A la veille d’une nouvelle crise financière…

Incroyable ! Sept ans après les subprimes, des bulles sont en train de se reformer. Et elles pourraient bien exploser ! Il suffit d’une étincelle, par exemple en Grèce avec sa sortie de l’Euro.

Le monde de la finance est vraiment incorrigible. Sept ans seulement après la crise des subprimes, qui a failli faire exploser le système bancaire international, voilà que resurgit la crainte d’un nouveau krach. «On est assis sur un baril de poudre, la question est simplement de savoir quel sera le détonateur», transpire l’économiste Marc Touati. «Nous nous trouvons dans une zone de risque proche de celle de 2008», confirme Christophe Nijdam, du centre d’expertise Finance Watch. En d’autres termes, la sortie de la Grèce de la zone euro ou la remontée un peu trop brutale des taux d’intérêt ou la simple défaillance d’une banque pourrait tous nous entraîner dans une terrible crise financière et dans une récession planétaire.

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Fossiles : dix raisons de sevrer la planète

La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés, menaçant l’environnement et l’économie mondiale. Pourtant, les alternatives existent et sont désormais rentables.

Nous sommes tous junkies. Dépendants au charbon, au pétrole et au gaz. Produits de la décomposition de forêts et micro-organismes voilà des millions d’années, les combustibles fossiles ont dormi sous terre jusqu’à ce qu’Homo Sapiens se mette à les extraire à marche forcée à partir du milieu du XIXe siècle. Grâce à ce shoot énergétique, tout est devenu possible : le drapeau sur la Lune, les fraises en hiver, la pâte à prout fluo. Plus que jamais, les hydrocarbures irriguent nos vies.

Et nos dealers sont bichonnés. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait en 2013 que les gouvernements de 176 pays ont subventionné – allégements fiscaux, incitations ou financements directs – à hauteur de 1 900 milliards de dollars le secteur des énergies fossiles en 2011, soit 2,5% du PIB mondial.

Accros ou pas, il va falloir trouver notre bonheur ailleurs. La baisse du prix du pétrole pendant quelques mois nous a maintenus dans l’illusion de la défonce, mais il est déjà remonté. Les gisements facilement accessibles et peu chers à exploiter se tarissent. Surtout, si nous voulons avoir une chance de vivre dans un monde à peu près stable ces prochaines décennies, nous ne pourrons pas extraire jusqu’au dernier atome de carbone du sous-sol.

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« La position du Royaume-Uni est-elle si enviable ? »

En apparence, le pays va bien, porté par le rebond de la croissance et le recul du chômage sous la barre des 6%. Mais la réalité est tout autre : c’est l’endettement des ménages, le recul du taux d’épargne et un déficit public très élevé qui soutiennent cette croissance alors que les forces structurelles du pays n’ont cessé de décliner estime Jean-Luc Buchalet, PDG de Pythagore Consult et membre du Cercle des analystes indépendants.

Les bonnes performances réalisées par l’économie britannique poussent un certain nombre d’observateurs à extrapoler cette croissance pour les années à venir. Durement frappée pendant la crise entre 2008 et 2012, la Grande Bretagne a depuis renoué avec une croissance forte de 2.6% en 2014, la plus forte des pays du G7. Ce retour vers une croissance soutenue a été récemment salué par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le taux de chômage est repassé sous la barre des 6% de la population active, rapprochant inexorablement le pays du plein emploi. Ces bons chiffres ne cachent-ils pas une situation beaucoup moins favorable qu’il n’y parait a priori ?

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Comment la Banque d’Angleterre a aidé les nazis à vendre l’or qu’ils avaient volé

Le butin – estimé aujourd’hui à plus de 340 millions d’euros – a sans doute servi à financer la machine de guerre d’Hitler.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Banque d’Angleterre a aidé les nazis à vendre l’or qu’ils avaient volé pendant l’invasion de la Tchécoslovaquie. C’est ce que révèlent des documents publiés récemment, et dont le Daily Mail se fait l’écho.

Les chercheurs pensent que le butin – estimé aujourd’hui à plus 340 millions d’euros – a sans doute servi à financer la machine de guerre d’Hitler.

