Les Mulliez : La famille en or de la grande distribution

Chaque semaine quelque six millions de Français font leurs achats dans les supermarchés Auchan. L’enseigne est la propriété de la famille Mulliez qui a bâti, en soixante ans, un véritable empire dans la distribution.

Outre Phildar, créé en 1943, Saint-Maclou, Kiabi, Décathlon, Midas, Leroy Merlin, ou encore Norauto font partie de la quarantaine de marques qui composent la galaxie Mulliez. Ces entreprises rapportent 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, en France, et 90 milliards d’euros dans le monde.

Durant plusieurs mois, un journaliste a tenté d’enquêter sur cette famille originaire de Roubaix, et qui fait de la discrétion un véritable mode de vie.

Partie 1:

Partie 2:
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L’entreprise et les femmes

Ce film nous plonge au cœur d’une formation au sein du groupe Auchan qui doit permettre aux femmes d’accéder à des postes à responsabilité, postes qui leurs sont encore trop souvent inaccessibles.

Isabelle Bonnet-Murray, la réalisatrice, a suivi pendant 9 mois un groupe de femmes qui ont participé à cette formation. Entre vie privée, vie professionnelle, machisme, préjugés et autocensure, le chemin est long pour réaliser ses ambitions quand on est une femme.

Gouvernement et députés sacralisent l’irresponsabilité des multinationales

Les grandes entreprises françaises ne seront pas soumises à un « devoir de vigilance » vis-à-vis de leurs sous-traitants. Cette proposition de loi issue d’une poignée de députés socialistes et écologistes sera, au mieux, vidée de son contenu, au pire jetée à la poubelle. Le projet de loi Macron obligeait de son côté les entreprises à être gérées « dans le respect de l’intérêt général économique, social et environnemental ».

Volontaires bénévoles nettoyant une plage après le naufrage de l’Erika en décembre 1999

Cette définition a disparu de la loi pendant que journalistes et lanceurs d’alertes sont criminalisés au nom du « secret des affaires ». Pourtant, l’opinion publique est largement favorable à une meilleure régulation des multinationales.

La Commission des lois de l’Assemblée a rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales porté par trois députés socialistes et écologistes. Le projet visait à combler un vide juridique en responsabilisant les sociétés-mères françaises quant aux atteintes graves aux droits humains occasionnées par leurs activités dans d’autres pays (lire notre entretien avec Dominique Potier, l’un des initiateurs du projet).

Désastre du Rana Plaza pour Auchan et Carrefour, naufrage de l’Erika ou pollutions pétrolières au Nigeria pour Total… autant d’exemples des difficultés à placer les multinationales françaises – et étrangères – face à leurs responsabilités lorsqu’un drame se produit, et à obtenir justice pour les victimes [1].
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Centres commerciaux : Des projets pharaoniques qui ne font pas l’unanimité

A 15 km au nord de Paris, entre les aéroports de Roissy, du Bourget et de l’autoroute la plus fréquentée d’Europe, la filiale immobilière du groupe Auchan veut bâtir le plus grand complexe commercial européen. Commerces, restaurants, salles de spectacles, ferme urbaine, piste de ski sur 80 hectares, le promoteur voit grand.

On viendra dans un lieu comme celui-ci pour se faire plaisir, et pas pour consommer“, assure le directeur général du Projet Europacity, refusant la comparaison avec les grands centres commerciaux des Etats-Unis ou de Dubaï.

Le projet ne plaît pas à tout le monde, notamment aux habitants de la région qui dénoncent la multiplication des centres commerciaux sur les terres agricoles, ou s’interrogent de leurs retombées et de leur rentabilité. Depuis dix ans, la fréquentation des centres commerciaux baisse chaque année de 1,4% en moyenne, et le chiffre d’affaires au mètre carré de 2%. Pour l’économiste et urbaniste Pascal Madry, les centres commerciaux ne sont autres qu’”un modèle qui décline, fragilisé”.

L’augmentation continuelle des loyers payés par les commerçants explique que les promoteurs continuent de construire ces complexes commerciaux. Les boutiques ne sont en revanche pas toujours occupées, les commerçants n’y trouvant pas nécessairement leur compte.

Europa-city : Le projet pharaonique d’Auchan dans le 93

Vu de loin, seuls quelques panneaux photovoltaïques et les loopings des montagnes russes dépassent des collines. A la sortie du métro, il faut descendre de larges escalators pour accéder à la rue commerçante à ciel ouvert, où se succèdent boutiques, grands magasins, restaurants,etc.

