Complémentaires santé : inégalités assurées ?

Une enquête dans l’univers souvent opaque des complémentaires de santé, mutuelles ou assureurs, un passage obligé pour qui veut, en France, prendre soin de soi.

A compter du 1er janvier 2016, la mutuelle santé sera généralisée à l’ensemble des 17 millions de salariés du privé. Depuis vingt ans, les organismes complémentaires – mutuelles ou assureurs -, ont tiré profit de l’augmentation des dépenses de santé et du désengagement de la Sécurité sociale dans de nombreux domaines – l’optique, le dentaire ou les médicaments.

Plus de 700 sociétés se partagent aujourd’hui le marché, et le chiffre d’affaires du secteur est passé à 31 milliards d’euros en 2013.

Comment choisir sa mutuelle ? Et quelles sont les pratiques de ces acteurs majeurs de la santé ? Les remboursements ne sont-ils pas souvent dérisoires au regard des cotisations, élevées ? Les contrats, illisibles, nuisent aux plus fragiles, comme les personnes âgées. Enquête et décryptage.

Enquête de santé – Ces très chères mutuelles (France 5 – 27/01/2015)

Peter Gotzsche : « Médicaments meurtriers et crime organisé »

Le Professeur Peter Gøtzsche, Directeur du Nordic Cochrane Centre est spécialiste de médecine interne. Il a travaillé pour l’industrie pharmaceutique entre 1975 et 1983 dans les domaines des études cliniques et de la réglementation publique. De 1984 à 1995 il a travaillé dans des hôpitaux de Copenhague. Il a été cofondateur de la Cochrane Collaboration en 1983. En 2010 il a été nommé Professeur de projets de recherche et d’analyse à l’Université de Copenhague.

Professeur Gøtzsche, depuis plus de trente ans, notre réseau se préoccupe tout spécialement de Bayer. Quelle est l’importance de l’industrie pharmaceutique allemande, par exemple comme lobbyiste ?

Toutes les grosses firmes pharmaceutiques pratiquent un lobbying intensif, également à l’échelon européen.

La firme Bayer doit répondre de nombreux scandales liés à l’industrie pharmaceutique, depuis l’héroïne jusqu’au Lipobay. Quelles expériences avez-vous faites avec cette entreprise ?

Comme toutes les autres grandes entreprises pharmaceutiques, Bayer a participé à la criminalité organisée : par exemple corruption de médecins, ou escroquerie vis-à-vis du programme d’assurance-maladie US Medicaid.

Durant la Deuxième guerre mondiale, Bayer a utilisé comme cobayes des détenus de camps de concentration. Une lettre datant de l’époque prouve que Bayer a acheté 150 femmes à Auschwitz pour 170 marks chacune. Bayer avait écrit au commandant du camp : « Les expériences ont été effectuées. Toutes les femmes sont mortes. Nous vous recontacterons rapidement par un prochain message. »

Les entreprises allemandes ont par exemple injecté des bactéries typhiques à des détenus des camps puis expérimenté sur eux divers médicaments.

Pourquoi comparez-vous l’industrie pharmaceutique au crime organisé ?

Parce que j’ai découvert que le système commercial des dix premières firmes pharmaceutiques inclut la criminalité organisée.

Dans les années 80 les médicaments de Bayer ont infecté des milliers d’hémophiles. Des documents internes prouvent que la direction de la firme était au courant des risques, mais a néanmoins continué à vendre ses produits. Est-ce un exemple de pratique criminelle ?
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Seuls les riches seront immortels

Vivre plus longtemps, en bonne santé… Et même, pourquoi pas, vivre pour toujours, dans un corps synthétique qui ne connaîtra ni la maladie, ni la décrépitude, ni la mort. Financés par des multinationales et des oligarques milliardaires, de nouveaux alchimistes poursuivent ce vieux rêve de l’humanité.

Mais cet âge d’or sera réservé aux riches et dessinera une nouvelle lutte des classes, prophétise le magazine Aeon. L’avenir se partagera entre ceux qui auront accès aux coûteux traitements médicamenteux, aux thérapies géniques, et les autres, pour lesquels la vieillesse sera de courte durée.

Cette lutte a d’ailleurs déjà commencé. Des scientifiques américains sont en train de mettre au point des pilules antiâge qui pourront ralentir le vieillissement, ainsi que des prothèses et des implants électromécaniques qui permettront d’augmenter les capacités humaines. Des innovations qui ne seront accessibles qu’à ceux qui en auront les moyens.

