La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

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A la veille d’une nouvelle crise financière…

Incroyable ! Sept ans après les subprimes, des bulles sont en train de se reformer. Et elles pourraient bien exploser ! Il suffit d’une étincelle, par exemple en Grèce avec sa sortie de l’Euro.

Le monde de la finance est vraiment incorrigible. Sept ans seulement après la crise des subprimes, qui a failli faire exploser le système bancaire international, voilà que resurgit la crainte d’un nouveau krach. «On est assis sur un baril de poudre, la question est simplement de savoir quel sera le détonateur», transpire l’économiste Marc Touati. «Nous nous trouvons dans une zone de risque proche de celle de 2008», confirme Christophe Nijdam, du centre d’expertise Finance Watch. En d’autres termes, la sortie de la Grèce de la zone euro ou la remontée un peu trop brutale des taux d’intérêt ou la simple défaillance d’une banque pourrait tous nous entraîner dans une terrible crise financière et dans une récession planétaire.

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La Crise nous fait un vrai festival…

par Philippe Béchade

Je ne sais pas si le palmarès du Festival de Cannes peut constituer aux yeux du monde entier un « avis de grand frais » sur la désintégration sociale qui affecte la France mais également beaucoup de pays aux alentours… il n’empêche que le couronnement de films qui traitent de « la crise » (chômage, déclassement, déracinement) et d’acteurs qui incarnent des victimes de « la crise » télescope le discours officiel qui ne cesse de marteler « le pire est derrière nous, la croissance repart », alors que c’est tout l’inverse qui est perçu par 70% de la population, et bon nombre de réalisateurs présents sur la Croisette.

La nuit tombe sur le festival de Cannes…

La nette percée de Podemos (gauche antilibérale) aux municipales le weekend dernier témoigne de cette même incrédulité populaire en Espagne face aux discours triomphalistes de l’équipe dirigeante qui revendique la paternité d’un pseudo renouveau économique, lequel tient essentiellement au franc succès des mesures d’incitation à l’achat d’un nouveau véhicule.

Les effets positifs sur les immatriculations sont spectaculaires, mais comme pour tout cadeau fiscal, le principe reste: c’est « l’état qui paye ».

Et l’état, c’est au bout du compte chaque espagnol -y compris ceux qui n’achètent pas de voiture- qui pourrait à terme supporter le coût de l’opération… à moins bien sûr que les futures recettes fiscales ne viennent compenser le déficit budgétaire qui se creuse aujourd’hui.

Pour en revenir à Cannes, jamais depuis sa création en 1939 (et son premier déroulement « normal » en 1946), le palmarès n’avait été aussi marqué par « la crise », alors que jamais les festivaliers n’ont été aussi riches (il n’y avait qu’à compter les yachts de plus de 30 mètre amarrés au large de la croisette ou à Monaco: plus aucun « anneau » disponible dans un rayon de 50Km autour du « Rocher »)… et rarement les fêtes n’ont été aussi somptueusement démesurées.

Voilà un nouvel exemple saisissant de télescopage de l’ultra richesse et du vaste monde exclu du miracle des « quantitative easing ».

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Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

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L’hypertrophie monétaire conduira-t-elle à un effondrement économique?

En dépit des réserves de l’Allemagne et contre toutes les bonnes pratiques des banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a finalement décidé d’appliquer un programme massif de rachat de dettes souveraines. Abandonnons un peu les chiffres et intéressons-nous aux principes et aux conséquences de long terme de cette décision.

Il n’y a aucune raison de penser que les pays, qui pour la grande majorité ne parviennent déjà pas à contrôler l’expansion de leur dette, y parviendront davantage demain. La question est maintenant la suivante : que se passera-t-il lorsque ces États seront en défaut de paiement ?

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Et si l’on se refaisait une crise financière?

De l’argent qui coule à flots tandis que la montagne de la dette grandit: la croissance mondiale dont la zone euro commence à bénéficier elle aussi ne repose-t-elle pas sur des bases très fragiles ?

Si l’on en croit le Fond monétaire international, la croissance mondiale devrait accélérer doucement pour passer de 3,3% en 2013 et 2014 à 3,5% cette année et à 3,7% en 2016.  La baisse du prix du pétrole explique une partie de ce regain de vigueur, mais l’essentiel vient de la politique extrêmement stimulante menée par les grandes banques centrales. Aux Etats-Unis, cela fait près de sept ans que la Réserve fédérale mène une politique de taux zéro et la croissance semble solidement établie à plus de 2,5% l’an.

Ne serait-il pas temps de revenir à une politique plus tempérée? Déjà, la banque centrale a arrêté ses injections massives de liquidités; elle s’apprête maintenant à remonter ses taux directeurs, mais elle avance avec beaucoup de précautions. Au point d’inquiéter des économistes qui craignent une action trop tardive. Ainsi que le rappelle Philippe Weber, responsable étude et stratégie de CPR AM«il faut entre six et huit trimestres pour qu’une hausse des taux fasse de l’effet». Mieux vaudrait donc ne pas trop attendre.

