Un monde sans eau

Trois exemples emblématiques de la relation qui unit l’homme et l’eau, au Bangladesh, au Kazakstan et au Kenya.

Le réalisateur autrichien Udo Maurer nous fait prendre conscience, à travers les trois parties qui composent ce film, des divers problèmes liés à l’eau.

Des inondations, au problème de l’assèchement de la mer d’Aral ou encore à la bataille journalière pour la recherche d’eau potable, le film montre les problèmes que doit surmonter l’homme pour s’adapter à son environnement.

Tee-shirts : De fil en aiguille

Synonyme de détente, il habille nos étés. C’est l’un des souvenirs de vacances préférés des Français – mais pas seulement : il s’en vend deux milliards chaque année sur la planète ! Le champion toutes catégories s’orne de l’inscription “I LOVE NY”…

Le populaire tee-shirt − car c’est lui − a aussi gagné ses lettres de noblesse chez les créateurs. Couleurs, design, logos, l’industrie du textile a fait un objet de mode de ce vêtement créé il y a cent cinquante ans aux États-Unis pour la classe ouvrière.

Le tee-shirt représente aussi un commerce lucratif. Les usines du Bangladesh ou d’Éthiopie le fabriquent à très faibles coûts, et les distributeurs le vendent à des prix parfois élevés, avec des marges qui vont jusqu’à 70 % ! Le consommateur qui l’achète ne sait pas toujours que l’arrière-boutique n’est pas très reluisante.

Deux ans après la tragédie du Rana Plaza (2.600 ouvriers tués ou blessés dans l’effondrement d’un complexe industriel à Dacca, au Bangladesh), il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les conditions de fabrication. Du design aux champs de coton, du tissage à l’impression, Envoyé spécial a remonté le fil du tee-shirt.

Des drones pour le développement

Ces dernières années, les véhicules aériens sans pilote ont peuplé l’imagination et les cauchemars du monde entier. En avril, l’United States Navy a annoncé un programme expérimental appelé LOCUST (Low-Cost UAV Swarming Technology, ou technologie low-cost d’essaimage par véhicules aériens sans pilote), qui selon les déclarations vont permettre « de maîtriser un adversaire de manière autonome » et donc « de fournir aux marins et aux troupes d’infanterie de marine un avantage tactique décisif.  »

Avec un nom et une mission de ce genre et compte tenu des antécédents peu glorieux du point de vue éthique de la guerre des drones, ce n’est pas vraiment une grande surprise si de nombreuses personnes affichent leur répulsion face à la prolifération constante des robots volants.

Les drones de fret vont se développer dans un secteur encore plus étendu ces prochaines années, tout simplement parce que libérés de la charge des passagers humains et de leurs systèmes d’assistance respiratoire, ils voleront à un plus faible coût tout en restant aussi rapides et aussi sûrs.

Il y a de grandes chances que l’utilisation industrielle de l’espace aérien à basse altitude se maintienne. Plus de trois millions d’humains volent dans le ciel chaque jour. Chaque grande implantation humaine sur notre planète dépend d’une autre implantation par transports aériens. DJI, un fabricant de véhicules aériens sans pilote chinois, est à la recherche d’une valorisation de 10 milliards de dollars.

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Bangladesh : La banque centrale crée un compte pour enfant travailleur

Au Bangladesh, dans les familles les plus pauvres, les enfants participent à la survie économique du foyer, à tel point que les autorités ont décidé de ne plus ignorer les faits.
Il y a un an, la banque centrale du Bangladesh a créé un compte bancaire spécial pour les enfants qui travaillent. L’un des objectifs est de les inciter à épargner et s’assurer un meilleur avenir.

Textile, la colère des petites mains

À Dacca, la capitale du Bangladesh, le Rana Plaza n’est aujourd’hui plus qu’un champ de ruines. Cet immeuble, haut de neuf étages, s’est effondré le 24 avril 2013, ensevelissant plus de 1 100 ouvriers qui travaillaient pour des grandes marques de prêt-à-porter. Les journalistes d’Envoyé spécial Sophie Bonnet et Vincent Reynaud sont retournés sur place, pour savoir si l’industrie textile avait tiré les leçons de ce drame.

