Les fonds vautours sont l’avant-garde de la politique étrangère des États-Unis

Éric Toussaint est docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII et possède également une formation d’historien. Dans son activité militante, il est président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM), une organisation qui s’efforce d’analyser les origines des dettes souveraines des pays du Tiers-Monde ainsi que leurs conséquences pour ensuite élaborer des alternatives de financement du développement humain.

Il a également été conseiller du président Rafael Correa au sein de la Commission d’Audit Intégral de la Dette de l’Équateur. Eric Toussaint est l’auteur de nombreux ouvrages sur le système financier international, tels que Les Tsunamis de la dette (2005), Banque mondiale : le Coup d’État permanent. L’Agenda caché du Consensus de Washington (2006), La Dette ou la vie (2011) et Bancocratie, paru récemment.

En outre, la Chambre des députés d’Argentine l’a invité mercredi 15 octobre 2014 à participer à une conférence sur la dette extérieure aux côtés des députés du Front pour la Victoire (Frente para la Victoria) Héctor Recalde et Carlos Raimundi, et de l’économiste Fernanda Vallejos. Interrogé par le quotidien Tiempo Argentino, Éric Toussaint expose son analyse du conflit avec les fonds vautours.

Considérez-vous que le verdict du juge Griesa en faveur des fonds vautours soit un jugement juste ?

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Depuis le début de la crise, les banques ont payé 190 milliards de dollars d’amende

190 milliards de dollars, c’est le montant total des amendes qu’ont réglé depuis bientôt neuf ans les banques du monde entier du fait de fraudes sanctionnées par des régulateurs financiers. Plus de la moitié de ces sanctions ont été prises l’an dernier.

Nous avons compilé, de la façon la plus exhaustive possible, les pénalités infligées par des autorités financières aux banques depuis le début de la crise en 2007 (daté traditionnellement du 9 août de cette année et de la suspension de trois fonds de BNP Paribas). Nous rendons ces données accessibles dans leur intégralité, via ce tableur.
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Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Suisse : La France veut-elle se renflouer avec les banques helvètes ?

Le monde de la finance suisse est en émoi : l’UBS, une des grandes banques suisses, vient d’être mise en examen en France pour « blanchiment aggravé et fraude fiscale », et condamnée à payer une caution de 1,1 milliard d’euros, qui augure de l’importance de la condamnation finale qu’elle encourt. Dans les milieux d’affaires et politiques helvètes, on évoque une « affaire d’État », et on soupçonne la France se « s’attaquer à la Suisse pour renflouer » le pays.

Le Parquet de Paris reproche à UBS d’avoir démarché illégalement des Français fortunés résidant en France, et de les avoir incités à placer leur argent en Suisse entre 2004 et 2012. La banque aurait créé un système de double comptabilité pour dissimuler les transferts  de capitaux de la France vers la Suisse.

D’après le journal suisse Le Temps, une caution d’un montant aussi exorbitant suggère que la France va infliger une amende à la banque comparable à celles que les États-Unis ont récemment réclamées à des établissements bancaires.

Selon Le Temps, la Cheffe suisse du Département Fédéral des Finances, Éveline Widmer-Schlumpf, a tenté d’intercéder auprès du ministre français des Finances, Michel Sapin, pour négocier une « solution raisonnable ». Mais Sapin aurait refusé de négocier. « On ne solde pas la fraude », aurait indiqué son ministère.

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L’indécent chassé-croisé entre Bank of America et le pouvoir socialiste

La polémique autour de Laurence Boone, l’ex-chef économiste pour l’Europe de Bank of America Merrill Lynch, n’est pas même close qu’une autre risque de naître, à cause du probable départ de l’actuel directeur de l’Agence des participations de l’État (APE), David Azéma, vers… le même établissement , pour en devenir le directeur général pour la France!

Si l’information se confirme, elle risque de faire grand bruit. D’abord parce que la régularité de ce pantouflage pourrait poser problème. Ensuite parce que ce jeu de chaises musicales autour de la même banque vient confirmer la porosité entre les milieux bancaires et le pouvoir socialiste.

La Commission de déontologie de la fonction publique s’est réunie jeudi 12 juin et, dans le lot des avis qu’elle a rendus, l’un d’eux concerne David Azéma, l’actuel directeur de l’APE, la très puissante administration de Bercy qui gère les plus grosses participations détenues par l’État (les 84,5 % dans le capital d’EDF ; les 36,7 % dans GDF-Suez ; les 11 % dans Airbus ; les 14,1 % dans PSA ; etc.).

Une fois qu’ils sont rendus, les avis sont publiés mais avec beaucoup de retard, et les noms des personnes concernées sont « anonymisés ». Pour l’heure, il n’est donc pas possible de savoir par les voies officielles quel a été l’avis dans le cas de David Azéma. Selon nos sources, il aurait toutefois été positif, mais la commission de déontologie l’aurait assorti de réserves, comme elle le fait souvent.
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Le montant des produits dérivés dans le monde : 710.000 milliards de dollars

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) vient de publier une étude statistique sur le montant des produits dérivés dans le monde à la fin 2013, et ceux-ci atteignent le montant incroyable de 710.000 milliards de dollars (710.000.000.000.000 dollars). Pour prendre un élément de comparaison, le PIB des Etats-Unis en 2013 se monte à 16.000 milliards de dollars, soit 44 fois moins. Et cette masse de produits dérivés est supérieure de 20% au record précédent, qui date de juste avant la crise de 2008… On parle beaucoup de bulles en ce moment, sur les actions, les obligations ou les matières premières, voici incontestablement la plus gigantesque.

Qu’est ce qu’un produit dérivé ? C’est un contrat entre deux parties dont la valeur est déterminée par les variations de prix d’un actif sous-jacent (obligations, actions, matières premières, devises). Il sert à se protéger contre des variations de prix ou de taux d’intérêt, ou à spéculer. Autre type de produit dérivé, le CDS (Credit default swap), qui sert à se protéger d’un événement de crédit (un emprunteur, Etat ou entreprise, qui fait défaut). La majorité des contrats sont négociés de gré à gré, et non sur un marché, c’est-à-dire dans l’opacité la plus complète.

