Steven Pinker parle du mythe de la violence

Steven Pinker montre la baisse de violence, depuis les temps bibliques jusqu’à nos jours, et soutient que, même si cela semble illogique voire obscène quand on pense à l’Irak ou au Darfour, nous vivons dans l’époque la plus paisible depuis que notre espèce existe. (mars 2007, sous-titres en français)

Le crash du MH17 déstabilise la planète finance

De Tokyo à New York en passant par Paris et Francfort, toutes les places boursières mondiales ont dévissé après le crash de l’avion de ligne malaisien en Ukraine. La tragédie s’ajoute à la crise au Proche-Orient et fait craindre le pire pour l’économie mondiale.

La peur s’installe sur les places financières mondiales. Depuis l’annonce du crash d’un avion de ligne malaisien en Ukraine, apparemment abattu par un missile, la tension est montée d’un cran, illustrée par la chute des principales places boursières de la planète.

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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
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La crise, ce prétexte pour baisser le coût du travail, mais pas celui du capital

Comment augmenter la productivité, la compétitivité de la France ? D’aucuns répondront qu’il faut “baisser les coûts du travail”. Pourtant, l’économiste Michel Santi note que si la réduction du coût du travail a permis à l’Allemagne de baisser ses prix à l’exportation, elle a créé une société de travailleurs précaires. Et observe qu’étonnamment, les revenus nets distribués aux propriétaires de capital, eux, continuent de grimper…

Une vieille histoire…

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

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Nicolas Doze sur la baisse soudaine de l’or

Nicolas Doze vous propose dans sa chronique éco quotidienne une analyse sur la baisse du prix de l’or. Sa valeur a perdu plus de 100 dollars en 24 heures, passant sous le cap de 1.500 dollars l’once.

Selon Nicolas Doze, cette baisse est due aux spéculations très courantes sur ce marché. Beaucoup de possesseur d’or avaient des ordres de ventes au-dessus d’un certain seuil. En se délestant du métal précieux son prix a naturellement diminué. Cette tendance n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, le fait de se désengager de l’or indique qu’il y a de la confiance dans l’avenir de la part des investisseurs.

bfmtv.com

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Les autoroutes rattrapées par la crise

Le trafic des poids lourds est en nette baisse. Celui des véhicules légers recule aussi, mais dans une moindre mesure…

Image d’illustration : ancienne Route 66, Illinois, Etats-Unis

Le recul inédit enregistré en 2008 du trafic autoroutier, une première depuis 1980, devrait se reproduire cette année. Les chiffres dévoilés par les différents opérateurs ces derniers jours font état d’une baisse qui va de 1,6% à 3,6% en moyenne sur les grands axes de l’Hexagone.

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Le secteur du bâtiment prévoit 35.000 pertes d’emplois en 2012

Le secteur du bâtiment, “en situation d’urgence », prévoit la perte de quelque 35.000 emplois en 2012, a affirmé Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB), vendredi à Montpellier.

Nous prévoyons 35.000 pertes d’emplois en non-remplacements, intérim et licenciements », a affirmé M. Sablier au cours d’une conférence de presse, constatant que “si l’activité a progressé au premier semestre de 4%, elle va baisser d’environ 6% au second », soit “une chute de 10% en un semestre ».

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Sécu : le déficit proche de 15 milliards en 2012

Les comptes de la Sécurité sociale montrent que le déficit du régime général en 2012 devrait atteindre 14,7 milliards d’euros. Sans mesures correctrices, le « trou » aurait atteint 15,5 milliards d’euros.

Prévision 2012, au 05 octobre 2011. Source : http://www.securite-sociale.fr/Evolution-du-deficit-de-la-Securite-sociale-Regime-general

Les comptes de la Sécurité sociale sont moins bons que ne le prévoyait la droite, les nouveaux prélèvements décidés par la gauche permettront de rétablir la situation, au moins en partie. C’est le message qu’a voulu faire passer le gouvernement, qui présentait les estimations actualisées de déficit pour le régime général en 2012.

