Périco Légasse : « Notre indépendance alimentaire est menacée »

La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsables de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu’aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l’intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu’il conduisait droit dans le mur, a entrainé l’agriculture française vers l’impasse.

S’il est un coupable à désigner en premier, c’est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s’enrichiraient.

S’il est un deuxième coupable, c’est la grande distribution, qui s’est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s’ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passer à l’époque ces deux entités qui se tapaient sur l’épaule pour de grands stratèges et l’agriculture française a cru à ce mensonge.
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Attali : « Nous sommes dans des sociétés suicidaires »

Jacques Attali, économiste et président du groupe Planet Finance, lance un manifeste de l’économie positive et organise un forum à ce sujet au Havre du 24 au 26 septembre. Cet événement qui rassemblera décideurs, ONG, chefs d’entreprises et citoyens engagés a pour but de replacer le long terme au cœur de la réflexion et de l’action dans nos sociétés.

Nous sommes dans des sociétés suicidaires qui creusent leurs tombes en permanence“, déplore cet ancien conseiller de François Mitterrand, assurant que les politiques économiques menées actuellement ne construisent pas l’avenir.

La “préférence pour le présent est tyrannique et suicidaire“, dit Attali. Il appelle les démocraties à “devenir positives et à intégrer le long-terme“.

Attali: “Il y a un risque de chômage massif et de stagflation en 2013″

Marjorie Paillon rencontre Jacques Attali, économiste, écrivain et conseiller d’État. L’an dernier, le Président de la République lui a commandé un rapport sur l’état de “l’économie positive et solidaire” dans le monde.

Dans son bureau de PlanetFinance, le réseau de microcrédit international qu’il préside, il fait part de ses prévisions pour 2013, revient sur le nobel de la paix attribué à l’Union Européenne, et sur la mission que lui a confiée le Président de la République sur l’économie positive.

“L’Europe c’est le continent de la Paix, du bien-être, du développement, de richesse après des siècles de barbarie. L’Europe doit encore se rassembler en une entité fédérale.”

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Une gouvernance mondiale

Par Franck Dedieu

Un conseil de gouvernement supranational exerce un contrôle démocratique sur l’économie, contrant la toute-puissance des marchés.

En théorie

Dans son Projet de paix perpétuelle, rédigé en 1795, le philosophe Emmanuel Kant imagine un Parlement mondial, seul capable, selon lui, de contrarier la nature belliqueuse et impériale des grandes nations. Aujourd’hui, d’autres intellectuels comme Edgar Morin, Dieter Heinrich et Jacques Attali poursuivent ce même rêve prométhéen pour se prémunir, non contre la tentation hégémonique des nations, mais contre la toute-puissance des marchés. Les multinationales et leurs lobbys procèdent à l’échelle planétaire, les politiques doivent donc dépasser le carcan national pour se mettre au même niveau et placer ainsi les intérêts privés sous contrôle démocratique. C’est la seule solution pour agir efficacement contre le chantage à l’emploi, la spéculation, les paradis fiscaux et les trafics en tout genre, qui, eux, se jouent allégrement des frontières.

En pratique

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Le Nomade attalien

Jean-Claude Michéa nous livre en quelques mots sa conception du libéralisme.

« Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins »

Jean-Jacques Rousseau

Claude Bébéar ne comprend pas la résistance des Français à la réforme des retraites

A 75 ans, Claude Bébéar (…) président d’honneur de l’assureur Axa – groupe qu’il a créé et dirigé – [et co-auteur de la Charte de la diversité en entreprise], figurait au sein de la commission Attali qui vient de remettre 25 recommandations pour doper la croissance. L’Institut Montaigne, le ” laboratoire d’idées “ qu’il préside, vient de publier un fascicule intitulé ” 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors “. Dans un entretien au Monde, il défend la retraite par point, conseille à Nicolas Sarkozy d’adopter un style moins agressif et demande aux entreprises de s’engager pour l’emploi des jeunes. Extraits.