Les lingots, entreposés dans les coffres de la Banque d’Angleterre, ont été vendus aux banques nationales de Belgique et des Pays-Bas, et à des particuliers de ces deux pays. Pour le seul mois de juin 1939, la Banque a aidé à écouler près de 980.000 euros d’or – sans attendre l’accord du gouvernement britannique. Ce dernier a stoppé net les transactions dès le début de la guerre, le 1er septembre 1939.

Difficile de connaître le rôle exact de la Banque d’Angleterre dans cette histoire. Selon les documents, elle aurait d’abord consulté le chancelier de l’Echiquier (équivalent de notre ministre de l’Économie et des Finances). Ce dernier aurait lui-même demandé l’avis des conseillers juridiques de la Couronne. En somme, chacun des protagonistes s’est renvoyé la balle…

Selon certaines rumeurs, la Banque d’Angleterre aurait toujours en sa possession des lingots, gravés d’une croix gammée.

Atlantico.fr

Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Ces autres Chypre qui menacent l’Europe

Le modèle chypriote, avec un secteur financier hypertrophié soumis aux capitaux étrangers, est loin d’être un cas isolé parmi les 27. Passage en revue de ces «économies casinos» qui sont autant de bombes à retardement que l’Eurogroupe devra désamorcer.

Visitez La City de Londres : Capitale mondiale des paradis fiscaux

Pour le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, la question chypriote est simple : ce pays n’aurait tout simplement pas le bon business model. La raison de tous les maux qui accablent la petite île méditerranéenne entrée dans l’euro en 2008 ? L’hypertrophie du secteur financier. Et, de fait, Chypre croule – croulait, devrait-on dire, puisque le paradis fiscal est promis à la faillite – sous l’argent des banques étrangères.

Pas moins de 58,5 milliards d’euros représentant 2,5 fois le PIB du pays. Mais Chypre est-elle pour autant un «cas exceptionnel», comme la qualifie Benoît Cœuré, vice-président de la BCE ? Eh bien, non ! Des «économies casinos», selon l’expression de Pierre Moscovici, il en existe bien d’autres en Europe, repérées par le FMI dès 2007, avant la crise.

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1609 : la première grande banque européenne est née

Les débats actuels sur la politique économique que devrait mener la Banque centrale européenne (BCE) pour relancer l’activité en Europe illustre l’importance du rôle des institutions monétaires.

Tous les grands pays se sont dotés d’une banque centrale, dont le rôle a certes évolué dans le temps : la Banque d’Angleterre a été créée en 1694 pour trouver les fonds nécessaires au financement des dépenses militaires ; la First Bank of the United States naquit en 1791 pour gérer l’émission du dollar et deviendra la Réserve fédérale américaine (Fed) en 1913 ; la Banque de France fut fondée par Bonaparte en 1800 ; la Banque d’empire en Allemagne (l’ancêtre de la Bundesbank) apparut en 1875 peu après la réunification des Etats allemands et la création du mark (1871).

Mais la première grande banque européenne fut la Banque d’Amsterdam (Amsterdamsche Wisselbank), qui vit le jour en 1609. Sa création est liée à la situation particulière des Provinces-Unies au début du XVIIe siècle. Ce nouvel Etat regroupait sept régions auparavant possessions espagnoles.

Elles avaient proclamé leur indépendance en 1579 qui ne fut reconnue par l’Espagne, après une longue guerre, qu’en 1648 (traité de Münster entérinant la partition des anciennes terres espagnoles en deux entités : au sud, la future Belgique catholique encore soumise à l’Espagne, et au nord les Provinces-Unies indépendantes et protestantes).

AFFLUX DE POPULATIONS JUIVES

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Royaume-Uni : austérité inefficace et croissance revue à la baisse

par Charles Sannat

Vous le savez, j’adore nos amis anglais, c’est une vieille tradition entre nos deux nations, dont l’amitié doit remonter quelque part à la guerre de Cent Ans. Bref, quand les Français se font ratatiner, c’est en général pour le plus grand plaisir souvent mal dissimulé de nos grands « zamis » de la perfide Albion.

Remarquez que, pour être honnête, l’inverse est également vrai. Chaque souci britannique est souvent accueilli avec un sourire en coin par nous autres mangeurs de grenouilles. En cas de victoire du XV de France sur l’Angleterre, nous sommes en général beaucoup plus heureux que de raison, mais que voulez-vous, des raisons nous en avons !!