Sans mesures correctrices, le déficit aurait atteint 15,5 milliards d’euros, une dégradation de 1,7 milliard par rapport à ce qui a été voté, à l’automne dernier, dans la loi de financement de la Sécurité sociale.

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Moody’s abaisse la note de la Belgique de deux crans – Fitch abaisse la perspective de note de la France, etc.

Moody’s a invoqué la détérioration des conditions de financement pour les Etats de la zone euro, les risques pour la croissance de l’économie belge et le coût budgétaire que pourrait avoir le sauvetage de banques, dont Dexia. (…)

Le même jour, l’agence de notation française Fitch Ratings a abaissé à négative la perspective de la note “triple A” de la France, et mis par ailleurs sous surveillance négative les notes de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique, de l’Irlande, de la Slovénie et de Chypre.

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Madame Michu et Lady Gaga

Par Jean-Pierre Crépin

Quand un cinéphile me demande : quel est le plus grand rôle d’Omar Sharif ? Docteur Jivago ou Lawrence d’Arabie ?

Je réponds sans hésiter : « Tiercé magazine ! »

C’est en tous cas ce qui restera de ce fils des bibliothèques d’Egypte dans la mémoire collective, souvenir ou vestige d’une époque où l’on considérait que ce qui ne se monétisait pas ne servait à rien et où l’intégration des individus à une société ne se faisait plus que par le truchement des mass média financés par la grande consommation.

Il s’agissait alors de s’enrichir, les médecins n’étaient pas appelés sur le front de guerre des déficits et personne ne prétendait traverser le désert sans boire.

La sécurité sociale existait encore, le marché de la dépendance n’était pas entre les mains des dealers. Le jeu en ligne et ses recettes fiscales était l’avenir de l’homme.

La révolution consumériste, initiée par la Money Power, le jour ou celle-ci a pris conscience qu’il était plus rentable de vendre de l’inutile aux consommateurs que d’augmenter la productivité avec des travailleurs, s’achève.

Toutes les démocraties de marché vont devoir muter et redevenir, à l’image de l’Allemagne, des sociétés de production. C’est en tous cas la volonté clairement affichée de nos politiques.

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Le Brésil craint une guerre commerciale mondiale

Le ministre brésilien des finances accuse la Chine et les Etats-Unis de manipuler leurs taux de change. Il va porter le problème [devant] l’OMC.

Ben Bernanke, président de la Fed (caricature américaine, novembre 2010)

Le monde pourrait se trouver confronté à une «guerre commerciale» à grande échelle si les gouvernements continuent de spéculer sur la baisse des taux de changes pour favoriser leurs exportations, a prévenu le ministre des Finances brésilien, Guido Mantega.

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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L’immobilier américain balaie l’illusion de la reprise

Les mauvaises nouvelles se suivent aux Etats-Unis. Après la confiance, c’est au tour des prix de l’immobilier de montrer des signes de faiblesse, avec une baisse de 0,8%. Faut-il encore douter que reprise américaine ou croissance molle ne sont qu’illusion ? (…)

"Rechute droit devant" (caricature américaine, 2010)

Alors que les permis de construire et les ventes de logement affichaient des statistiques négatives en novembre, l’indice S&P/Case-Shiller est venu confirmer que la reprise n’est plus à l’ordre du jour dans l’immobilier résidentiel américain. En baisse de 0,8 % contre 0,2 % attendu, l’indice affiche un recul de 30 % par rapport à son plus haut de juillet 2006.

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Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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La croissance du 3e trimestre révisée en baisse

L’Insee a abaissé de 0,1 point à +0,3% la croissance du produit intérieur brut de la France au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,1 point celle du deuxième trimestre à 0,6%.

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

A fin septembre, l’acquis de croissance pour 2010 s’établit à 1,4% (+1,5% en première estimation), selon les comptes nationaux détaillés du troisième trimestre publiés mardi.

Le gouvernement espère que la croissance sera cette année supérieure à 1,6% avant une accélération à 2,0% en 2011.