Raison de plus de s’inquiéter : aux Etats-Unis, la plus grande partie de ces produits est détenue par seulement quatre banques (JP Morgan, CitiBank, Goldman Sachs, Bank of America). La concentration est également très élevée en Europe, avec notamment la Deutsche Bank (nous en avions parlé) et les banques françaises. Le volume est énorme mais les transactions ont lieu entre un petit nombre d’acteurs.

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Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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Grande-Bretagne : Le stagiaire d’une banque meurt après 72 heures de travail non stop

Un stagiaire de Bank of America est décédé la semaine dernière après avoir enchaîné 72 heures de travail. Une enquête a été ouverte par Scotland Yard pour déterminer si les conditions de travail du jeune homme ont pu être à l’origine de sa mort.

Moritz Erhardt, un jeune homme de 21 ans, qui travaillait depuis le début de l’été dans une filiale de Bank of America, est décédé, jeudi dernier dans son appartement londonien. D’après The Independent, il souffrait d’épilepsie et s’est effondré sous sa douche. Des témoins affirment qu’il n’était rentré chez lui qu’à 6 heures du matin, tout comme les deux jours précédents, enchaînant ainsi près de 72 heures de travail.

Bank of America a publié un communiqué exprimant son «choc» et sa «tristesse». «Il était apprécié de ses collègues et était un stagiaire très assidu, promis à un brillant avenir.» Une assiduité aujourd’hui pointée du doigt par les médias anglais, qui mettent en lumière les conditions de travail dans le secteur bancaire.

Le journal rapporte le témoignage d’un jeune homme qui décrit «le cauchemar de tout stagiaire: un taxi vous ramène chez vous à 7 heures du matin et attend que vous vous soyez douché et changé pour vous ramener au travail». Un autre explique que «faire 100 heures dans la semaine est le minimum et que la moyenne tourne plutôt autour de 110».
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Myret Zaki : «Les banques ont pipé les dés»

On aime à entretenir le mythe que «les marchés sont efficients» et que la valorisation des actifs financiers reflète les seules forces du marché. La réalité, dont le scandale du Libor n’a révélé que la surface, est à l’opposé.

Pratiquement aucun prix, aucun taux, n’est pas manipulé aujourd’hui. Les taux d’intérêt, les dérivés, les monnaies, les matières premières et la valeur de l’argent lui-même sont faussés par les banques.

Il y a d’abord eu le scandale du Libor, dans lequel 15 banques manipulaient depuis des années les taux interbancaires, qui influent à leur tour sur la valeur de quelque 500 000 milliards de dollars d’instruments financiers.
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Au Delaware, il y a plus de sociétés que d’habitants

Les Etats-Unis ont leur propre Luxembourg, à 150 kilomètres de la capitale. Comme le Grand-Duché, le Delaware est un petit Etat (toutes proportions gardées) spécialisé dans les services aux entreprises. Historiquement, les législateurs y ont rédigé des lois très favorables aux affaires, afin de concurrencer leurs puissants voisins du nord, le New Jersey et New York. La fiscalité et les tribunaux du Delaware sont tellement “pro-business” que l’Etat compte aujourd’hui plus de sociétés que d’habitants (945 326 sociétés contre 897 934 résidents en 2010).

Qu’est-ce que Apple, Bank of America, Berkshire Hathaway, Cargil, Coca-Cola, Ford, General Electric, Google, JPMorgan Chase et Wall Mart ont en commun ? Elles ont toutes été immatriculées à une même adresse, le 1209 North Orange, à Wilmington, dans le Delaware, comme la moitié des sociétés américaines cotées en Bourse. L’avantage : opacité totale et fiscalité ultra-light.

Une seule signature est nécessaire pour enregistrer une compagnie au Delaware (contre trois dans d’autres Etats) et l’anonymat des administrateurs et des actionnaires est garanti. A condition de réaliser ses affaires en dehors des limites de l’Etat, une compagnie ne doit s’acquitter d’aucun impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices. Sa seule obligation est de verser un impôt forfaitaire de quelques centaines de dollars par an, et d’avoir un représentant légal ou agent agréé sur place.

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La Chine et la guerre du fer

En Chine, l’année du Dragon a été déprimée avec une croissance moyenne de 7,8%, très en dessous des 11% de moyenne entre 2000 et 2011, avec un pic à 14,2% en 2007. Cette chute, en partie voulue par le pouvoir qui tente de rééquilibrer le développement du pays, pourrait cependant rejaillir de manière négative sur la stabilité politique du pays. C’est en tous cas ce que la nouvelle direction, mise en place lors du 18e Congrès en novembre, semble redouter.

Sans le dire, et en contradiction avec les injonctions des experts qui suggèrent plutôt de redynamiser l’économie par une augmentation des ressources de l’état (impôts sur les grandes sociétés, TVA, taxe à la propriété) et d’apaiser la société par un meilleur partage des fruits de la croissance, le Bureau Politique a initié une relance par l’investissement, dont les premiers effets se sont fait sentir à la fin de l’année 2012 et se propageront probablement durant l’année du Serpent, inaugurée à coups de pétards et de feux d’artifice, le 10 février.

La reprise est réelle et palpable. La vraie question renvoie à sa pérennité à moyen, voire à court terme, au-delà de 2013. Nombre d’experts chinois et étrangers anticipent en effet que sans réformes structurelles de fond, aujourd’hui handicapées par de graves divergences politiques au sommet, l’économie chinoise restée rigide, dominée par l’alliance des grands groupes publics et des banques, fiefs des prébendes de l’oligarchie, rencontrera assez vite d’importantes difficultés. Beaucoup estiment cependant que, même en crise, le pays ne ralentira pas ses importations de minerai de fer.

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Banques et blanchiment, dernières nouvelles de la piraterie financière

Il ne s’agit pas d’une dérive solitaire et de pratiques extravagantes de HSBC, nombre des méga-banques mondiales étant convaincues d’activités tout aussi illicites.

