L’Islande ou le vertige de la décroissance

Confrontée pour la première fois au chômage, à des baisses importantes de salaires et à une dévaluation de la couronne de plus de 100 %, la population islandaise tente de garder la tête haute. Mais la colère gronde et le dossier Icesave empoisonne la vie politique et menace le redressement du pays.

Non loin de la petite maison crépie en blanc qui abrite les bureaux du Premier ministre, symbole d’un pays modeste et sans ostentation, se dresse le vaste chantier du futur hall de concerts et de conférences de Reykjavik, immense bloc de béton triste qui rappelle les rêves de grandeur de l’Islande avant la crise financière d’octobre 2008. Un projet architectural démesuré (23.000 mètres carrés) dessiné par les meilleurs architectes danois et islandais, qui devait s’inscrire dans une rénovation ambitieuse du port. Le chantier, trop avancé pour être arrêté, est doucement maintenu en vie, quand tout autour s’est figé : le mini-Manhattan imaginé par les « Vikings » de la finance se résume à quelques immeubles vides ou inachevés.

Depuis la faillite de 85 % de leur système bancaire et leur mise sous tutelle par le FMI, les Islandais, pourtant l’un des peuples les plus cultivés au monde, n’ont plus le coeur à rêver de concerts ou de sorties. Depuis un an, toute la population islandaise ne vit plus qu’au rythme d’un feuilleton : l’affaire Icesave, dont elle a le sentiment que dépendra sa survie.

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