1 entreprise française sur 4 a subi une attaque

Cambriolage, pénétrations informatiques, déstabilisation des ressources humaines, guerre de l’information… le monde des affaires est devenu un véritable champ de bataille où tous les coups sont permis.

Jamais l’entreprise n’a été exposée à tant de risques et de menaces. Entretien avec Nicolas Moinet, co-auteur de “La Boîte à outils de la sécurité économique“.

La «tension psychologique insurrectionnelle»

Par Philippe Grasset

Honoré Daumier, "L'insurrection" (1860)

(…) Dans Notes sur l’impossible “révolution” du 24 septembre 2009, sur dedefensa.org, était exprimée la conviction que les mouvements d’insurrection et de révolte auxquels nous avons l’habitude de nous référer sont définitivement dépassés parce que totalement inefficaces, voire contreproductifs.

Pour diverses raisons exposées dans l’analyse, de tels mouvements sont condamnés par avance s’ils prétendent obtenir directement un résultat décisif correspondant au but d’insurrection de ceux qui l’initient. Pour moi, c’est un fait indiscutable, même si le mouvement parvient à un résultat tangible.

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Stuxnet n’est pas clair – Cyberguerre contre l’Iran ?

Étrange histoire que celle de Stuxnet, un logiciel informatique malveillant (un «cheval de Troie» ) qui agite beaucoup le monde de la cybersécurité. Repéré depuis juillet, ce virus pourrait bien présenter la particularité d’être le premier vrai outil de cybersabotage (une arme de cyberguerre ou de cyberterrorisme, si l’on préfère) capable de s’en prendre sérieusement à des infrastructures vitales.

La centrale nucléaire de Bushehr, en Iran

Résumons : le virus se propage par des clefs USB et profite d’une faille de Windows, il est nocif et sophistiqué, il aurait été repéré en Inde et en Indonésie, il s’en prend à des systèmes dits Scada (Supervisory Control and Data Acquisition)… Jusque-là, rien de très passionnant pour le non-spécialiste.

Jusqu’à ce qu’il tique en lisant deux informations : Stuxnet s’en prend à des systèmes qui programment des automates de chez Siemens et 60 % des vers repérés l’ont été sur le territoire iranien selon Symantec.

De là, certain ont commencé à déduire que Stuxnet, qui pourrait, par exemple, mettre en panne une centrifugeuse, serait une arme secrète destinée non pas à prélever des informations secrètes, mais à paralyser la centrale iranienne d’enrichissement de l’uranium à Bushehr. Même si Siemens (qui avait installé certains des systèmes iraniens) le dément, l’hypothèse d’une attaque informatique (gouvernementale ?) contre la nucléarisation de l’Iran commence à avoir beaucoup d’adeptes.

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Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent

Par Eberhard Hamer

Les USA traversent, non seulement en raison du rachat des dettes des banques par l’Etat, mais aussi de leur dette publique qui avait déjà énormément augmenté – leurs crédits à l’étranger leur coûtent 1 milliard de dollars par jour –, leur pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Si les flux financiers cessent, ou s’ils se détournent du dollar, les USA sont en faillite.

Pourtant, les USA ne font pas un effort d’économie suffisant pour réduire leur dette publique croissante. Ils n’augmentent pas les impôts pour accroître leurs recettes, ne tentent guère de rogner sur les budgets publics, surtout pas sur leur budget militaire, celui qui a le plus augmenté.

Il faut dire que les USA, en divers endroits du monde, ont engagé au total 200 000 soldats. C’est pourquoi personne n’a compris que le plus grand chef de guerre du monde ait reçu le Prix Nobel de la paix, bien qu’il ait renforcé ses troupes. Peut-être était-ce une mesure préventive, car la guerre en Iran dépend avant tout de lui.

Les exemples de chefs politiques qui, confrontés à un échec économique, ont choisi la guerre comme dernier recours pour se maintenir au pouvoir, abondent dans l’His­toire. C’est encore plus vrai lorsqu’un pays connaît des crises économiques successives et que la guerre semble le seul moyen d’en sortir.

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Contrefaçon d’actions à Wall Street : histoire d’une escroquerie monumentale

En 2008, de mystérieux spéculateurs ont inondé les marchés financiers d’énormes quantités d’actions de contrefaçon, ce qui a contribué à tuer Bear Stearns et Lehman Brothers. Le gouvernement américain ne se presse pas pour enquêter…

Cet article est la traduction résumée d’une longue et complète enquête de Matt Taibbi pour le compte de Rolling Stone, magazine dans lequel avait déjà paru un autre article retentissant du même auteur sur Goldman Sachs.