Dans sa note de conjoncture du 16 décembre, l’Insee prévoyait que la croissance atteindrait 0,5% au quatrième trimestre, 0,3% au premier trimestre 2011 et 0,4% au deuxième.

La révision de la croissance au troisième trimestre résulte d’investissements inférieurs aux estimations dans les services aux entreprises et les travaux publics et d’une consommation de services aux particuliers plus faible, note l’Insee.

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L’espérance de vie est en baisse aux États-Unis

D’après une récente étude, et pour la première fois depuis 1976, l’espérance de vie des Américains est passée de 77,9 ans à 77,8 ans entre 2007 et 2008. Petit accroc passager ou début d’une longue descente aux Enfers ?

L’espérance de vie des Américains a diminué d’un peu plus d’un mois, de 77,9 à 77,8 ans (80,3 ans pour les femmes et 75,3 ans pour les hommes), selon une étude publiée le 9 décembre par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Une première depuis 25 ans. Et ce, malgré une baisse de la mortalité infantile, qui atteint un minimum historique. La différence d’espérance de vie entre les populations blanche et noire est de 4,6 ans, soit une baisse de 0,2 an. Depuis 1970, l’espérance de vie des Américains augmentait en moyenne de 2,6 mois par an.

Les maladies cardiaques (dûes notamment à l’obésité) et le cancer, qui sont les deux principales causes de décès aux États-Unis, représentaient 48% des décès en 2008. Le taux de mortalité a sensiblement augmenté notamment à cause des maladies respiratoires et de la maladie d’Alzheimer (en hausse de 7,5%), de la grippe et de la pneumonie (en hausse de 4,9%), de l’hypertension (+4,1%), des suicides (+2,7%), et des maladies rénales (+2,1%).

En conclusion, l’étude insiste sur le fait que les États-Unis sont bel et bien confrontés à une dégradation générale de l’état de santé de leur population. Et l’avenir n’est pas rose, car tant que les autorités oublieront de se pencher sur les causes des maladies, celles-ci continueront de se développer. Une autre étude publiée hier affirme d’ailleurs qu’en 1998, un homme de 20 ans pouvait espérer vivre encore 45 ans à l’abri d’une maladie grave (maladies cardiaques, cancer ou diabète). Ce nombre est tombé à 43,8 en 2006. Soit une baisse de 1,2 année… en 8 ans !

Les mots ont un sens

Comment les Allemands deviennent eurosceptiques

La question de l’euro et de sa survie est clairement posée en Allemagne. Hans-Olaf Henkel, ancien patron des patrons, et europhile convaincu, prêche désormais pour l’éclatement de la zone euro et l’émergence de deux euros, un pour le Nord, un pour le Sud. Ce sentiment grandit outre-Rhin et explique nombre de choix de la chancelière.

« L’ultime bataille. Comment l’Europe ruine sa monnaie »

Quand, en France, on évoque Henkel, c’est plutôt au géant Allemand de la chimie et à ses produits ménagers « vus à la TV » comme Décapfour ou Minidoux, que l’on pense. De l’autre côté du Rhin, et davantage encore dans les milieux économiques, on pense Hans-Olaf, le prénom de l’ancien patron des patrons allemands. Lequel Hans-Olaf Henkel s’est dernièrement illustré par ses propos décapants sur la monnaie unique.

Dans son dernier livre, « Sauver notre argent, l’Allemagne est bradée » – tout un programme -, il ne propose rien moins que de liquider l’euro.

Sa thèse ? La solution à la crise européenne passe par la fin de la monnaie unique. Du moins sous sa forme actuelle, puisque y est prônée la séparation la zone euro en deux devises : une pour les pays du Nord, incluant l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-bas, et la Finlande et une autre pour les pays du Sud, dont la France.

Et Hans-Olaf Henkel, à l’instar du patronat allemand, de décliner ce qui ne convient pas à l’hyper puissance continentale. Cette nouvelle Zollverein, pourrait s’étendre à ses autres voisins germaniques : non membres de l’euro, il est persuadé que le Danemark, comme la Suède adhéreraient à l’euro du Nord.

