Prévisions alarmantes sur la dette des États

Le vieillissement de la population et le déséquilibre entre actifs et retraités vont creuser les déficits.

Obama portant des seaux aux noms évocateurs (banques, AIG, constructeurs automobiles, crédits immobiliers...) et allant traire la vache à lait du Trésor public : "Bon-jour, Rayon de Soleil !" (titre d'une chanson)

Le diagnostic est connu. La crise est historique ; les finances publiques en chute libre. Déficits et dettes ont augmenté de façon exponentielle sous le coup des plans de relance, des sauvetages de banques et de la baisse d’activité. L’OCDE prévoit en 2011 une dette des pays industrialisés à plus de 100 % du PIB. Un niveau difficilement soutenable. Mais si ces dettes s’envolaient à 200, 300, voire 400 %… Ce scénario catastrophe n’est pas tiré d’un livre de science-fiction mais d’une étude de la très sérieuse Banque des règlements internationaux (BRI).

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Le modèle de la grande distribution entre en crise

La grande distribution révise sa stratégie commerciale pour redorer un blason terni par des chiffres en baisse.

Comment sortir de la crise par le haut ? Les grands distributeurs tentent de se relancer avec des stratégies contradictoires, axées sur trois piliers forts de leur métier.

Un résultat net en baisse de 69,8 % sur un an, un chiffre d’affaires en recul de 1,2 % : pour Carrefour, rien ne va plus. Les derniers résultats du second distributeur mondial (derrière Walmart) montrent les limites de la défaillance du marché historique du groupe, la France. Dans l’Hexagone, les hypermarchés patinent, masquant le dynamisme de certaines enseignes de proximité, dont la physionomie est en profonde mutation. Auchan est également à la peine au niveau du groupe, mais table plus que jamais sur le gigantisme de ses magasins pour séduire… et fait preuve d’audace. Quant à Géant, l’enseigne du groupe Casino, elle poursuit sa chute.

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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Moody’s : le risque de dégradation [de la note] de la France se rapproche

La France risque-t-elle de perdre la meilleure notation attachée à sa dette publique ? Ce risque s’est rapproché, prévient lundi l’agence Moody’s.

Des quatre grands pays – Royaume-Uni, France, États-Unis et Allemagne – titulaires de la meilleure note de crédit AAA et dans le collimateur de l’Agence de notation anglo-saxonne, c’est la France qui court actuellement le plus de risque, en raison du poids des charges de la dette, assure Moody’s.

Dans une note sur la capacité de ces pays à conserver leur note maximale, Moody’s répète “qu’il n’y a pas de risque immédiat de dégradation des grands pays AAA, mais que le petit risque qu’ils ne parviennent pas à maintenir leurs finances sous contrôle, et soient donc dégradés, a augmenté”. Autrement dit, “les notes des grands AAA restent en bonne position, bien que le chemin qui les sépare de la dégradation se soit substantiellement raccourci”.

L’agence observe que ces quatre pays “ont la capacité de faire face aux défis auxquels ils sont confrontés”, et qu’une dégradation, “tout en étant vue comme une humiliation nationale, pourrait faire augmenter de manière importante la facture des intérêts” de la dette publique.

Moody’s remarque que l’espoir mis par ces pays dans la reprise économique pour résoudre les problèmes de dette “a jusqu’à présent été brisé par le fait que le gros de la reprise mondiale se place ailleurs”.

L’agence estime qu’il n’est pas possible “d’esquiver la nécessité de baisser les dépenses” en laissant les plans de relance en place et en espérant la croissance : “Cela mettrait à l’épreuve la patience et la confiance des marchés financiers ou des banques centrales, qui pourraient se mettre à combattre les attentes d’inflation en élevant les taux d’intérêt”.

Une montée des taux d’intérêt “ne ferait qu’aggraver un problème de dette déjà compliqué, avec le risque de conséquences plus abruptes encore sur la notation”, a prévenu Moody’s.

AFP (via Le Point)

La pression s’accroît sur le fragile Portugal

Les agences de notation menacent de dégrader la note du pays, alors que le gouvernement de José Socrates doit contenir la dette publique et réduire le déficit de l’Etat.

Révision à la baisse du PIB, avertissement de Fitch, grogne des syndicats, popularité en baisse… Le gouvernement portugais, qui subit déjà depuis plusieurs mois, au même titre que la Grèce, la pression des marchés face à l’envolée des déficits, a connu une bien mauvaise semaine.

S’il juge les sanctions excessives, le premier ministre, José Socrates, espère bien que son plan d’austérité dévoilé lundi dernier donnera plus de crédibilité à son pays.

L’objectif affiché est de ramener le déficit public de 9,3 % en 2009 à 2,8 % du PIB d’ici à 2013 et de contenir la dette, qui atteint 76,6 % de la richesse nationale.

Ce programme, qui sera présenté au Parlement le 25 mars et transmis à Bruxelles d’ici la fin du mois, prévoit notamment un gel des salaires des fonctionnaires, le plafonnement des aides sociales, une hausse des impôts sur les hauts revenus et les profits boursiers et un programme de privatisations. Au total, la baisse des dépenses comptera pour moitié dans le plan d’économie.

Le gouvernement envisage aussi d’anticiper le report à 65 ans, prévu pour 2015, de l’âge de départ à la retraite des fonctionnaires. Vivement opposés au gel des salaires, les syndicats ont annoncé une grande manifestation nationale pour fin mai.

Les nouvelles mesures d’austérité ne semblent pas avoir convaincu Fitch, qui n’a pas exclu mardi une dégradation de la note de crédit du pays, après une mise sous surveillance négative en septembre dernier.

Pour Philippe Sabuco, de BNP Paribas, les inquiétudes portent plus sur les perspectives de croissance : «Le ratio d’endettement public est certes élevé mais il se compare favorablement à celui de la zone euro dans son ensemble. En revanche, l’économie portugaise n’est pas assez compétitive.» Le pays cumule plusieurs handicaps : manque de productivité, secteurs à faible valeur ajoutée, formation insuffisante, natalité en déclin…

Le risque pour le Portugal, qui fait encore partie des pays les plus pauvres de la zone euro, est de connaître une faible croissance dans les prochaines années. Les derniers chiffres ne prêtent pas à l’optimisme. Le PIB a reculé au quatrième trimestre de 0,2 %, soit une baisse de 2,7 % pour 2009. Les prévisions sur 2010 restent très incertaines : faible reprise pour le gouvernement à 0,7 %, poursuite de la récession pour BNP Paribas de l’ordre de 0,5 %.

Le Figaro

Le commerce mondial n’avait pas connu un niveau aussi bas depuis 1945

Le volume des échanges commerciaux dans le monde a enregistré l’an dernier un recul de 12% en raison de la crise, un chiffre sans précédent depuis 1945, a annoncé mercredi 24 février le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, lors d’une conférence à Bruxelles.

Cette baisse de 12 % est aussi supérieure aux plus récentes prévisions de l’OMC, qui tablait encore début décembre sur un repli de 10%. La contraction sans précédent des échanges mondiaux est une conséquence de la récession économique qu’ont connue les grands pays industriels l’an dernier, suite à la crise financière.

L’activité économique mondiale a reculé l’an dernier “d’environ 2,2%” et le nombre de chômeurs a atteint un niveau sans précédent de 200 millions de personnes, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), a souligné M. Lamy. Globalement, l’OIT estime que la crise a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes dans le monde depuis octobre 2008.

Cette situation, qui menace d’exacerber les réflexes protectionnistes, rend aux yeux de M. Lamy d’autant plus impératif de relancer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux.

Les négociations sont au point mort depuis des mois, en raison, notamment, de l’absence notoire d’implication des Etats-Unis. Ce cycle de négociations a débuté en 2001 et a mis l’accent sur le démantèlement des obstacles au commerce pour les pays pauvres. Mais les échéances fixées pour conclure les pourparlers, ont été manquées à plusieurs reprises.

