Cuba : Comment survécut le pays sans pétrole en 1990 [Rediff.]

L’humanité n’a jamais fait l’expérience de la pénurie totale de pétrole. Il n’existe qu’un précédent, à l’échelle d’un petit pays isolé : Cuba. Après l’effondrement de l’Union soviétique, ce pays a en effet connu une pénurie de pétrole comparable à celle qui frappera inévitablement le monde entier à moins qu’on ne la prévienne par des changements immédiats et radicaux dans les habitudes de consommation de l’énergie.

Le peuple cubain a su faire preuve d’une solidarité exemplaire qui l’a rendu capable, entre autres exploits, de transformer complètement son agriculture en une dizaine d’années. Les tracteurs et les fertilisants russes avaient en effet permis à Cuba, dans le cadre de sa révolution verte, de se doter d’une agriculture plus industrialisée encore que celle des États-Unis, produisant de grandes quantités de sucre destiné l’exportation et important une forte proportion de sa nourriture, 50% de son riz par exemple.

Aujourd’hui, le pays est auto-suffisant et après avoir redécouvert les vertus de la petite ferme privée et celle du jardinage urbain, il exporte des spécialistes de l’agriculture biologique dans le reste de l’Amérique latine.


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Permaculture : Forêt comestible pour auto-suffisance alimentaire

Juan Anton Mora, 78 ans, va courir 40 minutes plusieurs fois par semaine. Il organise chez lui des réunions de plusieurs jours avec des dizaines de personnes. “Chacun apporte son sac de couchage et on se débrouille“, explique-t-il.

Y-a-t-il besoin de le dire : Juan Anton a une forme impressionnante ! Comment fait-il ? Une vie saine et son envie de changer le monde doivent avoir leur rôle à jouer. Car oui, chacune de ses actions a pour but de “changer le monde” ou pour être plus précis, combattre la faim dans le monde. Rien de moins.

La société devrait être basée sur deux piliers : le “travail” (ce que nous savons faire et qui participe à la société) et la production de sa nourriture. De cette manière, quoi qu’il se passe, si nous n’avons plus de travail, nous aurons toujours de quoi manger. Il faut que tout le monde puisse manger. Et comme la nourriture vient de la terre, produisons nous-même notre propre nourriture !

Tant que nous ne dépendrons que d’un contrat salarié, notre sécurité ne tiendra qu’à un fil.

Et tout cela ne s’arrête pas à un beau discours. Juan Anton met en pratique ces conseils et il va même plus loin: il expérimente toutes les manières possibles de faciliter le travail de la terre.

Gagner en indépendance alimentaire n’est pas seulement une sécurité, c’est aussi une manière de regagner une certaine liberté dans une société où nous n’avons plus le choix (de rien).

Il faut appeler les choses par leur nom !

Quand on rentre dans une boulangerie et que le boulanger ne peut pas nous dire d’où vient sa farine, quand le marché est contrôlé par les transgéniques et que nous n’avons pas le choix de ce que nous achetons, c’est une dictature.

Quand on élit des personnes qui passent leur temps à nous mentir et qui font le contraire de ce qu’elles disent, c’est une dictature.

Il faut trouver la manière de faire les choses par nous-même. Il faut apprendre à cultiver, produire des aliments sains, établir une relation commerciale ou d’échanges de produits que nous faisons nous-même.

Une forêt comestible pour nous nourrir sans effort
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Dmitry Orlov : “Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain”

Par Dmitry Orlov - Juin 2005

Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle — symétriquement appelé les États-Unis1 — ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second.

Les gens raisonnables ne soutiendraient jamais que les deux pôles aient été exactement symétriques ; en même temps que des similitudes significatives, il y avait des différences également significatives, les unes et les autres étant valables pour prédire ce qu’il adviendra de la seconde moitié du géant super-puissant aux pieds d’argile qui autrefois enjambait la planète, lorsqu’elle se désagrégera aussi.

J’ai voulu écrire cet article pendant presque une décennie à présent. Jusqu’à récemment, cependant, peu de gens l’auraient pris au sérieux. Après tout, qui aurait douté que la locomotive économique mondiale que sont les États-Unis, ayant récemment gagné la guerre froide et la guerre du Golfe, continue, triomphalement, vers l’avenir brillant des super-autoroutes, des jets supersoniques et des colonies interplanétaires ?

Mais plus récemment le nombre de sceptiques a commencé de croître régulièrement. Les États-Unis sont désespérément dépendants de la disponibilité de pétrole et de gaz naturel peu chers et abondants, et accrochés à la croissance économique. Une fois que le pétrole et le gaz seront devenus chers (tels qu’ils le sont déjà) et de plus en plus difficiles à obtenir (l’affaire d’une année ou deux tout au plus), la croissance économique s’arrêtera et l’économie américaine s’effondrera.