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Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

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« Les Etats-Unis à l’origine des tensions au sein de la zone euro »

L’Allemagne serait, en partie, à l’origine de l’envolée des taux d’intérêt sur les obligations portugaises et espagnoles de ces derniers jours. En cause, les récentes déclarations d’Angela Merkel sur l’éventualité de faire participer les créanciers privés en cas de restructuration de la dette publique de certains pays de la zone euro.

Arturo Bris, professeur de finance à l’IMD de Lausanne, partage cet avis. Lors d’une conférence qui s’est tenue jeudi au sein de la haute école de gestion, il n’a pas hésité à déclarer que l’Allemagne maintenait volontairement « au bord du précipice » les pays en proie à des difficultés – Irlande en tête. Selon lui, « les crises irlandaise, grecque, portugaise et espagnole sont une bonne chose pour l’économie allemande puis­qu’elles maintiennent l’euro à un niveau relativement bas – par rapport au dollar – et qu’elles profitent ainsi aux exportations allemandes ». Berlin aurait donc tout intérêt à ce que la situation européenne reste tendue.

Mais si l’Allemagne profite du « statu quo » en Europe, Arturo Bris relativise toutefois son rôle dans la crise actuelle. Car le moteur de l’Europe est confronté à un certain dilemme : son économie a beau profiter d’un euro faible, les Allemands ont de plus en plus l’impression de payer de leurs poches les sauvetages à répétition des autres pays européens. De plus, le marché européen est le troisième, en termes de grandeur, pour les exportations allemandes.

Pour le professeur espagnol, les principaux fautifs sont à rechercher de l’autre côté de l’Atlantique. Washington serait donc « à l’origine des confrontations que l’on observe actuellement en Europe ». Ou, plus particulièrement, sa politique monétaire. « Affaiblir le dollar a été la pire des choses pour la dynamique européenne », constate Arturo Bris. Si les Etats-Unis ont souffert de la crise grecque et de la hausse du dollar qui s’en est suivie, ils se seraient rattrapés grâce à leur politique monétaire et à l’injection de 600 milliards de dollars dans leur économie d’ici à la fin de 2011 (QE2).

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L’Allemagne n’exclut pas qu’un pays de la zone euro fasse défaut

L’Allemagne a dit mercredi qu’un État de la zone euro pouvait “en principe” faire défaut, tout en rassurant ses propres contribuables en expliquant qu’elle ne financerait pas un quelconque plan de sauvetage sans l’accord de sa population.

Dans un contexte d’aggravation de crise de l’union monétaire en raison de craintes d’une contagion à d’autres pays de la zone après le plan d’aide à l’Irlande, le ministre allemand de l’Économie, Rainer Brüderle, a déclaré que le Portugal et l’Espagne n’auraient pas besoin d’aide.

Il n’a cependant pas exclu la possibilité qu’un membre de la zone puisse théoriquement faire défaut et a exprimé les inquiétudes de l’Allemagne qui craint de devoir financer davantage d’aides pour ses partenaires européens.

De tels plans d’aide requièrent l’unanimité et ne sauraient être mis en oeuvre “contre la volonté de l’Allemagne”, a dit Rainer Brüderle.

Nos contribuables n’accepteront pas tout,” a-t-il déclaré, en référence au sentiment national selon lequel le pays est devenu le “trésorier” de ses partenaires en difficulté, avec le plan de sauvetage de la Grèce et le mécanisme d’aide de la zone euro dans un premier temps, et l’Irlande ensuite.

Rainer Brüderle a également insisté sur le fait que les instruments de soutien aux économies de la zone euro pénalisées par leur dette “ne devaient pas devenir des mécanismes de transfert permanents” mais devraient simplement permettre de gagner du temps pour régler les problèmes économiques.

Le ministre a par ailleurs souligné que sans une coopération étroite entre la France et l’Allemagne, qui ont imposé à leurs partenaires certaines de leurs idées sur les modalités des futures mesures contre la crise de la zone, “peu de choses auraient été réglées” en Europe.