De nouveaux médicaments pourraient permettre aux riches de vivre cent vingt ans ou plus, et en bonne santé. Les pauvres, eux, pourront toujours en rêver. Dans de nombreux pays, la disparité est sidérante entre les revenus des plus fortunés et ceux du reste de la population. Ainsi, depuis 1975, 80 % de la hausse des revenus aux États-Unis s’est faite au profit de seulement 10 % de la population. La vie que peuvent s’offrir les heureux élus n’a rien à voir avec le sort réservé à tous les autres.
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Les “sans-dents” : Emblême de soins dentaires trop chers

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le “trait d’humour” attribué au président François Hollande par son ex-compagne Valérie Trierweiller n’a rien de très amusant une fois lâché dans l’arène du débat public.

Et pour cause, les difficultés d’accès aux soins dentaires pour de trop nombreux Français est une question particulièrement épineuse dans un pays qui se targue d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde.

En 2012, les soins dentaires arrivaient déjà en tête des types de renoncement à l’accès aux soins pour raisons financières selon l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES).
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Faute d’argent, un Français sur quatre renonce à se soigner

Selon une vaste enquête, plus d’un quart des Français ont renoncé à au moins un soin en 2012 pour des raisons financières.

Au pays de la santé pour tous, ces données laissent perplexe. Selon une enquête de l’Institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes) publiée ce vendredi,

plus d’un Français sur quatre (25,7%) a renoncé à un soin dans les douze derniers mois pour des raisons financières en 2012.

Et les chiffres sont à la hausse : en octobre, le baromètre santé d’Europ Assistance dénombrait, lui, un Français sur trois dans cette même situation une année plus tard.

Soins dentaires et optiques en tête

Pour cette édition, l’enquête portrait plus précisément sur la nature des soins concernés. Parents pauvres de la santé, l’optique et le dentaire sont les plus touchés. 18% des bénéficiaires de l’assurance maladie ont ainsi renoncé à des soins dentaires en raison de leur coût et 10% à des soins d’optique.
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Le mode de vie de la vraie classe moyenne est désormais réservé aux 20% les plus riches

« La vérité est douloureusement évidente. Seuls les 20% de gens les mieux payés peuvent s’offrir un style de vie de classe moyenne », écrit Charles Hugh Smith sur son blog. Les autres ne peuvent simplement pas se le permettre, ou ils ont besoin de l’aide de l’Etat pour maintenir leur train de vie.

Que la classe moyenne serait accessible à tous les foyers dans lesquels deux membres de la famille perçoivent des revenus, avec un patrimoine en hausse, c’est-à-dire la version des gouvernements, n’est plus vrai.

Pour s’en convaincre, il suffit de lister les différents éléments que conférait l’appartenance à la classe moyenne dans les années 1960 :

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Cinéma : « La santé dans l’assiette »

Ce documentaire examine le rapport entre alimentation et santé ainsi que l’hypothèse selon laquelle le renoncement aux produits d’origine animale et industriellement transformés permettrait de soigner – voire guérir, la quasi totalité des “maladies de société” qui frappent tous les pays occidentaux.

Aujourd’hui en France 15% de la population adulte est obèse. 60% de la population française a passé le seuil à partir duquel il ne faut plus grossir pour éviter l’obésité et les autres maladies de société. Au cours des 15 dernières années, l’obésité a augmenté de 75%. (obEpi-Roche 2009).

Les maladies cardiovasculaires, quant à elles, représentent la 2e cause de mortalité dans l’hexagone. Et chaque année plus de 15.000 pontages coronariens sont exécutés…

Le film suit, en guise de fil directeur, l’itinéraire personnel du Dr. Colin Campbell, biochimiste nutritionnel à l’Université Cornell, et du Dr. Caldwell Esselstyn, ancien chirurgien de renom à la célèbre Cleveland Clinic.

Complémentaire santé : pourquoi vos cotisations flambent

De quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon les garanties choisies, l’âge des souscripteurs et le nombre d’assurés, le coût des complémentaires santé est en train de devenir le premier poste d’assurance de nombreux ménages.

Selon le comparateur Assurland, le coût moyen s’élève à 650 euros par an et il n’a cessé d’augmenter ces dernières années, à un rythme bien supérieur à celui de l’inflation.

Selon l’indice des prix de ce comparateur, les factures se sont envolées de près de 40 % durant les huit dernières années. Même si la hausse a été plus mesurée début 2014 (3,2 %, contre une inflation de 0,8 %), la note devient très sévère.