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Zone euro : 2017 sera une année catastrophique (Natixis)

Dans une étude publiée le 17 mars dernier, le groupe bancaire, né de la fusion des groupes Caisse d’Épargne et Banque populaire, fait part de son pessimisme à moyen terme. Le pôle de recherche économique de Natixis craint en effet que plusieurs facteurs qui se cumulent conduisent à ce que 2017 soit une très mauvaise année pour la zone euro.

• Le rééquilibrage du marché du pétrole après la baisse du prix du pétrole en 2014 devrait conduire à une remontée de ce prix, d’où une perte de demande et de croissance, et le retour de l’inflation à un niveau voisin de l’objectif de la BCE

• La BCE devrait donc arrêter le Quantitative Easing, d’où remontée des taux d’intérêt à long terme, normalisation des primes de risque, ré-appréciation de l’euro; en conséquence des difficultés pour les investisseurs (qui ont accumulé des actifs avec des rendements et des primes de risque faibles); des difficultés pour les emprunteurs publics et privés, un recul de la demande;

• Dans certains pays (France, Espagne, Italie), la nécessité de réaliser un ajustement budgétaire important dans un environnement plus défavorable: croissance plus faible, taux d’intérêt plus élevés.
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États-Unis : La Fed sous le feu des critiques

La Réserve fédérale fait actuellement l’objet des plus vives attaques. Il est probable que les deux chambres du Congrès promulguent bientôt plusieurs lois consistant à soumettre la Banque centrale américaine à un « audit » de la part du Bureau de responsabilité gouvernementale des États-Unis. Une législation destinée à encadrer la fixation des taux d’intérêt de la Fed selon une formule prédéterminée est également envisagée.

Quiconque n’entreverrait pas ce feu imminent n’a qu’à songer à l’accueil récemment réservé à la présidente de la Fed Janet Yellen au Capitol Hill, qui a consisté pour les membres du Congrès à reprocher à Yellen d’avoir rencontré en privé le président et le Secrétaire du Trésor, ainsi qu’à l’accuser de s’être ingérée dans des questions étrangères à la politique monétaire.

D’autres encore, comme Richard Fisher, président sortant de la Fed de Dallas, l’ont invectivée autour du rôle particulier de la banque de la Réserve fédérale de New York. Aspect illustratif des lourdes responsabilités réglementaires de la Fed de New York, et lié à la proximité de celle-ci auprès du plus haut lieu de la finance mondiale, son président dispose d’un siège permanent au sein du Comité fédéral du marché ouvert, organe fixant le taux d’intérêt de référence de la Fed.

Les détracteurs de Yellen font valoir que cette situation reviendrait à privilégier Wall Street dans le fonctionnement du système de la Réserve fédérale. Enfin, certains s’opposent au fait que des banquiers dominent les conseils d’administration des banques régionales de la Réserve fédérale, faisant valoir que ceci reviendrait à charger les renards de surveiller le poulailler.

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Qu’est-ce que l’assouplissement quantitatif ?

L’assouplissement quantitatif (ou “Quantitative Easing”) est une mesure exceptionnelle qui marque une rupture historique dans la politique monétaire européenne. Mais de quoi s’agit-il ? Quel pari est pris par la BCE ?

Olivier Delamarche invité de Radio Courtoisie : 2015 sera-t-elle une année de crise financière ?

Dans son Libre journal de la crise du 14/01/2015, Laurent Artur du Plessis, assisté de Bernard de Fabrègue, recevait Olivier Delamarche, président-fondateur de la société de gestion de portefeuille Platinium gestion, fondateur des Econoclastes, sur le thème : « 2015 sera-t-elle une année de crise financière ? »

Radio Courtoisie (14/01/15)

Faut-il craindre l’effondrement du système bancaire mondial ?

Depuis la crise des subprimes en 2008 et le renflouement des larges banques par la réserve fédérale (FED), rien ne permet d’affirmer que la situation économique mondiale a été assainie. Tout au contraire, un ensemble d’indicateurs laissent penser que le monde bancaire est au bord de l’abîme, « the edge of chaos» selon l’expression du spécialiste des systèmes Christopher Langton[1].

Certains se veulent rassurants, cependant que la chute des cours du brut fait craindre un choc pétrolier à l’envers qui mettrait en faillite une section importante du secteur énergétique, celle du « fracking » ainsi que les états américains dépendant de ses revenus[2]. D’autres, Steve Forbes et Elizabeth Ames en tête, mettent en garde contre l’effondrement du système économique mondial et suggèrent un retour au Gold Standard[3]. Y’a-t-il des raisons de faire confiance aux uns plutôt qu’aux autres ?

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Comment la Grèce pourrait quitter la zone euro

Par Antonio Fatás

C’est un mois de janvier très important qui se profile pour la zone euro. Le 22 janvier, la BCE va se réunir et elle va soit annoncer une mesure telle que l’assouplissement quantitatif, comme beaucoup s’y attendent désormais, soit elle va décevoir les marchés en déclarant de nouveau qu’il faut attendre d’avoir des données supplémentaires et voir les effets de ce qui a déjà été fait.