Dans les grands aéroports du monde, les passerelles d’accès aux avions affichent, sous forme de publicités gentillettes, le roman-photo de la mondialisation heureuse. Issues (bien sûr) “de la diversité”, les demoiselles des affiches sont les souriantes vestales de ce temple de l’imminent bonheur.

L’avenir globalisé ? tonique, positif – que du bon. Sauf que. Passons outre le décor. Outre le conte de fées des lendemains (mondialisés) qui chantent. Là, on dégringole sec de Mary Poppins au Cartel du Golfe et autres machines à tuer ravageant divers continents.

Car le promoteur du radieux roman-photo mondial, c’est la super-banque HSBC dont voici, preuves à l’appui, les crimes les plus récents. Précision : ci-après, nulle minime filouterie ou entourloupe mais de graves crimes, passibles pour le vulgum pecus d’années en prison. Loin du vague tuyau ou de l’info douteuse, nos preuves proviennent d’institutions renommées : Sénat des États-Unis, agences majeures de régulation et de contrôle, etc.

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Myret Zaki : “Austérité, les populations paient à la place des spéculateurs”

Zone euro : le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. Mais qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise : ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. La spéculation est responsable de la crise.

D’immenses fortunes se sont créées sur le saccage, par les fonds spéculatifs, des dettes européennes. Ces gains proviennent de la chute de valeur des obligations grecques et des pays voisins, causée par des ventes à découvert (short selling) massives.

Ce détournement de richesses est directement prélevé sur les salariés de la zone euro, qui défilent aujourd’hui dans les rues. En 2011, les fonds spéculatifs ont généré leurs meilleurs profits sur la chute – provoquée – des obligations de la zone euro.

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Austérité : Qui doit payer ?

par Myret Zaki

Les tensions viennent d’un sentiment de détournement des richesses: les populations paient à la place des spéculateurs

Ces dernières semaines, nous avons vu les populations se soulever contre les méfaits de l’austérité, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, sur fond de montée de l’europhobie. Dans l’esprit de tout-un-chacun, le coupable est «l’austérité».

Mais le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. C’est qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise: ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. Jamais auparavant les peuples n’avaient dû s’appauvrir alors que le monde était si riche, et que leur propre prodigalité avait si peu à voir avec la crise. C’est à ce titre que cette austérité est illégitime. D’où le profond malaise. Cette crise a pour origine les dégâts colossaux de la spéculation financière sur l’économie réelle et sur les budgets des Etats.

Ces derniers ont dû encaisser les chocs récessionnistes et fiscaux majeurs de la bulle boursière et immobilière venue des Etats-Unis, qui avait entraîné, par voie de mimétisme monétaire, des bulles de même nature en Espagne, en Angleterre et en Irlande. Les mêmes techniques spéculatives importées ont permis à Goldman Sachs de s’enrichir en vendant à la Grèce une solution pour masquer son endettement. Les tensions actuelles viennent d’un sentiment de détournement des richesses, les populations ayant d’abord supporté les sauvetages bancaires, et devant, avec l’austérité, supporter le sauvetage des Etats… qui avaient sauvé la finance privée. Quand les Portugais marchent contre le «vol des salaires et des pensions», ils se doutent bien qu’il y a tromperie.

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États-Unis : Des géants bancaires visés par une enquête pour blanchiment

Plusieurs grandes banques américaines, dont JPMorgan et Bank of America, sont visées par une enquête liée à la drogue et au terrorisme.

Plusieurs banques américaines, dont JPMorgan et Bank of America, sont visées par une enquête menée aux États-Unis sur des circuits de blanchiment d’argent qui auraient pu financer le trafic de drogue ou des activités terroristes, affirme le New York Times samedi. “Les autorités fédérales et locales enquêtent sur quelques-unes des plus grandes banques américaines qui auraient failli dans leur surveillance de transferts d’argent liquide (…), une faille qui pourrait avoir permis à des trafiquants de drogue et à des terroristes de blanchir de l’argent sale“, indique le quotidien, citant plusieurs sources anonymes. Selon le journal, il s’agirait d’une des “actions anti-blanchiment les plus poussées” depuis des dizaines d’années aux États-Unis.

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Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

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Banque d’investissement et de financement – Haro sur le trading

La délicate redéfinition de l’équation économique et financière de la banque universelle.

Fragilisées par la crise de 2008, les banques d’investissement et de financement européennes se sont engagées dans une réduction d’activités. Ce mouvement s’est accéléré depuis l’été, avec l’aggravation de la crise de la zone euro et la mise en œuvre de nouvelles normes prudentielles entamant durablement la rentabilité des établissements bancaires. Alors que certains politiques veulent aller plus loin dans la réglementation, en préconisant par exemple la séparation des activités de dépôts et d’investissement, les banques attachées à leur modèle universel doivent de toute urgence proposer un nouveau paradigme susceptible de rassurer à la fois les régulateurs et les investisseurs.

En laissant mettre la banque Lehman Brothers en faillite, le 15 septembre 2008, le président de la Banque centrale américaine Ben Bernanke a provoqué l’onde de choc qui a déclenché l’explosion de la plus grave crise financière de l’après-guerre. Pour l’économiste Milton Friedman, ce sont les faillites bancaires qui furent la véritable cause de la crise des années trente. La faillite de Lehman ne se compare néanmoins pas à celles des années noires.

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Parachutes dorés au sommet, précarité pour les autres

« La santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » s’interrogeait Laurence Parisot, emboîtant le pas à Denis Kessler pour qui le monde se diviserait entre patrons « riscophiles » et salariés « riscophobes ». Avec à la clé la justification de rémunérations stratosphériques pour ceux qui auraient fait, au péril d’eux même, le choix d’affronter le danger. Loin de ces propos d’estrade, la réalité économique est fort différente, nous rappelle Robert Reich, à partir de l’exemple américain. Pour les uns, des salaires et primes de départ mirobolants, venant couronner des échecs insignes, pour les autres une incertitude du lendemain et une précarité toujours croissantes.