Le Monde

“Les spéculations sur l’euro nous arrangent”

Des grands fonds spéculatifs mondiaux ont lancé des paris de grande ampleur à la baisse contre l’euro, estimant que la monnaie européenne devrait tomber à la parité avec le dollar. L’avis de Marc Fiorentino, président de Euroland Finance, et auteur du thriller financier “Un trader ne meurt jamais”.

Le Wall Street Journal révèle que des fonds spéculatifs parient à la baisse sur l’euro…

Il faut bien garder en tête que ces fuites dans la presse font partie de leur jeu pour provoquer la panique. En fait, ils doivent déjà être en train de racheter leurs euros et de prendre les bénéfices. En ce moment, le marché de l’euro est facile à manipuler grâce à la situation de la Grèce. Il suffit de vendre des obligations grecques et de faire augmenter les taux pour créer la panique.

Lire notre article “La zone euro, nouveau terrain de jeu des spéculateurs”

La banque centrale européenne peut-elle contrer cette attaque ?

Elle a le pouvoir d’intervenir en rachetant de l’euro. Mais elle ne le fera pas, car en réalité, un euro faible l’arrange, puisqu’il booste la compétitivité de ses exportations. L’Allemagne fait exprès d’en rajouter sur le problème de la Grèce pour faire baisser l’euro.

Rien n’a changé depuis la crise en terme de régulation ?

Depuis qu’on a un régime de change flottant, le marché des changes est complètement dépourvu de régulation. Que ce soit les hedge funds ou les banques d’affaires, tout le monde peut faire ce qu’il veut sur ce marché, qui est impossible à contrôler. La nouvelle disposition qu’a prise la SEC pour limiter les ventes à découvert ne s’applique qu’aux titres et actions.

L’euro peut-il vraiment baisser à un dollar ?

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Les indicateurs conjoncturels français virent au rouge

Baisse inattendue du moral des ménages, remontée du chômage et regain de tension sur les prix laissent augurer d’une rechute de la croissance française au premier trimestre, après une embellie, fin 2009, qui détonnait au sein de la zone euro.


Le redressement de l’opinion des ménages sur la situation économique, amorcé en octobre 2008, a connu un coup d’arrêt en février.

L’indicateur résumé de l’opinion des ménages a reculé de trois points en février, revenant à -33 et retrouvant ses niveaux de l’automne 2009, selon les données publiées jeudi par l’Insee.

Vingt économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une poursuite de l’amélioration du moral des ménages et prévoyaient en moyenne un indicateur résumé à -28.

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La Grèce emportera-t-elle les Balkans dans sa chute ?

Le 15 janvier, la rencontre entre le Premier ministre grec et son homologue bulgare, lors de l’inauguration de la route transfrontalière reliant Thermes à Zlatograd, avait un côté délicieusement suranné. Quelque chose qui rappelait la période 1995-1996, quand la Grèce commençait à investir dans les Balkans et renonçait à l’embargo contre la Macédoine. Quinze ans plus tard, Athènes est devenu un acteur économique majeur dans la région. La Grèce entraînera-t-elle tous les Balkans dans sa chute ?

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Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 février 2010

Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.) (1). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase, dont le LEAP/E2020 fournira un calendrier anticipatif dans le prochain numéro.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante.

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En 2009, la France a connu la pire récession depuis 1945

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 2,2 % en 2009, soit la baisse la plus importante depuis l’après-guerre, après une hausse plus importante que prévu de 0,6 % au quatrième trimestre, selon les résultats publiés vendredi par l’Insee.

Le chiffre de + 0,6 % pour le quatrième trimestre avait été annoncé quelques minutes plus tôt par la ministre de l’économie, Christine Lagarde, sur RMC.

La contraction sur l’ensemble de 2009 est conforme à l’estimation du gouvernement (- 2,25 %), qui attend une reprise de 1,4 % en 2010.

Une hausse de “0,6 %, ça veut dire deux fois mieux qu’au printemps, trois fois mieux qu’à l’automne”, s’est félicitée Christine Lagarde. “C’est un résultat satisfaisant (…). J’avais dit qu’on terminerait l’année sur les chapeaux de roue, il y a beaucoup de gens qui se sont moqués de moi à ce moment-là”, a-t-elle poursuivi.

Au quatrième trimestre, l’Insee, dans ses dernières prévisions, tablait sur une croissance de 0,4 %, et Christine Lagarde avait plusieurs fois dit espérer “un peu mieux” que 0,3 %.

L’Allemagne a annoncé au même moment une croissance inchangée au quatrième trimestre, en deçà du consensus qui était de + 0,2 %. Le chiffre pour l’ensemble de la zone euro sera annoncé à 11 heures.

Selon les données préliminaires de l’Insee, les dépenses de consommation des ménages français ont augmenté de 0,9 % en octobre-décembre alors que leurs investissements, essentiellement en logement, ont baissé de 2,7 %.

Les dépenses des administrations publiques ont progressé de 0,7 %, reflétant l’impact du plan de relance.

Les investissements des entreprises non financières ont baissé de 0,8 % pour un recul de 7,7 % sur l’ensemble de l’année.

Le Monde

Le taux de chômage américain est une blague cruelle

Considérons “cette baisse surprise” du chômage à 9,7%, ceci est essentiellement le résultat de gens qui sortent du rayon d’action de l’assurance chômage et autres aides sociales et qui se découragent. Elle n’a aucune signification particulière et même, elle peut induire en erreur.

On peut tout aussi bien résoudre un problème de chômage en envoyant des gens par bateau en Australie. Et bien, cela a déjà eu lieu au cours de l’Histoire. Difficile de dire qui a tiré le meilleur lot dans ce cas de figure-là, en tout cas sur le long terme.

Un meilleur indicateur du chômage serait le taux de participation des actifs, qui nous donne des informations sur le nombre total de gens employés, comme pourcentage de la population, sans le bénéfice d’un bannissement officiel.

Evolution du taux des actifs de 16 ans et plus, de 2000 à 2010 (source : US Bureau of Labor) - Cliquer pour agrandir

Ce chiffre a continué sa chute, de 64,9% en novembre à 64,7% en janvier, avec un petit sursaut par rapport au plancher de décembre à 64,6%.

Voici un graphique réalisé par nos amis de chez Calculated Risk, qui montre la situation de l’emploi en contexte, par rapport à d’autres récessions, pour la période postérieure à la seconde guerre mondiale :
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Le “vrai-faux” bond des ventes autos en janvier

Comme annoncé, la diminution de la prime à la casse depuis le 1er janvier 2010 a entraîné une baisse des ventes automobiles en France en janvier. Les stratégies des constructeurs pour amortir cette chute semblent avoir plus ou moins payé.

Sur le mois de janvier, le nombre d’immatriculations s’est élevé à 171 005 unités en France, soit une hausse de 14% du marché par rapport à la même période en 2009, à l’époque du creux de la vague. C’est en effet à cette date que les différents pays ont instauré des plans de soutien au secteur automobile, à l’instar de la France, avec l’instauration de la prime à la casse entre autres. Mais le mois de janvier voit les ventes automobiles ralentir par rapport aux mois précédents, comme le mois de décembre (+48,6%).

Un recul dû essentiellement à la diminution de la prime à la casse depuis le 1 er janvier 2010. Cette dernière n’est plus que de 700 euros contre 1 000 euros jusqu’au 31 décembre 2009. En outre, les commandes passées en 2009 seront autant de commandes qui ne seront pas faites en 2010.

Toujours un effet prime à la casse

Une chute donc attendue par les analystes, qui notent « qu’il y a toujours un effet prime à la casse, même si celle-ci est réduite par pallier et les marques ont commencé à compenser cette baisse par le biais d’offres promotionnelles », selon Philippe Gattet, analyste du secteur automobile pour le cabinet Xerfi. Lire la suite

Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine

Les communes allemandes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur leur situation financière désespérée mardi, et prévenu qu’un certain nombre d’entre elles étaient “au bord de la ruine“.

La fédération allemande des communes table sur un déficit cumulé de 12 milliards d’euros cette année, le plus élevé de l’après-guerre.

