas en banlieue

L’évidente rupture entre les classes populaires et la politique découle directement d’une vision erronée de la société française. « Le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain ». Les ruraux sont donc en moyenne “plus souvent pauvres”.

Antoine ou Louis Le Nain – Famille de paysans dans un intérieur (1642)

La compréhension géographique et sociale de la France doit s’émanciper du sens commun et de trop fréquentes représentations imposées pour retrouver le chemin d’une représentation réaliste et lucide de la France populaire. Il faut « chasser les mythes » comme aurait dit le sociologue Norbert Elias.

La vision déformée (et médiatique) de la géographie française qui résume les « quartiers populaires » aux banlieues à forte concentration de populations immigrées est réductrice et ne correspond pas à la réalité.

D’abord, concentrons-nous sur les faits. Il n’existe pas de jeunesse qu’en ville et, à fortiori, les « quartiers populaires » sont loin d’être tous concentrés dans les métropoles. Une nouvelle réalité sociale est née de la mondialisation néolibérale et s’incarne dans une géographie sociale nouvelle. La mutation de l’économie liée à la globalisation financière a engagé la mutation du territoire : la France ne ressemble plus à l’image que l’on se fait d’elle. Un puissant effet de persistance rétinienne a en effet empêché de comprendre les mutations à l’oeuvre.

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Les pauvres ne sont plus ce qu’ils étaient

Un nouvel article consacré à l’ouvrage de Christophe Guilluy vient de sortir, dépeignant l’analyse originale du géographe sur la situation de la pauvreté réelle en France.

On y apprend, notamment, que 85% des pauvres ne se trouvent pas dans les banlieues sensibles, chose que l’on peut facilement remarquer en regardant une simple carte du territoire, avec le PIB par habitant suivant les départements. Ou même, en remarquant que le taux de chômage n’est pas forcément proportionnel au nombre d’immigrés présents dans tel ou tel département.

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Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse

Addendum : Z comme Zemmour du 28 mai 2010.

« On s’occupe trop des retraités, pas assez des jeunes »


(Merci à SPOILER)

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Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse

Par Louis Chauvel.

Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Les enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent depuis deux ans un pessimisme exceptionnel de nos concitoyens vis-à-vis de notre avenir. Au-delà des indicateurs de la conjoncture, les questions structurelles préoccupantes pour le long terme de notre pays s’accumulent et nous ne voyons dans ce contexte avec quels moyens les nouvelles générations pourraient améliorer leur sort.

L’échec de la France à l’entrée dans la société de connaissance, la misère de l’université low cost, la situation toujours plus problématique de nos banlieues, voilà parmi bien d’autres les difficultés que doit affronter notre jeunesse, qui exigeraient des financements urgents et un effort de l’ensemble de la collectivité pour surmonter le défi de la décennie qui vient. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l’avenir de “notre retraite.

Peu importe l’horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d’argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens.

Dans ce contexte, quelques voix timides s’entendent à droite et à gauche pour rappeler le relatif bien-être des retraités d’aujourd’hui, et leur capacité à contribuer ne serait-ce que modestement à l’effort de la nation : la décote de 10 % pour “frais professionnels” de l’impôt sur le revenu des retraités, l’alignement du taux de la CSG des seniors sur celle des cotisants, voilà de bien modestes propositions en regard des efforts qu’il faudrait mener urgemment pour financer notre avenir collectif.

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Les laissés-pour-compte des banlieues blanches anglaises

Violence, chômage, déscolarisation… Dans les banlieues britanniques, les classes populaires blanches ont vu leur situation s’aggraver avec la crise économique. Désabusés, ces citoyens à l’abandon se considèrent comme une « minorité oppressée » et n’attendent rien des élections. Un problème auquel les vainqueurs du scrutin devront tôt ou tard s’attaquer.

On les appelle parfois les « chavs », lorsqu’ils sont jeunes et vulgaires. Ou le « sous-prolétariat blanc », pour englober toutes les générations de ces classes populaires vivant dans les banlieues anglaises. Une « sous-classe sociale », que certains désignent plus crûment encore par le terme de « white trash » (littéralement « déchet blanc »), importé des États-Unis.

Il y a un peu plus d’un an, Trevor Phillips, le président de la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme mise en place par les travaillistes en 2007, estimait en tout cas que les Blancs pauvres étaient les vrais perdants de la récession. Selon lui, il faut reconnaître dans certaines régions du pays que « la couleur du désavantage n’est pas brune, mais blanche », assénait-il. L’ironie veut qu’une grande partie de cette population se considère désormais comme une minorité oppressée.

C’est certain : ces citoyens des couches pauvres de la population ne vont pas se déplacer en masse, demain, pour voter. La politique ne les intéresse plus. On représente le cliché de ces citoyens comme jouant au bingo dans des pubs vieillots, une pinte de bière à la main, ou pariant sur des courses de lévriers dans ces établissements spécialisés qu’on trouve dans les rues commerçantes du pays. Ils étonnent toujours par leur résignation.
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Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, Charles, je pense que les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci.

Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.
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Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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