Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

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Le travail contre la finance apatride

par Charles de Meyer

« Et pour qu’elle le soit véritablement, pour que ce capital immobilisé dans les banques ne soit pas immobilisé chez les particuliers, pour qu’il travaille et crée à son tour du travail, il faut qu’il veuille travailler ; pour qu’il le veuille, il faut le mettre en appétit et lui proposer un grand but rémunérateur. Ce but en temps de guerre ne peut être que de conquête. Dans la guerre actuelle, il ne peut-être que la conquête de l’empire commercial allemand, Empire autrement riche que ces plaines de Lombardie que tous les conquérants de l’histoire ont offertes à la convoitise de leurs soldats ! » Charles Maurras, éditorial du 21 août 1914, Les Conditions de la victoire.

« Un peuple a le devoir de demeurer une individualité libre, pour que soit conservée la pluralité des nations libres, sans laquelle est perdue la liberté commune du genre humain. » Henri Hude

Dans un silence médiatique digne des plus grandes heures de l’autocensure politique, deux nouvelles impliquant les argentiers cosmopolites passés maîtres des décisions économiques mondiales ont été révélées cette semaine. La première concerne l’assouplissement des règles dites de Bâle III qui visaient à une meilleure réglementation des couvertures de risques par les grandes banques cosmopolites, la seconde mettait en cause les traders de la Deutsche Bank accusés d’avoir manipulé certains cours à Wall Street.

Ce  retour d’une finance cannibale alors que la commission européenne a du se résoudre à infliger 1,7 milliards d’euros d’amende aux grands groupes ayant manipulés les cours entre l’euro et le yen montre combien les argentiers de l’oligarchie sont devenus la clef de voute des systèmes de domination internationaux qui régissent les lois de production de l’élite et les contraintes assignées aux Peuples réduits à l’Etat de multitude afin d’empêcher toute reprise en main des détenteurs de la légitimité politique.

Dans une société liquéfiée par la dictature des rapports marchands érigés en modèle de l’organisation sociale restaurer ce pouvoir sur ses propres choix implique de trouver un médiat d’expression de sa résistance: le travail en tant que lieu mais aussi en tant qu’investissement de soi dans les limites de sa Nature peut devenir un ressort de l’opposition à la dégradation oligarchique du pouvoir.

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Socialiser le système bancaire

Une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique

Les différents projets de réforme bancaire initiés aux États-Unis avec la loi Dodd-Franck, au Royaume-Uni avec la Commission Vickers, en Europe avec le Groupe Liikanen et en France tout dernièrement avec le projet de « loi de séparation et de régulation des activités bancaires » ont suscité un large débat. À ce jour, les prises de positions, les discussions et les polémiques ont porté quasi-exclusivement sur le fait de savoir s’il faut ou non séparer la banque de détail et la banque de financement et d’investissement (BFI) |1|.

Pour légitime et importante qu’elle soit, cette question est l’arbre qui cache la forêt.

En effet, au-delà du choix de séparer ou pas les deux types de banques qui coexistent actuellement dans le modèle de banque universelle, la préoccupation essentielle doit porter sur le rôle des banques et leur mode de fonctionnement avant la question du simple aspect organisationnel.

Quelle utilité y a-t-il pour les populations de séparer les deux banques si leurs activités respectives ne sont pas mises au service de la collectivité ?

Le système bancaire privé a été le principal responsable de la crise financière de 2007-2008 qui perdure encore en 2013. Libres de toutes contraintes et animées par un seul souci spéculatif, les banques ont conçu des produits plus risqués les uns que les autres qui ont généré des pertes considérables. Les pouvoirs publics auraient dû, les premiers, tirer les leçons de cette crise et prendre des mesures adaptées à l’encontre des principaux fautifs, les établissements financiers. Pourtant, au lieu de s’attaquer aux racines du problème, ils ont choisi de laisser les banques agir en dehors de tout contrôle et faire supporter le prix de la débâcle financière aux populations à travers de violents, injustes et inefficaces plans d’austérité.