Plusieurs phénomènes permettent d’expliquer cette dérive. Tout d’abord, les progrès médicaux qui reposent sur des techniques plus sophistiquées et donc plus onéreuses. Ajoutez-y le vieillissement de la population et les dépenses augmentent, et donc, par ricochet, les cotisations des complémentaires aussi.

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Trafic de faux papiers, usurpation : Les voleurs d’identité

En France, le trafic des faux papiers est devenu un véritable fléau qui coûte des milliards d’euros aux organismes sociaux comme la CAF et l’Assurance maladie.

Ils permettent à des personnes de travailler sur le sol français, mais aussi à des escrocs de gagner beaucoup d’argent en ouvrant des comptes bancaires et des crédits sous de faux noms… voire en usurpant l’identité de quelqu’un.

Enquête pour découvrir comment l’État lutte contre les faussaires et s’il existe des systèmes capables de mieux sécuriser les documents officiels.

Partie 1:

Partie 2:
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États-Unis : Comment l’Obamacare est en train de mettre la société à temps partiel

Aux États-Unis, la loi « Patient Protection and Affordable Care Act » , connue sous le nom d’Obamacare, a contribué à augmenter de façon importante le recours aux emplois à temps partiel, explique le Wall Street Journal.

“Inscription pour une recherche d’emploi”

En effet, cette loi oblige les employeurs de 50 salariés en équivalent temps plein ou plus de proposer une assurance santé abordable pour les salariés qui travaillent plus de 30 heures par semaine. Le coût de mise en conformité avec cette loi peut être très conséquent. En 2012, les primes annuelles d’assurance atteignaient en moyenne 5.615 dollars pour un seul employé, et 15.745 dollars pour une couverture familiale.

Ce mois-ci, le gouvernement a annoncé accorder des délais supplémentaires pour laisser plus de temps aux entreprises pour s’y adapter, tout en indiquant qu’il s’attendait à ce que les entreprises se mettent en règle pour 2014.

Depuis le mois d’avril, les restaurants et les bars américains ont créé 50.000 emplois par mois en moyenne, le double par rapport à l’année dernière.

L’industrie hôtelière a créé plus d’emplois que tout autre secteur. Mais un grand nombre de restaurants ont reconnu qu’ils avaient augmenté leurs effectifs en embauchant des salariés à temps partiel pour s’adapter à cette nouvelle façon de travailler avant que la loi n’entre pleinement en effet.

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Situation et perspectives des finances publiques 2013

La Cour des comptes présente, jeudi 27 juin 2013, son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques en application de l’article 58-3° de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). La Cour constate que la France a engagé depuis 2011 le redressement de ses déficits publics. Pour autant, seule une partie du chemin de redressement a été parcourue et, si l’atonie de la croissance doit être prise en compte, les efforts ne doivent pas être relâchés et doivent désormais se concentrer sur la dépense.

Le nécessaire rééquilibrage des comptes sociaux suppose des réformes infléchissant durablement l’évolution tendancielle des dépenses, en particulier des branches maladies et vieillesse.

La situation préoccupante des finances sociales et les perspectives sombres à court, moyen et long termes rappelées dans les chapitres 3 et 4 du rapport appellent de la part des pouvoirs publics des mesures énergiques.

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Santé au travail : « Nous sommes face à une forme de crime organisé »

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

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Faillite de la France : Mode d’emploi

Critique du livre de Simone Wapler, ” Pourquoi la France va faire faillite, et ce que vous devez faire pour vous en sortir“. (Editions Ixelles). Tous les livres qui annoncent la fin du Monde vous laissent avec vous-mêmes après qu’a été posé le mot “fin“. Ce n’est pas le cas de ce livre qui fournit au lecteur des idées et des conseils pour survivre.

Il y a les livres exaspérants.

On ne parle pas de ceux-là qui vous sont désagréables, qui blessent de fortes convictions, qui annoncent la catastrophe à venir, les révolutions au bout de l’année et le grand chambardement pour une année qui ne peut pas être heureuse : celle qui se termine par 13… tous livres de l’Apocalypse qui vous dénonce vous et votre milieu, pour n’avoir pas fait acte de contrition…

Ceux-là, font partie des potions nécessaires : livres à réveiller, à exciter, à rugir et à réagir. Ils sont utiles comme des médicaments.

