Japon : Premier domino d’un krach obligataire mondial ?

Le Japon est un “insecte à la recherche d’un pare-brise” écrivait en 2011 l’investisseur américain John Mauldin. En 2013, il me semble que le pare-brise a été identifié et qu’il se rapproche  à grande vitesse.

Le Japon marche très loin devant nous, en éclaireur de la faillite collective. Il serait logique –  en l’absence d’autre événement perturbateur comme, par exemple, des émeutes et des résultats électoraux déroutants dans d’autres pays – que le krach obligataire qui menace les grands pays surendettés débute au Japon.

La bulle obligataire est actuellement proche de son paroxysme. Plus aucune voix audible ne dénonce les maléfices de la création monétaire. Les dithyrambes sur l’excellence de la politique  de Shinzo Abe confinent au grotesque.

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Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Japon : Le niveau de la dette publique n’est pas tenable selon le gouverneur de la BOJ

L’endettement du Japon, troisième puissance économique mondiale, pourrait atteindre 245% du produit intérieur brut. Kuroda a pour objectif de stopper la déflation, la baisse des prix via des injections massives d’argent dans l’économie japonaise.

“A mon avis, malheureusement, on applique exactement les mêmes remèdes que durant les 15 dernières années, déplore Andrew Freris de la Banque BNP Paribas. Sauf que cette fois-ci, ils sont multipliés par deux. Et j’ai de sérieux doutes sur leur efficacité à changer de manière structurelle l’économie japonaise, mise à part de donner un certain dynamisme à court et moyen terme aux marchés d’actions”.

Roubini : 10 questions sur l’assouplissement quantitatif

La plupart des observateurs considèrent que les politiques monétaires non conventionnelles telles que l’assouplissement quantitatif (quantitative easing, ou QE, en anglais) sont nécessaires pour relancer la croissance dans les économies qui sont aujourd’hui anémiques. Toutefois, de plus en plus de questions ont également commencé à se faire entendre à propos de l’efficacité et des risques du QE. En particulier, dix coûts potentiels associés à ces politiques méritent l’attention.

Premièrement, bien qu’une réponse purement ” autrichienne ” (c’est à dire, l’austérité) en vue de faire éclater les bulles d’actifs et du crédit puisse conduire à une dépression, les politiques de QE qui retardent trop longtemps le processus nécessaire du désendettement des secteurs privé et public peuvent créer une armée de zombies : des institutions financières zombies, des ménages et des entreprises zombies et, finalement, des gouvernements zombies. Dès lors, quelque part entre les deux extrêmes autrichien et keynésien, les mesures de QE doivent être progressivement éliminées au fil du temps.

Deuxièmement, un QE à répétition peut devenir inefficace avec le temps, lorsque les canaux de transmission vers l’activité économique réelle commencent à se boucher. Le canal des obligations ne fonctionne pas lorsque les rendements obligataires sont déjà bas ; le canal du crédit ne fonctionne pas lorsque les banques stockent de la liquidité et la vélocité pique du nez. En effet, ceux qui peuvent emprunter (les entreprises et ménages disposant d’un rating de premier ordre) ne veulent pas ou n’ont pas besoin de crédit, tandis que ceux qui en ont besoin – les entreprises fortement endettées et les ménages avec un moins bon historique de crédit – n’y ont pas accès en raison de la crise du crédit.

Le jour où la banque centrale américaine cassera sa planche à billets

Beaucoup en Europe rêvent de voir la BCE emboîter le pas à la Fed. Mais le déversement de dollars sur l’économie américaine est pour le moins risqué.

La Banque centrale européenne (BCE) est restée fidèle à elle-même. Malgré une croissance négative de 0,6 % au quatrième trimestre 2012, l’institution de Francfort a une nouvelle fois repoussé, l’abaissement de son principal taux directeur fixé à 0,75 %. Une attitude qui ne devrait pas plaire à Arnaud Montebourg : le ministre français du Redressement productif avait dénoncé dimanche une BCE “remarquablement inactive” pour lutter contre la récession et l’envolée du chômage.

Il est vrai que la politique monétaire européenne contraste fortement avec celle de la Banque centrale américaine. Depuis le début de la crise financière, la Fed n’a pas hésité à faire marcher la planche à billets, via les désormais célèbres programmes de “quantitative easing”. Non contente de ramener ses taux d’intérêt à zéro, elle a massivement financé la dette du pays en absorbant dans son bilan plus de 1 700 milliards d’obligations du Trésor, soit l’équivalent de la quasi-totalité de la dette française !

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La faillite, l’inflation ou la guerre…

Nos vieux pays européens entrent dans la mondialisation à reculons, pleins d’angoisse devant une révolution à laquelle rien ne les a préparés : là où la chute de Rome avait été précédée par l’avènement du christianisme, là où la révolution française était fille de l’Encyclopédie et le séisme bolchevique enfant spirituel du marxisme, la révolution mondialiste n’est si l’on peut dire « fille de personne ». Aucune philosophie structurante pour accueillir les débris de nos civilisations fatiguées ! Comme disait en son temps Gramsci : « le vieux monde ne veut pas mourir et le nouveau tarde à naître ». Le constat est inquiétant.