Deux ans jour pour jour après la catastrophe, 2 000 rescapés de l’effondrement du Rana Plaza se sont réunis à Dacca. Ils protestaient contre les indemnisations dérisoires reçues par les familles de victimes, environ 25 millions d’euros sur les 40 millions promis.

Si les ouvriers bangladais du textile ont obtenu une revalorisation de leurs salaires, passés de 30 à 53 euros par mois, leurs conditions de travail ne se sont pas améliorées. La plupart des usines restent vétustes et dépourvues des normes élémentaires de sécurité.

Immigration : Les hommes invisibles

Souvent on ne lui répond même pas. Tout juste si on lui jette un regard. Zahir, 26 ans, originaire du Bangladesh, est l’un de ces vendeurs de fleurs à la sauvette qui écument les terrasses des restaurants des grandes villes.

De l’appartement qu’il partage avec dix compatriotes aux longues soirées pendant lesquelles il essuie des centaines de refus plus ou moins polis, en passant par la boutique où il s’approvisionne clandestinement en roses, des journalistes ont partagé le quotidien de Zahir.

Internet suit les routes commerciales d’avant la 1e guerre mondiale

La société d’études TeleGeography a mis en ligne une carte mondiale interactive des câbles sous-marins qui connectent l’Internet mondial. Elle ressemble étrangement à une carte des routes maritimes datant de 1912.

Demandez à votre voisin par quel moyen transite la majorité des communications internationales : il y a de fortes chances qu’il réponde, après avoir réfléchit quelques instants, “les satellites”. La réponse est pourtant très terre à terre. “Pour les communications internationales, plus de 99% du trafic passe par les câbles sous-marins”, a expliqué Alan Mauldin, directeur de la recherche de la société d’études TeleGeography, dans une interview accordée à CNN.

La raison est simple : les câbles peuvent transporter beaucoup plus d’information, pour un coût minime. Autre raison : “Dans un monde où chaque milliseconde compte, l’aller-retour vers les satellites représente une perte de temps inutile”, a indiqué au Monde Benjamin Bayart, spécialiste des télécommunications et porte-parole du fournisseur d’accès à Internet associatif FDN.

Depuis l’année dernière, TeleGeography tient à jour une carte de l’ensemble des câbles qui permettent à nos réseaux de communication de fonctionner. Au 15 mars, elle montre 299 câbles déjà construits ou qui seront mis en service d’ici la fin de l’année.
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Bangladesh : La marée noire oubliée

Au Bangladesh, une marée noire est en train de ravager un trésor mondial de la biodiversité, dans l’indifférence générale. La plus grande forêt de mangroves du monde inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco est se recouvre progressivement d’une couche visqueuse de pétrole.

Danone au Bangladesh : Le social business, outil de conquête des marchés BoP (base de la pyramide)

En 2005, lors d’une visite à Paris de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix et pionnier du micro-crédit, le PDG de Danone, Franck Riboud, lui propose un entretien. Cette rencontre conduira à la création d’une joint-venture entre les groupes Danone et Grameen sous le nom de Grameen Danone Food Ltd, une société fonctionnant sous le modèle du social business : c’est-à-dire visant un objectif social mais devant rester économiquement viable, sans perte ni profit.

Si l’objectif affiché de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations bangladaises peut paraître louable, un autre niveau d’analyse laisse suggérer que Danone souhaite surtout profiter de son expérience au Bangladesh pour se développer auprès des marchés BoP asiatiques.

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Bangladesh : Survivre dans le chaos

Au Bangladesh, le pays le plus peuplé de la planète, un dicton soutient que ce qui coûte le moins cher, c’est la vie. Chaque année a lieu le plus grand pèlerinage musulman du monde après celui de La Mecque, la Bishwa Ijtema, qui dure trois jours. Pour l’événement, près de six millions de fidèles affluent de tout le pays et de l’étranger. Bus, bateaux et trains sont pris d’assaut.

Les voyageurs sont partout et certains prennent des risques inconsidérés : entassés sur les toits, accrochés aux fenêtres et aux essieux… Bus, Bateaux et trains sont pris d’assaut. Une foule quasi ingérable dans un pays aux infrastructures obsolètes, mais où l’on garde toujours le sourire.