Les livres exaspérants sont ces livres, bien documentés qui vous enferment dans une logique implacable. Ils vous prennent dans leurs filets (« rets » serait plus approprié) et, prisonnier, vous contraignent à vous regarder dans la glace et à considérer l’environnement dans lequel vous vivez. Ils vous disent : « voilà, cela fait plus de vingt ans que tout est mal parti. Cela fait plus de 20 ans que tout à mal continué. Ne vous étonnez que, plus de 20 ans après, tout arrive sens dessus dessous ».

Simone Wapler, décrit ainsi, que cela plaise ou non, l’état de la France. C’est sans concession. Ce n’était pas écrit, mais tous les gouvernements n’ont eu qu’une idée : créer les conditions de la faillite. Tout s’y est conjugué. Des déficits qui trahissaient l’incapacité de choisir, mal chronique de notre beau pays. Des taux d’imposition autorisant une administration massivement inefficace à vivre malgré tout. Des cohortes de fonctionnaires pour diriger une société dont ils ont toujours été les bénéficiaires, assis sur leurs privilèges et considérant avec dédain cette soif de pouvoir et d’argent qui meut le reste de la société, chefs d’entreprises en premier. Une cécité mentale qui conduit à choisir une monnaie dont on n’a pas les moyens. Un mental souverainiste borné qui ne se rend pas même compte d’abandons de pans entiers de la souveraineté entre les mains d’une autre bureaucratie à peu près aussi peu démocratique que la Française….

On s’interrompra ici, car la liste est longue. Les conséquences sont à peu prés toutes orientées dans le même sens : que la France demeure dans l’Euro en tête à tête avec l’Allemagne et quelques nordiques, que la France quitte l’Euro (au risque de se trouver la risée du monde entier), que l’Allemagne quitte l’Euro avec quelques nordiques… tout ceci revient au même : la France est condamnée à la faillite.

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Avec ces mains-là

Film de 1950 produit par USIS (United States Information Service). L’histoire du syndicalisme américain à travers la vie professionnelle d’un ouvrier tailleur. Ce documentaire de fiction se compose d’un long flash-back. Dans les années 50, un homme, Alexander Brody, vient s’inscrire au bureau des retraites.

C’est l’occasion pour lui de revenir sur son parcours qui épouse celui des luttes sociales aux États Unis : misère des ouvriers du début du siècle, grèves de 1910 et de 1926, la tragédie de la Triangle west company, le New Deal de Roosevelt et surtout la légalisation des syndicats et les conquêtes du syndicalisme : congés payés, assurance maladie, retraite.

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Sécurité sociale : La lente érosion des remboursements

Hausse du forfait hospitalier, déremboursements de médicaments, moindre remboursement des consultations médicales… Depuis quelques années, les gouvernements ont accumulé les mesures d’économies pour colmater le trou de la Sécurité sociale. Résultat, les Français ont été obligés de mettre un peu plus la main au porte-monnaie pour se soigner.

C’est à partir de 2005, véritable année de rupture, que la part des dépenses “de soins et biens médicaux“* restant à la charge des ménages a commencé à augmenter. Celle-ci est passée de 8,4 % à 9,4 % en 2009, selon la commission des comptes de la santé. Parallèlement, la part assumée par la Sécurité sociale de base, pourtant restée à peu près stable entre 1995 et 2005, a diminué : elle est passée de 77 % à 75,5 % en quatre ans. Une tendance en partie absorbée par les complémentaires santé (de 13, 2 à 13, 8 % en 2009). Mais pas totalement.

Ce phénomène devrait-il se confirmer alors que le gouvernement a dans ses cartons de nouvelles mesures pour limiter la progression des dépenses de santé à 2,5 % en 2011 ?

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Nouveaux pauvres américains

Et si on oubliait Wall Street et ses riches, pour parler des “nouveaux pauvres” ? Aux Etats-Unis, les médias, formules chocs à l’appui (”L’Amérique de l’ombre”, “Nos transparents voisins”…), se préoccupent de plus en plus de l’émergence d’une vaste pauvreté.

Pourcentage de pauvres aux USA (source : visualizingeconomics.com, août 2007). Cliquez sur la carte pour l'agrandir

Une récente étude du Centre du marché du travail de Northeastern University, constate que le décile inférieur de la population active, où le revenu familial n’excède pas les 12 500 dollars annuels, a connu au dernier trimestre 2009 un taux de chômage de 30,8 % – supérieur de 5 points au taux constaté au pic de la Grande Dépression, dans les années 1930. Le décile précédent, situé entre 12 500 et 20 000 dollars par an, enregistre un chômage de 19,1 %.

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Les caïds des cités bientôt frappés au portefeuille ?