La crise économique et financière a sérieusement amputé leurs revenus, dont la taxe professionnelle, proportionnelle aux bénéfices des entreprises, représente le plus gros. Les recettes fiscales de la taxe professionnelle ont chuté de plus de 18% sur un an.

En parallèle les dépenses des communes, auxquelles incombe notamment une partie de l’indemnisation des chômeurs, ont augmenté. Et cette tendance devrait nettement s’aggraver cette année alors que le marché du travail allemand, pour le moment relativement épargné par la crise, va se dégrader.

Nous allons devoir faire face à la deuxième vague de la crise, a prévenu Petra Roth, présidente de la fédération et maire de la capitale financière du pays, Francfort (ouest), lors d’une conférence de presse.

Les villes allemandes épargnent par tous les moyens –réduction du personnel, augmentation des tarifs des services offerts, baisse des investissements– mais “les réductions partout produisent exactement les facteurs qui nous pénalisent“, a expliqué le dirigeant de la fédération, Stephan Articus, à savoir du chômage, une faible attractivité pour entreprises et commerces.

Les villes allemandes s’insurgent contre les baisses d’impôt décidées par le gouvernement et entrées en vigueur au 1er janvier, qui concernent en partie la taxe professionnelle et vont grever encore un peu plus leur budget. “Les communes ne peuvent pas supporter de nouvelles baisses de leurs recettes“, a prévenu Mme Roth.

Les Échos

Chômage : une baisse en trompe-l’œil

Malgré la baisse des demandeurs d’emploi de catégorie A, la situation du marché du travail ne s’est malheureusement pas réellement améliorée en décembre dernier.

Cliquer sur le graphique pour l'agrandir (Source : Dares)

Le chômage a baissé de 18 000 personnes en décembre, entend-on partout. Bonne nouvelle… Sauf que, malheureusement, cette information est partielle et même trompeuse, si on en reste là : il ne s’agit en fait que des chômeurs dits de catégorie A, c’est-à-dire, ceux qui n’ont pas travaillé du tout pendant le mois.
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Cuba : l’économie au bord du gouffre

Le gouvernement cubain doit entreprendre des réformes pour sauver une économie au bord de “l’effondrement”, estime dimanche l’Eglise catholique, dans la revue de l’archevêché de La Havane.

"Nous allons bien" (Fidel Castro)

“La situation de l’économie cubaine est devenue assez compliquée et elle risque de couler à pic (…) Elle est confrontée à un environnement très inquiétant, en raison de ses déséquilibres internes et de la situation mondiale difficile”, déclare le prêtre Boris Moreno, également titulaire d’un mastère en sciences économiques, dans la dernière édition de “Palabra Nueva”.

Cette revue avait déjà dénoncé en septembre “l’excès de centralisation économique et l’étatisation généralisée” qui font exploser les dépenses publiques et représentent un “grand obstacle pour la modernisation, le développement de l’initiative individuelle et le progrès”.
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Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, Charles, je pense que les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci.

Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.
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Crise : les Etats sont devenus plus fragiles que les entreprises

Californie, Grèce, Portugal, Jamaïque… Les Etats se sont endettés jusqu’au cou pour préserver leurs grandes entreprises. Mais aujourd’hui, la crise a tout bouleversé, et les marchés estiment désormais que les Etats sont plus fragiles que les sociétés… qu’ils viennent pourtant de sauver.

L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé d’un cran (de “A” à “A-”) la note de la dette de la Californie. Prévenant que l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, représentant 13% de l’économie US et constituant la huitième puissance économique mondiale, pourrait se retrouver à court de fonds en mars, avec un déficit à plus de 20 milliards de dollars, l’agence a annoncé qu’elle pourrait de nouveau sévir au cours des six à douze prochains mois. Si la Californie a amplement profité de l’effet “subprimes” du temps de leur splendeur, aujourd’hui, elle subit toutes les conséquences de l’implosion du marché immobilier.

Jeudi, S&P a aussi abaissé les notes de dette de la Jamaïque, à des niveaux correspondant à un défaut de paiement partiel !

Plus proche de nous, la Grèce inquiète son monde. Dans un rapport publié mardi, la Commission européenne a épinglé le pays pour les “graves irrégularités” détectées dans la présentation de ses comptes. Le gouvernement hellène aurait en effet communiqué de fausses données à l’Europe, en plus de n’avoir pas respecté les règles comptables les plus élémentaires. Rien que ça.

Mercredi, l’agence de notation Moody’s a pointé du doigt le Portugal, estimant que le pays risquait “une mort lente” économique. Et les annonces de ce genre risquent de s’enchainer.

Mais que se passe-t-il, au juste ? C’est simple. L’économie mondiale est moribonde et les Etats s’endettent à la place des entreprises. Mais pourquoi donc ? Parce que le risque de faillite d’un Etat est bien moindre que celui d’une société… croyait-on.
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Consommation : les Français ont mangé leur pain blanc en 2009…

Par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

C’est un fait entendu : de tous les « grands pays », la France est celui qui, durant cette crise, a le mieux résisté. Au classement des bons élèves de l’Union à vingt-sept, notre pays, avec un recul maximal de son PIB de 3,5 %, occupe même une très bonne quatrième position, loin toutefois derrière la Pologne (dont le PIB n’a pas reculé), la Grèce (- 1,7 %) et la Suède (- 2,3 %). A l’arrivée, l’écart de croissance avec la zone euro devrait dépasser les 1,5 point en moyenne cette année, un sommet depuis plus de vingt ans.

Ce serait toutefois un contre-sens de penser que l’économie française va bien.

En effet, comme la très grande majorité des économies occidentales, la France a connu en 2009 sa crise la plus grave depuis la Deuxième Guerre Mondiale. L’intensité de la récession a ainsi été presque trois fois supérieure à celle de la grave crise de 1992-93.

Heureusement, la consommation des ménages, principal moteur de l’économie hexagonale depuis dix ans, a bien résisté.

De manière surprenante en effet, malgré la hausse du chômage, malgré le ralentissement des salaires, malgré un indice de confiance à son plus bas niveau historique, les Français n’ont pas réduit leurs dépenses de consommation durant cette crise.

Deux explications principales peuvent être mentionnées pour expliquer ce phénomène. Lire la suite

Risque de rechute de la croissance en 2010

Les espoirs de reprise de l’automne 2009 sont confrontés à la dure réalité en ce début d’année : les carnet de commandes des industriels restent vides, le marché immobilier est en baisse et le taux d’épargne des ménages grimpe. La crise économique n’est pas finie.

http://www.dailymotion.com/video/xbqpji

Qui veut acheter les Etats-Unis ?

Ou plutôt : “qui le veut ENCORE” ? C’est la question que pose l’économiste suisse Michel Santi.

Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages américains – échaudés par la crise et donc, en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant, de manière décisive, à maintenir les rendements sous pression.

Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée, l’an dernier, championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres), puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période, alors que les investisseurs étrangers, eux, ont, pour solde, écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

L’hyperactivité de la banque centrale américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la trésorerie américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US, qui s’est montré extrêmement friand, vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus, aujourd’hui, à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA !

Certes, les Etats-Unis – et avec eux le reste du monde – doivent-ils à ces baisses de taux quantitatives – et donc, en partie, aux ménages américains – d’avoir pu maintenir leurs taux proches du zéro et d’être, ainsi, en mesure d’injecter force liquidités dans leur système financier au bord de la banqueroute. Pour autant, ces ménages – et ce consommateur – US, représentent pour Wall Street une proie facile à convaincre – et à plumer -, dans une conjoncture où la trésorerie américaine éprouve une peine dramatique et sans précédent à écouler ses bons en direction de son marché traditionnel, à savoir à l’étranger.