Le 25 janvier, soit trois jours après, les élections en Grèce vont décider si un parti qui s’affirme fortement anti-austérité et qui propose un effacement (haircut) de sa dette publique prendra le pouvoir en zone euro.

Pas de doute que l’issue de ces deux développements va déterminer l’évolution de l’économie de la zone euro au cours des prochaines années, mais il est possible qu’elle détermine aussi le destin même de la zone euro (…).

La rumeur a commencé à se répandre dans la presse que les Allemands ne vont pas négocier avec Syriza et qu’ils sont prêts à laisser la Grèce quitter la zone euro. Nous avons déjà vu ça avant et nous en connaissons les conséquences : en 2011 et en 2012, lorsque la crainte de voir la Grèce sortir la zone euro fut à son maximum (et qu’il était alors probable que Syriza obtienne déjà une victoire aux élections), la contagion aux autres pays, en particulier à l’Italie et à l’Espagne, forcèrent les Allemands (et la BCE) à venir à la rescousse.
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Les « hedge funds » impatients d’en finir avec l’assouplissement quantitatif

Critiques à l’égard de la politique de la Réserve fédérale, les fonds ont pourtant largement profité de ses largesses.

Image extraite de l’album d’Hergé : “Les aventures de Tintin” – “L’ILE NOIRE”

L’assouplissement quantitatif ou « QE » fait progresser les performances des actifs de manière uniforme, d’après une logique binaire, selon que le fameux interrupteur des risques (« risk on/risk off ») est allumé ou non. Tous les marchés montent indifféremment quand il est enclenché, et inversement. Dans le cadre de ses opérations de soutien, quand la Fed achetait des obligations d’Etat, ce sont notamment les « hedge funds » qui les lui vendaient, d’après une étude (1) Avec cet argent, les fonds ont acheté des obligations d’entreprises ou municipales, des prêts… En clair, c’est la Fed qui a financé la prise de risque des fonds alternatifs pour la bonne cause…

Pourtant les fonds alternatifs sont loin de lui être reconnaissants, comme en témoigne la levée de boucliers qui n’a cessé d’accompagner ses différentes opérations de soutien. Les « hedge funds » reprochent à la Fed d’avoir annihilé la volatilité des marchés. Ils n’ont d’ailleurs cessé de parier sur son déclin jusqu’à aujourd’hui, le signe qu’ils voient enfin poindre la fin de la politique non conventionnelle de l’institution. De quoi, espèrent-ils, retrouver les « marchés d’antan », plus volatils et moins corrélés entre eux que durant la mainmise de la Fed sur la liquidité mondiale.

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Et si la BCE avait déjà échoué ?

La Banque centrale européenne se démène pour éviter la déflation. Mais son action risque d’être peu efficace. Par Marc Berry, consultant

Il y avait dans l’étalage de mesures annoncées par la BCE le 4 septembre, quelque chose de précipité, de l’ordre de l’urgence. Face aux questions des journalistes, le discours de Mario Draghi manque de cohérence, fuit les précisions et paraît même parfois gêné. La multiplication – pour ne pas dire l’amoncellement – des outils de refinancement semble trahir un certain désarroi de la part de la BCE.

Toutes les options sont désormais sur la table. Et même si le banquier central continue de brandir la menace d’un ” fantomatique ” QE (de dettes souveraines), on peut s’interroger sur la pertinence des mesures voulues par la BCE. En apparence, la banque centrale est dans son rôle : active, volontaire, impassible et sûre d’elle. Mais passé les premiers effets d’annonce, on comprend vite que ses actions n’auront qu’une portée limitée. Explications.

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La triple ambition du Japon

Deux mois après avoir remanié son gouvernement, le premier ministre japonais Abe Shinzo doit faire face à deux démissions, survenues le 20 octobre 2014. Symbole de ses difficultés à engager son pays sur les nouvelles voies promises.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, M. Abe dispose de moyens politiques, fort des succès électoraux à la chambre des députés (décembre 2012) et au Sénat (juillet 2013) du Parti libéral démocrate (PLD, le Jimintô, droite conservatrice), qu’il dirigeait. Il a détrôné le Parti démocrate du Japon (PDJ, le Minshutô, centre gauche) qui avait interrompu en 2009, pour trois ans, la domination presque continue du PLD depuis 1955.

En son temps, le PDJ avait promis de s’engager sur des chemins économiques et sociaux menant vers un Etat-providence. M. Abe a résolument tourné le dos à cette option qui fut peu suivie d’effets ; il a tout autant abandonné le projet de s’éloigner aussi vite que possible de l’énergie nucléaire, projet conçu dans l’urgence par son prédécesseur après le désastre de Fukushima, le 11 mars 2011 [1]. En fait, il veut poursuivre ce qu’il avait commencé en 2007 quand il fut (déjà) premier ministre : construire à nouveau un « beau Japon » [2] retrouvant la fierté nationale et jouant pleinement son rôle dans le maintien de la sécurité mondiale.