Au palmarès de l’économie souterraine, les Hadjeras, de Tourcoing, décrochent la médaille d’or. Le père, la mère et les six fils, trafiquants notoires, tous condamnés, pointaient au RMI mais possédaient 95 comptes en banque, sur lesquels ils avaient déposé quelque 900 000 euros. Ils détenaient aussi onze appartements, 40 000 euros en bijoux. Même la grand-mère, pourtant décédée depuis dix ans, avait «placé» plus de 13 000 euros à la banque.

Des armes juridiques devraient permettre de les déposséder de leur patrimoine

Quand le commissaire Perez-Baquey, patron de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), évoque l’argent sale en banlieue, l’exemple de cette famille lui vient instantanément à l’esprit.
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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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Santé : la victoire coûteuse de Barack Obama

“Oui, ils ont fait l’histoire”, titre le Washington Post. Après des mois d’âpres négociations au Congrès, Barack Obama a remporté, dimanche 21 mars, une victoire législative majeure avec l’adoption d’une réforme historique de l’assurance-maladie. En portant personnellement cette réforme, M. Obama “a démontré qu’un président qui a un but, adopte un plan de bataille et s’y tient, n’est pas facile à mettre en défaut”, souligne le Los Angeles Times.

Obama au contribuable désargenté : "Je veux de l'argent pour ce tacot" (jeu de mot sur le nom de la prime à la casse automobile de 2009, l'ambulance représentant le projet de réforme)

La Chambre des représentants a approuvé par 219 voix contre 212 le texte adopté en décembre par le Sénat, alors qu’une majorité de 216 voix était nécessaire. “En bien des manières, cette bataille est la continuation des débats passionnés de la campagne de 2008″, souligne Mother Jones. Le Wall Street Journal, pour sa part, ne décolère pas du ralliement de l’élu du Michigan, Bart Stupak, connu pour ses positions anti-avortement, et qui aurait “vendu son âme à un exécutif édenté”. Au total, 34 démocrates ont voté contre le projet de loi avec 178 républicains, dont pas un n’a voté pour la réforme.

Sur dix ans, la réforme, d’un coût de 940 milliards de dollars (695 milliards d’euros), devrait aussi réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars (102 milliards d’euros), selon le bureau du Budget du Congrès. Le texte prévoit en effet une baisse des dépenses du programme d’assurance-maladie des personnes âgées (Medicare). Au total, le texte devrait permettre de garantir une couverture à 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus.

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Mutuelles santé : hausse de 5% des cotisations

De plus en plus de Français n’ont d’ores et déjà plus les moyens de cotiser à une complémentaire et renoncent à des soins primaires.

Les cotisations pour les mutuelles santé devraient augmenter de 5% en moyenne en 2010, pour tenir compte de la hausse des dépenses de santé et du budget de la Sécu, a indiqué lundi 28 décembre le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant.

Les complémentaires santé ne peuvent faire autrement qu’augmenter leurs prix, car elles supportent de plus en plus de charges,” a justifié le président de la Mutualité, qui représente la quasi totalité des mutuelles couvrant 38 millions de personnes en France.

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Flambée des coûts de santé

La santé coûte de plus en plus cher aux ménages. Le livre blanc sur l’avenir de l’assurance maladie du cabinet de conseils Jalma en apporte une flagrante démonstration. Selon ses chiffres, les coûts directs de santé dans le budget des ménages, hors cotisations sociales à l’assurance maladie, ont augmenté de 40% à 50% en moyenne entre 2001 et 2009. Et ce n’est pas fini.

Que recouvrent ces chiffres ? L’addition des cotisations à une complémentaire et le «reste à charge» pour les ménages, c’est-à-dire une fois les remboursements des mutuelles effectués. Nul n’y échappe. Quels que soient l’âge, la profession, l’origine géographique ou le type de complémentaire choisie, le coût de la santé augmente.

20% de la population consomme 46% des dépenses de santé et en 2015, 23% de la population en consommera 53%. Les seniors vont devenir la «première population assurable». Si le système solidaire recule, ils en seront les premières victimes.