Il est effectivement de notoriété publique que c’est l’appétit de l’investisseur non américain – privé, institutionnel et gouvernemental – qui a autorisé la trésorerie US à procéder, ces vingt dernières années, à des levées massives de fonds, ayant financé tout à la fois le train de vie du Gouvernement (guerres comprises), la consommation caricaturale du citoyen moyen et, au passage, quelques bonnes bulles spéculatives… Les autorités américaines ont néanmoins trouvé, aujourd’hui, une parade bien pratique pour contourner cette volte-face des investisseurs étrangers.
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Jacques Sapir : réflexion sur la crise

Texte rédigé par l’économiste français pour le magazine de Séoul «KRX Magazine», revue destinée aux milieux d’affaires coréens. Interview réalisée par Lee Sang Won.

1. La plupart des économistes considèrent cette crise comme une crise du marché d’immobilier américain ; vous voyez dans cette crise la fin de l’hégémonie américaine. Qu’est ce que vous voulez dire par là ?

La crise actuelle a certes débuté sur le marché hypothécaire américain. Mais, ses sources réelles plongent leurs racines dans les désordres qui ont affecté l’économie américaine depuis la fin des années 1980.

Ces désordres sont de nature réglementaire : la libéralisation et la déréglementation des marchés financiers a joué un grand rôle. Ainsi, la suppression de la loi qui séparait les fonctions des banques, ce que l’on appelle le «Glass-Steagal Act», a eu un rôle important dans cette crise.

La responsabilité des économistes du courant dominant a ici été importante. La thèse des «marchés efficients», qui a été vulgarisée à partir du début des années 1990, a certainement donné une justification pseudo-scientifique à ces pratiques de déréglementation.

Mais, ces désordres sont aussi inscrits dans les structures du modèle de croissance américain : l’appauvrissement, relatif puis absolu, d’une majorité de la population, alors que continuaient à s’enrichir les 1% les plus riches, et la désindustrialisation des Etats-Unis, qui explique l’émergence d’un déficit commercial de plus en plus important. En 2006, à la veille de la crise, il atteignait plus de 5% du PIB.

Ce sont ces désordres structurels qui expliquent la montée de l’endettement privé aux Etats-Unis. En 2006 toujours, la dette des ménages atteignait 100% du PIB et celle des entreprises 76%. Ces désordres ont atteint aussi les pays qui ont imité le modèle américain au point d’apparaître aujourd’hui comme des clones, soit la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Espagne.

Ces désordres remontent à loin. Ils ont commencé à se manifester avec la période de l’administration Reagan et ils ont, à l’époque, déjà donné lieu à une crise importante, celle des Caisses d’Épargne en 1990/1991. Lire la suite

« De nouvelles bulles se préparent », selon le président de LCF Rothschild

Michel Cicurel, le président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, estime que les principaux facteurs déclencheurs de la crise se sont aggravés depuis.

Le rebond de la croissance auquel on assiste depuis quelques semaines indique-t-il la fin de la crise ?

Je ne dirais pas ça.

La reprise actuelle est alimentée par la baisse des prix des produits de base, la fin du mouvement de déstockage des entreprises, le soutien des Etats aux banques et à l’économie, et le déluge de liquidités déversées par les banques centrales. Dans ces conditions, le rebond était assuré.

Mais la survie de l’économie dépend totalement de cette ventilation artificielle. Et elle n’est pas en état d’être débranchée rapidement.

Vous ne croyez donc pas à la solidité de la reprise ?

C’est une période extrêmement compliquée, inédite. Cette crise a brouillé tous les repères traditionnels et mis en lumière le rôle croissant des pays émergents dans l’économie mondiale.

Le scénario optimiste serait que le dispositif financier de secours, aujourd’hui à bout de second souffle, ait permis d’enclencher un cercle vertueux de l’économie de marché. Si le chômage baisse et la consommation résiste, on aura une vraie reprise.

Mais la volatilité des opinions, des statistiques économiques et des marchés financiers reste encore très élevée et le moindre incident pourrait avoir des effets négatifs importants.

Une chose est certaine : les guichets de la Sécurité sociale mondiale ont fermé et laissent la planète travailler sans filet.

Vous n’êtes pas très optimiste… Lire la suite

L’Asie inaugure la plus grande zone de libre-échange du monde

A compter du 1er janvier 2010, la Chine et les pays de l’Asean auront supprimé les droits de douane sur 7.000 groupes de marchandises et services, couvrant 90 % de leurs échanges. En Asie du Sud-Est, des industriels redoutent de disparaître sous l’afflux de produits bon marché chinois.

La vie de millions d’entreprises d’Asie va se retrouver bouleversée ce soir, à minuit [31 décembre 2009], lors de l’entrée en vigueur officielle dans la région de la plus vaste zone de libre-échange du monde, [peupl]ée par près de 1,9 milliard d’habitants. Lire la suite

2009 : année record pour l’automobile en France, contrecoup attendu en 2010

En dépit de la crise, l’année 2009 sera un très bon cru pour le marché automobile français grâce aux aides gouvernementales, au moment où leur baisse prochaine pousse les clients à commander leur voiture avant le 31 décembre, alors qu’un contrecoup est attendu pour 2010.

Près de 2,27 millions de voitures devraient être immatriculées en France cette année, soit une progression de plus de 10% par rapport à 2008, a annoncé le ministère de l’Industrie, en saluant une année “record”.

Malgré la crise économique, 2009 sera ainsi la meilleure année depuis 1990, grâce à la prime à la casse et aux bonus écologiques.

Le mois de décembre est aussi marqué par des commandes de dernière minute de la part de clients soucieux de profiter à plein de ces aides gouvernementales, qui vont diminuer ou seront plus dures à obtenir au 1er janvier.

En cette fin d’année, “il y a plus de monde” dans les concessions automobiles et “les gens qui viennent sont quasi-systématiquement des acheteurs”, témoigne Olivier Lamirault, représentant des concessionnaires au Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).

Les prises de commandes en ce dernier mois de l’année pourraient s’établir “15 à 20% au-dessus” du niveau enregistré un an auparavant, prévoit-il.

Les clients anticipent en effet la baisse progressive des aides gouvernementales, qui arrivera avec la nouvelle année.

La prime à la casse doit passer de 1.000 euros actuellement à 700 euros pour les voitures commandées à partir du 1er janvier 2010. La prime baissera ensuite à 500 euros au second semestre et à 300 en 2011.

Le bonus écologique doit aussi se durcir l’an prochain: pour le décrocher, il faudra acheter un véhicule qui émet moins de CO2 et la prime sera moins élevée.

Ces nouvelles conditions – moins favorables – font craindre aux professionnels un contrecoup sur le marché en 2010. Lire la suite

Le jeu toujours gagnant de Goldman Sachs

Quatre jours avant la date donnée par le journal Le Monde pour la pseudo-découverte, par le New York Times, des secrets de la réussite de la banque Goldman Sachs en pleine crise des subprimes, l’économiste suisse Michel Santi en donnait déjà la clé.

Voici leurs articles respectifs.

I – Le Monde :

Goldman Sachs est une des rares banques américaines à avoir très peu souffert de la crise des subprimes.

Le New York Times a peut-être découvert pourquoi, mercredi 23 décembre. Selon le quotidien, Goldman Sachs et quelques autres banques – Deutsche Bank et Morgan Stanley – auraient vendu à dessein des produits à risque à des clients tout en pariant sur leur chute.

Ces titres étaient des obligations adossées à des actifs (collateralized debt obligation, CDO), constituées en grande partie de crédits immobiliers à risque, créées par les banques.

Conscientes du risque élevé de ces CDO qu’elles avaient pourtant elles-même créées, les banques ont misé parallèlement sur leur chute.

Quand la crise des subprimes a explosé en septembre 2007, les investisseurs qui avaient souscrit à ces titres ont tout perdu. Mais pas les banques, qui ont pu récupérer des sommes considérables auprès des assureurs.

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Demain, l’effondrement du secteur aéronautique ?

Les questions que soulève cet article ont, pour l’essentiel, déjà été posées ici. Il nous a paru intéressant de publier ce point iconoclaste de l’actualité.