Cette situation est d’autant plus inadmissible qu’une réforme en profondeur de l’organisation et du fonctionnement du système bancaire est aujourd’hui une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

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La très mauvaise nouvelle du jour

Après s’être prononcé dans un premier temps contre le déclenchement des CDS (il y a une ou deux semaines), l’ISDA, association qui régit les CDS, vient de changer son fusil d’épaule. De mon point de vue, la raison en est simple. Ne pas les déclencher équivaudrait à tuer ce juteux et opaque marché de gré à gré de produits dérivés qui a permis l’enrichissement sans fin des banques anglo-américaines (détentrices de 85% du marché). En juin 2011, le marché des CDS (encours notionnels) représentait 32 400 milliards de dollars (49 % du PIB de la planète), dont 21 400 milliards atteindront leur maturité entre 1 et 5 ans (source BRI).

Mettre fin à ce marché représenterait la fin de l’enrichissement exogène des marchés financiers et du libre-échange outrancier. Autrement dit, le non-déclenchement des CDS serait une aberrante autorégulation de la part des acteurs qui sont à la fois juge et parti.

En outre, le non déclenchement des CDS serait perçu comme un appel du pied envers les économies des PIIGS, qui sans nul doute choisiraient alors la voie du défaut de paiement sous la pression de la vox populi.

Les banques et autres assureurs n’ayant pas l’obligation de prévoir les conséquences des événements à crédit au passif de leur bilan, le déclenchement des CDS coulera les banques exposés qui sont déjà à la peine sur la consolidation de leurs fonds propres.

Nous pouvons nous attendre à une crise de confiance des acteurs bancaires qui vont refuser de se prêter de l’argent et vont préférer placer l’argent à la BCE malgré le faible taux de rémunération à 0.25%.

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Peut-on encore contrôler la finance mondiale ?

Certes, la spéculation n’a jamais été aussi forte contre les pays du Vieux Continent. Mais il n’est pas trop tard pour instaurer des règles mettant fin à ces dérives. A condition de choisir les bonnes !

 

Des attaques spéculatives en rafale sur les Etats européens, des agences de notation qui continuent de faire leur loi sur les marchés, des hedge funds qui se la coulent douce dans les îles Caïmans… Pour un peu, on croirait que rien n’a changé depuis la crise des subprimes ! «Trois ans après, les financiers n’en font toujours qu’à leur tête», s’alarme l’économiste Jean-Paul Pollin.

De fait, même si le G20 a commencé à s’attaquer au problème – il a limité les bonus des traders et imposé aux banques de renforcer leurs fonds propres – il reste encore beaucoup à faire pour mettre enfin la finance mondiale sous contrôle. La plupart des décideurs politiques jurent d’ailleurs vouloir s’y atteler. Mais comment s’y prendre ? Entre les utopies sympathiques, les fausses bonnes idées et les propositions démagogiques, les vraies solutions sont parfois difficiles à discerner. «Les réformes les plus séduisantes ne sont pas toujours les meilleures», observe Patrick Artus, de Natixis. Ces pages le confirment.

1. Les réformes efficaces et réalisables

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Comptabilité des grandes banques américaines : pas fiable ?

Par Vincent Bénard

L’une des grandeurs que les investisseurs regardent pour savoir si le bilan d’une banque est solide est le µ, ou ratio des dettes sur capitaux propres. Quelques analystes se sont spécialisés dans ce type d’analyse simple mais efficace (exemple).

Le µ et les normes comptables

Le seul problème avec cette analyse : quelle est sa valeur si le calcul du total de bilan est biaisé par une grossière sur-évaluation des actifs ? Autrement dit, si une banque compte, par exemple, 10% de prêts non performants en valeur dans son bilan, mais qu’elle n’affiche que 1% de dépréciation, ses fonds propres réels sont nettement moindres que ce que son bilan affiche.

“Pas de danger”, direz vous. En effet, si les règles comptables “Mark To Market” ont été suspendues du 15 novembre 2008 au 1er janvier 2010, les règles comptables FASB 157 en vigueur aux USA depuis cette dernière date obligent les banques à déclarer trimestriellement une “fair value », une valeur “justifiée”. Donc, si des prêts non performants se trouvaient en masse dans les bilans bancaires, cela se verrait, non ?