Le choix est vaste entre une séance de cirque, une baignade au parc aquatique, un tour à la ferme pédagogique avec les enfants ou une descente à skis. A moins que le visiteur ne préfère écouter un concert en plein air dans l’espace central, grand comme la place de la Bastille, avant d’aller se reposer dans l’un des dix hôtels du site…

Sommes-nous à Singapour, Las Vegas, Dubaï? Non, dans le Val-d’Oise, à 15km de Paris. Mais en 2025. A cette date doit se concrétiser l’un des projets immobiliers hexagonaux les plus fous de ces prochaines années: EuropaCity. Une ville dans la ville, située entre les aéroports du Bourget et de Roissy, dans le Triangle de Gonesse.

C’est là, dans l’une des zones les plus défavorisées de la région parisienne, qu’Immochan, la filiale de promotion immobilière du distributeur Auchan, rêve de faire sortir de terre son projet, dans le cadre du Grand Paris. Le terrain n’est aujourd’hui qu’un patchwork de terres agricoles.
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Embargo russe : Quel coût pour l’agroalimentaire français

Moscou a décidé d’interdire “totalement” l’importation de produits agricoles en provenance de l’Union européenne. La France, l’un des premiers producteurs mondiaux, sera donc affectée, mais jusqu’à quel point?

Le Kremlin s’impatiente. Mais quel sera impact réel pour l’agriculture française de l’embargo “total” confirmé ce jeudi par Moscou? Celui-ci porte sur une liste de produits agricoles en provenance de l’Union européenne(mais aussi des États-Unis, d’Australie, du Canada et de Norvège), mesure de rétorsion contre les sanctions imposées contre le pays en raison du conflit ukrainien, sans être indolore, aura un effet relativement limité. Du moins, comparé à l’ensemble des exportations agricoles françaises.

Les chiffres exacts concernant le total des échanges de produits agricoles entre la France et la Russie diffèrent presque du simple au double selon la source.

Entre 619 millions d’euros…

Problème: selon les sources, les données diffèrent. Ainsi, selon les Douanes françaises, en 2013, la France a exporté pour 619 millions d’euros de produits agroalimentaires vers la Russie. Soit 3% de plus que l’année précédente.

A titre de comparaison, l’excédent commercial total engrangé par la France grâce au secteur agroalimentaire a atteint 11,6 milliards d’euros l’an dernier (dont 3,7% pour les seuls produits agricoles qui ne tiennent pas compte des boissons).

Et 1 milliard

En outre, les ventes de produits agroalimentaires français à la Russie ne représentent “que” 8% du total de ses exportations vers ce pays, selon des chiffres de la Direction générale du Trésor. Laquelle précise que ce chiffre est probablement sous-évalué, les douanes russes estimant à environ 1 milliard d’euros les importations du pays de produits agroalimentaires en provenance de l’Hexagone. Il est ainsi précisé:

Outre le fait que les méthodes de calcul diffèrent d’un pays à l’autre, cette divergence est également due au fait que de nombreux produits agroalimentaires, notamment les vins et spiritueux, transitent par certains pays de l’UE sans que les douanes françaises ne connaissent la destination finale des marchandises.

La France, “cave à vin ” de la Russie
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Grande distribution : Promos, prix cassés, qui paie l’addition ?

Les sept grands groupes d’hypermarchés, des enseignes qui gèrent à elles seules environ 80% des achats alimentaires en France, se livrent une véritable guerre des prix. Et leur position dominante crée un déséquilibre en défaveur des fournisseurs. Dans les centrales d’achats, les négociations sont particulièrement rudes.

Pour être présents dans les rayons, les fournisseurs doivent reverser jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaires aux enseignes. Quant aux contrats commerciaux, ils sont truffés de clauses abusives. Les méthodes d’achat des hypermarchés ont ainsi des conséquences directes sur la qualité des produits que les consommateurs achètent ainsi que sur la survie du tissu agroalimentaire français. Car pour être plus compétitives que leurs concurrentes, certaines enseignes s’approvisionnent désormais à prix cassés en Pologne.

Réalisé par Rémi Delescluse (France5 – 2014)

(Merci à Grief_en_Rut)

États-Unis : Qui sont les fournisseurs de viande de cheval des supermarchés français

L’association L214 publie une vidéo dénonçant les conditions de transport et d’abattage, en Amérique, des chevaux destinés à l’alimentation humaine et exportés vers l’Europe. Elle met en ligne une vidéo dans laquelle on voit des chevaux malades ou blessés, malmenés, frappés à coups de bâton ou d’aiguillon électrique, gisant à terre dans les bétaillères, morts ou agonisants, piétinés par les autres animaux.