AIG et ILFC se débattent dans les difficultés, les CDS (credit default swaps) de ILFC se négocient à 726 points de base (7,26 %) [ce qui signifie que se garantir contre un défaut de paiement par ILFC est devenu très cher].

ILFC ne vous dit sans doute rien, sauf aux initiés, mais c’est, en fait, le plus gros client d’Airbus et de Boeing.

C’est une entreprise de crédit-bail et une filiale d’AIG, [laquelle a été] copieusement gonflée de fonds fédéraux [de sauvetage], pour 182,3 milliards de dollars.

C’est là que le bât blesse désormais. Il devient de plus en plus explosif, politiquement, de vouloir aider les grandes entreprises, celle-là en particulier, et la dégradation de [la note de] ILFC par l’agence de notation Moody’s est, en fait, une peine de mort à peine voilée. La date fatidique est le 15 novembre 2010 [limite de l'engagement d'AIG à sauver sa filiale si elle ne peut se financer ailleurs].

Du côté des compagnies aériennes, c’est un long martyrologe. 38 compagnies européennes ont cessé leur activité depuis 2008, la plupart des low-cost, des charter, des petites. C’est bien cela le pire, car c’étaient les moins dépensières.

Signe de crise, les billets d’avions seront assurés contre la défaillance du transporteur.

Une décision de Justice, qu’on peut qualifier de “bien orientée politiquement” a privé les employés de British Airways de leur grève. Tant mieux. Comme ça, on ne pourra pas sortir que “c’est la faute des grèves et de l’irresponsabilité du personnel”.

La disparition du droit de grève en Grande Bretagne n’empêche visiblement pas les faillites, bien au contraire. Lire la suite

Vers une crise immobilière en Algérie ?

Certes, ce n’est pas Dubaï, mais tout de même … La crise financière mondiale a sérieusement impacté le marché immobilier en Algérie.

Les transactions immobilières ont ainsi chuté de 80% en 2009. Les prix à la vente et à la location ont baissé respectivement de 40 et 30%.

Certes, si les prix affichés en vitrine mentionnent toujours des prix très élevés, la vente se conclut bien souvent à des tarifs inférieurs de 30 à 40%. La rançon du succès passé, assortie des conséquences de la crise mondiale. Rappelons en effet que l’Algérie se trouvait jusqu’en 2008 en pleine bulle immobilière, les prix ayant triplé de 2003 à 2008.

Selon la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI), la tendance devrait se poursuivre, mais sans que le marché se stabilise sur la valeur réelle des biens, exagérément surévalués jusqu’alors, la spéculation règnant en maître. Les experts prévoient la poursuite de la tendance baissière jusqu’à 2011, au moins.

Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, M. Moussa, a annoncé quant à lui, devant les membres du Conseil, que son département prépare actuellement un nouveau projet de loi. Le texte, qui sera présenté au parlement, portera essentiellement sur la réorganisation de l’activité de promotion immobilière, régie par le décret 03-93.

La fédération du BTPH, affiliée à la Confédération algérienne du patronat (CAP), a récemment dénoncé, quant à elle, ce qu’elle considère comme étant «des procédures abusives» de toutes sortes, qui se multiplient actuellement en matière de vente de logements sur plans.

Rappelons, par ailleurs, qu’en juillet 2009, Emaar, le géant immobilier des Emirats arabes unis, avait annoncé avoir fermé son bureau à Alger. Raisons invoquées : les difficultés rencontrées dans le pays pour pouvoir concrétiser ses projets. A moins que cela ne soit déjà les prémices de la crise de Dubaï ?

Le Blog Finance

Grande distribution : le plus dur reste à venir

Quand elles ne sont pas éclair, il en va des crises comme des guerres : elles frappent d’abord l’avant-garde, ensuite le gros des troupes et jusqu’à l’arrière-garde, avant de toucher l’ensemble de la population. En l’espèce, pour cette première crise économique et financière globale – datée de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 -, ce sont d’abord les banques d’affaires et leurs cohortes de traders qui sont tombés sous le feu. Puis les grands industriels et leurs sous-traitants, avec la litanie des plans sociaux qui ont fait exploser les compteurs du nombre de chômeurs.

A ce titre, 2009 restera dans les annales comme une « annus horribilis » pour l’emploi, avec déjà, selon l’Insee, quelque 350.000 emplois disparus en neuf mois en France. Autant de consommateurs dont le pouvoir d’achat se voit soudain réduit. Alors, bien sûr, arrive un moment où, après les concessionnaires automobiles, soutenus par une « prime à la casse », les magasins de biens d’équipement, touchés par la crise de l’immobilier, c’est la grande consommation qui, à son tour, est atteinte.

S’ils ont, jusqu’ici, généralement tenu le choc, hypermarchés et supermarchés n’en souffrent pas moins. Comme en témoignent les chiffres d’affaires de Carrefour et de Casino, seuls groupes cotés du secteur, en baisse de l’ordre de 4 % au troisième trimestre par rapport au trimestre correspondant de 2008. Sur neuf mois, les proportions de la baisse sont les mêmes. Loin, certes, de l’effondrement constaté ailleurs.

Mais, dans ce métier où, quoi qu’en disent les démagogues, les marges restent ténues, le modèle n’en est pas moins ébranlé. Les distributeurs n’ont pas tardé d’ailleurs à réagir, en réduisant leurs investissements et en mettant en oeuvre des plans d’économies. Ils ont commencé par avoir recours aux outils classiques du « cost killing », et notamment aux suppressions d’emplois.

De fait, la rentabilité opérationnelle des distributeurs n’a pas tant été affectée par la guerre des prix – encore limitée – que par l’augmentation mécanique de la masse salariale. Dans leurs hypothèses basses, les experts estiment que les effectifs siège vont diminuer de 20 % à 30 %, tandis qu’ils baisseraient de 10 % dans les magasins et les entrepôts. Lire la suite

“Energie : la Presse-Pravda a encore frappé”

Une tribune libre de Patrick Reymond

E24 répercute les contes pour enfants de l’OCDE et de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie). A savoir : on ne change rien, on reprend les tendances antérieures et on les prolonge, en faisant semblant de croire que la période 2008-2010 sera un bref incident vite oublié.

Il n’y a aucune trace des “erreurs antérieures” considérables : ” ‘il y a suffisamment de ressources mondiales en énergie pour répondre à la prévision de demande en 2030 et bien au-delà’, souligne l’AIE. “

Bien entendu, on n’indique pas, par exemple, que les consommations pétrolières estimées pour 2030 sont passées de 130 Millions de barils/jour au chiffre, encore contesté, de 105 millions. La plupart des pétroliers pensent d’ailleurs que le chiffre de 100 millions de barils est lui-même très optimiste.

Il faudrait, en matière pétrolière, découvrir 4 Arabie Saoudite pour maintenir la production et 6 pour l’augmenter.

Les gisements découverts représentent, au plus, quelques mois de consommation mondiale, et le seul champ pétrolier géant peu exploité, Kashagan, est extraordinairement compliqué et coûteux à utiliser (présence de soufre et de gaz explosif).

En la matière, la consigne était de ne pas peiner les USA, de ne même pas refaire une addition. Il a fallu attendre que L’AIE retrouve son courage et son crayon, pour procéder à cette opération arithmétique de base et donner une date pour le Peak Oil [pic pétrolier] : 2020. Encore faut-il dire que cette date apparaît, elle-même, très optimiste.

La vitesse de déclin des gisements, estimée à 3,7 % en 2008, est passée à un chiffre plus réaliste de 6,7 %. En gros, la production baisse de 5 millions de barils-jour par an et les nouveaux gisements ne fournissent que 1,5 millions de barils.

Quant aux nouvelles découvertes, elles n’ont souvent, comme au Brésil, qu’un inconvénient : on ne sait pas aller assez profond, ni comment traverser des couches de sel très épaisses. Et les gisements non-conventionnels, tels les schistes bitumineux et le pétrole lourd de l’Orénoque, présentent le désavantage de demander une grosse consommation d’énergie et des investissements massifs, sans doute jamais rentables.