Tenez, par exemple, en deux mois, les Grands-Bretons nous ont embêtés deux fois avec une histoire vaseuse de tapis rouge qui leur servirait prétendument à accueillir nos exilés fiscaux boutés hors de France par les forces socialo-communistes (qui ne sont parfois pas si loin que cela, je vous le concède). Franchement, un Anglais ne pourra jamais comprendre un Français, et inversement.

Je vais de temps en temps à Londres. Pas parce que j’aime Londres (il ne faut pas le dire), non, uniquement à des fins de séjours ethnographiques afin d’étudier l’une des dernières populations au monde heureuse d’avoir une reine et de chaque grossesse princière (enfin, ce n’est pas le prince qui est enceinte mais la princesse, vous l’aurez compris en cette période de mariage pour tous).

Cette population en liesse remercie chaque jour ses Lords (des espèces de nobles n’ayant pas été encore raccourcis par une guillotine lors d’une révolution) de posséder entre 60 et 80 % du sol du royaume, ce qui leur permet non pas de vendre de l’immobilier mais une espèce de bail emphytéotique de quelques années ou décennies depuis plusieurs siècles… Et ça continue, ce qui explique que des Anglais achètent en France, notamment en Dordogne, mais pas chez eux où ils n’en ont pas et n’en auront jamais les moyens.

Que voulez-vous, c’est comme ça. Depuis Thatcher, ils ont décidé de supprimer toutes les aides ou presque… Franchement, ils ne se portent pas forcément beaucoup mieux que nous, surtout que l’une de leurs grandes sources de richesses c’est désormais la place financière de Londres (la City) dont hélas, il faut renflouer quelques acteurs avec l’argent du contribuable quelque peu saigné ces derniers temps quel que soit le pays. Alors ces Anglais peuvent toujours nous donner des leçons. Certaines choses, ils les réussissent mieux, pour d’autres ce n’est pas le cas, et le temps est le meilleur des égalisateurs.

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La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

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La Banque d’Angleterre fait marcher la planche à billets

Pour tenter de relancer l’économie atone, la Banque d’Angleterre a annoncé jeudi 9 février une nouvelle injection de liquidités dans l’économie britannique de 50 milliards de livres (59,6 milliards d’euros). Cette troisième opération  de “quantitative easing” depuis 2009 était attendue des marchés alors que la croissance patine et que  le pays pourrait retomber en récession  au premier trimestre 2012.

L’assouplissement quantitatif consiste pour une banque centrale à acquérir des titres de dette d’entreprises ou d’Etats pour les aider à se refinancer et apporter ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie. Cela revient à faire marcher la planche à billets. Si la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre sont des adeptes de cette stratégie, la banque centrale européenne y est réticente au nom de sa mission de maintien de la stabilité des prix.

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L’Islande ou le caractère démoniaque de l’argent

Par Bruno Bandulet (Allemagne)

Comment un des pays les plus riches du monde s’est effondré d’un jour à l’autre, et les leçons à en tirer.

A l’été 2006, lorsque je me suis rendu en Islande pour observer le miracle économique au cercle polaire et m’entretenir avec des représentants de la Banque centrale et de Kaupthing, la plus grande banque privée, il était inimaginable que cette économie très développée puisse s’effondrer en quelques jours en octobre 2008.

Le PNB par habitant était plus élevé que celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le système de retraites par capitalisation était exemplaire, la dette publique ne représentait que 27% du PIB, le budget était excédentaire, la solvabi­lité des emprunts d’Etat était jugée AAA (notation supérieure) et le système fiscal était, avec ses taux peu élevés, un modèle pour l’Europe toute entière.

Certes, dès 2006, l’endettement important du secteur privé et l’énorme déficit de la ba­lance des paiements courants (cf. Gold&Money Intelligence, août/septembre 2006) révélaient des risques, mais dans les deux années qui suivirent, ce sont des facteurs aggravants qui ont causé l’effondrement du système financier et économique.

En 2008, année fatidique, ce petit pays qu’est l’Islande est devenu un laboratoire et une menace pour tout le système financier occidental fondé sur de l’argent sans couverture. Et la question se pose de savoir si un phénomène semblable pourrait se produire à l’avenir dans d’autres pays.
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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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