Cette enquête a été réalisée avec les associations Tierschutzbund ZürichAnimals Angels’ (USA), GAIA et Eyes on Animals, entre 2012 et 2014 aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en Uruguay et en Argentine, principaux pays fournisseurs de viande de cheval des supermarchés français.

En effet, en France, près de 60% de la viande chevaline provient du continent américain. Ainsi, en 2012, la France a importé environ 9000 tonnes de viande de cheval des Amériques, pour une valeur estimée à plus de 66 millions d’euros. Les principaux fournisseurs sont le Canada (4.100 t), la Belgique (2 091t), l’Argentine (1.742 t), le Mexique (1.776t) et l’Uruguay (1.730t).

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Pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France

En période de recul du pouvoir d’achat et de baisse de leur fréquentation, pourquoi ces temples de la consommation se multiplient-ils, malgré tout ? Quels profits en retirent leurs promoteurs ? Quels intérêts y trouvent les élus ? Enquête sur une nouvelle bulle spéculative.

Plus de 50 centres commerciaux sont actuellement en construction en France ! Le pays en compte déjà pourtant plus de 740. Et leur fréquentation est en baisse depuis 2008, tout comme leur chiffre d’affaires [1]. Qu’importe !

Il en pousse partout de nouveaux: Aéroville, l’Atoll, Europa City, So Ouest, My Place, Rives de l’Orne, Confluence… Les centres commerciaux ne connaissent pas la crise. La France est le pays d’Europe de l’Ouest où s’ouvrent le plus de ces mini-villes faites d’escalators et de galeries marchandes.

En région parisienne, des centaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales sont sorties de terre en quelques années. S’y ajoutent une vingtaine de rénovations ou d’extensions en cours sur tout le territoire [2]. Le rythme de création des implantations commerciales ne cesse de s’accélérer depuis dix ans.

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Supermarchés : Comment l’industrie alimentaire entretient l’illusion du libre choix

Le consommateur a-t-il vraiment le choix de ses achats dans les allées des hypermarchés ? Les rayons colorés proposent-ils réellement des centaines de yaourts, chocolats, plats préparés… différents ? Non, selon une étude (à télécharger ici) de l’ONG américaine Food and Water Watch, publiée le 5 décembre.

L’organisation a étudié 100 catégories de produits présents dans les supermarchés états-uniens. Et ses conclusions mettent en pièce le mythe du choix du consommateur. Derrière l’apparence de rayons remplis de produits diversifiés, les grandes surfaces proposent des aliments mis sur le marché par seulement une poignée de géants de l’agroalimentaire.

Pour un tiers des types de produits examinés, quatre compagnies ou moins contrôlent plus de 75% des parts de marchés.

Prenons l’exemple de la nourriture pour bébé : trois grandes entreprises contrôlent 90% des ventes ! Sur le secteur des céréales de petit-déjeuner, quatre entreprises (Kellogg’s, General Mills, PepsiCo et Post Foods) concentrent 80% des parts de marché, sous des dizaines de marques différentes. De même, 86% des ventes de bière sont réalisées aux États-Unis par quatre compagnies.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
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Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
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Histoire de l’urbanisme commercial en France (Partie 1)

Fleurons de l’industrie française, les groupes de la grande distribution ont pu bénéficier, et bénéficient encore aujourd’hui, de la bienveillance de l’État, malgré des lois restrictives (notamment en matière d’urbanisme et d’environnement): il en aurait pu être autrement pour expliquer un constat jugé “alarmant” par… l’Autorité de la concurrence.

Goulet Turpin, le premier libre service de France 6 juillet 1948

En France, 62 % du chiffre d’affaires du commerce se réalisent en périphérie, contre 25 % en centre-ville et 13 % dans les quartiers. Dans les cas extrêmes, la périphérie capte jusqu’à 80 % du marché [Source AdCF, 2012]. Le commerce périphérique étant, bien sûr, constitué quasi exclusivement, de parcs ou zones commerciales, de centres commerciaux, et d’hypermarchés. L’Allemagne présente une configuration qu’il est inutile de qualifier d’équilibrée : 33 % en périphérie, 33 % en centre-ville, 33 % dans les quartiers.

A Paris, l’on observe l’inquiétante domination des deux principaux groupes de la grande distribution, Casino et Carrefour ayant accaparé 80 % de la surface de distribution (70 % du marché), dont 62 % par les enseignes Casino (Monoprix, Franprix, Casino, etc.). Des cas identiques se produisent dans certaines villes de province.