L’après-midi du 11 mars 2008, les actions de la vénérable banque d’investissement Bear Stearns s’échangeaient à 62,97 dollars. Mais l’établissement commença sa descente aux enfers dès le lendemain.

A la fin de la semaine, l’entreprise avait perdu la quasi-totalité de sa trésorerie et pendant le week-end, elle fut achevée par la FED et le Trésor US, forcée de se vendre à JPMorgan Chase (qui a utilisé 29 milliards de dollars d’aides publiques pour ce faire) au prix humiliant de… 2 dollars par action.

Quand Nostradamus joue en bourse…

Ce qui est remarquable, c’est que le 11 mars 2008, “quelqu’un” a fait l’un des paris les plus fous de l’histoire de Wall Street, investissant 1,7 millions de dollars dans une série d’options (produits financiers complexes) bien particulières : pour gagner, il fallait que Bear Stearns perde plus de la moitié de sa valeur en moins de neuf jours.

À ce moment là, il ne s’agissait pas d’un pari fou, mais d’une pure folie ! Aussi dingue qu’“acheter pour 1,7 millions de billets de loterie”.

Mais ce qui est encore plus fou, c’est que notre Nostradamus boursicoteur a gagné son pari… empochant 159 fois sa mise, soit environ 270 millions de dollars.

Réunion secrète à la FED Lire la suite

Troisième Guerre de l’opium

Certains critiques, particulièrement sarcastiques, affirment que la guerre en Afghani­stan est certes sans espoir, mais qu’elle protège pour le moins la culture du pavot [sur] l’Hindou Kouch. C’est ne voir cette culture que comme une conséquence de la guerre, alors qu’il apparaît clairement qu’il s’agit d’un des objectifs de guerre des Etats-Unis.

Carte par provinces, combinant risques pour la sécurité (plus la couleur est foncée, plus le risque est élevé) et culture du pavot à opium (en hectares). Source : ONU

93% de l’opium cultivé dans le monde, servant à la production de morphine et d’héroïne, viennent d’Afghanistan.

En 2007, il s’agissait de 8.200 tonnes, l’année suivante on en était à 8.300 ; la récolte de l’année dernière fut moindre, du fait d’une mauvaise récolte, il n’existe pas encore de données chiffrées.

Selon les Nations Unies, 95% de l’opium afghan sont transformés en héroïne, donnant ainsi 80 tonnes d’héroïne pure. Près de la moitié, soit plus de 35 tonnes, fut introduite en 2009 en Russie (selon des sources convergentes de l’ONU et de la police des stupéfiants russe). On peut supposer – car il n’existe pas de données concrètes – qu’une bonne partie est transportée plus loin, notamment dans les centres urbains de la Répu­blique populaire de Chine.

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La toile d’araignée de la dette européenne

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante. Ainsi, la vraie raison de l’attaque des marchés contre l’Espagne depuis hier est matérialisée par la grosse flèche rouge qui la relie au Portugal : les banques espagnoles détiennent la plus grosse part de la dette publique portugaise.

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Mais une autre évidence s’impose : contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains, notamment Dominique Strauss-Kahn, les grands pays ne sont en aucun cas à l’abri d’une contagion. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont même très gravement exposées, en particulier à la dette de l’Espagne. Que celle-ci tombe (avant ou après le Portugal), et c’est l’ensemble du système bancaire européen – et donc l’euro – qui s’effondre.

Olivier Demeulenaere

(Merci à Marie)

(23.10.2009)

