L’UE a payé 35 milliards d’euros de trop pour le sauvetage des banques

L’Union européenne a payé 35 milliards d’euros de trop pour les plans de sauvetage du secteur bancaire de la Grèce, de l’Espagne et de Chypre, affirme le Süddeutsche Zeitung sur la base d’une étude commandée par les Verts pour le Parlement européen et au Bundestag.

Achim Duebel de Finpolconsult a examiné la situation de sept banques dans les trois pays qui avaient reçu 90 milliards d’euros. Il conclut que plus d’un tiers de cette somme ont été gaspillés par des erreurs d’amateur. Il a découvert deux erreurs principales:

✔ Les gouvernements ont acheté des actions ordinaires de ces banques. Cela signifie qu’ils ont également absorbé les pertes de ces banques. Par contraste, le gouvernement américain a acquis des actions préférentielles des banques américaines en difficulté, ce qui implique une prise de risque bien moins importante.

✔ L’Union européenne n’a pas été assez rapide pour mener ces plans de sauvetage, ce qui a permis aux épargnants de sauver leurs économies avant l’annonce officielle de ce plan de sauvetage. L’auteur cite l’exemple de la banque espagnole Bankia où 2 milliards d’euros ont disparu dans les jours qui ont précédé le sauvetage.

Les Verts allemands utilisent maintenant l’étude pour accuser ces plans de sauvetage de gaspiller l’argent du contribuable allemand. Le député européen Sven Giegold estime qu’elle démontre que l’Europe a besoin de se doter d’une instance décisionnelle importante, une idée que le gouvernement allemand a toujours rejetée.

Express.be

Espagne : les participations préférentielles, “le scandale” des produits financiers à risques

Les “participations préférentielles, c’est le scandale du siècle en Espagne” : Inocencio Merino, ouvrier à la retraite, se dit victime, comme des centaines de milliers d’autres, de “l’escroquerie” de la vente des produits financiers à risques que le gouvernement va réformer.

Rodrigo Rato, Président de Bankia de 2010 à mai 2012

Depuis l’annonce du sauvetage public de Bankia en avril, qui a précipité une aide européenne au secteur bancaire espagnol de cent milliards d’euros au maximum, les plaintes de petits épargnants s’accumulent, ruinés par des “produits toxiques”.

Parmi ces actifs aux noms rébarbatifs, vendus à tout va depuis la crise, les “participations préférentielles“, titres très complexes et risqués, remportent la palme : 710.000 familles sont concernées sur environ un million de foyers touchés par les produits risqués, selon l’association des usagers des banques Adicae, qui a déjà reçu plus de 30.000 plaintes.

“Au total, 30 milliards de ces produits toxiques ont été vendus depuis 1999, dont quelque 26 milliards sont des participations préférentielles”, explique Javier Contreras, un responsable de l’Adicae.

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Espagne : La prétendue exemplarité du système bancaire

Par Michel Santi

Il est parfaitement toléré que des établissements financiers européens de taille importante masquent leurs pertes si elles parviennent ainsi à traverser une crise violente. Les banques espagnoles n’ont-elles pas honorablement tiré leur épingle du jeu de massacre survenu à l’automne 2008 ? Si ce n’est que nous savons maintenant qu’elles étaient toutes sur un siège éjectable et que ces « provisions dynamiques » n’ont fait qu’aggraver leurs situations financières en rendant leur sauvetage beaucoup plus cher aujourd’hui.

Alors que l’Espagne a désespérément besoin d’un montant minimum de 100 milliards d’Euros pour sauver de la banqueroute son système bancaire, qui se souvient aujourd’hui que ces établissements financiers espagnols étaient cités comme référence il y a de cela quelques années à peine ?

Les autorités de régulation du pays ne se plaisaient-elles effectivement pas de rappeler haut et fort et de déclarer lors de toute conférence internationale que ses banques s’étaient sortis avec des dégâts négligeables de la crise financière et du crédit ayant culminé en fin 2008 et début 2009 ?

La technique des « provisions dynamiques » était présentée comme instrument suprême ayant épargné le système bancaire espagnol et qui consistait à faire des réserves lors des périodes fastes afin d’être armé à affronter les crises futures. Ce coussin – qui était supposé leur permettre de traverser les épreuves les plus rudes – était censé représenter l’arme contre cyclique par excellence pour lutter et surmonter les potentielles pertes futures causées par des prêts non remboursés.

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Et si la dette espagnole était illégitime?