Pour le gaz, la donne est tout aussi claire : le pic gazier suit de 5 ans le pic pétrolier et non, de 30 ans comme on le pensait. Lire la suite

Les chantiers navals sud-coréens perdent leur première place mondiale

L’année 2009 marque la fin d’une époque pour la construction navale sud-coréenne. Elle a perdu la première place mondiale qu’elle occupait depuis février 2000, au profit de la Chine. Entre le 1er janvier et le 9 novembre, les chantiers chinois ont reçu 52,3% des commandes passées, contre 31,8% pour ceux de Corée du Sud.

Le boom de la construction navale durait depuis 2003. Tandis qu’ils enregistraient, avant 2008, une dizaine de commandes chaque mois, les géants Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering (DSME) n’en ont reçu aucune en octobre. Samsung Heavy Industries n’en a obtenu que trois. Le revirement de tendance a déjà causé les cessations de paiements de deux petits chantiers, SNC Shipbuilding et C & Heavy Industries.

Le secteur est très affecté par la baisse du commerce mondial. En 2009, celui-ci devrait se contracter de plus de 10% en raison de la crise économique, un chiffre “sans précédent”, a averti à Séoul, lundi 7 décembre, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Lire la suite

Les entreprises tirent la production de crédit vers le bas

Les derniers chiffres de production de crédit de la Banque de France indiquent une légère amélioration du côté des ménages. Nettement contrebalancée par le crédit aux entreprises, toujours mal positionné. Les banques aidées par l’État auront du mal à atteindre leur objectif de croissance des encours à la fin 2009.

Les indicateurs sont toujours au rouge pour le crédit. Les chiffres de production publiés hier par la Banque de France – qui reprennent à la fois l’activité des établissements spécialisés et les réseaux bancaires -marquent une baisse de 5,8 milliards d’euros de crédit aux ménages et aux entreprises entre septembre et octobre derniers, à 364,6 milliards d’euros (cumul douze mois). Un an plus tôt (en octobre 2008), la production était encore de 477,2 milliards d’euros, soit une baisse de près de 24 %.

Pour les derniers mois écoulés, c’est le crédit aux entreprises qui tire vers le bas les résultats. La production s’établit à 231,2 milliards d’euros en octobre, contre 237,7 milliards d’euros en septembre. Sur un an, la baisse de production est de 24 %. Avec un fléchissement plus net dans les crédits inférieurs à un an (dont trésorerie) que dans le plus long terme.

Le recul du crédit aux ménages est encore de 22,2 % sur un an, à 133,5 milliards de nouveaux crédits.
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Pouvoir d’achat : la crise est devant nous

D’après l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages retrouvera cette année un rythme de progression conforme à sa tendance annuelle moyenne des dix-huit dernières années (+ 2,1 %) et augmentera plus de trois fois plus vite qu’en 2008. Rien de tel n’est prévu en 2010 : l’année de la sortie de crise pourrait même être marquée par une baisse du niveau de vie des Français.

C’est à partir de maintenant que la crise va faire sentir ses effets sur le pouvoir d’achat. L’année 2009, celle de la plus grave crise économique depuis l’entre-deux-guerres, aura été paradoxalement plutôt bonne dans ce domaine.

L’institut COE-Rexecode, le plus optimiste sur la croissance (+ 2,2 %), voit le pouvoir d’achat des ménages augmenter de seulement 0,8 % en 2010. HSBC France, qui s’attend à une quasi-stabilisation du produit intérieur brut (+ 0,2 %), table sur une progression encore limitée (+ 0,3 %). L’Insee fera connaître, le 16 décembre, ses prévisions pour le premier semestre 2010. Mais il anticipait un coup d’arrêt dès le second semestre 2009.

La tendance est nette. Elle est encore plus spectaculaire lorsque l’on s’intéresse au niveau de vie, c’est-à-dire au rapport entre le revenu disponible brut (RDB) – l’ensemble des revenus des ménages, net des quatre impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, CSG et CRDS) – et le nombre d’unités de consommation. Ainsi défini, le niveau de vie donne une idée de l’évolution du pouvoir d’achat individuel et il est, à ce titre, plus proche du ressenti des ménages. Son profil est heurté : 0 % en 2008, 1,4 % en 2009, et, selon toute vraisemblance, à nouveau 0 % en 2010, voire moins.

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Crevaison de bulles : de Dubaï à la Chine et à l’Inde

Au détour d’une réflexion sur les réactions de Wall Street aux difficultés de Dubaï et sur leurs implications, Philippe Béchade, collaborateur de La Chronique Agora, site « contrarien » que nous avons déjà cité, fait un parallèle entre la situation du petit émirat et deux des pays les plus vastes et les peuplés au monde, qui affichent une croissance économique insolente au milieu de la crise générale. Etrange ? Voire.

▪ Faire remonter les cours de Bourse à la moindre occasion, pour le moindre prétexte — plus ou moins crédible — est devenu un sport national réservé aux élites qui gèrent le quotidien à Wall Street. Le soutien volontariste des indices américains vendredi — afin d’éviter qu’un vent d’inquiétude souffle dans les travées des centres commerciaux américains en plein week-end de Thanksgiving — fut aussi peu discret que possible. Tant pis si les cours rechutent de 1% lundi… le mois de novembre ressort gagnant de 5% !

Mission accomplie : les consommateurs sont apparus plus nombreux (+9%) dans les centres commerciaux à l’occasion du “Black Friday” [vendredi noir] aux Etats-Unis. Le principal souci, c’est que la chasse aux bonnes affaires devient un mode de consommation dominant. Les distributeurs font du volume mais très peu de marge : le panier moyen a chuté de pratiquement 8%.

C’est plutôt favorable côté écoulement des stocks… mais la recherche systématique de prix bradés continue de tirer l’économie américaine vers un scénario de déflation. Beaucoup de commerçants annoncent une poursuite des soldes, ne serait-ce que pour faire concurrence à Amazon qui déclenchait son offensive sur les prix ce lundi — rebaptisé par les internautes “cyber-Monday”.

▪ La résilience de Wall Street vendredi visait également à renforcer la conviction que rien de mauvais ne saurait survenir cette année pour les détenteurs d’actions. Et ce, même si la crise de confiance qui a frappé l’émirat de Dubaï jeudi dernier ne constitue qu’un échantillon de ce que nous réserve la bulle immobilière en Chine — sans espoir de revoir sa mise si les banques de l’empire du Milieu se retrouvent emportées dans la tourmente des lignes de crédits irrécouvrables. Lire la suite

Ces bulles spéculatives qui menacent d’éclater

Un an à peine après l’effondrement des marchés financiers, plusieurs poches spéculatives sont déjà en train de se reformer. Certains économistes s’alarment d’un remake alimenté par l’excès de capitaux en circulation.

C’était il y a un an à peine : les investisseurs paniqués par la débâcle financière retiraient comme un seul homme leurs actifs de tous les marchés un tant soit peu risqués.

N’était-ce là qu’un mauvais rêve ? Depuis, la conjoncture s’est améliorée, l’appétit pour le risque est revenu, et l’euphorie d’avant crise ne paraît déjà plus si loin. Aujourd’hui, tout monte : depuis le début de l’année, les marchés boursiers des pays émergents ont pris 95 %, le pétrole 120 %, tandis que le cours de l’or atteint des niveaux record !

Serait-ce déjà le retour de la bulle ? C’est le désormais célèbre économiste américain Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, qui a mis les pieds dans le plat, dans un article paru, le 1er novembre, dans le Financial Times : “Nous assistons au gonflement de la plus grande bulle de l’Histoire”, écrit-il, prophétisant “la plus grande explosion que l’on ait jamais vue”.

Et, comme le “Dr Catastrophe” – son surnom – avait prédit avec la plus grande précision l’enchaînement diabolique des subprimes, tout le monde se remet à trembler… Lire la suite

Belgique: des centaines de milliers de salaires vont baisser

La moitié, voire les trois quarts des employés du pays, vont voir leur salaire réduit en raison de l’inflation négative persistante depuis mai, relève la presse flamande.