L’objectif est en rupture, non seulement avec les options de l’intermède du PDJ, mais aussi avec les positions arrêtées depuis l’après-guerre. Pour M. Abe, il s’agit de s’affranchir de ce qu’il considère comme une entrave à l’épanouissement du pays. Il veut donc disposer d’une puissante armée capable d’intervention à l’extérieur « en faveur du maintien de la paix » et participer à « la défense des alliés qui seraient attaqués ». Autrement dit, ne pas limiter les forces d’autodéfense japonaises et ne pas les restreindre à la seule protection du territoire. Il est prêt, si nécessaire, à modifier la Constitution et en particulier son article 9, une triste conséquence, selon lui, de la défaite du Japon en 1945.

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“La bonne nouvelle est que le peuple est en train de se réveiller”

Une autre politique climatique peut-elle sauver l’Europe ? La croissance va-t-elle revenir ? Un nouveau mouvement politique peut-il remplacer un PS en effondrement moral ? Rencontre avec Pierre Larrouturou, après José Bové, Corinne Lepage, et Jean-Luc Mélenchon.

Reporterre – Comment interprétez-vous le désamour des Français à l’égard de l’Europe ?

Pierre Larrouturou - Pendant trente ans, l’Europe était un espace de coopération et de justice sociale. Et puis il y a eu un tournant, qu’on a appelé la révolution néo-libérale les débuts des années 1980. Depuis trente ans, au lieu d’avoir une coopération et une justice sociale, la concurrence a été érigée comme un dogme fondamental au-dessus de tout le reste. Cela amène une précarité terrible, à la violence sociale, à la violence contre la planète. L’Europe n’est plus fidèle aux valeurs des pères fondateurs.

En quoi est-elle différente de la conception originelle ?

La première volonté était de mettre le charbon et l’acier en dehors des mains des capitalistes et de faire une union politique en commençant par des choses concrètes. il y avait des règles sur le charbon et l’acier, sur le salaire minimum, sur le fonctionnement économique. Et quand un pays dévaluait sa monnaie, il y avait un montant compensatoire agricole qui évitait qu’il y ait un avantage compétitif lié à cette dévaluation.

Aujourd’hui, le traité transatlantique dont François Hollande veut accélérer la négociation est le contraire des valeurs de ceux qui ont créé l’Union européenne.

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Japon : Déficit commercial record en 2013

Le Japon a enregistré en 2013 un déficit commercial record de plus de 80 milliards d’euros, une mauvaise nouvelle pour le Premier ministre conservateur, Shinzo Abe, dont la politique de relance a fait plonger le yen et flamber la facture énergétique.

Le déséquilibre de la balance commerciale de la troisième puissance économique mondiale s’est élevé à 11.475 milliards de yens (82 milliards d’euros au taux de change actuel), a annoncé lundi le gouvernement.

Il a augmenté de 65% par rapport à celui de 2012 qui constituait le précédent record pour un pays autrefois habitué aux excédents commerciaux portés par ses puissants secteurs exportateurs (automobile, électronique grand public, machinerie…).

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États-Unis : Réflexion sur une pseudo croissance non créatrice d’emplois

Hervé de Carmoy, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Olivier Berruyer proposent une analyse très intéressante sur la situation économique actuelle suivie d’une analyse approfondie du système politique et économique, en croisant leurs expériences.

Philippe Béchade: États-Unis, les mobil-home poussent comme du gazon

Le 21 août, Philippe Béchade, rédacteur en chef à la chronique Agora s’est intéressé à l’économie américaine: l’emploi, l’immobilier, le pouvoir d’achat… dans l’émission Intégrale Placements, présentée par Guillaume Sommerer, sur BFM Business.

Gare au prochain tsunami financier

“Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard”, affirmait le général MacArthur. Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ?

Officiellement, il y a eu 40 000 chômeurs supplémentaires en France en avril. Mais le ministère indique qu’en un mois, il y a eu 534 000 nouveaux inscrits à Pôle emploi. Si le chômage augmente de 40 000 personnes “seulement” c’est que, dans le même temps, 494 000 personnes quittaient les fichiers de Pôle emploi. “Presque la moitié ont repris un emploi”, indique le ministère. On en conclut qu’une moitié n’en a pas retrouvé : certains sont en stage, d’autres ont des problèmes administratifs mais, chaque mois, 80 000 ou 100 000 personnes arrivent en fin de droit.

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Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Nicolas Doze : La FED songerait à débrancher prochainement

Le 17 mai, Nicolas Doze est revenu sur les propos du patron de la FED de San Francisco qui envisage de “débrancher plus tôt que prévu”, sur BFM Business.