Bangladesh : Il vit seul en pleine mer avec ses poules sur un voilier 100% pur jute

Corentin de Chatelperron, un jeune français, se balade sur les mers en mode simplicité volontaire. Avec ses poules, son bateau auto-construit et un jardin portable, il vogue loin de la folie du monde moderne. Un rêve pour beaucoup, réalisé aujourd’hui par un individu intrépide.

Naviguant sur l’océan Indien, cet ingénieur français construit ce qui lui est nécessaire pour répondre à des besoins primaires. Pour survivre, il trouve toujours un moyen pour construire des objets utiles avec peu de matériel. Après avoir fabriqué son voilier en fibre de jute, une plante répandue sur cette partie du globe, Corentin a réalisé des voyages extraordinaires avec ses constructions peu communes.

La « low technologie », Corentin la pratique sur son bateau depuis plusieurs années. Liée à la simplicité volontaire et la décroissance, cette philosophie veut utiliser des technologies simples, économiques pour répondre à ses besoins : manger, boire, vivre.

Voici le récit en vidéo d’un projet novateur et passionnant porté par une équipe enthousiaste, dont l’idée est que l’écologie pourrait, dans certains cas, aider à résoudre les problèmes économiques du tiers monde.

Partie 1:

Partie 2:
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Les Damnées Du Low Cost (Vidéo)

Le 24 avril 2013, le cri des femmes du Rana Plaza et les images de centaines de cadavres sortis des décombres de l’usine textile ont fait le tour de la planète. La France, L’Europe, ont brutalement pris conscience de ce qui se joue, à des milliers de kilomètres de nous, dans les usines de confection du Bangladesh.

Le miracle low cost n’est qu’un mirage.

L’immeuble qui s’est effondré à Dacca abritait 5 ateliers de couture. Près de 4 000 ouvriers, en grande majorité des femmes, s’y relayaient jour et nuit pour un salaire de misère, 30 euros par mois. Depuis le drame, les questions se sont multipliées, qui toutes mettent en cause la sous-traitance, les conditions de travail, les mensonges et la spirale de la consommation hystérique.

Réalisé par Anne Gintzburger et Franck Vrignon (2014)

Le Monde selon H&M (Màj vidéo)

On appelle cela l’effet papillon. Ou comment le battement de cils d’une armada proprette de designers suédois peut déclencher un raz de marée de fans décomplexés, toutes générations confondues, aux quatre coins de la planète. Dans la vie, il y a des choses qui s’achètent chez Ikea. Pour tout le reste, il y a… H&M.

Partie 1:

Partie 2:

Avouez-le, soudain ça frétille et pas qu’un peu du côté de votre porte-monnaie non? Du nôtre aussi. Mode et qualité au meilleur prix, voilà l’équation magique martelée au fer rouge de l’enseigne scandinave. 66 ans après sa naissance, la princesse la plus courtisée du royaume de Suède aligne ses 3000 magasins et ses 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires à la vitrine du monde. 1,7 milliard de bénéfice en 2012, de quoi parader sans honte aux côtés des stars des grandes places financières mondiales.

En façade, une success-story immaculée. Des partenariats paillettes prestigieux: créateurs made in couture, organisations internationales et ONG biens sous tout rapport. Un gendre idéal, Karl-Johan Persson, dirigeant actuel et arrière-petit-fils du fondateur, en émissaire de la veuve et de l’ouvrière auprès des gouvernements des pays producteurs. Une stratégie de communication à toute épreuve, façon rouleau compresseur, tuant dans l’œuf la moindre fausse note.

Comme par exemple des ateliers de fournisseurs qui partent en fumée au Bangladesh, et leurs employés avec; ou des syndicats qui montent au front dans les filiales européennes du groupe pour dénoncer des pratiques opaques pilotées depuis la maison-mère à Stockholm.

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« 2014 L’âge des Low tech »

Philippe Bihouix est ingénieur. Spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique, il est coauteur de l’ouvrage “Quel futur pour les métaux ?”, paru en 2010.

Face aux signaux alarmants de la crise globale, croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée, on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

(Éditions du Seuil, collection anthropocène, 338 pages, 19.50 euros)

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ».

Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.

On ne peut bétonner ad vitam aeternam, et le dynamisme envié de pays comme Dubaï ou Singapour n’est évidemment et heureusement pas reproductible. Il ne reste que l’option, très rationnelle, d’appuyer sur la pédale de frein : réduire, au plus vite et drastiquement, la consommation de ressources par personne.