Le calcul annuel de l’indexation des salaires sera effectué début décembre au sein de la Commission paritaire auxiliaire pour employés, sur base de la moyenne de l’indice-santé des quatre derniers mois.

Et si cette moyenne a quelque peu augmenté le mois dernier, atteignant 110,63 points, il n’en reste pas moins qu’elle demeure d’un demi-point inférieure aux 111,10 points de l’an dernier.

La baisse salariale devrait toucher un quart de million d’employés qui tombent sous le coup de la Commission paritaire, ainsi que de quelque 200.000 autres du secteur alimentaire et du secteur d’activités de l’Hôtellerie, de la Restauration et des Cafés. Est également concerné un groupe de 370.000 employés de diverses sociétés qui n’ont pas de commission paritaire propre ou pour lesquels aucune convention collective de travail (CCT) n’est prévue.

La Meuse

C’est la spéculation qui porte les cours de l’or à des records

Selon le Conseil mondial de l’or, la demande physique recule. Les prix sont donc soutenus par les marchés financiers.

Evolution des cours de l'once d'or, en dollars US, d'avril à octobre 2009 Source : Moneyweek (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

A plus de 1.150 dollars l’once, le cours de l’or s’est envolé de plus de 60% en un an et dépasse ses propres records historiques chaque jour. Mais pourquoi une telle hausse ? La réponse du Conseil mondial de l’or est claire : la spéculation.

Selon un rapport publié par le World Gold Council, la demande physique d’or a diminué de 34% au troisième trimestre par rapport à l’an passé. A l’inverse, les prix de l’or ont progressé d’un trimestre sur l’autre. Ainsi, les records des prix du métal jaune détournent les flux d’investissement et les achats de bijoux dans des marchés clés comme l’Inde et le Moyen-Orient.

La demande du secteur indien de la joaillerie a ainsi chuté de 42% au troisième trimestre à 111,6 tonnes, tout comme celle du Moyen-Orient qui baisse de 34% à 69 tonnes. A l’inverse, la demande a augmenté de 10% en Chine continentale, à Hong-Kong et à Taiwan, à 128,6 tonnes. En outre, la demande pour des produits d’investissement au détail comme des pièces et des lingots a diminué de 31%, et la collecte des fonds indiciels cotés (ETF) a chuté de 72%. En parallèle, l’offre d’or à l’échelle mondiale ressort également en repli, de 5%.

Sur le trimestre précédent, la bonne tenue des cours de l’or est donc à mettre à l’actif de la spéculation sur les marchés à terme. «Les achats d’or semblent être davantage tirés par les marchés financiers, par des instruments moins visibles comme les dérivés, les futures et les transactions de gré à gré», confie Rozanna Wozniak du Conseil mondial de l’or.

Outre la baisse du dollar ou les craintes inflationnistes, la hausse des cours de l’or s’explique aussi, comme le souligne Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie chez Crédit Agricole AM, par une hausse «des réserves de change» dont l’accumulation «accroît mécaniquement la demande d’obligations et d’or». Les anticipations de nouveaux achats d’or par les banques centrales qui souhaitent diversifier leurs réserves, soutiennent également les cours du métal noble. Rappelons que début novembre, l’achat de 200 tonnes d’or par la banque centrale indienne au FMI a provoqué un nouvel accès de fièvre sur le marché. Le stratégiste ajoute que les cours du métal profitent de la création globale de liquidités. En l’état actuel, la hausse des prix de l’or ne semble donc pas près de s’arrêter.

L’AGEFI

Energies : baisse historique de la consommation mondiale

Avec la crise, la consommation mondiale d’électricité et de gaz atteint des baisses de niveaux historiques – respectivement – 3,5 % et – 3 % pour l’année 2009.

La plupart des grands opérateurs sont obligés de réduire la voilure. C’est l’un des principaux enseignements de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, publié [le 25 octobre 2009].

«À court terme, ces entreprises repoussent – voire annulent – leurs investissements dans des projets d’infrastructures, tout en procédant à des cessions d’actifs», souligne d’emblée Colette Lewiner, directrice internationale du secteur énergie, utilities et chimie chez Capgemini.

EDF constitue ainsi un bon exemple. Après un exercice 2008 très offensif – avec notamment l’acquisition de British Energy pour plus de 14 milliards d’euros -, le groupe français cherche aujourd’hui avant tout à se désendetter. Il espère bien boucler au premier trimestre 2010 la vente de son réseau de distribution en Grande-Bretagne et en retirer 4 milliards d’euros.

Il est loin d’être le seul à vouloir s’alléger : l’Observatoire met en exergue que la dette cumulée des dix principaux groupes d’énergie s’élevait à 213 milliards d’euros en 2008, soit une progression de 113 % depuis 2006.

La situation ne devrait guère s’améliorer dans les prochains mois. La baisse de la consommation et des prix devrait durer et inciter les opérateurs à la prudence. Lire la suite

(17.11.2009)

  • Les économistes s’attendent à une baisse du dollar

La baisse du billet vert devrait se poursuivre, si l’on en croit les économistes, notamment parce que la volonté des banques centrales de garder des taux d’intérêt bas encourage les investisseurs à se financer en dollars pour réinvestir sur d’autres places financières, en vendant leurs dollars pour acquérir la devise de leur futur placement. Les économistes de la Deutsche Bank, qui ont étudié mois par mois les mouvements du taux de change de l’euro en dollar depuis la création de la monnaie unique, ont constaté que l’euro progressait face au dollar en fin d’année – et par conséquent le dollar chutait. En moyenne, l’euro a tendance à gagner 2,5 % au mois de décembre, et à perdre une partie de ses gains en janvier (mois pendant lequel il baisse en moyenne de 2 %). Les spécialistes de la Deutsche Bank expliquent ces mouvements grâce à l’étude des flux de capitaux : ils constatent que les investisseurs étrangers ont tendance à liquider leurs placements en dollars à la fin de l’année (rapatriement de capitaux, impôts…). Ce qui fait pression sur la devise américaine. Selon les économistes de BNP-Paribas, l’euro pourrait grimper jusqu’à 1,5155 dollar, avant d’atteindre 1,5285. Les experts de Natixis visent, eux, 1,525 à court terme. Le Monde

  • La Slovénie rejoint le projet de gazoduc South Stream, percée pour la Russie

La Russie a réalisé samedi une percée dans son projet de gazoduc South Stream, concurrent du projet Nabucco cher à l’Union européenne, après la signature d’un accord avec la Slovénie, le cinquième des pays européens incontournables pour Moscou. Après la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Grèce, la Slovénie est le cinquième pays à participer à South Stream, projet dont le démarrage est officiellement prévu en 2013, avec une capacité qui pourrait atteindre 63 milliards de mètres cubes par an. Porté par les compagnies russe Gazprom et italienne ENI, South Stream doit acheminer du gaz de Russie vers Europe via la mer Noire, en contournant l’Ukraine, pays fréquemment en conflit avec la Russie dans ce domaine.

Moscou avance également ses pions avec Nord Stream, un autre projet de gazoduc destiné à relier la Russie à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique par les territoires russe, allemand, finlandais, suédois et danois. La Suède et la Finlande ont donné le 5 novembre leur feu vert au passage de Nord Stream dans leurs eaux, ouvrant ainsi la voie à ce projet destiné à approvisionner l’Europe en gaz, après l’accord du Danemark le 20 octobre. Parallèlement, South Stream est considéré comme un concurrent du projet Nabucco, soutenu par l’Union européenne et destiné à acheminer le gaz de la mer Caspienne en contournant la Russie, afin de diminuer la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe. Début janvier, les Européens avaient subi une longue interruption des livraisons russes au beau milieu de l’hiver, en raison d’un conflit entre la Russie et l’Ukraine, un important pays de transit.