Reuters

Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Le « Tigre celte » piégé par la mondialisation… et l’immigration

D’un montant de 85 milliards d’euros débloqués par le FMI et l’Union Européenne et assorti d’une panoplie de mesures radicales (15 milliards d’euros d’austérité, dont 10 milliards de coupe dans les dépenses et 5 milliards de hausses d’impôts, baisse sensible du salaire minimum, des retraites et des prestations sociales), le nouveau plan d’aide à l’Irlande parviendra-t-il à sauver ce pays ? C’est grâce à la mondialisation que la Verte Erin avait acquis son statut partout célébré de « Tigre celte », aussi performant que les « Petits Dragons » asiatiques, mais cette mondialisation avait pour corollaire un recours massif à l’immigration, et c’est ce boulet qui risque d’entraîner par le fond le rafiot irlandais.

Musiciens africains "basés en Irlande" demandant, en novembre 2009, que le programme irlandais d'aide financière à l'étranger ne soit pas réduit (source : wedocare.ie)


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Les Portugais en grève générale contre l’austérité

Les deux principaux syndicats du Portugal organisent mercredi 24 novembre une grève générale pour protester contre les mesures d’austérité censées réduire la dette et le déficit du pays. Massivement suivie, la grève entraîne déjà une paralysie des aéroports, des ports et des transports en commun. De nombreuses écoles sont fermées et la plupart des hôpitaux assurent seulement un service minimum d’urgence. Il s’agit du premier mouvement de cette ampleur depuis 1988, mais il risque de se heurter à la détermination du gouvernement minoritaire dirigé par le socialiste José Socrates.

Le premier ministre compte d’autant plus garder le cap que, après l’aide réclamée par l’Irlande à l’Union européenne et au Fonds monétaire international, les investisseurs désignent le Portugal comme le prochain pays de la zone euro qui sera contraint de solliciter un soutien extérieur pour rétablir ses comptes.

José Socrates a d’ores et déjà prévenu qu’il maintiendrait ses projets de baisse des salaires et de hausse de la fiscalité pour ne pas faire subir au Portugal le même sort que ceux de l’Irlande et de la Grèce. “La grève ne provoquera peut-être pas de modification radicale dans la politique d’austérité du gouvernement, mais elle constitue un élément supplémentaire d’incertitude dans la situation déjà instable du pays », reconnaît Elisio Estanque, sociologue à l’université de Coimbra.

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Un pays peut il répudier sa dette ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai vu un article du grand gourou de la finance, étoile clignotante des pitis Zépargnants, et comme d’habitude, il m’a fait beaucoup rire.

L’Argentine de 1997 n’était pas un pays émergent, mais plutôt descendant depuis 1945, et largement en voie de désindustrialisation depuis 1974. En outre, il ne faut pas surestimer le poids de son secteur agricole. Si celui-ci est important et assure les 3/4 des exportations, il avoisine les 5 % du PIB… Donc, cacahuètes (ça tombe bien comme image pour le secteur agricole). De plus, les terres cultivées sont loin de coller à leur potentiel réel (380.000 km² contre 2.800.000 km² de superficie totale). Si tout n’est pas cultivable, on voit donc bien que cette agriculture a des problèmes de débouchés.

De plus, dévaluation, banqueroute et autres, font IMMEDIATEMENT remonter les productions, même si l’appareil productif est peu important. Le Zaïre des années 1970 fut mis pendant deux ans à l’index du FMI, “puni”. La première année, la production agricole fit du + 100 % et la production industrielle + 50 %. La “punition” ne fut pas pour tout le monde. A l’image de l’Argentine, ce sont les productifs qui furent avantagés, comme le seront les pays concernés par des faillites, ouvriers, techniciens et ingénieurs, et les vrais punis seront les financiers…

Le choix des Kirchner, s’il fut certainement imparfait, fut de favoriser un capitalisme productif au lieu d’un capitalisme financier de branleurs invétérés.