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Asie : La colère des petites mains du textile

Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, un immeuble de 9 étages s’effondrait à Dacca, la capitale du Bangladesh. Bilan: plus de 1100 morts. Les victimes: des ouvriers de l’industrie textile. Le bâtiment abritait 5 ateliers, qui confectionnaient des vêtements exportés dans le monde entier. Un an plus tard, quelles leçons ont été tirées ?

Au cours de cette enquête, nous avons retrouvé une couturière qui a survécu à la catastrophe. Au moment du tournage, elle n’avait pas reçu de compensations financières. Il existe un fonds d’indemnisation de l’industrie textile, mais l’argent n’a pas été débloqué.

Seules 10 marques y ont contribué. En revanche, elles sont 150 à avoir signé un accord sur les normes de sécurité. Elles s’engagent à les faire respecter à leurs fabricants. Pourtant, les usines présentaient des manquements inquiétants: électricité vétuste, extincteurs vides, issues de secours fermées à clé.

En l’espace d’un an, les marques auraient retiré jusqu’à 15 % de leur production du Bengladesh. A l’inverse, à Pnohm Penh, capitale du Cambodge, 200 usines ont été construites ces 3 dernières années.

Enquête dans cette nouvelle vitrine de l’industrie textile. En janvier dernier, elles ont été paralysées par des grèves qui ont tourné à l’émeute. Les ouvriers demandaient des hausses de salaire. La répression sera très sévère. Tout se passe comme si, où qu’elle aille, l’industrie textile n’était plus en mesure de contenir la colère des petites mains.

Bangladesh : Cuir Toxic

Situé à la périphérie de Dhaka, la capitale du Bangladesh, Hazaribag est un bidonville géant où vivent et travaillent plus d’un million de personnes, forçats des tanneries bangladaises.

Recensé parmi les trente sites les plus pollués de la planète, l’air, la terre et l’eau y sont gangrenés et regorgent de substances toxiques comme le chrome hexavalent, le mercure ou encore le cyanure.

La survie de ces hommes, femmes et enfants est menacée mais aussi dépendante de la consommation compulsive de l’Occident et de l’Asie.

Bangladesh : Du sang sur mes fringues (Màj vidéo)

Addendum du 13/05/2013 – Éric Zemmour : Bangladesh, le plus grave accident industriel de la mondialisation


1.000 morts depuis 2005. 384 morts et 900 disparus suite à l’effondrement du Rana Plaza à Dacca, mercredi dernier. Déjà en 2006, l’équipe de “Là-bas si j’y suis” était au Bangladesh, avec les ouvriers et les ouvrières du textile.

L’industrie textile emploie plus de 3,5 millions de personnes au Bangladesh, en majorité des femmes. “Consommer toujours plus et moins cher” dans les pays occidentaux c’est travailler toujours plus et moins payé dans les pays en voie de développement.

NB: l’émission proprement dite commence à partir de 07’23″.

L’Europe est-elle aussi responsables des ouvriers bangladais ?

La mort de plus de 400 personnes dans une usine textile au Bangladesh révèle une fois de plus les conditions déplorables dans lesquelles les entreprises occidentales font fabriquer les vêtements. L’UE a raison d’exercer des pressions sur les autorités locales, mais elle devrait aussi regarder ce qui se passe dans d’autres pays.

C’est une catastrophe dont l’ampleur augmente chaque jour. Il s’agit de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans la ville de Savar au Bangladesh, qui a coûté la vie à au moins 400 personnes d’après les dernières informations [on en dénombre actuellement 500]. Le compteur s’est mis en marche il y a plus d’une semaine avec 87 morts et 1.000 blessés. Un autre chiffre circule désormais et il ne présage rien de bon, c’est celui des disparus : il serait de 1.000, même si certains sont peut-être comptés deux fois.

Le complexe de huit étages, dont trois auraient été ajoutés illégalement, abritait entre autres une usine textile. Des ouvriers avaient signalé à leur patron des fissures dans les murs, mais ce dernier les a obligés à venir au travail, en les menaçant de retenir une pénalité sur leur maigre salaire.