Les fonds de pension américains ont perdu, en 10 ans, 60,7% de leur valeur. La retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7%. Source : http://www.lipperweb.com/

Les Français restent largement hostiles à la  réforme  des retraites. Comprenez-vous leur  résistance ?

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« L’économie c’est la guerre ! »

Résumé de l’intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la dernière Table Ronde de Terre & Peuple, la semaine passée.

Révolution de 1830 – Combat devant l’hôtel de ville
Huile sur toile de Jean-Victor Schnetz

Mon intervention portera sur des aspects sociaux et économiques de notre société, pour vous montrer combien la situation est tendue. Si on regarde au-delà des apparences, on verra que la situation est éminemment révolutionnaire.

Nous devons prendre garde, en nous focalisant sur l’immigration, de ne pas oublier le terrain économique, en nous coupant, du coup, de certaines réalités. Car l’immigration que nous vivons, nous a été imposée par les marchands ; il ne faut pas l’oublier. Tout ce que nous subissons découle de ce point de départ…

Nous portons au quotidien un regard très critique, sur la désinformation qui règne au sujet de l’immigration. Il nous faut porter le même regard critique sur les aspects sociaux et  économiques que nous présente le pouvoir.

Notre mission historique, nous devons nous en souvenir, c’est de libérer l’Europe, mais aussi de couper les autres liens qui nous enchaînent et qui ont été tissés par le libéralisme.

Je vais donc essayer de vous montrer qu’en empruntant le terrain social, nous pourrions ouvrir une autre voie, et conquérir d’autres âmes.

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Attali : Le système financier menacé de zombification

Non seulement la crise n’est pas finie, mais en plus de nouveaux nuages s’accumulent à l’horizon, avec notamment le scandale de la titrisation.

Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’un nouveau tsunami s’annonce à l’horizon : une nouvelle dépression mondiale est en train de se mettre en place. D’abord, celle déclenchée en 2007 par la crise des subprimes n’a jamais été réglée.

Et toutes les actions lancées depuis l’ont été en vain : la baisse des taux d’intérêt n’a pas fait repartir la croissance et n’a fait que nourrir des turpitudes nouvelles, rendant plus facile à supporter l’endettement public, et permettant de retarder les réformes de structures nécessaires.

Au total, les banques ont reconstitué leur fonds propres pendant que les contribuables sont de plus en plus endettés et les chômeurs de plus en plus nombreux, et sur des durées de plus en plus longues.

Contrairement au discours dominant, la crise actuelle n’est pas terminée.

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Attali : « Une nouvelle vague de crise arrive »

Pour Jacques Attali, un nouveau scandale américain pourrait replonger l’économie dans la crise.

La crise est loin d’être finie“, a estimé Jacques Attali, mercredi sur Europe 1. “Si la France ne réduit pas ses dépenses (…), la dette publique va augmenter dans des proportions qui atteindront celle de la Grèce et le chômage va continuer d’augmenter”, a insisté l’ancien sherpa de François Mitterrand.

Son rapport est vivement critiqué

La “commission pour la libération de la croissance française” qu’il préside a proposé vendredi au chef de l’Etat un programme sur dix ans pour réduire radicalement la dette publique et favoriser l’emploi, s’attirant de vives critiques.

Je trouve désagréable la manière dont on ment sur la manière de rendre compte de ce rapport, qui n’est pas un rapport sur l’austérité mais au contraire qui propose des moteurs de croissance “, a assuré Jacques Attali.

Une nouvelle crise est à prévoir

L’économiste estime par ailleurs qu’une nouvelle crise, est à prévoir, au niveau mondial. “Au Japon, aux États-Unis et en Europe, une crise extrêmement grave est en marche“, a-t-il martelé avant d’asséner : “aux États-Unis, une nouvelle vague de crise est en train d’arriver. Il y a un nouveau scandale sur la manière dont ont été comptabilisées les faillites immobilières. Et ce scandale va entraîner de nouvelles pertes bancaires. On parle de sept à huit cents milliards pour ce foreclosure-gate.”

Le foreclosure-gate (”scandale des saisies”) est un scandale venu tout droit des États-Unis.