La périphérie “saturée” (à 62 %) d’hypermarchés et de centres commerciaux, n’intéresse plus autant qu’auparavant les groupes de la grande distribution : à présent, il s’agit de s’attaquer aux centres-villes.
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Nord : Affaires de grandes familles

Au cours de la révolution industrielle, l’agglomération de Roubaix-Tourcoing devient l’un des premiers centres textiles du monde. Le patronat prospère et contrôle l’essentiel des pouvoirs économique et politique de la région. À travers les alliances de sang et d’affaires, ces industriels fondent des familles nombreuses : Dufour, Motte, Mulliez…

Avec la crise du textile, les empires familiaux s’effondrent. La famille Mulliez réussit sa reconversion en créant en 1961 la chaîne de magasins Auchan. Petit-fils d’une de ces grandes familles du Nord, le réalisateur va à la rencontre de trois générations de descendants pour questionner cet héritage.

Le modèle de la grande distribution entre en crise

La grande distribution révise sa stratégie commerciale pour redorer un blason terni par des chiffres en baisse.

Comment sortir de la crise par le haut ? Les grands distributeurs tentent de se relancer avec des stratégies contradictoires, axées sur trois piliers forts de leur métier.

Un résultat net en baisse de 69,8 % sur un an, un chiffre d’affaires en recul de 1,2 % : pour Carrefour, rien ne va plus. Les derniers résultats du second distributeur mondial (derrière Walmart) montrent les limites de la défaillance du marché historique du groupe, la France. Dans l’Hexagone, les hypermarchés patinent, masquant le dynamisme de certaines enseignes de proximité, dont la physionomie est en profonde mutation. Auchan est également à la peine au niveau du groupe, mais table plus que jamais sur le gigantisme de ses magasins pour séduire… et fait preuve d’audace. Quant à Géant, l’enseigne du groupe Casino, elle poursuit sa chute.

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Crédit conso: le problème de fond n’est pas abordé

Le gouvernement doit mettre “un holà au système” de crédit à la consommation, qui réserve bien souvent les taux d’intérêt les plus élevés aux gens les plus modestes. Malgré les avancées du projet de loi sur le crédit à la consommation, les Associations regrettent qu’il n’aille pas plus loin.

Les banquiers sont de nouveau dans la ligne de mire du gouvernement. Cette fois-ci, c’est le crédit revolving qui est pointé du doigt. Le gouvernement et le parlement veulent mieux l’encadrer et préparent un projet de loi pour le premier trimestre 2009. Le crédit “revolving” (en français, renouvelable) est un crédit à la consommation avec des taux d’intérêts variables et dont le remboursement du capital et des intérêt peut s’échelonner jusqu’à 4 à 5 ans. Ce type de crédit entraîne les ménages les moins solvables (avec des capacité de remboursement douteuses) dans une spirale d’endettement dangereuse. L’engrenage s’enclenche lorsque les ménages doivent contracter de nouveaux crédits pour rembourser les premiers: 82% des ménages passés en commission de surendettement détiennent des crédits renouvelables et en moyenne, ils ont 7 comptes ouverts.
Au total, selon le rapport Pour un développement du crédit responsable du crédit renouvelable en France, réalisé par le cabinet Athling Management, 9% des Français ont au moins un “revolving,” et souvent plusieurs, ce qui fait 43,2 millions de comptes actifs fin 2007, les trois quarts avec une carte de paiement.

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Dans une Europe en crise, la Pologne fait figure d’exception

Ils ont le sentiment de prendre leur revanche.

Eux qui n’ont rejoint l’Union européenne (UE) qu’en 2004, avec le profil bas du dernier de la classe, les voilà à présent sacrés “meilleur élève” de l’Europe ! De tous les pays de l’UE, la Pologne est le seul à pouvoir se targuer d’une croissance positive (+ 1,7%) en 2009.

Chaque trimestre, le premier ministre libéral, Donald Tusk, éprouve un malin plaisir à tenir une conférence de presse sur l’économie polonaise à la Bourse de Varsovie. Sous l’oeil des caméras, il se tient ostensiblement devant la carte de l’UE, toute de couleur rouge, à l’exception d’un îlot vert : la Pologne… Même au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), aucun pays ne peut se vanter d’avoir fait mieux.

Sur les raisons de cette bonne santé, aussi extraordinaire qu’inespérée, les analystes divergent.