Les marchés mettent l’Espagne à genoux. Des citoyens, inspirés par une initiative grecque, demandent un audit des créances publiques et, le cas échéant, leur annulation.

Dans le ménage de l’Etat, l’intérêt de la dette a remplacé les services publics. Plus les marchés financiers renâclent à acheter les titres de la dette espagnole, plus le coût du remboursement de ses intérêts augmente. A la suite de l’annonce de l’injection de 23,5 milliards d’euros pour sauver sa quatrième banque – Bankia – de la faillite, les taux à dix ans de l’obligation espagnole de référence ont dépassé les 6,45% le 29 mai. Ce qui devrait encore accroître le coût du remboursement annuel des intérêts de la dette, déjà chiffré à 28,8 milliards d’euros lors de la présentation du budget 2012 début avril. Dans le même budget, on apprenait une coupe de 27,3 milliards d’euros dans les services publics.

La dette espagnole mérite-t-elle une telle phobie? La part publique de la dette ne représentait «que» 68% du PIB en 2011, alors que celle de la France dépasse les 85%. Avec le sauvetage de Bankia, elle pourrait augmenter jusqu’à 79,8% du PIB, prévoit le gouvernement. Un chiffre encore inférieur à celui de l’Allemagne, qui cumule 2080 milliards d’euros de dette publique, soit 81,2% de son PIB.

Privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes

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Espagne : Les Indignés ferment leurs comptes en banque pour dénoncer les saisies immobilières

Non loin de la Puerta del Sol, célèbre place madrilène qui a vu naître le mouvement des Indignés il y a tout juste un an, une file d’attente s’allonge à l’entrée d’une banque. Des dizaines de personnes ont décidé de retirer leur argent pour protester contre Bankia, une banque coutumière des saisies immobilières que l’État a décidé de renflouer.

Policiers contrôlant l'identité des clients venus clôturer leur compte.

Lundi 14 mai, des clients de Bankia ont protesté devant le siège de leur banque contre l’entrée de l’État dans son capital. Le gouvernement l’a décidé la semaine dernière dans le but d’assainir les actifs toxiques du groupe, par ailleurs noté BBB par l’agence de notation Standart & Poor’s. Ecœurés, des clients ont découpé leur carte de crédit et leurs papiers de banque devant le bâtiment.

Cette nationalisation fait partie d’une vaste réforme du secteur bancaire annoncée par le gouvernement vendredi 11 mai. Elle impose aux banques d’augmenter leurs provisions pour se protéger des pertes sur leurs prêts toxiques dans l’immobilier. (…)

Lola Fernandez fait partie du mouvement des Indignés. Elle est membre d’un groupe de travail sur le logement et a participé à l’organisation de la manifestation devant Bankia.
Quand nous sommes arrivés devant Bankia, la police nous attendait. Après deux heures de négociations, les policiers ont fini par accepter de laisser entrer les clients, deux par deux. Ils leur ont demandé leurs papiers d’identité et ont noté leur nom, ce qui n’a pas manqué d’en effrayer certains. En fait, beaucoup d’Indignés ont eu à payer des amendes pour avoir pris part à des manifestations non autorisées.
Nous nous sommes organisés de telle manière qu’à chaque fois qu’un client entrait pour demander une remise de dette sur sa créance immobilière, un deuxième arrivait pour menacer de fermer son compte. La banque a noté toutes les réclamations des clients et nous attendons maintenant de voir ce qu’il va se passer. Avec un peu de chance, elle acceptera de négocier individuellement avec chaque client endetté.

Grèce : Les clients de Bankia ont retiré plus d’un milliard d’euros

Les clients de la banque espagnole Bankia, nationalisée la semaine dernière, auraient retiré depuis plus d’un milliard d’euros de leurs comptes, rapporte El Mundo jeudi. Le quotidien cite des informations données lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu hier. Bankia n’avait pas répondu à la question de savoir s’il y avait eu des retraits massifs de liquidités.

Mais l’action Bankia a perdu 10 % mercredi, la banque ayant retardé la publication de ses résultats du premier trimestre, les investisseurs s’interrogeant sur le montant des pertes encourues par la banques.

L’Espagne a pris le contrôle de Bankia, quatrième banque du pays, mercredi 9 mai. L’agence de notation Moody’s s’apprêterait, en outre, à baisser “de manière significative” les notes de 21 banques espagnoles, renforçant les inquiétudes du secteur et des épargnants.

REDITE DE LA SITUATION GRECQUE

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