Le candidat Républicain à l’investiture Mitt Romney décrit la campagne électorale de 2012 comme celle du « procès de la libre entreprise » qu’il définit comme la possibilité de réussir en « travaillant dur et en prenant des risques ». Le sénateur de Caroline du Sud Jim DeMint, un favori du Tea-Party, déclare soutenir Romney parce que « nous avons vraiment besoin de quelqu’un qui comprenne comment le risque, la prise de risque … est notre façon de créer des emplois, d’offrir des choix, d’accroitre la liberté. » Le Président de la Chambre de Commerce, Tom Donahue, défendant Romney, explique que « cette économie est bâtie sur le risque. Si vous ne prenez pas de risque, vous ne pouvez pas réussir. »

Un instant. Par qui donc croient-ils que les risques soient supportés ? Leurs fadaises sur la prise de risque de la libre entreprise mettent sans dessus dessous la réalité. Plus on est situé en haut dans le système économique, plus il est facile de faire de l’argent sans prendre aucun risque financier personnel. Plus on est en bas de l’échelle, plus les risques sont élevés.

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États-Unis : Les saisies immobilières repartent de plus belle

Le nombre de saisies immobilières aux États-Unis a bondi de 31% au troisième trimestre. Mais elles devraient avoir été moins nombreuses en fin d’année en raison de la polémique sur leur régularité.

L’accalmie n’aura été que de courte durée. Au troisième trimestre, le nombre de saisies immobilières aux États-Unis a bondi de 31% par rapport aux trois mois précédents, selon les chiffres publiés ce mercredi par les autorités américaines. 382.000 mauvais payeurs ont ainsi été délogés entre juillet et septembre. Et le nombre de procédures en cours fin septembre a progressé de 4,5%, pour atteindre 1,2 million.

Selon Lender Processing Services, une société spécialisée dans les prêts immobiliers, 6,9 millions d’Américains présentaient encore un défaut de paiement sur leurs prêts hypothécaires fin novembre. En janvier, ils étaient 8,1 millions. Le Trésor américain a récemment appelé les banques à tout faire pour trouver des solutions et rééchelonner les échéances. Mais son objectif de 3 millions de prêts modifiés est encore très loin d’être atteint.

Les saisies immobilières devraient cependant reculer au quatrième trimestre, en raison d’une polémique sur leur régularité. Les grandes banques américaines sont accusées au mieux de négligence, au pire de fausses déclarations lors du traitement de milliers de dossiers visant à déloger les mauvais payeurs.

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WikiLeaks fait trembler Bank of America

Bank of America se trouve au centre des conjectures depuis que WikiLeaks a menacé de s’attaquer à une grande banque américaine, jamais nommée, mais les analystes doutent que ces révélations soient suffisamment fracassantes pour ébranler l’établissement.

Les ennuis de la plus grande banque américaine ont commencé le 30 novembre après la publication par le magazine Forbes d’une interview de Julian Assange. Le fondateur du site internet spécialisé dans la publication de documents confidentiels y affirme qu’il publiera début 2011 des éléments compromettants pour la direction d’une “grande banque américaine,” sans la nommer.

Placer ses “fonds dans un endroit plus sûr” (WikiLeaks)

Aussitôt, les médias américains déterrent un autre entretien donné un an plus tôt par Julian Assange, au magazine Computer World, où il affirmait détenir “5 gigaoctets de données provenant de Bank of America, du disque dur d’un de ses dirigeants.” Ce jour-là, le titre Bank of America dévisse de plus de 3 % à la Bourse de New York. Mais Wall Street a rapidement tourné la page. Depuis, il s’est envolé de plus de 20 %, profitant de l’engouement des investisseurs pour les valeurs financières en cette fin d’année.

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Crise systémique : l’heure de vérité approche !

Par Gilles Bonafi

Le 8 novembre 2010 a eu lieu un événement d’une importance capitale, qui a fait deux lignes dans la plupart des grands quotidiens. En effet, lundi 8 novembre, Ambac Financial, l’assureur obligataire américain, s’est inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

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Le plus grand hold-up de l’histoire ?

Par Jean-Paul Baquiast

…C’est ainsi que l’on pourrait qualifier les prétendues “mesures de soutien à l’économie” décidées par la Banque fédérale de réserve américaine entre 2007 et 2010. Au moment où l’on attendait les révélations du site Wikileaks sur la Bank of America, qui promettent d’être intéressantes, c’est l’US Federal Reserve Board (Fed) elle-même qui a fait diffuser entre le 1er et 4 décembre 21.000 documents détaillant les opérations qu’elle a conduites dans le plus grand secret au plus fort de la crise financière des 3 dernières années (voir le lien) .

La Fed a fait cette révélation contre son gré, en exécution d’une instruction incluse dans la loi fédérale de régulation du système bancaire (Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act of 2010). Cette loi, que les institutions financières se sont empressées de contourner, a eu au moins ce résultat. Un des rédacteurs du texte, le sénateur Sanders de tendance libérale (voir son site) a été le premier à souligner dans la presse le caractère anormal sinon scandaleux de ces opérations (lien sur le Huffington Post).

Il a montré la complicité active des deux présidents Bush et Obama dans les décisions relatives aux montants distribués allouée aux banques et entreprises bénéficiaires – le tout dans le plus grand secret. On découvre seulement aujourd’hui qu’au moment où l’administration se félicitait de deux mesures officielles de soutien (bailout) destinées à aider les banques en difficulté, la Fed procédait à des distributions « gratuites » de liquidité pour des montants dix fois supérieurs, sans que nul n’en soit averti.