Pour les uns, le pays a bénéficié d’une conjonction d’heureux facteurs, presque d’un “coup de chance”. Pour les autres, cet exploit est à mettre au crédit du gouvernement, qui, dès 2008, a su gérer la crise financière internationale “avec sang-froid”, en refusant le plan de relance massif “qui lui était conseillé de tous côtés”, et en réussissant “à donner confiance à la population”, comme le raconte, le ministre de l’économie, Waldemar Pawlak.

Une chose est sûre : même divisée par deux par rapport à l’année précédente, la consommation continue de doper la croissance du pays. Avec ses 38 millions d’habitants, la Pologne bénéficie en effet d’un vaste marché intérieur. Moins ouverte que ses voisins, moins dépendante de ses exportations, forte d’une économie diversifiée, elle n’a pas vécu comme un drame le ralentissement du commerce mondial.

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Bio : les hypermarchés se payent sur la bête

Bien trop cher, le bio en grandes surfaces !

Une enquête UFC-Que Choisir révèle que les produits biologiques vendus par les enseignes sous leur propre marque (marque de distributeur ou MDD) coûtent en moyenne 57% de plus que les MDD conventionnelles.

L’OPA des hypermarchés sur le bio

L’association fustige, exemples à l’appui, les marges «indécentes» réalisées par la grande distribution alimentaire sur ces aliments «verts». S’il est indéniable que produire bio revient plus cher, une autre partie de l’écart ne serait pas justifié. Les hypermarchés feraient donc leur beurre avec le bio. A vrai dire, ce n’est pas une surprise.

L’intérêt de la grande distribution pour l’alimentation issue de l’agriculture biologique commence au milieu des années 1990. A l’époque, on voit surgir les premières gammes bio vendues sous marque de distributeur. Celle de Carrefour date de 1997. Depuis, ce marché a connu une croissance phénoménale, de 10 à 25% par an pour approcher les 3 milliards d’euros actuellement. Et au profit de qui ?

D’après l’Agence Bio, la grande distribution s’octroierait désormais 42% des ventes, loin devant les magasins spécialisés (27%), comme Biocoop, Naturalia ou la Vie Claire. Avec leur force de frappe commerciale, les hypermarchés ont certes contribué à rendre les produits bio plus populaires. Mais ils ont aussi réussi à s’emparer d’un business florissant. Lire la suite

(10.10.2009)

► Népotisme ordinaire

Jean Sarkozy, 24 ans, étudiant en deuxième année de droit en 2009, est promu à la tête de l’Établissement public pour l’aménagement de la région de la Défense (CA aux alentours de 100 millions d’euros). L’EPAD se caractérise par une comptabilité particulièrement opaque et a été plusieurs fois rappelé à l’ordre par la Cour des Comptes et le Sénat. Contre-Info

► Hors automobile, la reprise reste fragile

La production industrielle a augmenté de 1,8% en France en août, un chiffre dû en grande partie à un seul secteur: l’automobile. La hausse d’août est due à un gain de 11,0% des matériels de transport, poste à l’intérieur duquel la production automobile a bondi de 18,2%. Mais l’Insee précise que ce chiffre est fragile car “la correction des variations saisonnières, toujours délicate en août, l’est particulièrement face à de fortes fluctuations de la production“. La production automobile, même en nette hausse, reste “à un niveau faible“. La production des usines automobiles est ainsi inférieure de plus d’un quart à sa moyenne de 2005. La statistique montre aussi que les biens d’équipement restent mal orientés.Les indications liées aux biens d’investissement reflètent les changements de tendance sur le cycle économique et elles ne montrent pas encore de signaux très robustes.Yahoo

► Non-respect du Smic : Auchan poursuivi par 1.600 salariés

Alors que les conventions garantissaient jusqu’en 1999 une rémunération au Smic pour 37 heures travaillées plus deux heures de pause, Auchan a «digéré» ces deux heures dans le temps de travail effectif en profitant de la complexité des dispositions liées au passage aux 35 heures. L’inspection du travail de Lille a confirmé l’infraction en 2004. Cette «tambouille machiavélique», pour laquelle d’autres enseignes de la grande distribution ont été condamnées a entraîné un manque à gagner de 3.000 à 4.000 euros pour chaque salarié concerné. Le Parisien

► Complémentaires santé : cotisations 2010 en hausse

Les mesures prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010, visant à contenir le déficit abyssal de l’Assurance maladie, vont entraîner une hausse des cotisations des mutuelles de l’ordre de 4 à 7 % l’année prochaine .
L’augmentation du forfait hospitalier (18 € contre 16 € actuellement) et le déremboursement de certains médicaments, notamment, vont alourdir la prise en charge des complémentaires. Boursorama