En outre, le déficit commercial, c’est comme les dettes, elles sont un jeu à deux. Quand on relie deux pays par ces liens, le coup de tabac quand on les coupe concerne AUTANT le pays exportateur que le pays importateur. On a vu, en 2008, les réductions des déficits US, grand-breton et espagnol ont créé de sérieux problèmes aux exportateurs.

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LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

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Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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Le pari risqué de la Fed pour stimuler l’économie américaine

La Banque centrale américaine s’apprêtait mercredi à annoncer une initiative très risquée censée stimuler l’économie des Etats-Unis. La Fed rachèterait pour 500 à 1.000 milliards de dollars (356 à 713,7 milliards d’euros) de dette du gouvernement fédéral afin de faire baisser les taux d’intérêt à long terme, déjà extrêmement faibles.

Le rachat se ferait par blocs de 100 milliards par mois et commencerait probablement immédiatement. Il s’agirait d’un « assouplissement quantitatif », ou « QE2 » [quantitative easing n°2], en jargon d’économiste. Entre 2008 et le début 2010, la Fed a déjà dépensé environ 1.700 milliards de dollars (1.213 milliards d’euros) pour racheter des créances aux banques et stabiliser ces établissements.

Cette fois, la Fed rachèterait des bons du Trésor aux banques, ce qui fournirait à ces dernières des liquidités à prêter aux consommateurs. Acquérir d’aussi grandes quantités de bons du Trésor fait baisser les taux d’intérêts car la demande en bons du Trésor fait monter les prix et baisser le rendement. Or, les taux d’intérêts sont liés au rendement. Des taux d’intérêt plus bas encouragent les gens à emprunter de l’argent pour un crédit immobilier, par exemple.

Parallèlement, des taux d’intérêts bas rendent des investissements relativement sûrs comme les bons moins attractifs, ce qui incite les entreprises et investisseurs à s’équiper ou acheter des actions cotées. La Bourse grimpe et les Américains consomment. Le commerce tourne, l’emploi repart à la hausse et un cercle vertueux de dépense et d’embauche.

Mais de nombreux analystes et même certains partisans du plan de la Fed estiment que la manoeuvre comporte aussi des dangers. Cela pourrait affaiblir davantage le dollar et déclencher des conflits commerciaux avec d’autres pays ; les courtiers en bons pourraient être amenés à croire qu’une accélération de l’inflation se profile, ce qui ferait monter les taux d’intérêt, au grand dam de la Fed.

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Croissance : la « baisse de régime » est « imminente et sensible »

Le « redressement » des économies des pays de la zone euro « est confirmé par les premiers chiffres et enquêtes conjoncturelles sur le troisième trismestre », mais ces données confirment également que la « baisse de régime est à la fois imminente et sensible, en particulier pour les pays dits périphériques, mais aussi pour les grandes économies, Allemagne et France y compris ».

Comme la plupart des études sorties ces dernières semaines, le bulletin économique sur « La conjoncture mondiale et les risques du monde », publié par Euler Hermes, s’inscrit lui aussi dans la thématique du ralentissement de la croissance.

Les stimuli budgétaires mis en place durant la crise disparaissent. Les plans de rigueur se mettent en place dans bon nombre de pays membres.

L’expansion du PIB dans la zone euro « sera donc plus ralentie sur l’ensemble du second semestre 2010 et le début 2011 », souligne la société, qui prévoit une croissance de + 1,1 % seulement pour la France en 2011 (pour mémoire, le gouvernement table sur + 2%).

L’étude complète est à lire ici.

Bercy blog et Euler Hermes

Chaque année, la planète perd l’équivalent de l’Italie en surfaces cultivées

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie, sont perdus chaque année du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation, a souligné jeudi 21 octobre un rapport de l’ONU.

« American way of life » - Photo d'Alex MacLean (USA)

« Cette tendance a des conséquences dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs ou de peuples indigènes », a noté Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, lors de la présentation de son rapport (consultable en français et en PDF).

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Le Portugal, nouvelle proie des marchés financiers

Malgré tous ses efforts pour redresser les finances publiques, le gouvernement portugais ne parvient pas à rassurer les marchés.