Les américains sont dans une phase où l’on va faire une exit strategy. C’est compliqué parce que l’on ne maîtrise pas tout. En 1994 Greenspan décide de débrancher. 25 points de base de hausse de taux. Et tout à coup les taux américains et les taux longs commencent à repartir vers le haut et l’on se dirige vers une forme de Krach obligataire.

États-Unis : Les pièges qui attendent la Fed quand les taux remonteront

Par Nouriel Roubini

Il est peut-être trop tôt pour dire si de nombreux actifs risqués ont atteint des niveaux de bulle, et si les niveaux d’endettement et de prise de risque sur les marchés financiers sont devenus excessifs. Néanmoins, il est probable que des bulles du crédit et des actifs / actions se forment dans les deux ans à venir, en raison de la politique monétaire américaine accommodante.

La faiblesse persistante de l’économie américaine – où le désendettement des secteurs public et privé se poursuit – a conduit à un chômage obstinément élevé et une croissance inférieure à la normale. Les effets de l’austérité budgétaire – une forte hausse des impôts et une forte baisse des dépenses publiques depuis le début de l’année – minent encore plus les performances économiques.

En effet, des données récentes ont imposé le silence à certains responsables de la Réserve fédérale, qui avaient laissé sous-entendre que la Fed pourrait commencer à sortir du troisième cycle d’assouplissement quantitatif (QE3) qui est actuellement en cours (pour une durée indéterminée). Compte tenu de la faible croissance, du taux de chômage élevé (qui a diminué seulement parce que les travailleurs découragés sont en train de quitter la population active) et d’une inflation largement inférieure à l’objectif de la Fed, ce n’est pas le moment de commencer à contraindre la liquidité.

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Jean Claude Werrebrouck sur Radio Ici et Maintenant

Jean Claude Werrebrouck était l’invité de Lisandre sur la radio Ici et Maintenant afin d’évoquer son livre Banques Centrales : Independance Ou Soumission ? A l’occasion de cet entretien Jean-Claude Werrebrouck s’exprime sur la monnaie, la dette publique, les banques centrales, sur le pourquoi et comment la dette publique est volontairement maintenue et non pas combattue, sur pourquoi les banques centrales financent le système bancaire et pas directement les états, sur la planche à billets (et singulièrement sur le cas à part de la planche à billets américaine) et sur le cas du Japon.

George Soros : “Le yen risque de s’effondrer”

Le célèbre milliardaire et financier américain George Soros et le gestionnaire du fonds PIMCO Bill Gross mettent en garde contre la politique mise en œuvre par la Banque centrale du Japon (BOJ) afin de contenir l’inflation, qui risque de provoquer l’effondrement de la devise nippone, le yen.

“Si le yen commence à s’affaiblir, et c’est ce que nous observons, les gens qui investissent au Japon voudront retirer leurs fonds à l’étranger. Dans ce contexte, la baisse du yen pourrait déboucher sur son effondrement”,

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Roubini : 10 questions sur l’assouplissement quantitatif

La plupart des observateurs considèrent que les politiques monétaires non conventionnelles telles que l’assouplissement quantitatif (quantitative easing, ou QE, en anglais) sont nécessaires pour relancer la croissance dans les économies qui sont aujourd’hui anémiques. Toutefois, de plus en plus de questions ont également commencé à se faire entendre à propos de l’efficacité et des risques du QE. En particulier, dix coûts potentiels associés à ces politiques méritent l’attention.

Premièrement, bien qu’une réponse purement ” autrichienne ” (c’est à dire, l’austérité) en vue de faire éclater les bulles d’actifs et du crédit puisse conduire à une dépression, les politiques de QE qui retardent trop longtemps le processus nécessaire du désendettement des secteurs privé et public peuvent créer une armée de zombies : des institutions financières zombies, des ménages et des entreprises zombies et, finalement, des gouvernements zombies. Dès lors, quelque part entre les deux extrêmes autrichien et keynésien, les mesures de QE doivent être progressivement éliminées au fil du temps.

Deuxièmement, un QE à répétition peut devenir inefficace avec le temps, lorsque les canaux de transmission vers l’activité économique réelle commencent à se boucher. Le canal des obligations ne fonctionne pas lorsque les rendements obligataires sont déjà bas ; le canal du crédit ne fonctionne pas lorsque les banques stockent de la liquidité et la vélocité pique du nez. En effet, ceux qui peuvent emprunter (les entreprises et ménages disposant d’un rating de premier ordre) ne veulent pas ou n’ont pas besoin de crédit, tandis que ceux qui en ont besoin – les entreprises fortement endettées et les ménages avec un moins bon historique de crédit – n’y ont pas accès en raison de la crise du crédit.

Le jour où la banque centrale américaine cassera sa planche à billets

Beaucoup en Europe rêvent de voir la BCE emboîter le pas à la Fed. Mais le déversement de dollars sur l’économie américaine est pour le moins risqué.