Les importateurs, en partie responsables
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Quand l’Afrique se réveillera : La France se relèvera

Par Michel Lhomme

Dans une tribune du quotidien britannique Financial Times, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, s’en est pris le mois dernier, « aux méthodes impérialistes de la Chine sur le continent. Il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine. »

La Chine en Afrique : du néo-colonialisme

Pour la première fois en Afrique, ont été dénoncées les relations commerciales déséquilibrées entre l’Empire du Milieu et les pays africains, ces derniers troquant l’exploitation de leurs immenses ressources naturelles contre des devises, des prêts et même des produits chinois bon marché mais de piètre qualité.

En riposte, Lamido Sanusi a proposé de produire localement mais aussi de repousser activement les importations chinoises et leur politique prédatrice. Que la Chine s’empare des matières premières africaines et qu’elle leur vende des biens manufacturés, n’est-ce pas exactement ce qu’on appelle par essence le néo-colonialisme? Cette politique chinoise contribue de façon significative à la désindustrialisation et au sous-développement continu de l’Afrique.

Le Nigéria est  l’un des premiers pays africains à avoir réagi. Pour que son immense manne pétrolière et gazière (qui représente en moyenne 36 % du PIB et plus de 97 % des exportations) profite au maximum au pays, le gouvernement nigérian applique depuis trois ans la politique dite de « local content », qui impose que l’essentiel de l’activité liée aux hydrocarbures soit assuré par la main d’œuvre locale ou des entreprises à capitaux majoritairement nigérians.
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Asie, le réveil ouvrier

Face aux cadences infernales, des jeunes Chinois venus des campagnes n’hésitent plus à se former aux techniques syndicales et à braver la répression policière, révoltés par leur statut de citoyens de seconde zone. Première conséquence des maigres avancées obtenues par la lutte : les délocalisations de nombreuses entreprises chinoises dans d’autres pays d’Asie, aux exigences salariales encore moindres.

« Nous ne pouvons plus considérer que la Chine est un pays où l’on produit à bas coût, c’est terminé. La main d’oeuvre bon marché n’existe plus. » Stanley Lau, Fédération des industriels chinois.

« Le Cambodge est devenu le nouvel Eldorado. Les ouvrières sont payées 3 à 4 fois moins cher qu’en Chine et travaillent pour les mêmes clients étrangers. » – Narrateur.

(Reportage de Michaël Sztanke – Investigatiôns – 6 février 2013)

Bangladesh : La Bourse sème la panique

Au lendemain d’un lundi noir à la Bourse de Dhaka, l’indice boursier s’envole de 15% ce mardi. Un rebond «étrange» alors que la veille, de violentes manifestations ont éclaté dans le quartier commercial de Motijheel.

Les investisseurs bengalis ont amnifesté contre la chute brutale de leur Bourse lundi. La police a réagi.

À Dhaka au Bangladesh, la tension est montée hier, lundi. Face à des investisseurs en Bourse en colère, qui ont paralysé la circulation du centre-ville, la police a chargé à coups de bâtons, de gaz lacrymogènes et de canons à eaux pour les disperser.

Qu’est-ce qui a pu mettre ces 5000 Bangalais en rage à ce point ? La Bourse locale, le Dhaka Stock Exchange, a fermé ses portes «sur ordre de la commission de régulation» après avoir dégringolé de 9,25% en moins d’une heure de cotation.

Au final, hier, l’indice des vingt plus grosses capitalisations boursières bangladaises, le DSE 20 (composé essentiellement d’établissements bancaires et d’assurance, et de pharmaceutiques), a reculé de 8,6%, pour une capitalisation boursière de 2412 milliards de taka, soit 26,2 milliards d’euros. C’est la valorisation du seul titre Air Liquide au sein du CAC 40, et c’est presque quatre fois moins que celle de Total, la plus grosse capitalisation de l’indice parisien avec 95 milliards d’euros.

Il s’agit de la pire perte en une seule journée dans l’histoire de cette petite place financière d’Asie du Sud, extrêmement volatile depuis un mois, après avoir enregistré un plus haut historique le 5 décembre. Le principal indice, le DSE 20, avait alors atteint un record à 8918 points, soit une hausse de 90% en un an ! Pas étonnant que de tels rendements aient pu inciter à la frénésie de la part des Bangladais, pas toujours expérimentés.