La Fed se défend sur son site : ces opérations étaient destinées à redonner de la liquidité à l’économie au plus fort de la crise. De plus, elles auraient toutes fait l’objet aujourd’hui de remboursements. Mais les choses sont plus complexes qu’elle ne le dit. Il semble notamment que les remboursements aient comporté une grande partie de titres toxiques dont les banques se seraient défaussées sur le Trésor.
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Wikileaks va faire aussi trembler les banques

Addendum du 01/12/2010

Après la sphère diplomatique, Wikileaks s’attaque à la finance. Le site spécialisé dans la fuite d’informations qui a mis sur la place publique des centaines de milliers de documents et télégrammes diplomatiques classés confidentiels révèle qu’il détient également des documents compromettants pour une grande banque américaine, sans donner aucun nom. Des révélations dignes de celles qui ont provoqué l’affaire Enron. Pour la communauté financière, il y a aucun doute, c’est Bank of America…

Dans un entretien accordé au magazine américain Forbes, le fondateur du site Julian Assange évoque la diffusion en début d’année prochaine de milliers de documents confidentiels. Le responsable entend dénoncer des pratiques contraires à l’éthique. L’objectif est de «décrire fidèlement le mode de fonctionnement de la direction des banques dans l’optique d’encourager la mise en place d’enquêtes et de nouvelle réforme».

Il compare même l’ampleur des révélations à venir aux e-mails qui ont déclenché l’affaire Enron. En 2001, ce géant américain de l’énergie a fait faillite en raison de lourdes pertes liées à des opérations spéculatives qui avaient été maquillées au moyen de manipulations comptables, alors même que le groupe était audité. Le cabinet d’audit en question, Arthur Andersen, a plongé et a été démantelé du même coup.

«L’onde de choc sera la même. Des violations de la loi, des pratiques contraires à l’éthique vont être divulguées mais également le fonctionnement des structures internes de décisions et l’ethos des dirigeants des banques… et cela a une incroyable valeur».

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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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La « crise des saisies immobilières » : Ce que personne n’ose vous dire

Les États-Unis sont secoués par ce qui est nommé le « Foreclosure Gate », une fraude financière de proportion épique qui touchent des millions d’Américains et qui se monte à des centaines de milliards de dollars, si ce n’est plus. « Toutes les grandes banques sont impliquées et des centaines de milliers, sinon des millions, de propriétaires menacés d’expulsion sont affectés ».

Il existe de nombreux cas connus de familles expulsées de leur maison qui n’étaient aucunement en retard dans le paiement de leur hypothèque. Partout, autant dans les médias traditionnels qu’alternatifs, on ne fait que parler de la falsification des documents d’hypothèque qui serait « la plus récente phase d’un vaste crime contre la population ». Ce n’est pas pas faux, mais ce n’est que la pointe du proverbial iceberg. La falsification des documents d’hypothèque n’est qu’une étape vers l’accomplissement du but principal de la fraude. C’est ce qui sera révélé dans cet article.

L’article « La Maison-Blanche et l’escroquerie hypothécaire » est sans doute celui qui s’est le plus rapproché du coeur de cette histoire. Voici le passage le plus important qui est à retenir:

Avant la crise financière de 2008, les banques ont attiré des millions d’Américains dans des prêts hypothécaires à haut risque, souvent à l’aide de taux d’intérêts « allumeurs » qui augmentent rapidement après un temps défini. Les pyromanes fous de l’argent de Wall Street savaient très bien que les prêts ne pourraient pas être remboursés, mais, comme tous les bâtisseurs de pyramides de Ponzi, ils avaient l’intention d’exploiter le plus longtemps possible l’escroquerie, confiant que, en bout de piste, le gouvernement entrerait dans le jeu pour couvrir leurs pertes.

Cela a résulté en prêts toxiques qui étaient regroupés, transformés en produit financier et vendus, créant une imposante structure de dettes reposant sur des fondations frauduleuses et légalement douteuses — à partir de laquelle les dirigeants des banques et les actionnaires principaux atteignirent des niveaux de richesse personnelle vertigineux.

Lorsque la pyramide de Ponzi s’est effondrée, le gouvernement fédéral a sauvé les banques à hauteur de milliers de milliards de dollars. Conséquemment, les banques nagent maintenant dans l’argent et leurs dirigeants ont fracassé des records de salaires, autant en 2009 qu’en 2010.

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« Huit jours pour sauver la finance » de James B. Stewart

Ce livre est un compte rendu chronologique de la semaine de septembre 2008 où les systèmes financiers américain et mondial ont failli vaciller. Lehman Brothers a été mise en faillite pendant qu’AIG était renflouée.

Le livre est un récit détaillé de ce qui est arrivé. On y apprend beaucoup sur l’état de panique du moment chez les décideurs : Henry Paulson, Ben Bernanke et Tim Geithner sont les “héros” du moment. Le lecteur se rend compte à quel point la balle est passée pas loin d’organes vitaux.

Au milieu de pages trépidantes, au bord de l’effondrement, une réunion avec Georges Bush prend l’allure d’un monument de surréalisme. On explique au président qu’il faut des fonds publics pour sauver AIG. Beaucoup d’argent. Réaction en trois temps de Georges :

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Ni coupables ni responsables

Le procès devait s’ouvrir en Californie le 20 octobre : il n’aura pas lieu. Quatre jours avant, les avocats d’Angelo Mozilo, ex-PDG de Countrywide, numéro un américain du prêt hypothécaire subprime qui a sombré dans la banqueroute en 2008, sont parvenus à un accord avec le procureur et le plaignant. Accusé par la Securities and Exchange Commission (SEC, contrôleur des marchés boursiers américains) de fraudes en tout genre, M. Mozilo, 71 ans, s’est engagé à verser 87,5 millions de dollars (62,6 millions d’euros) : la plus grosse amende individuelle de l’histoire du capitalisme américain.

Il est aussi interdit à vie de diriger une société cotée. Il ne sortira de sa poche que 67,5 millions ; les 20 supplémentaires seront gracieusement payés par Bank of America (BofA), le repreneur de Countrywide, comme son contrat de départ le stipulait. Durant son passage à la tête de cette caisse de crédit (2001-2008), Angelo a personnellement engrangé 521,5 millions de dollars d’émoluments.