Beaucoup de gens railleront ce pronostic déprimant, mais cet article devrait trouver quelques lecteurs tout de même.
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Permaculture, auto-suffisance, climat nordique et chauffage au compost dans les collines du Vermont (Rediff.)

Ben Falk est un designer en permaculture établi à Moretown, dans le Vermont. Dans cette vidéo, il nous parle de la vie relativement auto-suffisante qu’il mène, et des systèmes qu’il utilise pour s’adapter au climat hivernal. Il explique le fonctionnement de son poêle à bois, qui produit toute son eau chaude “gratuite”, et du système de chauffage au compost qui réchauffe sa serre. Il parle aussi de l’importance de la relation avec notre environnement, et des bienfaits du jardinage.

Face au capitalisme productiviste : Des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes

Il est de ces luttes dont on parle peu… parce qu’elles demeurent silencieuses, en apparence marginales ou marginalisées, réduites à l’insignifiance face aux logiques de guerre économique… Et pourtant, ces luttes participent patiemment à la construction de nouveaux paradigmes pour les sociétés de demain, en inventant et en expérimentant de nouvelles alternatives à un système qui, dans les faits, est synonyme d’échec à la fois social, économique, démocratique, culturel et environnemental.

Les graves crises systémiques que nous connaissons ont, contre toute attente, renforcé le positionnement de la plupart des élites mondiales. Elles continuent de s’accaparer les terres, d’exploiter à outrance les ressources encore disponibles dans le but de réaliser toujours plus de profit. Par définition, nos sociétés capitalistes ont conduit à la marchandisation de l’ensemble du monde, de manière spéculative. Les biens communs (eau, semences, terres, etc.) sont parmi les cibles centrales de cette logique. Le productivisme et le consumérisme à outrance génèrent ainsi depuis des décennies des logiques mortifères, la destruction de notre « environnement » et la production d’inégalités inacceptablesLe champ politique, loin de prendre en compte les défis à relever, provoqués par l’échec de notre modèle de civilisation, ne propose aucune solution pour nous en sortir. Il n’en appelle qu’à toujours plus de croissance, réelle cause de notre situation critique, alors que les citoyens s’extraient de cette logique pour raisonner en termes de besoins essentiels. 

Considérer avec lucidité ces logiques destructrices et mortifères est tout aussi important que de changer notre regard sur ce qui se passe du côté « des forces de vie ». Car dans un même temps, de nombreuses résistances se manifestent à travers le monde.

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États-Unis : Auto-suffisance en climat nordique

Ben Falk est un designer en permaculture établi à Moretown, dans le Vermont. Dans cette vidéo, il nous parle de la vie relativement auto-suffisante qu’il mène, et des systèmes qu’il utilise pour s’adapter au climat hivernal.

Il explique le fonctionnement de son poêle à bois, qui produit toute son eau chaude “gratuite”, et du système de chauffage au compost qui réchauffe sa serre. Il parle aussi de l’importance de la relation avec notre environnement, et des bienfaits du jardinage.

Via l’excellent blog Au Bout de la Route

Comment reconvertir son usine en ferme écologique ?

Par Sophie Chapelle / Alter-echos

Que faire des friches industrielles laissées en désuétude ? Aux États-Unis, plusieurs usines abandonnées sont reconverties en ferme d’agriculture urbaine. Objectif : produire des aliments sains à proximité des villes et de manière quasi auto-suffisante, tout en créant des emplois. Reportage à Milwaukee dans une ferme en aquaculture.

Consommer du poisson provenant du lac Michigan comporte un « risque élevé ». En cause : le haut niveau de pollution des grands lacs nord-américains, hérité de l’activité industrielle. Les perches ont même disparu de l’écosystème du lac. Pourtant, certains restaurants de Milwaukee (Wisconsin) sont désormais en mesure d’en proposer des fraîches issues d’une ancienne usine… reconvertie en ferme.

À proximité de l’immense lac Michigan, une ferme urbaine s’est lancée en 2009 dans l’élevage de poissons et de légumes en aquaculture. Le lieu est improbable – une ancienne usine rachetée à un fabricant d’équipementier minier au sud du centre-ville – mais le potentiel de production est considérable. Entre ces quatre murs de béton, James Godsil est un homme heureux. « Nous avons reproduit une véritable zone humide », se félicite l’un des fondateurs de Sweet Water Organics, qui signifie « Eaux douces biologiques ».

L’ancienne usine est devenue un véritable écosystème en quasi autosuffisance. Poissons et plantes prospèrent côte à côte, ou plutôt les unes au dessus des autres. Sur près de 11.000 m2, des milliers de perches jaunes et de tilapias se reproduisent dans des cuves de 40.000 litres.

Viser l’autosuffisance
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