Plus que la Grèce, c’est désormais le Portugal qui fait face à la pression maximale des marchés financiers. Alors que l’écart du taux des titres grecs à 10 ans avec l’Allemagne a baissé depuis début septembre et qu’il s’est stabilisé du côté espagnol, celui des titres portugais a fortement augmenté. Il atteint aujourd’hui le niveau de ceux qu’avaient connus les titres grecs juste avant l’annonce du plan de sauvetage mi mai 2010.

Pourtant, le budget 2010 prévoyait des mesures drastiques de réduction des dépenses avec la réforme des allocations chômage et un vaste plan de privatisation, complétées par un nouveau paquet de réformes en mai (hausse de la TVA d’un point, baisse des salaires des patrons des entreprises publiques, taxe exceptionnelle les ménages et les entreprises).

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Le marché des changes, nouveau champ de bataille

Alors que le dollar poursuit sa baisse sur les marchés, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde mercredi les pays tentés par l’utilisation de la faiblesse de leur monnaie comme arme économique, en expliquant qu’une telle politique pourrait compromettre la reprise économique.

Décideurs et investisseurs s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine annonce avant la fin de l’année de nouvelles mesures de soutien à l’économie qui pourraient affaiblir le dollar. Parallèlement, la Chine a poliment refusé ces derniers jours de laisser sa monnaie, le yuan, s’apprécier plus rapidement.

Les changes seront donc en tête de l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres des Finances du G-7 vendredi à Washington, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

Mais rares sont ceux qui espèrent que des mesures concrètes déboucheront des discussions dans la capitale américaine.

Le dollar amplifiait son recul mercredi, inscrivant un plus bas de huit mois et demi face à un panier de référence composé de six autres grandes devises et touchant un nouveau plus bas de 15 ans face au yen.

Cette tendance, observée depuis plusieurs semaines, a déjà poussé le mois dernier la Banque du Japon à intervenir sur les marchés en achetant des dollars pour faire baisser le yen, dont l’appréciation continue pénalise les exportateurs nippons. La Banque du Japon a accéléré le mouvement mardi en ramenant son principal taux à zéro.

Et certains pays émergents, comme la Corée du Sud ou le Brésil, ont emboîté le pas au Japon ou menacent de le faire, par des voies différentes.

« Il y a clairement l’idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique) », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien au Financial Times.

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Que se passe-t-il dans les hautes sphères américaines ?

Par Frédéric Laurent

Caricature américaine, septembre 2010

Encore une fois, drôle de semaine sur les marchés financiers. La volatilité fait rage, dans des volumes peu importants. Pas de déclaration tonitruante, pas de gros titre en apparence… pourtant je m’étonne. Je m’étonne qu’aucun journal n’ait repris l’annonce de la démission d’Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière aux Etats-Unis.

Donc, la personne qui était chargée de suivre le plan à 700 milliards de dollars lâche l’éponge.

Certes, ce n’est pas la première fois que quelqu’un de haut placé démissionne. Toutefois, quand on sait que ces hauts responsables émargent à plusieurs centaines de milliers de dollars par an, avec tous les « à côté » agréables (secrétariat, chauffeur, voyages d’affaires, logement, pas mal d’avantages en nature), on peut se dire qu’il doit y avoir une bonne raison à ce départ.

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Les Etats-Unis laissent-il couler le dollar ?

Fini le temps où Washington assurait au monde qu’il voulait un dollar fort. Alors que le billet vert a plongé à un plus bas de cinq mois contre l’euro mercredi, le gouvernement américain semble très bien s’accomoder de la tendance.

Caricature américaine, août 2010. Sans commentaire...

Les Américains laissent-ils délibérément plonger le dollar ?

«Un dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis» : cette phrase rituelle des secrétaires au Trésor américain, Timothy Geithner ne l’a pas prononcée en public depuis maintenant un an. Si les Etats-Unis ne le reconnaissent pas officiellement, personne n’est dupe : ils ont tout intérêt à laisser le dollar tomber, s’ils veulent booster la compétitivité de leurs produits et atteindre l’objectif lancé en janvier par Obama, de doubler les exportations américaines en cinq ans.