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Crise mondiale, acte II : La crise des saisies immobilières

Depuis quelques semaines, le microcosme de la spéculation US est de nouveau en ébullition : alors qu’elles cherchent à récupérer un maximum de maisons hypothéquées (et de dollars), les banques s’aperçoivent que c’est un véritable capharnaüm pour prouver qu’elles en sont bien les propriétaires.

En effet : les crédits hypothécaires subprime ont été découpés en paquets – les produits dérivés (1) -, que les établissements bancaires, assureurs et autres fonds de pension se sont allègrement revendus en dehors des règles en matière d’immobilier.

Parallèlement, les faillites bancaires ne faiblissent pas. État des lieux indispensable, car les États-Unis sont en très mauvaise passe malgré leur note AAA attribuée par les agences de notation.

Reprenons. On connaît les subprime, ces crédits hypothécaires attribués à des personnes souvent insolvables, dont les taux d’intérêt ont monté en flèche, ce qui a contracté le marché et fait baisser les prix de l’immobilier. C’était le départ de la crise subprime, devenue une crise économique mondiale grâce à l’efficacité de la régulation concoctée par les banques.

Aujourd’hui, les États-Unis sont confrontés à ce que les médias appellent la « crise des saisies immobilières », c’est-à-dire le « gel de centaines des saisies immobilières » par certaines banques comme Bank of America (2), le numéro un du crédit immobilier, Ally Bank ou JP Morgan Chase qui a bloqué 56.000 dossiers et est en train d’étudier 115.000 autres dossiers en cours.

80% des expulsions en cours seraient concernées. Et les procureurs de différents États sont en train de pousser à de nombreuses révisions de dossiers.

Cette année, les États-Unis ont connu plus de 800.000 saisies d’habitations, dont plus de 100.000 (3) en septembre et presque autant en août. Avant la crise, en 2005, on saisissait environ 100.000 logements par an. Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement s’accélère ces derniers mois (normal, si l’on tient compte de l’endettement colossal des banques) et, au final, ce sont plus de 2,4 millions d’habitations qui ont été saisies aux États-Unis depuis décembre 2007.

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Bank of America : le Foreclosure Gate, le bal des victimes ne fait que commencer…

Par Cécile Chevré

J’espère avoir souligné avec assez de force le danger que représente le Foreclosure Gate. Comme l’ont fait nos rédacteurs alors que le problème des subprime ne faisait pas encore les gros titres. Aujourd’hui, les banques américaines risquent de devoir débourser plus de 1 600 milliards de dollars de taxes non-payées, de dommages et intérêts, et de pertes sur des emprunteurs défaillants.

Dans le fouillis des saisies immobilières : – «As-tu trouvé ton document hypothécaire ?»«Non, mais je pense que j’ai trouvé Jimmy Hoffa» (fameux président du syndicat des camionneurs, disparu en 1975, peut-être assassiné par la mafia). Caricature américaine, octobre 2010.

« Bank of America poursuivi par un groupe incluant la Fed de New York », nous apprend l’AFP.

« Bank of America plombé par ses cartes de crédits », nous apprend La Tribune.

Le Foreclosure Gate commence à faire des ravages.

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La nouvelle fièvre de l’or

Le traumatisme laissé par la crise provoque une ruée sur les lingots. L’envolée des prix du métal rend ces achats des plus spéculatifs.

Dans une note d’analyse intitulée «Une météo parfaite pour l’or», la banque américaine Morgan Stanley assurait il y a quelques jours que «la possibilité d’un nouveau programme de création de liquidités aux États-Unis [ndlr: pour relancer la machine du crédit] et une faiblesse persistante de la valeur de la monnaie papier renforce notre désir de détenir de l’or».

Sa concurrente Bank of America n’est pas en reste, estimant que la hausse du métal jaune «reflète le deuxième acte de la bulle du crédit». Après celui de la paralysie du système bancaire, cette étape serait celle de «la méfiance des banques centrales entre elles, sur fond d’augmentation du risque des emprunts d’État ou d’interventions surprises sur les marchés des changes».

«Aujourd’hui, c’est simple, soit vous faites confiance aux gouvernements, soit vous achetez de l’or», résume un courtier londonien.

Unanimité sur la hausse

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Saisies immobilières : les Etats-Unis lancent une enquête

Addendum 15/10 :

- Synthèse – Pour y voir plus clair dans un gigantesque scandale financier

(Merci à Franc)

et pour mémoire :

- Banques US : vers un gigantesque «foreclosure-gate» ?

Une enquête a été lancée conjointement par les 50 Etats américains et les autorités fédérales sur des pratiques douteuses dans des milliers de dossiers de saisies immobilières.

La prochaine vague de saisies menace l'économie (caricature américaine)

Les 50 Etats américains et les autorités fédérales ont lancé, mercredi 13 octobre, une enquête conjointe sur les pratiques du secteur du crédit immobilier et sur les possibles erreurs de procédures dans des dizaines de milliers de dossiers de saisies immobilières. Selon certains spécialistes, cette initiative pourrait menacer la reprise des ventes de logements.

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Les affranchis de Wall Street

Ils ont provoqué la plus grave crise économique de l’après-guerre et amené les États au bord de la faillite. Deux ans après le krach des subprimes, que sont devenus les responsables ? Ont-ils été châtiés ? Ont-ils changé de pratiques et renoncé à leurs extravagantes rémunérations ?

Dick Fuld, alias Big Dick Le gorille, ex-PDG de Lehman Brothers

Bill Black le colosse roux débonnaire est ravi de vous rafraîchir la mémoire. De vous raconter comment, avocat auprès de l’obscur Bureau de supervision de l’épargne dans les années 1980, il a piloté l’une des plus belles purges financières de tous les temps. Dans la foulée du scandale des caisses d’épargne américaines, les Savings & Loan, « nous avons envoyé plus de 1 000 personnes en prison, se souvient-il. Les banquiers avaient recruté des armées d’avocats et englouti des millions de dollars dans leur défense. Mais, au final, nous avons gagné dans plus de 93% des cas ».