La Banque centrale européenne (BCE) est restée fidèle à elle-même. Malgré une croissance négative de 0,6 % au quatrième trimestre 2012, l’institution de Francfort a une nouvelle fois repoussé, l’abaissement de son principal taux directeur fixé à 0,75 %. Une attitude qui ne devrait pas plaire à Arnaud Montebourg : le ministre français du Redressement productif avait dénoncé dimanche une BCE “remarquablement inactive” pour lutter contre la récession et l’envolée du chômage.

Il est vrai que la politique monétaire européenne contraste fortement avec celle de la Banque centrale américaine. Depuis le début de la crise financière, la Fed n’a pas hésité à faire marcher la planche à billets, via les désormais célèbres programmes de “quantitative easing”. Non contente de ramener ses taux d’intérêt à zéro, elle a massivement financé la dette du pays en absorbant dans son bilan plus de 1 700 milliards d’obligations du Trésor, soit l’équivalent de la quasi-totalité de la dette française !

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Royaume-Uni : austérité inefficace et croissance revue à la baisse

par Charles Sannat

Vous le savez, j’adore nos amis anglais, c’est une vieille tradition entre nos deux nations, dont l’amitié doit remonter quelque part à la guerre de Cent Ans. Bref, quand les Français se font ratatiner, c’est en général pour le plus grand plaisir souvent mal dissimulé de nos grands « zamis » de la perfide Albion.

Remarquez que, pour être honnête, l’inverse est également vrai. Chaque souci britannique est souvent accueilli avec un sourire en coin par nous autres mangeurs de grenouilles. En cas de victoire du XV de France sur l’Angleterre, nous sommes en général beaucoup plus heureux que de raison, mais que voulez-vous, des raisons nous en avons !!

Tenez, par exemple, en deux mois, les Grands-Bretons nous ont embêtés deux fois avec une histoire vaseuse de tapis rouge qui leur servirait prétendument à accueillir nos exilés fiscaux boutés hors de France par les forces socialo-communistes (qui ne sont parfois pas si loin que cela, je vous le concède). Franchement, un Anglais ne pourra jamais comprendre un Français, et inversement.

Je vais de temps en temps à Londres. Pas parce que j’aime Londres (il ne faut pas le dire), non, uniquement à des fins de séjours ethnographiques afin d’étudier l’une des dernières populations au monde heureuse d’avoir une reine et de chaque grossesse princière (enfin, ce n’est pas le prince qui est enceinte mais la princesse, vous l’aurez compris en cette période de mariage pour tous).

Cette population en liesse remercie chaque jour ses Lords (des espèces de nobles n’ayant pas été encore raccourcis par une guillotine lors d’une révolution) de posséder entre 60 et 80 % du sol du royaume, ce qui leur permet non pas de vendre de l’immobilier mais une espèce de bail emphytéotique de quelques années ou décennies depuis plusieurs siècles… Et ça continue, ce qui explique que des Anglais achètent en France, notamment en Dordogne, mais pas chez eux où ils n’en ont pas et n’en auront jamais les moyens.

Que voulez-vous, c’est comme ça. Depuis Thatcher, ils ont décidé de supprimer toutes les aides ou presque… Franchement, ils ne se portent pas forcément beaucoup mieux que nous, surtout que l’une de leurs grandes sources de richesses c’est désormais la place financière de Londres (la City) dont hélas, il faut renflouer quelques acteurs avec l’argent du contribuable quelque peu saigné ces derniers temps quel que soit le pays. Alors ces Anglais peuvent toujours nous donner des leçons. Certaines choses, ils les réussissent mieux, pour d’autres ce n’est pas le cas, et le temps est le meilleur des égalisateurs.

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Faut-il s’inquiéter de l’explosion des bilans des banques centrales ?

Les plans d’assouplissement quantitatif se multiplient en Europe et aux Etats-Unis. De fait, les bilans des banques centrales ont explosé depuis 2007. Richard Barley, du Wall Street Journal, expose les raisons de s’alarmer.

Face à ces cinq années de crise financière mondiale, les banques centrales ont tenté de relancer l’économie de leur pays. Et ce, en recourant à des politiques monétaires exceptionnelles, se traduisant par des baisses historiques du niveau des taux directeurs, ainsi que des plans d’assouplissement quantitatif. Mais, malgré ces efforts, Richard Barley explique dans son éditorial du Wall Street Journal que la sortie de la crise ne se profile toujours pas à l’horizon.

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Les bilans des banques centrales atteignent des records

De fait, les bilans des banques centrales ont explosé les compteurs en cinq ans. En tête, le bilan de la Banque d’Angleterre a presque quintuplé entre mai 2007 et aujourd’hui, pour un montant de 385 milliards de livres sterling (485 milliards d’euros).
La Banque Nationale Suisse n’arrive pas très loin derrière : avec 435 milliards de francs suisses (362 milliards d’euros) au compte d’actifs, son bilan s’est multiplié par 4,1. De l’autre côté de l’Atlantique, les actifs de la réserve fédérale s’évaluent à présent à 2,8 trillions de dollars (2,2 trillions d’euros), près du triple par rapport au printemps 2007. La BCE prend la dernière place de ce palmarès… Elle compte dans son bilan 3,1 trillions d’euros en actifs, soit 2,6 fois plus qu’en 2007. Le rachat des dettes espagnole et italienne, du moins en partie, pourrait certainement changer la donne.