  • Nouvelle attaque contre le bouclier fiscal à l’UMP

La commission des Finances de l’Assemblée n’a pas pu se prononcer mercredi sur le projet de budget de la Sécurité sociale, en raison de l’abstention d’une élue de l’UMP qui a débouché sur une égalité gauche-droite. La commission n’étant saisie que pour avis et non sur le fond, l’examen du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 n’est pas bloqué mais c’est un nouveau coup de semonce pour la majorité, d’où s’élèvent de plus en plus de voix contre la politique fiscale du gouvernement. Marie-Anne Montchamp, député UMP du Val-de-Marne, a décidé de s’abstenir après le rejet, mardi, de son amendement au projet de loi de finances (PLF) visant à exclure la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de l’assiette du bouclier fiscal qui limite la taxation à 50% des revenus. La semaine dernière, le Nouveau Centre et le président UMP de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann, avaient présenté en vain des amendements similaires pour assouplir ce “bouclier”. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont balayé ces tentatives, refusant catégoriquement toute modification de la mesure la plus emblématique du début du quinquennat. Marie-Anne Montchamp a justifié son geste mercredi par l’urgence de la situation. “C’est une invitation à ce que l’exécutif se saisisse de manière plus volontariste du problème des ressources de la Sécurité sociale”, a-t-elle expliqué à Reuters. “C’est un feu orange en disant ‘attention, j’insiste sur le fait que le gouvernement n’a pas pris la mesure des impérieux besoins de financement’”, a-t-elle ajouté. L’Express

  • Henri Guaino redoute un cycle inflationniste

Le conseiller spécial du président français Nicolas Sarkozy redoute que les déséquilibres américains se soldent par un cycle inflationniste. Pour alléger leur dette, les Américains “inondent le monde de liquidités” avec pour conséquence la dépréciation du dollar face à l’euro, a déclaré mardi Henri Guaino à des journalistes en marge d’une convention du parti majoritaire, l’UMP. “Historiquement, on n’est jamais sorti de telles situations que par l’inflation. On peut aussi en sortir par la déflation, simplement c’est douloureux politiquement, socialement”, a-t-il fait valoir. “Comment voulez-vous arrêter la dépréciation du dollar face à l’euro sinon en créant des euros ? La conséquence c’est que vous faites de l’inflation”, a ajouté Henri Guaino. Mais “si on perd la maîtrise de l’inflation et qu’il y de l’hyperinflation, c’est une catastrophe pour tout le monde”, a averti le conseiller de Nicolas Sarkozy. Reuters

(Merci à JoeLeTaxi)

  • Seules 37 % des entreprises françaises cotées ont une bonne gouvernance

Dans une étude publiée mercredi 21 octobre, conduite auprès des entreprises du CAC 40, du SBF 120 et de 160 capitalisations moyennes, la société de conseil Ernst & Young, associée au conseil en gouvernance France Proxy, indique que seulement 37 % des entreprises françaises cotées disposent d’un niveau de gouvernance satisfaisant (mise en place de comités spécialisés, nomination d’administrateurs indépendants etc.), 35 % obtenant un résultat très faible. Les pratiques sont meilleures dans les sociétés de plus grande taille qui, à plus de 80 % – contre 40 % pour les “valeurs moyennes” – disposent d’une solide “cartographie des risques”. Surtout, les leçons de la crise financière n’auraient pas été tirées. L’étude d’Ernst & Young souligne notamment le manque de transparence et le tabou des plans de succession dans les plus petites entreprises. Elle met également en lumière le manque de diversité des conseils et comités spécialisés (part d’étrangers inférieure à 20 % en moyenne), et la faible part des femmes (moins de 10 %). Par ailleurs, le montant des jetons de présence versés aux administrateurs pour les années 2007 et 2008 augmente (+ 4 % pour les sociétés du CAC 40). La moyenne des jetons accordés par l’ensemble des sociétés du CAC 40 s’élève à 55 000 euros pour 2008.
Le Monde

  • Décollecte de 1,69 milliard d’euros pour le Livret A et le LDD

Le Livret A et le livret de développement durable (LDD), anciennement Codevi, ont enregistré en septembre une décollecte de 1,69 milliard d’euros après l’accalmie observée en août dernier, annonce la Caisse des dépôts (CDC). Dans un communiqué, la CDC indique que sur les neuf premiers mois, la collecte sur les deux livrets d’épargne reste toutefois positive, à 17,31 milliards d’euros. Pour le mois de septembre, la décollecte du Livret A, dont la rémunération est tombée à 1,25% depuis le 1er août, s’élève à 880 millions d’euros. Elle est de 810 millions pour le livret de développement durable. Ouvert à la commercialisation dans l’ensemble des banques présentes en France depuis le 1er janvier 2009, le Livret a enregistré depuis le début de l’année quatre mois de décollecte en raison de la baisse de son taux d’intérêt depuis le mois de février liée au recul de l’inflation. Reuters