La Fed est d’autant plus incitée à maintenir un dollar faible, que quasiment toutes les grandes banques centrales mondiales font la même chose avec leur monnaie.

A la mi-septembre, la Banque du Japon est intervenue directement sur le marché des changes, pour la première fois en six ans, afin de freiner l’ascension du yen, emboîtant ainsi le pas à la Suisse, qui bataille depuis plus d’un an pour empêcher une envolée du franc suisse. Quant à la Bank of England, elle s’apprête, comme la Fed, à lancer une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif.

Sauf que «si tout le monde cherche à déprécier sa monnaie, cela devient un jeu à somme nulle», met en garde Nordine Naam, économiste à Natixis.

Comment font les Etats-Unis pour affaiblir le dollar ?

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La presse écrite française sous perfusion

Voici la diffusion (payée) en France des principaux quotidiens nationaux 2007/2009, avec [un] estimatif 2010.

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Il faut cependant noter que la presse quotidienne régionale dépasse largement la presse nationale au niveau des ventes. Selon l’OJD (1er mars 2009), le quotidien le plus vendu était le quotidien Ouest-France avec 768 226 exemplaires vendus(moyenne par jour).

L’association OJD est une association professionnelle française dont le rôle est de certifier la diffusion, la distribution et le dénombrement des journaux, périodiques et de tout autre support de publicité.

Nous avons donc 1 934 261 journaux (payés) diffusés en 2008 et 1 860 732 en 2009 ; donc, 73 529 de moins en un an, soit –3,8% et cela n’est pas près de s’arrêter.

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La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et  [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre “La dernière bulle”, publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

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La crise en Russie

Par Jacques Sapir (janvier 2010)

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.

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Baisse inédite en 60 ans de la masse salariale

La masse salariale du secteur privé, principale source de recettes pour la Sécurité sociale, affiche une baisse de 1,3% en 2009, du jamais vu depuis l’après-guerre, a annoncé l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss).

Selon les statistiques de l’Insee, la masse salariale n’a jamais baissé depuis 1949, date de création de l’institut de statistiques, à l’exception d’un trimestre pour faits de grève en 1968.

La contraction de la masse salariale cette année, est donc inédite depuis la création de la Sécurité sociale à la Libération.

La baisse d’un point de pourcentage de la masse salariale, équivaut à deux milliards d’euros de recettes perdues par la Sécu.

Le recul de la masse salariale est dû, principalement, à la disparition d’emplois salariés, mais aussi à la hausse du chômage partiel et à la diminution des heures supplémentaires. Elle est la principale cause du creusement sans précédent du déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale.

La masse salariale dépend du nombre d’emplois, mais aussi du niveau des salaires et primes. En 2009, le salaire moyen par tête (SMPT) a connu un rythme de hausse qualifié par l’Acoss de “très modéré par rapport aux années précédentes” (+1,2% au 4ème trimestre sur un an, contre environ 2,5%).

C’est dû à “l’impact de l’indemnisation du chômage partiel“. L’indemnité de chômage partiel, à la différence du salaire, est exonérée de cotisations patronales (mais pas de la CSG) ce qui fait perdre beaucoup de recettes à la Sécu.

Or, au quatrième trimestre 2009, 144.000 personnes ont été placées en chômage partiel, après 156.000 au troisième, 245.000 au deuxième, 211.000 au premier, selon l’Insee.

La baisse de la masse salariale tient aussi, note l’Acoss, à “la diminution des heures supplémentaires“. Les heures supplémentaires sont encouragées par le gouvernement et continuent de bénéficier d’exonérations sociales et fiscales que Martine Aubry a promis mercredi d’abolir si le PS revient au pouvoir en 2012.

Les dernières prévisions officielles tablent sur un “trou” de Sécu de 23,5 milliards d’euros pour 2009.

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