La multiplication des plans d’assouplissement quantitatif

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Etats-Unis: La Fed pourrait envisager de soutenir davantage l’économie

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) pourrait envisager de soutenir l’économie plus qu’elle le fait déjà en cas de dégradation marquée de la conjoncture, ont déclaré mercredi trois de ses dirigeants. «De mon point de vue, le maintien d’une politique monétaire hautement accommodante restera approprié pour un certain temps encore», a déclaré la vice-présidente de la Fed, Janet Yellen, selon le texte d’un discours qu’elle a tenu à Boston, dans le Massachusetts.

Néanmoins, «s’il devenait évident que (…) mon scénario privilégié d’une poursuite de la croissance, quoique à un rythme lent, n’est plus réaliste, il faudrait certainement examiner la possibilité de nouvelles mesures de politique monétaire pour soutenir la reprise», ajoute ce texte. M. Lockhart estime qu’il y a quatre éléments clef susceptibles de peser sur les perspectives de l’économie américaine: l’évolution des prix des logements, l’effet d’un brusque rééquilibrage budgétaire aux Etats-Unis, «l’instabilité financière liée à la récession en Europe et un ralentissement économique en provenance de pays émergents».

Dans un autre discours, dont le texte a été remis à la presse, le président de la Fed de San Francisco, John Williams a tenu des propos similaires à ceux de ses deux collègues. Pour lui, «il est essentiel» que la Fed maintienne sa «politique monétaire hautement accommodante» vu la lenteur de la reprise. «Si les perspectives de croissance s’assombrissent au point que nous ne pourrons plus espérer faire des progrès soutenus» en matière de baisse du chômage, ou si l’inflation menace de tomber à moyen terme «sensiblement au-dessous de notre objectif de 2%, alors un nouvel assouplissement monétaire sera justifié», estime M. Lockhart, qui préconise, dans ce cas, de nouveaux achats de titres financiers sur les marchés.

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Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

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Le devenir du dollar : Une perspective

La dépression mondiale semble accélérer les reclassements de puissance et annoncer la figure d’un ordre Mondial profondément transformé. La guerre du Golfe avait été l’occasion pour les USA de porter sur les fonds baptismaux un ordre américain ressemblant fortement à celui de la guerre froide, l’URSS en moins. Il ne se sera agi que d’un intermède dont nous vivons le terme.

La clef de voûte de cet ordre, le dollar, est en train de s’affaisser sous nos yeux. L’abandon de la convertibilité du dollar en or par le président Nixon le 15 août 1971 signait déjà l’affaiblissement de l’économie américaine : les déficits de la balance commerciale des années 60 rendaient inévitable l’adoption d’un système de parités monétaires flottantes, l’or détenu par les USA ne pouvait durablement garantir la valeur de la monnaie américaine sans fuir à l’étranger.  Mais le dollar restait la monnaie dominante des échanges mondiaux et l’instrument privilégié des banques centrales désireuses de disposer de réserves de change.

Il semble bien que la dépression mondiale actuelle – à l’issue toujours aussi incertaine – ouvre un nouveau chapitre de l’histoire monétaire mondiale. Mais faute de disposer de données sur les évolutions du commerce international en dollar, il n’est pas possible de déterminer si le dollar est en train de perdre son Hégémonie avec pour conséquence ultime la perte de son rôle de base du crédit international.

Les informations partielles et la rumeur ne pouvant se substituer aux chiffres exacts, il existe toutefois un biais pour envisager le problème du dollar. Il ne s’agit pas de poser la question des quantités d’échanges commerciaux réalisés en dollar, il faut plutôt s’interroger sur les mécanismes réels qui permettent aux USA d’irriguer le marché mondial de $ et de fournir via leur système financier les bases du crédit international libellé en $ à l’extérieur des USA.

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Vitesse de circulation de la monnaie

Ce concept a été formulé il y a près d’un demi-millénaire! Développé par ceux qu’on nomme les pré-classiques, il est contemporain des périodes, pas si lointaines, où la rareté monétaire était le trait dominant des économies. De nos jours, son utilité se trouve presque à l’opposé de son intérêt initial.

La vitesse de la circulation de la monnaie  a été « inventée » (au sens ancien du terme) il y a prés d’un demi-millénaire et on en parle encore ! Ce n’est pas un défaut, si ce n’est qu’à force d’employer toujours un même terme, on occulte les évolutions de l’objet qu’il prétend décrire.

L’or des incas et sa vitesse de circulation en Europe.

Les premières études sérieuses sur la monnaie remontent au XVIème siècle. Elles ont pour origine les recherches sur l’évolution des prix et leur progression très vive. L’évènement « monétaire » le plus important de cette époque réside dans l’exploitation massive des gisements d’or en Amérique latine, par les Espagnols principalement.

