Autoroutes : le pactole perdu de l’État

Sur le territoire français, la plus grande partie du réseau autoroutier est exploitée par des sociétés à capitaux privés. L’État s’est peu à peu désengagé de ces sociétés qu’il possédait ou qu’il détenait majoritairement. De grands groupes privés administrent maintenant ces infrastructures qui ont été largement financées par les contribuables.

Le système de péage, auquel les automobilistes sont depuis longtemps habitués, a également permis la rentabilité des autoroutes. Aujourd’hui, le constat est amer alors que l’État peine à trouver des recettes pour lutter contre les déficits.

Les autoroutes constituent une source de revenus non négligeable. Pourquoi les a-t-on ainsi vendues ? Ont-elles été bradées ?

États-Unis : Un plan Marshall pour l’Amérique

Suite à l’effondrement d’un pont autoroutier en Californie le mois dernier, l’impact observé sur toute la région sud-est des États-Unis vient souligner une fois de plus la gravité des défaillances infrastructurelles du pays. En effet, dans une certaine mesure, la plus importante économie au monde s’écroule aujourd’hui peu à peu.

L’aversion idéologique vis-à-vis de l’investissement du secteur public, de même que la prédominance d’un mode de pensée à court terme de la part de ceux qui rédigent les budgets, ont abaissé les dépenses jusqu’à des niveaux bien insuffisants en matières d’autoroutes, d’aéroports, de chemins de fer, de réseaux de télécommunications et de production d’électricité.

Seulement voilà, cette problématique ne peut plus être ignorée. Si les États-Unis n’agissent pas rapidement afin de conférer de solides fondations à leur reprise économique fragile, le pays pourrait à nouveau glisser lentement vers la stagnation.

La logique la plus évidente voudrait en principe qu’une économie développée procède judicieusement et continuellement à des investissements dans les biens publics. Or, au vu de la situation infrastructurelle des États-Unis, il semble que tous les acteurs décisionnels ne partagent pas cette conception. Lire la suite

Consommation : Les Français paient 6% de plus que les Allemands

Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, estime que nous payons de nombreux produits et services trop chers. C’est le cas des autoroutes pour lesquelles “il n’y a plus de justificatif d’investissement“. Selon Eurostat, les Français paient 6% de plus que les Allemands pour les produits de consommation.

(Merci à Horatius)

Les abeilles s’installent au bord des autoroutes

Mercredi 20 mai, la ministre de l’Écologie a présenté, en Conseil des ministres, un plan national en faveur des abeilles, dont l’avenir est menacé par les insecticides. Son projet est d’étendre la production du miel le long des autoroutes.

A Forges-les-Bains (Essonne), des ruches ont été installées ce vendredi 22 mai à proximité de la route. 21 autres sont déjà établies sur d’autres sites. 400 kilos de miel d’autoroutes ont déjà été récoltés et distribués à des fins pédagogiques.

Autoroutes : Jackpot en perspective pour les concessionnaires

Le prolongement des concessions devrait permettre aux sociétés autoroutières d’engranger près de 15 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Les principaux autoroutiers, Vinci, Eiffage, Albertis, devraient tirer d’énormes profits des contreparties très avantageuses de la part de l’État en échange de travaux. Mi-2013, le gouvernement lançait le plan de relance autoroutier pour doper le secteur des travaux publics. Le pacte portait sur l’entretien du réseau et la création de 15.000 emplois dans le BTP.

En échange, les durées des concessions, prévues pour se terminer entre 2027 et 2033, s’apprêtent à être prolongées de deux à quatre ans. Or cette mesure devrait permettre aux principaux autoroutiers de réaliser des bénéfices-monstre, près de 14,7 milliards d’euros de recettes nettes, soit plus de quatre fois et demie le montant des travaux.

Avantages fiscaux
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Autoroutes, parkings et stationnements, le grand profit

Aujourd’hui, près de la moitié des stationnements dans les rues et des parkings, sans oublier les autoroutes, sont aux mains de sociétés privées. Pourtant, le stationnement payant n’est pas vraiment légal, et cette forme d’impôt déguisé peut être contestée par les citoyens, souvent avec succès.

Les municipalités partagent aussi les bénéfices de leurs parkings publics avec les grandes entreprises de BTP. A Paris par exemple, la mairie impose des tarifs prohibitifs aux usagers pour prélever des taxes démesurées. De même, le prix des péages ne cesse d’augmenter.

Réalisé par Jean-Christophe Portes (2014)

États-Unis : Décroissance de l’usage de la voiture, une tendance de fond

Est-ce la fin du driving boom aux Etats-Unis ? C’est le constat dressé par le rapport intitulé « A new direction : our changing relationship with driving and the implications for america’s future » publié au printemps dernier par U.S. PIRG Education Fund Frontier Group.

Qu’est-ce-que le driving boom ?

C’est l’augmentation constante des distances parcourues en voiture par les Américains (+85% entre 1970 et 2004).

Cette croissance des kilomètres parcourus fut concomitante d’un urbanisme basé sur la voiture individuelle : en 1950, 23% des Américains habitaient en banlieue, en 2000 ils étaient 50%.

La fin du driving boom

Entre 1946 et 2004, le total des kilomètres parcourus a cru de 3,8% par an, et celui des kilomètres parcourus per capita, de +2,5% par an.

Depuis on observe une rupture: entre 2004 et 2012, les kilomètres parcourus stagnent et les kilomètres parcourus per capita diminuent de 1% par an. Sur la même période, la fréquentation des transports en commun a connu une hausse de 10%.

Décroissance de l’usage de la voiture individuelle aux États-Unis : une tendance de fond et pas un simple accident de parcours.

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États-Unis : La crise immobilière est loin d’être terminée

Ni Barack Obama ni Mitt Romney n’en ont parlé pendant la campagne. Pourtant, les saisies de maisons continuent. Exemple à Cleveland, dans l’Ohio, un des fameux États clés de l’élection du 6 novembre.

Pendant la campagne présidentielle qui s’achève aux États-Unis, il aura beaucoup été question d’emploi et d’impôts, de déficit et de dette. Barack Obama et Mitt Romney ont également souvent parlé de santé, de commerce, de Chine…

Un mot a en revanche disparu de leur discours, quatre ans après avoir tenu le haut de l’affiche : l’immobilier. En 2007, la crise des « subprimes » – ces crédits boiteux qui conduiront plusieurs millions de familles à la perte de leur toit – frappait durement le pays.

[...] Pendant les trois débats télévisés, ni le président sortant ni son challenger n’ont évoqué le dossier immobilier. [...] Pourtant, des millions de familles jonglent toujours avec des dettes supérieures à la valeur estimée de leur bien. Elles sont encore trois fois plus nombreuses qu’avant 2007 à perdre leur maison (30 000 saisies par mois en moyenne en 2005).

Que le sujet ait été absent de la campagne ne signifie donc pas que l’Amérique a digéré la crise des « subprimes ». Pourquoi ce silence, alors ? Anthony Brancatelli, conseiller municipal à Cleveland, dans l’Ohio, a sa petite idée.
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