De fait, en signant cet accord avec la Slovénie, Moscou semble faire un nouveau pied de nez à Nabucco, qui a peine à avancer. Toutefois, selon Valery Nesterov, analyste chez Troïka Dialog, le projet South Stream est “plus avantageux et plus rentable” pour l’Europe que pour la Russie, dans la mesure où “Gazprom prend en charge la majorité des obligations financières”. En outre, “il ne peut pas y avoir d’indépendance vis-à-vis de la Russie, car c’est un voisin de l’Europe. L’Europe a besoin de gaz (…) et la Russie a grand intérêt à stabiliser ses exportations de gaz et à les augmenter”, a ajouté M. Nesterov. AFP (via Boursorama)

  • L’Asie-Pacifique, attirée par la Chine, met sous pression les Etats-Unis

Les Etats-Unis doivent se montrer plus actifs et ouverts s’ils ne veulent pas perdre leur prééminence en Asie-Pacifique au bénéfice de la Chine, dont l’influence ne cesse de s’affirmer, ont affirmé samedi des dirigeants de l’Apec (Asia-Pacific Economic Cooperation). L’appel à “un rééquilibrage” de l’économie mondiale a été lancé à plusieurs reprises en marge de la réunion à Singapour des 21 pays des deux rives du Pacifique qui s’achève dimanche. L’affichage public de cette nouvelle priorité met la pression sur le président Barack Obama qui, arrivé samedi soir à Singapour, a affirmé à Tokyo l’engagement des Etats-Unis à “travailler en partenariat” avec les pays de la région. Mais, au-delà des formules, les dirigeants ont indiqué attendre des actes. Notamment sur le dollar, dont la faiblesse persistante a été montrée du doigt par les ministres des Finances de la Thaïlande, de la Nouvelle-Zélande ou du Chili, dont les exportations souffrent. Washington a également été appelé à donner des gages contre le protectionnisme. “Le président Obama est confronté à de fortes contraintes politiques qui contredisent le libre-échange”, a déploré samedi son homologue mexicain, Felipe Calderon, en faisant allusion aux pressions exercées par le Congrès. Les dispositions dites “achetez américain” accompagnant le plan de relance de 787 milliards de dollars figurent au premier rang des motifs d’irritation des partenaires des Etats-Unis. A cela s’ajoutent plusieurs différends bilatéraux, comme celui des droits de douane sur des produits chinois ou les retards de l’accord de libre-échange entre Washington et Séoul. AFP (via Le Parisien)

  • Le risque de refinancement des banques va s’accroître avec le retrait des garanties

L’expiration à venir des programmes d’aides publiques au secteur financier va exposer les banques à un risque de refinancement accru. Dans un rapport, Moody’s évalue le montant, sur une base mondiale, des dettes arrivant à maturité jusqu’à la fin 2015 à 10.000 milliards de dollars, dont 7.000 milliards d’ici fin 2012. La société de notation souligne que ces programmes ont eu pour effet de réduire les maturités des dettes bancaires. De fait, sur les cinq dernières années, l’échéance moyenne des nouvelles émissions est passée de 7,2 à un plancher de 4,7 ans. Les banques ayant raccourci le plus leur profil d’endettement devraient subir plus de pression en termes de montant à refinancer et de coûts. C’est le cas des banques américaines et britanniques qui ont vu la maturité moyenne des nouvelles dettes tomber, dans l’ordre, de 7,8 à 3,2 ans et de 8,2 à 4,3 sur les cinq dernières années. Les montants à refinancer jusqu’à la fin 2012 s’élèvent ainsi à 1.508 milliards de dollars pour les Etats-Unis, 649 milliards pour le Royaume-Uni et 3.144 milliards pour la zone euro. Le retrait imminent des programmes de garanties des dettes devrait aussi alourdir la facture des banques qui ont déboursé peu d’argent pour lever des capitaux. Selon Moody’s, une banque notée «Baa» et ayant bénéficié d’une garantie d’un Etat «Aaa » a payé un coupon de 1,3% pour de la dette court terme, contre actuellement 7,75% pour de la dette à 10 ans.

Par ailleurs, outre-Atlantique, grâce aux garanties, le poids des dettes non sécurisées dans le volume total des émissions a bondi en juin 2009 à 45%, contre 12% un an plus tôt. Plus de 600 milliards de dollars de dettes garanties ont été émises par 118 entités rien qu’aux Etats-Unis. Une hausse des taux marquée d’ici fin 2012 pourrait peser lourd pour les banques américaines. Pour BNP Paribas, il y a aussi un risque d’érosion de la compétitivité des établissements. «Vu que les aides et garanties sont graduellement retirées par les Etats dans le monde, la différence entre gagnants et perdants dans la crise deviendra encore plus évidente, avec des coûts de financement plus élevés pour ces derniers, qui auront plus de difficulté à tenir tête à leurs concurrents en meilleure santé», note la banque. L’AGEFI

(16.11.2009)

  • Les indemnités d’accidents du travail bientôt taxées

L’Assemblée nationale a voté vendredi, par 57 voix contre 25, la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidents du travail dans le cadre du projet de budget pour 2010. Contrairement aux indemnités liées aux autres types d’arrêts de travail, celles versées par l’Assurance-maladie au titre d’accidents du travail ne sont actuellement pas soumises à l’impôt sur le revenu (mais sont soumises à la CRDS et la CSG). Les accidentés du travail perçoivent 60 % de leur salaire journalier durant les 28 premiers jours, puis 80 %. Des complémentaires santé peuvent couvrir la différence. La réforme prévoit la taxation de la part des indemnités équivalente à celle des arrêts maladie, c’est-à-dire jusqu’à 50 %. Le reste est exonéré. Les rentes versées au titre d’une invalidité ou d’une incapacité permanente de travail, elles, ne sont pas concernées. En cas d’adoption définitive par le Parlement, la mesure s’appliquera à partir de 2011 sur les indemnités perçues en 2010, et pourrait concerner plus d’un million de Français. Cette mesure, dont le gain est estimé à 150 millions d’euros, est vivement critiquée par plusieurs associations, comme la Fédération nationale des accidentés de la vie, par les syndicats, l’opposition et par plusieurs élus de la majorité. Le Point

  • Vallourec : baisse de 57% du résultat net au 3ème trimestre

Au troisième trimestre, le fabricant de tubes sans soudure a réalisé un résultat net part du groupe de 105,7 millions d’euros, en repli de 57%. Le résultat d’exploitation est ressorti en baisse de 60% à 153,3 millions d’euros. Le résultat brut d’exploitation (RBE) a reculé de 60% à 174 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires a décliné de 39% à 979,5 millions d’euros. Le RBE représente 17,8% du chiffre d’affaires, contre 26,7% un an plus tôt. Boursorama

(Merci à SPOILER)

  • Recul de 25% des ventes de Bolloré au 3ème trimestre

Le groupe diversifié Bolloré annonce une baisse prononcée de son activité au troisième trimestre, liée au repli des cours du pétrole et de l’activité de fret maritime. Le chiffre d’affaires consolidé de Bolloré des neuf premiers mois 2009 s’établit à 4,366 milliards d’euros, contre 5,412 milliards d’euros pour la même période de l’exercice précédent, en repli de 19,3% (19,9% à périmètre et change constants). “Ce repli provient principalement de la forte baisse des prix des produits pétroliers constatée dès la fin d’année 2008, ainsi que de la diminution des volumes transportés et des taux de fret”, souligne le groupe dans un communiqué. Le chiffre d’affaires du troisième trimestre est en retrait de 25% à par rapport au troisième trimestre 2008. Reuters

  • Technip signe un 3ème trimestre en repli, 2010 s’annonce difficile

Le spécialiste des équipements pétroliers et gaziers publie des résultats en baisse au 3ème trimestre et table sur un recul de ses ventes et de ses marges en 2010 en raison notamment d’une concurrence accrue et de l’attentisme de certains clients. Au cours du 3e trimestre, Technip a enregistré un résultat net de 108 millions d’euros (-11,1%), un résultat opérationnel courant de 173 millions (-3,6%) et un chiffre d’affaires de 1,711 milliard (-11,5%). Reuters