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Asie : Les pénuries d’eau vont s’aggraver et menacer les économies

Les pénuries d’eau vont s’aggraver en Asie, menaçant la production alimentaire et les économies des pays de la région, a prévenu la Banque asiatique de développement (ADB) dont le siège est à Manille.

Les gouvernements, les industries et les populations doivent de toute urgence cesser de gaspiller l’eau s’ils veulent limiter ces pénuries, a souligné Arjun Thapan, conseiller dans le domaine des infrastructures au sein de ADB.

La crise de l’eau va certainement s’aggraver en raison des changements climatiques, l’industrialisation rapide, la pollution, la modification des habitudes alimentaires et la poussée des biocarburants. Cette crise de l’eau aura avant tout un impact sur “la production alimentaire et les investissements dans le secteur de l’énergie” et par répercussion “sur la croissance économique dans son ensemble.”

La consommation en eau dans nos villes, par nos systèmes d’irrigation, nos systèmes de production et notre industrie en général est extravagante“, a déclaré M. Thapan, lors d’une conférence organisée par l’institution financière qui a pour but de réduire la pauvreté et améliorer la qualité de vie au sein de ses pays membres.

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Les banques centrales continuent à acheter de l’or…

Par Eberhardt Unger

Les deux plus importants acheteurs d’or du monde, la Chine et l’Inde, en continuant à accumuler des métaux précieux ont alimenté, ces dernières semaines, nombres de discussions sur les marchés financiers. Cependant, peut-être de façon moins spectaculaire mais tout aussi significative, d’autres pays, tels que la Russie ou la Thaïlande par exemple, sont aussi acheteurs du métal jaune. Eux aussi ont contribué à ce que le prix de l’or atteigne un plus haut historique tout récemment.

Graphique des réserves d’or de la Banque centrale de Russie (Source)

La Banque centrale de Russie (BoR) a acheté 300 000 onces d’or en août qui sont venues s’ajouter aux 3,1 millions d’onces (à peu près 93 tonnes) achetées sur les 12 derniers mois. Elle détient maintenant 23,6 millions d’onces. De façon très conséquente, la BoR met en oeuvre son plan de diversification des réserves monétaires de la fédération.

L’augmentation du prix du métal précieux s’est accélérée mi-septembre, lorsqu’on a appris que la Thaïlande avait augmenté ses réserves d’or de 20%, s’inscrivant ainsi sur la liste des pays asiatiques en train de diversifier ses réserves monétaires par des achats d’or sur les marchés. La Thaïlande a augmenté son stock, passant de 500 000 à 3,2 millions d’onces. On sait aussi que le Bangladesh a acheté 10 tonnes en septembre et que le Népal veut aussi acheter.

Beaucoup de pays, particulièrement en Asie, ont un pourcentage d’or dans leurs réserves monétaires qui est encore loin des normes utilisées dans les pays industrialisés occidentaux. Tous pays confondus ce pourcentage est en moyenne de 10,1%, et dans la seule zone euro de 58,1% (Source : WGC, le 01/09/2010).
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Les maîtres de l’eau

Une grande partie de la population mondiale manque désespérément d’un accès à l’eau. Enjeu majeur, l’eau est au coeur de nombreux conflits d’intérêts. Parfois, sa mauvaise répartition engendre un combat entre les habitants d’un même pays, comme cela a été le cas en Espagne autour d’un projet aujourd’hui abandonné.

Les conflits peuvent concerner un même fleuve, comme le Nil, qui opposent aussi bien l’Égypte, le Soudan que l’Éthiopie, ou encore l’Indus, revendiqué par le Cachemire et le Pakistan. Les projets gouvernementaux de contrôle de l’eau menacent parfois les pays voisins, comme celui de l’Inde qui se répercute sur le Bangladesh.

Partie 1:

http://www.dailymotion.com/video/xatqo8

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Hausse des salaires : la Chine va-t-elle fermer l’atelier du monde ?

L’empire du milieu réévalue à la hausse les salaires des Chinois sur fond de crise sociale. Si c’est une bonne nouvelle pour le marché intérieur chinois, les vendeurs de vêtements et accessoires au détail songent désormais à délocaliser vers des pays tels que le Vietnam et l’Inde, dont la main-d’œuvre est moins chère. La Chine peut-elle rester l’atelier du monde ?