Plus de mille condamnés, pour un scandale déjà – alimenté par la spéculation immobilière, qui avait entraîné la faillite de 1 600 institutions. Et aujourd’hui ? Zéro. Zip. Nada. Deux ans après le coup d’envoi d’une crise sans précédent depuis celle de 1929, aucun responsable de la crise des subprimes (les crédits immobiliers à risque dont la multiplication a permis le gonflement d’une bulle monstrueuse) n’est derrière les barreaux.

Libre, Dick Fuld, le PDG de Lehman Brothers, dont la faillite, le 16 septembre 2008, a déclenché une panique mondiale. Libre, Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, qui a concocté des produits financiers liés aux fameux subprimes pour mieux les fourguer aux gogos. Libres, les traders, les gérants de fonds ou les politiciens sans scrupules qui n’ont cessé de prêcher et de profiter de la dérégulation financière sauvage.

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“Briser les grosses banques”

Un article de Rolfe Winkler, analyste financier, chroniqueur et blogueur chez Reuters, nous apprend que les quatre plus grosses banques des Etats-Unis ont doublé de volume au cours des neuf dernières années.

L’auteur se prononce pour leur pure et simple élimination.

(Traduction libre et liens hypertexte, par fortune.fdesouche.com)

Barack Obama a promis, le 14 septembre 2009, de “mettre fin à l’idée que certaines entreprises sont ‘trop grosses pour faire faillite’”. Bien qu’il ait esquissé certaines recommandations respectables, il a omis de préciser les réelles taille et puissance des institutions financières, qui rendent possible ce “trop gros pour faire faillite’”.

Car les gros ont encore grossi depuis le début de la crise financière. À la fin de 2007, les quatre grandes banques américaines – Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America et Wells Fargo – détenaient 32 % de tous les dépôts assurés par la FDIC [Federal Deposit Insurance Company - elle garantit chaque dépôt jusqu'à 250 000 dollars]. Au 30 juin 2009, 39 %. Au total, à cette dernière date, elles avaient en dépôt 3.800 milliards de dollars. Comparez ce chiffre à celui de la FDIC, qui fait apparaître un solde de seulement 10,4 milliards de dollars à la même date.

La FDIC a été le régulateur le plus efficace depuis le début de la crise, fermant les banques en faillite, afin de limiter les risques pour les contribuables. Mais ses ressources sont malheureusement inadaptées aux risques présentés par les institutions les plus importantes. (J’exclus la ligne de crédit de 500 milliards de dollars qu’elle a auprès du Trésor, ce sont les ressources des contribuables et non de la FDIC.) Lire la suite

Les banques américaines truquent leurs comptes

Tour de passe-passe dans les grandes banques américaines qui masquent leurs niveaux de risque en retouchant la case «dette» de leurs comptes, juste avant les publications trimestrielles. Et ce, depuis cinq trimestres, selon la Fed de New-York.

Ni vu, ni connu. Pendant cinq ans, juste avant leurs publications trimestrielles, 18 grandes banques comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase ou encore Citigroup, ont tout simplement remplacé, dans la case «dette,» un chiffre par un autre, bien plus faible, selon la Fed de New York. En moyenne de 42%, selon les chiffres de l’institution, rapporte le site Internet du Wall Street Journal (WSJ).

Pourquoi ? Parce qu’elles redoutent d’être sanctionnées en Bourse par les investisseurs, qui regardent attentivement les montants des dettes et, ainsi, les niveaux de risque d’une banque. Et aussi parce qu’elles craignent que les agences de notation ne revoient à la baisse leurs notes. Ce qui effraierait les investisseurs en Bourse.

En réalité, entre deux publications, les dettes sont remises à niveau dans les comptes. Au final, rien d’illégal, écrit le WSJ Online, qui souligne que si certaines des banques incriminées ont confirmé ces «retouches,» les représentants de Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Citigroup, n’ont apporté aucun commentaire.

Le porte-parole de Bank of America a toutefois souligné que «les efforts opérés pour gérer la taille de notre bilan sont appropriés, et ces stratégies sont compatibles avec la réglementation et les normes comptables.»

Le Figaro

John Paulson : le financier qui s’enrichit avec les crises

Plus fort que George Soros ! Après avoir fait une « culbute » de 15 milliards de dollars en pariant sur la crise de l’immobilier, le « sultan des “subprimes” » mise aujourd’hui sur la flambée de l’or et le retour de l’inflation. Son fonds Paulson & Co. a été pointé du doigt parmi les « spéculateurs » qui auraient parié contre l’euro et la dette grecque. Fantasme ou réalité ?

Dans le jargon de Wall Street, on appelle cela un « dîner d’idées » ( « ideas dinner ») où l’on jette des pistes d’investissement en pâture. Celui du 8 février, qui s’est tenu à la Park Avenue Townhouse, dans l’Upper East Side, à l’initiative de la firme de courtage Monness, Crespi, Hardt & Co, a déjà fait couler pas mal d’encre. Beaucoup trop, selon l’entourage du milliardaire new yorkais John Paulson, fondateur de Paulson & Co, qui se retrouve aujourd’hui sous la lorgnette du Département américain de la Justice, au même titre que le fonds de George Soros, Soros Fund Management LLC, SAC Capital Advisors LP, ou Greenlight Capital, pour le simple fait d’avoir débattu entre eux de la possibilité de « shorter l’euro. »

En d’autres termes, de parier sur la baisse de la monnaie européenne sur le marché des devises. Encore faudrait-il pouvoir prouver la « collusion » en question. A cinquante-quatre ans, le « sultan des “subprimes” » va devoir s’habituer à jouer les « bouc-émissaires. » C’est la rançon du succès.

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États-Unis : le flot des saisies n’est pas endigué

Alors que ses précédentes mesures n’avaient pas prouvé leur efficacité, Barack Obama a présenté vendredi 26 mars 2010 un plan visant à enrayer les saisies de logement : 14 milliards de dollars supplémentaires pour permettre aux emprunteurs en difficulté de refinancer leurs prêts et prévenir les défauts de paiement.