L’or espagnol se déversait à flot en Europe, directement, en achats de marchandises ou indirectement, pour financer l’élection des Rois d’Espagne au rang d’Empereur du Saint Empire Romain Germanique. La quantité de monnaie s’accroissant observent les philosophes de cette époque a provoqué une hausse des prix. Pour autant les mêmes, Bodin, Quesnay, Cantillon, Petty, anglais et français s’aperçoivent que la théorie purement quantitative de la monnaie dont ils posent les fondements n’est pas totalement satisfaisante. Il faut s’intéresser à la circulation de cette dernière et au fait qu’une pièce d’or sert à plusieurs transactions dans un laps de temps défini. Ils créent alors la notion de vitesse de circulation de la monnaie.  Cette idée sera développée et raffinée, jusqu’au moment où la théorie classique née des idées d’Adam Smith et Jean-Baptiste Say s’imposera. La monnaie n’est qu’un voile poseront les théoriciens classiques et néo-classiques. Elle ne joue pas de rôle dans l’équilibre économique. Sa vitesse de circulation pas davantage.

La vitesse de circulation est une notion simple dans son principe.

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Les limites du traitement keynésien d’une crise structurelle

Quatre ans déjà depuis que les symptômes du premier épisode de la crise du néolibéralisme furent observés au mois d’août 2007. La crise s’exporta des États-Unis vers le monde à l’automne 2008, et la plupart des économies entrèrent alors en récession. Lorsque la croissance dans les vieux centres, États-Unis et Europe, fit un bref retour après que la production eut atteint son point le plus bas au second semestre de 2009, les commentateurs de tous les médias et cercles académiques, à de rares exceptions près, célébrèrent le retour de la prospérité au terme d’un regrettable épisode. Il fallut, pourtant, constater que la sortie de crise tardait à se consolider. Le discours devint celui de la “rigueur”, la tentative de faire peser le poids de la crise sur les épaules de ceux ou celles qui en sont les moins responsables, les classes populaires et moyennes.

Mais, à la fin de l’année 2011, le ton changea brusquement. L’inquiétude tournait à la panique. La Chancelière Angela Merkel ne craignit pas de déclarer que la crise se prolongerait, en Europe, sur de nombreuses années (sortir de la crise de la dette est “un processus qui ne durera pas des semaines, pas des mois, mais des années”). La Réserve fédérale n’est pas plus optimiste. Le 25 janvier dernier, elle déclarait qu’il faudrait soutenir l’économie pendant plusieurs années (au moins jusqu’à la fin de l’année 2014) et décidait d’étendre la période de maintien des taux d’intérêt à des niveaux proches de zéro afin de stimuler la croissance. Qu’est-il advenu de la planète heureuse de la mondialisation néolibérale ?

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Une crise issue de l’hégémonie américaine

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008. La cupidité existe depuis des temps immémoriaux. Les banquiers ont toujours essayé de contourner les règles. Les financiers sont à l’affût de nouvelles formules trompeuses de crédit depuis l’époque des Pharaons. Pourquoi la période post-1971 a-t-elle permis que la cupidité domine et que le secteur financier dicte ses conditions sur le reste de l’économie sociale mondiale ? Mon livre veut insister sur une cause plus profonde, derrière tous ces phénomènes distincts mais étroitement liés.

PP : Oui, ces tendances doivent être contextalisées. Quelles sont donc les racines de la crise que vous avez mises au jour ?

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La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

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La Banque d’Angleterre fait marcher la planche à billets

Pour tenter de relancer l’économie atone, la Banque d’Angleterre a annoncé jeudi 9 février une nouvelle injection de liquidités dans l’économie britannique de 50 milliards de livres (59,6 milliards d’euros). Cette troisième opération  de “quantitative easing” depuis 2009 était attendue des marchés alors que la croissance patine et que  le pays pourrait retomber en récession  au premier trimestre 2012.

L’assouplissement quantitatif consiste pour une banque centrale à acquérir des titres de dette d’entreprises ou d’Etats pour les aider à se refinancer et apporter ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie. Cela revient à faire marcher la planche à billets. Si la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre sont des adeptes de cette stratégie, la banque centrale européenne y est réticente au nom de sa mission de maintien de la stabilité des prix.

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Saxo Banque dévoile ses prévisions chocs pour 2011

Saxo Banque dévoile aujourd’hui [lundi 20 décembre 2010] ses prévisions chocs annuelles. Réalisées par les équipes d’analystes à Copenhague, ces prévisions dressent le scénario macro-économique pour 2011. « Prévisions chocs », car elles se veulent plus pessimistes que celles de l’analyste de marché moyen et parce qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte.

Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan » [Cygne Noir], inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

Soyez conscient qu’il s’agit bien plus ici d’une analyse approfondie que d’une simple série de prédictions. La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50%, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché.

Les prévisions chocs de Saxo Banque pour 2011 :

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