La Danse Macabre : Couvent des Innocents, Paris

Faisons ensemble le tour des solutions envisageables :

1/ La faillite ne déplairait pas aux tenants actuels de l’extrême gauche. Elle éliminerait une bonne part des possédants tout en ruinant à coup sûr tous les épargnants. Je crois entendre le « bien fait ! » des thuriféraires de cette solution radicale. C’est la technique utilisée par l’URSS naissante dont elle n’a pu sortir qu’en affamant son peuple par des exportations de grain pour payer cash ses achats de machines. Mais c’est oublier qu’un pays qui a fait défaut ne s’en remet pas avant de très longues années. Et il faut être bien fou pour penser que le niveau de vie des plus pauvres en sortirait grandi. La faillite argentine quoi qu’on puisse en dire, n’est pas rassurante sur ce point. Encore ne s’agissait-il que d’un pays « moyen » dont les conséquences de la banqueroute ont pu être limitées… Le krach d’un grand pays aurait, lui, des conséquences incalculables.

2/ L’inflation : D’autres prônent la relance keynésienne à la Roosevelt : lancer de grands travaux d’intérêt général en empruntant davantage mais en mutualisant les dettes, ce que les Etats européens les plus sérieux contestent à bon droit. Rappelons à ce sujet quelques vérités utiles :

Là où la France et l’Angleterre sortent ruinées de la guerre de 14, les U.S.A. de l’époque sont riches. En 1929, on estime le taux d’endettement fédéral à environ 25% du PIB. Rien à voir avec les 100 à 110% d’aujourd’hui ou les 85% (chiffre moyen) de l’Europe. De plus les « smoke stack industries », disons les grands secteurs manufacturiers, sont encore intégralement présents sur le sol américain. Il est donc possible d’appuyer sur le levier relance par l’endettement au profit des usines locales là où l’Amérique actuelle a perdu des pans entiers de son outil industriel. Le fait est que la relance par la consommation (crédit à taux zéro etc.), profite largement au reste du monde sans doper beaucoup la croissance intérieure. Il y faudrait une politique beaucoup plus protectionniste permettant aux U.S.A. de remettre en route leurs chantiers navals, leurs usines sidérurgiques etc. Mais il est bien tard pour cela car ses créanciers ne l’entendraient pas de cette oreille et l’Amérique ne peut les ignorer sous peine de mesures de rétorsion ravageuses.

Si l’on admet que la dévaluation unilatérale, euphorisante à court terme, est impossible au sein de la zone euro et qu’une croissance forte est sans doute écologiquement insupportable à l’échelle mondiale, le niveau de la dette actuelle ne saurait donc être stoppé et plus encore diminué (en % du PIB) que par un seul moyen: l’inflation.

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Quand la bulle chinoise éclatera… On regrettera les subprimes et les dettes souveraines

Jeudi dernier, la Banque centrale européenne (BCE) et la banque centrale chinoise annonçaient une baisse de leurs taux directeurs. Dans le même temps, la Banque d’Angleterre diminuait également ses taux d’intérêt, engageant un troisième cycle d’assouplissement de sa politique monétaire. Pure coïncidence, ont assuré les établissements concernés sans convaincre les marchés, si l’on en juge par leurs réactions.

En fait, loin de rassurer les marchés qui attendaient pourtant une réponse au ralentissement de l’économie mondiale depuis des semaines, ces mesures ont jeté le trouble chez les investisseurs. Une injection de liquidités aussi large et massive sans aucun événement particulier pour la justifier fait craindre une anticipation des mauvaises nouvelles à venir par les banques centrales. De quelles mauvaises nouvelles s’agit-il ? D’où viendra la prochaine torpille ? Habitués aux déceptions sur les deux rives de l’Atlantique, les investisseurs tournent leurs regards inquiets vers la Chine. Or, si la machine chinoise faiblit à son tour, l’économie mondiale perdra sa locomotive alors qu’elle tente péniblement de remonter la pente. (…)

L’acte trois de la crise – après la crise des subprimes et les dettes souveraines – pourrait donc bel et bien être chinois. A Pékin, on en est conscient et les autorités surveillent le secteur immobilier comme le lait sur le feu. Ainsi, les dernières mesures d’assouplissement monétaire se sont accompagnées d’un avertissement : l’argent bon marché doit servir à investir et pas à spéculer, deux activités pas toujours faciles à distinguer…

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« La Fed est notre banque centrale et votre problème »

Les marchés boursiers ne sont pas les seuls, pour reprendre la célèbre formule d’Alan Greenspan, à faire preuve “d’exubérance irrationnelle“. Les opinions publiques aussi.

Il y a deux ans, la victoire de Barack Obama avait été célébrée dans le monde entier, saluée comme le passage des ténèbres à la lumière. Et, sur le plan purement économique, comme la double promesse d’un retour rapide à une croissance saine et juste et d’une rupture radicale avec un système à l’agonie. Personne ne voulait écouter ceux qui osaient alors en douter, en notant par exemple que les banques d’affaires de Wall Street, au premier rang desquelles Goldman Sachs, étaient les principaux financiers du Parti démocrate.

Sur les marchés comme en politique, les grands épisodes spéculatifs finissent mal, en général. Par des krachs boursiers ou par des “raclées” électorales. Les investisseurs y perdent leurs sous, les citoyens leurs jobs et leurs illusions. La bulle Obama a donc éclaté, percée de tous côtés par la dure réalité des chiffres, ceux d’un chômage à 10 % et de prix de l’immobilier qui ne remontent pas.

Au passage, on se dit que le monde est vraiment mal fait : aux États-Unis, le pauvre Obama se fait laminer à cause du mécontentement populaire suscité par la situation catastrophique de l’économie. En Chine, où les citoyens seraient tout disposés à remercier leurs dirigeants pour les prouesses de croissance, ils n’ont pas droit de vote.

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