Les villes fantômes et barbares de l’American Dream

Le nombre de villes quasiment insolvables ou d’ores et déjà en faillite aux USA ne cesse d’augmenter, imposant une économie urbaine d’apocalypse, avec une régression extraordinaire de tous les services publics. Les échos de cette situation sont de plus en plus nombreux et montrent l’absence totale de programmes nationaux, d’efforts du gouvernement central pour tenter d’enrayer cette tendance. Bien entendu, le gouvernement est lui-même enfermé dans une dette colossale et dans des dépenses colossales pour une politique étrangère de guerres multiples, d’aides à l’étranger pour conserver son hégémonie, d’un réseau de plus de 900 bases à travers le monde. L’Empire se vide de l’intérieur tandis qu’il continue à exercer sa violence extérieure sans aucune contrainte.

The Observer du 15 juillet 2012 consacre un reportage à la ville de Scranton, en Pennsylvanie, sur le point d’être déclarée en faillite. Cela permet d’évoquer le problème général du tissu urbain US, confronté à une situation de crise de “barbarisation” sans précédent. (…)

Le 16 juillet 2012, le site The Economic Collapse consacre un long article à la situation dans douze grandes villes des USA, surtout du point de vue sécuritaire. (L’article donne un très grand nombre de liens renvoyant à des articles publiés sur la situation dans ces villes.) Parmi ces douze villes, on trouve Chicago, Detroit, Philadelphie, Cleveland, St Louis, New Orleans, Oakland, Baltimore… La réduction radicale des services publics, notamment de la police, des pompiers et des services sanitaires, entraîne un effondrement de la sécurité, une augmentation catastrophique du banditisme, l’abandon des taches fondamentales d’entretien du domaine public, avec des quartiers entiers vivant en état de quasi sécession par rapport à l’ordre public, non seulement “zones de non-droit” mais zones détachées même de la référence du droit. Les statistiques nous donnent la référence froide de cette situation (la ville de Flint, dans le Michigan, détient un record, avec un coefficient d’assassinats plus élevé que celui de Bagdad). Certaines scènes font penser à des films hollywoodiens sur la barbarie post-postmoderne s’installant dans les lieux de la civilisation après de grandes catastrophes ou la désintégration de tout l’ordre social. Ainsi, de la ville de St Louis, avec ce “détail” qui nous a particulièrement frappé, où la barbarie et la sauvagerie que produit ce Système semble tout frapper, – à la fois la situation sociale, l’être humain, l’animal, absolument tout…

«The following is from a report by the local CBS affiliate in St. Louis… Lewis Reed is sounding the alarm. “I’ve witnessed packs of dogs, 10 and 15 dogs running together, and I’ve seen all these dogs I’m talking about they don’t have collars, they don’t have tags, these are truly wild dogs,” he said. Reed says stray dogs are terrorizing the north side. “It’s obscene that parents have to walk their kids to school, in some parts of the city, with a golf club to fend off wild dogs.”»

[La suite provient d’un rapport du correspondant de CBS à Saint Louis. Lewis Reed tire la sonnette d’alarme. “J’ai été témoin de meutes de chiens, 10 à 15 chiens, courant ensemble, et j’ai remarqué qu’ils n’ont ni collier ni tatouage ; ce sont de véritables chiens sauvages” dit-il. Reed dit que des chiens errant terrorisent la partie nord de la ville. “Il est effarant que des parents, dans certaines parties de la ville, aient besoin d’accompagner leurs enfants à l’école avec des clubs de golf pour repousser des chiens sauvages”. - (Merci à Irminius pour la traduction)]
Lire la suite