Arrêtez les saisies”, “Laissez les familles dans leur maison”. Portées à bout de bras par une cinquantaine de personnes, les pancartes fleurissent devant l’agence locale de la Bank of America, à Antioch. Dans cette ville-dortoir située au nord de San Francisco, l’association caritative CCISCO (Contra Costa Interfaith Supporting Community Organization) lançait en septembre dernier sa campagne contre les saisies immobilières. “Nous sommes en colère et voulons que les banques nous rendent des comptes, affirme Apolonio Morales, porte-parole de l’association. Le gouvernement a donné des milliards aux banques pour que les familles puissent rester chez elles. Mais on ne voit pas de différence. Les banques ne bougent pas, elles ne renégocient pas les prêts de ceux qui peuvent y prétendre.

Dès 2007, avant la crise, beaucoup des emprunteurs les plus pauvres étaient déjà dans l’impossibilité de rembourser les crédits subprime qu’ils avaient contractés, perdant du coup leurs logements [1]. Mais aujourd’hui, ces difficultés touchent beaucoup plus largement les Américains, surtout depuis que le chômage a monté en flèche. Tant que la situation continuera de se dégrader sur ce plan, il sera difficile de faire repartir vraiment la machine économique outre-Atlantique, dans un pays où 70% des gens sont propriétaires de leur logement (contre 57% en France), au prix le plus souvent d’un lourd endettement.

L’administration Obama a déjà pris un certain nombre de mesures, mais celles-ci se sont révélées jusqu’à présent insuffisantes. Explications.

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Les grandes banques US sont-elles encore solvables ?

La question posée par le titre de cette note peut sembler excessivement provocatrice, en ces temps où tout le monde a envie de croire que la “reprise” que nous annoncent les oracles de la presse économique est solide, durable, et que les politiques néo-keynesiennes lancées un peu partout dans le monde vont produire enfin des résultats positifs. Et puis ces grandes banques ne viennent-elles pas de rembourser avec fracas les aides reçues au titre du grand “sauvetage” de la fin 2008 ?

Au reste, si les outils de gestion d’un écroulement du système bancaire, qu’il soit américain ou autres, étaient correctement conçus (voir une proposition concrète ici), tout l’exposé qui suit ne prêterait qu’à rendre nerveux certains gros investisseurs. Mais comme ce n’est pas le cas, nous en sommes réduits à nous faire peur en observant la course inexorable du secteur bancaire américain vers un mur de dettes non remboursables désormais semble-t-il totalement inévitable.

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Goldman Sachs : la Maison Blanche sous influence (redif.)

“La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le Who’s Who des diplômés de Goldman Sachs.”

(Matt Taibbi, Rolling Stone, juillet 2009)

Pour de nombreux Américains, Goldman Sachs reste le diable. L’entregent, la qualité du lobbying, l’influence politique que l’on attribue à la première banque d’affaires du monde impressionnent toujours autant. Les administrations passent, “GS” reste. Son nom condense presque à lui seul l’identité des milieux d’affaires américains. “Quelque chose de similaire à ce que furent longtemps les Rothschild en Europe”, note le recteur de la Business School de l’université de New York, Thomas Cooley.

Goldman, dite encore “la firme”, continue de susciter louanges et jalousies – détestation parfois. Non seulement la banque est très rentable, mais admirateurs comme contempteurs admettent que sa “culture d’entreprise” lui confère des avantages inégalés. Et louanges et jalousies portent de plus en plus sur ses supposées connexions politiques. D’où son sobriquet : “GS” comme “Government Sachs”.

Goldman souffre désormais d’un “problème d’image”, notait le Wall Street Journal en juillet. En 2007, les 30 000 salariés de Goldman dans le monde ont géré 22 200 milliards de dollars d’actifs. Son PDG a perçu la plus forte rétribution de l’histoire de la finance : 74 millions de dollars, dont 41 en stock-options. La banque a eu un seul trimestre déficitaire en 2008 et a ensuite réalisé les plus gros profits de son existence : 5,3 milliards de dollars de bénéfices nets au premier semestre 2009 ! Depuis son niveau le plus faible, en novembre 2008, le cours de l’action GS a plus que triplé ! Lire la suite

“Un petit groupe de financiers et leurs amis pillent les USA”

Par Paul Dontigny

"Obama, ne rends pas nos enfants esclaves des banksters" (banquiers-gangsters)

L’important n’est pas de découvrir si Geithner, AIG et tous les autres ont menti à la population depuis au moins 2008. Nous le savons déjà. L’important est de savoir si nous en avons assez ras le bol pour faire quelque chose… puisque les mensonges n’ont pas eu l’effet escompté : ils n’ont pas mis fin à la crise et à la récession (nous le verrons dans les semaines et mois à venir).

Je lis des lettres financières sans arrêt et il semble y avoir un thème important qui revient régulièrement en ce début d’année 2010 : le secret, la corruption et les fraudes qui ont entouré tout ce qui a été fait aux États-Unis par les institutions financières, gouvernementales et réglementaires (Fed et autres), sont de plus en plus reconnues et investiguées.

C’est très probablement ce qui mettra fin à la phase Bull du marché Bear [de «bull» = taureau ; «bull market» = marché orienté à l’achat et donc, à la hausse, par opposition à la tendance prudente voire baissière, symbolisée par «bear» = ours, et ses propres déclinaisons terminologiques] dans lequel nous sommes pour très longtemps.

Depuis 2008, diverses lettres financières publient des opinions au sujet de toutes sortes de situations, qui se sont produites au nom du sauvetage du système. Du moment que Paulson, le chef du Trésor américain a semé la panique, en assurant que le système financier serait détruit dans quelques jours si on ne donnait pas, à lui-même et à la Fed, le droit de tout décider sans limites, nous avons vécu dans le noir. Nous nous sommes fait mentir et les autorités ont soutenu toute action visant à cacher la vérité au public, sous prétexte que si la population savait la vérité, il y aurait une panique.
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