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(26.10.2009)

► Réactions au “rebond” de la consommation en septembre

- Nicolas BOUZOU (Asterès): “Merci la prime à la casse !”
- Marc TOUATI (Global Equities): “La consommation reste sous perfusion publique et demeure par là même très fragile.”
- Alexander Law (Xerfi): “Le fond du problème demeure inchangé: même si les Français conservent une forte envie de consommer, les tensions sur leur pouvoir d’achat vont être de plus en plus fortes au cours des prochains mois. Ces derniers temps, l’absence d’inflation a été une bénédiction, mais cette situation ne perdurera pas. Surtout, la poursuite de la détérioration sur le marché du travail va avoir un triple effet négatif sur la consommation des ménages.” Boursorama

► Ce qu’Air France veut vous faire payer pour réaliser des économies

Outre un plan de 1.680 départs volontaires d’ici la mi-mai, Air France va mettre fin au “tout compris” en classe économique, sur le modèle des low cost pour tenter d’enrayer les effets de la crise (paiement pour l’enregistrement d’un bagage en soute, plateaux repas…) La Tribune

► Les feuilles de soins «papier» bientôt taxées

La Sécu veut pousser les médecins récalcitrants (1/4 des généralistes ne télétransmet pas régulièrement) à adopter la carte Vitale, moins coûteuse. Ainsi les parlementaires ont autorisé l’Assurance-maladie à appliquer aux professionnels de santé une pénalité par feuille de soins «papier», de l’ordre de quelques dizaines de centimes. La mesure doit entrer en vigueur en janvier prochain. Le Généraliste

► Renault patine en Inde

Le constructeur a du mal à vendre sa Logan, encore trop chère pour les classes moyennes indiennes. Un autre projet de voiture très bon marché – à 1.600 euros – prend du retard. Le Figaro

“La Sécu ? Tout le monde s’en fout !”

Oui, vous avez bien lu : tout le monde s’en fout.

C’est vrai qu’il y a plein d’autres soucis de par ce vaste monde. La montée du chômage, les JO à Rio, le drame de Milly, la conduite des fils de nos princes, Copenhague… C’est vrai aussi qu’il y a plein de milliards évaporés, dans les banques, dans le budget, dans les pays les plus pauvres de la planète.

Mais tout de même ! Un trou prévu de 45 milliards d’euros l’an prochain, dans une protection sociale dont nous autres Français sommes censés être fiers, devrait normalement provoquer le branle-bas. Car la protection sociale n’est pas une mission régalienne de l’Etat pour laquelle on pourra toujours matraquer le cochon de contribuable. C’est une assurance : assurance-maladi­e, assurance-chômage, assurance-vieillesse.

Et si un Etat peut afficher un déficit budgétaire année après année depuis trois décennies, auquel cas on l’appelle la France, une assurance qui est systématiquement en déficit ne peut pas survivre, on l’appelle une entreprise en faillite.

A l’inverse de l’Etat, elle n’investit pas. Son déficit vient seulement du fait qu’elle verse davantage de prestations qu’elle n’encaisse de primes. Comme elle ne dispose pas de citoyens corvéables à merci, elle n’a pas le droit à un déficit « structurel », contrairement ce que semblent croire les technocrates qui suivent le dossier. Et les cotisations affaiblies par la crise mettront beaucoup de temps à remonter, à l’inverse de certaines recettes de l’Etat comme l’impôt sur les sociétés. Logiquement, la Sécu est donc en danger de mort. Lire la suite

Déficit de la Sécu : les rustines de 2010

110 médicaments moins bien remboursés l’année prochaine. C’est l’une des mesures concrètes prises pour limiter le déficit de la Sécurité sociale. Malgré cela, il atteindra 30 milliards, contre 23 cette année. Pourquoi une glissade aussi vertigineuse ?

Le système est en train de s’étrangler. Les recettes s’effondrent. La Sécu est surtout alimentée par les cotisations des salariés. Or avec la crise, c’est une première, on voit la masse des salaires reculer fortement. La conséquence, sur deux années, c’est plus de 20 milliards de recettes perdues dans les caisses de la Sécurité sociale. En face de cela, les dépenses progressent de 3% par an, c’est-à-dire plus vite que les prix et les revenus : il y a de plus en plus de personnes âgées à soigner et les techniques médicales coûtent de plus en plus cher. Et on est sur une tendance longue.

Pour retrouver naturellement l’équilibre, il faudrait atteindre un niveau de croissance nettement supérieur à celui qu’on avait avant la crise. Autant rêver.

Pour traverser la crise, le gouvernement a décidé de laisser filer. Parce que les dépenses sociales, les allocations familiales, l’assurance maladie, les pensions de retraites, constituent de très bons amortisseurs. Cela soutient le budget des ménages, donc la consommation. C’est un choix. Quelques dépenses rognées, quelques taxes en plus. Cela ne réduit le déficit que pour une part infime : 10%.
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