Et donc, vu que je vous annonce régulièrement que les grandes banques américaines sont au bord du gouffre, et que les dépôts de bilan et autres bailouts anticipés n’arrivent pas, vous seriez fondés à croire qu’il y a dans mon pessimisme une part d’exagération.

Et encore une norme comptable contournée, une !

Sauf que… Bloomberg lève le voile sur une “échappatoire” comptable que nombre de banques auraient mis en oeuvre pour majorer fortement la valeur d’actifs de leurs prêts. La règle comptable 157 stipule que la Fair Value doit s’entendre comme un prix raisonnablement escomptable d’une vente dans des conditions “normales”, ce que les Anglo-Saxons appellent une “exit value ».

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Une victoire du lobby bancaire

LE chiffre que les banques attendaient – avec une inquiétude largement médiatisée – est enfin sorti. Ce sera 7%. Pour garantir leur bilan, le comité de Bâle, émanation de la Banque des règlements internationaux (BRI), a décidé que les banques devront détenir 7% de fonds propres (ratio dit de Bâle III).

Elles disaient craindre 9% ou 10%, et le soulagement est tel que les valeurs bancaires sont à la fête aujourd’hui [13 septembre 2010]. Car le comité de Bâle a en plus accordé un délai de 8 ans pour se conformer à cette nouvelle norme.

Bien sûr, les banquiers vont continuer à hurler de plus belle. Le lobby bancaire s’est d’ailleurs exprimé très vite dans un communiqué publié dans la matinée [du 13 septembre 2010] par la Fédération bancaire française (FBF). “La principale préoccupation des banques françaises est que le renforcement des fonds propres auquel conduit la réglementation constitue une contrainte forte qui pèsera inévitablement sur le financement de l’économie et notamment le volume et le coût du crédit“, explique ainsi la FBF. L’argument n’est pas nouveau mais il a largement prouvé son efficacité. Alors, pourquoi s’en priver ?

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Banques : état des lieux, deux ans après le choc Lehman

Deux ans après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, comment se porte le système bancaire ? Au lendemain d’une crise sans précédent, la question préoccupe gouvernements, économistes et investisseurs, tant la bonne santé des banques constitue un élément essentiel de la reprise économique. C’est particulièrement le cas en Europe, où l’économie est financée aux deux tiers par les crédits bancaires, contre un tiers aux Etats-Unis.

Si, d’un bout à l’autre de la planète, le système bancaire semble stabilisé, il subsiste d’importantes poches de fragilité. Bon nombre d’établissements ne sauraient encore se passer de la béquille des Etats. Surtout, le paysage a été profondément remanié, et les réglementations adoptées aux Etats-Unis et en Europe préfigurent de nouveaux bouleversements.
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On n’est pas sortis de l’auberge !

L’actualité des marchés sera probablement orientée vers le secteur bancaire en début de semaine prochaine, une fois révélée les décisions finales de Bâle III, sur la notion de solvabilité des banques européennes. Malgré une légère montée d’inquiétude, la semaine s’achève par une hausse relative des indices.

Mais au-delà des mouvements erratiques à court terme, il est d’autres évidences de long terme, largement combattues par les banques centrales, qui régissent les marchés.

Secteur bancaire : exit la toute puissance anglo-saxonne

Parmi celles-ci figurent plusieurs réalités actées, chiffrées et globales, que la création monétaire ex nihilo n’est pas en mesure de neutraliser. Puisque nous évoquons le secteur bancaire, le premier tableau ci dessous, extrait du dernier article de Gordon T Long, comme l’ensemble des graphiques de cette rubrique, est particulièrement clair.

L’implosion du système bancaire US et ses conséquences sur l’ensemble des institutions financières occidentales, a relégué le système bancaire anglo-saxon derrière le secteur bancaire chinois en une décennie à peine. Qui plus est, en 1999, seule deux institutions helvètes parvenaient à se glisser dans un Top 20 quasiment exclusivement anglo-saxon, alors qu’en 2009, la globalisation financière est devenu un fait établi, avec une belle diversification géographique du Top 20 financier, les anglo-saxons ne représentant plus qu’un cinquième du tableau !

Ce tableau préfigure en soi les changements en cours dans l’ordre financier global, y compris au sein du FMI, par exemple.

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Pas d’emplois, pas de relance de la consommation !

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