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Débat Mélenchon-Attali

Le 11/06/10 Jean-Luc Mélenchon débattait avec Jacques Attali des raisons de la crise financière sur le plateau d’Arrêt-sur-images.

Vidéo extrêmement instructive quant aux “solutions” proposées pour sortir de la crise:

- une dette européenne au sein d’une Europe fédérale
- la guerre
- une monnaie mondiale
- la fin des départements (en France) et le développement des régions
- après le capitalisme, le socialisme, et ce, à l’échelon mondial (dixit Attali)

Gilles Bonafi

Les grands hedge funds américains spéculent sur une baisse de l’euro

Jusqu’où l’euro peut-il baisser ? Très loin, selon les paris que seraient en train de fomenter certains fonds spéculatifs anglo-saxons. Alors que la monnaie unique, fragilisée par la crise grecque, est passée de 1,51 dollar en décembre 2009, à moins 1,35 dollar en février, le Wall Street Journal indique, vendredi 26 février, que les plus grands et plus célèbres hedge funds se seraient réunis, en début de mois lors d’un dîner-débat à Manhattan, pour évoquer leur challenge : faire glisser l’euro jusqu’à un niveau de parité avec le dollar.

Pour ces acteurs anglo-saxons, l’euro a toutes les raisons de plonger. Les difficultés budgétaires de la Grèce, aujourd’hui menacée de défaut, s’apparentent à celle des banques américaines Bear Stearns, rachetée pour une bouchée de pain par JPMorgan en 2008, ou encore de Lehman Brothers, tombée à l’automne 2008.

Parmi eux figure le fonds de l’américano-hongrois George Soros, surnommé “l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre” après avoir, en 1992, spéculé à la baisse sur la livre sterling, provoquant l’exclusion de la monnaie britannique du Système monétaire européen (SME). A ses côtés, David Einhorn, président du fonds Greenlight Capital. Ce quadragénaire au visage d’ange s’était fait remarquer en France en 2008 en tant qu’actionnaire remuant de la banque en difficultés Natixis.

Jouant les Cassandre, M. Soros alerte, dans une tribune au Financial Times, le 22 février, que la zone euro “fera face à des défis plus grands que la Grèce“, soulignant les failles intrinsèques de l’union monétaire européenne. “La survie de la Grèce ne réglera pas la question de l’avenir de l’euro.”

Pour eux, “il y a beaucoup d’argent à se faire“, rapporte le Wall Street Journal. Ces spéculateurs emprunteraient jusqu’à 20 fois la mise nécessaire, afin de faire jouer un “effet de levier”. Une technique qui permet d’amplifier les gains comme les pertes. Si le pari est gagnant, 5 millions de dollars misés rapportent… 100 millions.

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Jacques Généreux : « vers le chaos économique et social »

Jacques Généreux enseigne à Sciences Po. Il a été membre du Parti Socialiste, s’est opposé au traité constitutionnel européen de 2005 avant de rejoindre le Parti de Gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon. Il a été tête de liste aux dernières européennes. Selon lui on va vers une véritable situation de «chaos économique et social

Jacques Généreux dénonce “l’esprit de Munich” qui a inspiré le sauvetage de l’économie européenne et grecque, on évoque principalement le sauvetage de l’euro qui a fait gagner presque 10 % aux bourses européennes lundi dernier, de la gouvernance économique de l’Europe et de ce qui reste à faire pour renouer avec une croissance qui ne vient pas. Jacques Généreux réagit par ailleurs aux propos d’Alain Minc sur les dépenses de santé des « vieux riches » tenue la semaine dernière.

(Merci à PL24, SPOILER, Father Mckenzie et quarantined)

Immigration : pourquoi le patronat en veut toujours plus

Parce que l’immigration permet de payer les salariés toujours moins. C’est ce que dit un rapport du très sérieux et très officiel Conseil d’analyse économique, intitulé «Immigration, qualifications et marché du travail.»

On se souvient du président Pompidou, avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France, à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable, à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés.

Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées, telles que les ingénieurs ou les informaticiens.

Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse, depuis plusieurs décennies, d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé « l’immigration choisie. »
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