Les vendeurs de vêtements et accessoires au détail, tels que l’américain AnnTaylor Stores Corp. et Coach Inc., songent à relocaliser une partie de leur production dans des pays bon marché. Même envie chez la marque Guess, qui compte désormais construire sa capacité de production au Vietnam, au Bangladesh, au Cambodge et en Inde.

Le coût de la main-d’oeuvre s’élève à 1,84 dollar par heure en Chine chez les producteurs de vêtements, en hausse de 14% en 2009. En Inde, la main-d’oeuvre se paie plus cher, à 2,99 dollars par heure, en hausse de 17% en 2009. La meilleure opportunité pourrait bien être le Vietnam où la main-d’oeuvre se paie 49 cents par heure avec une hausse de 2% en 2009.

Les récentes augmentations du salaire minimum ont fait augmenter le coût de la main d’œuvre chinoise de 5% à 15% en moyenne cette année (+20% dans la province de Guangdong).

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Crise: l’Asie exposée au risque de troubles sociaux

L’Asie, même si elle montre la voie de la reprise mondiale, reste exposée à un fort risque de troubles sociaux liés à la montée du chômage et des inégalités. Si la plupart des économies asiatiques affichent de nouveau d’impressionnants taux de croissance, des experts préviennent que l’année 2010 n’est pas à l’abri de mauvaises surprises.

Même si nous maintenons que la crise a déjà infligé ses plus gros dégâts, son impact continuera de se faire sentir en 2010,” estime Economist Intelligence Unit (EIU) dans un rapport.

Pour ce cabinet spécialisé dans l’analyse du risque politique pour les investisseurs, la stabilité des économies pourrait pâtir cette année de pressions déflationnistes, de nouvelles bulles spéculatives et “de la menace d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des troubles sociaux et politiques.

Ceux-ci, explique-il, seront entretenus par un chômage accru, une faible croissance et des mesures d’austérité budgétaires dans de nombreux pays.

La plupart de ces risques, ajoutent ces experts, sont concentrés en Asie. L’EIU classe ainsi la Chine dans une catégorie “à haut risque” de troubles sociaux en 2010, ainsi que la Thaïlande, l’Indonésie, les Philippines, le Sri Lanka, le Cambodge, le Bangladesh et la Corée du Nord.

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Casques bleus du Tiers-monde: l’Occident finance les atrocités des “mercenaires de la paix”

La crise au Honduras n’est toujours pas résolue et pourrait mener à un conflit majeur qui pourra coûter cher à l’oligarchie de ce pays. C’est pourquoi parmi certains dirigeants de cette nation d’Amérique Centrale, ainsi qu’aux USA, on pense imposer l’envoi de troupes « pacificatrices », les casques bleus de l’ONU.

Quelques ingénus penseront que ces troupes, qu’elles soient de l’ONU ou sous le drapeau d’autres organisations multilatérales, interviennent de façon juste et équitable avec la participation de tous les pays membres et que leur rôle est d’installer et maintenir la paix. En fait, dans la majorité des cas, sinon tous, la présence de forces étrangères aggrave le conflit et ce que ces troupes maintiennent c’est un statu quo.

Les missions dites de paix de l’ONU sont financées principalement par les USA et les pays européens de l’OTAN, tandis que les simples soldats proviennent des pays du Tiers-Monde.

L’ONU paie mensuellement aux gouvernements respectifs 1.101$ par soldat et 1.404$ s’il a une qualification militaire. Ensuite chaque gouvernement paie aux troupes la somme qu’il estime correspondre (toujours une infime partie de la somme reçue).

Ces salaires, plus l’armement, équipements et entraînements fournis par l’ONU, permettent à des pays pauvres de maintenir une modernité dans leurs armées qu’ils ne pourraient s’offrir autrement. Le paradoxe est là, un militarisme alimenté par les missions de paix. De plus, la participation à ces missions étant lucrative pour les gouvernements et assurant leur emploi aux soldats, les uns comme les autres ont tout intérêt, économiquement et militairement, à ce que ces conflits se prolongent.

Selon des données officielles, les cinq pays qui ont apporté, en 2008, le plus grand nombre de soldats aux missions de l’ONU sont : Pakistan, Bangladesh, Inde, Nigeria et Népal. Les trois premiers couvrent le tiers des 100.000 casques bleus déployés dans les zones de conflit dans le monde. Du dernier proviennent les féroces gurkhas.
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