Gouvernement et députés sacralisent l’irresponsabilité des multinationales

Les grandes entreprises françaises ne seront pas soumises à un « devoir de vigilance » vis-à-vis de leurs sous-traitants. Cette proposition de loi issue d’une poignée de députés socialistes et écologistes sera, au mieux, vidée de son contenu, au pire jetée à la poubelle. Le projet de loi Macron obligeait de son côté les entreprises à être gérées « dans le respect de l’intérêt général économique, social et environnemental ».

Volontaires bénévoles nettoyant une plage après le naufrage de l’Erika en décembre 1999

Cette définition a disparu de la loi pendant que journalistes et lanceurs d’alertes sont criminalisés au nom du « secret des affaires ». Pourtant, l’opinion publique est largement favorable à une meilleure régulation des multinationales.

La Commission des lois de l’Assemblée a rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales porté par trois députés socialistes et écologistes. Le projet visait à combler un vide juridique en responsabilisant les sociétés-mères françaises quant aux atteintes graves aux droits humains occasionnées par leurs activités dans d’autres pays (lire notre entretien avec Dominique Potier, l’un des initiateurs du projet).

Désastre du Rana Plaza pour Auchan et Carrefour, naufrage de l’Erika ou pollutions pétrolières au Nigeria pour Total… autant d’exemples des difficultés à placer les multinationales françaises – et étrangères – face à leurs responsabilités lorsqu’un drame se produit, et à obtenir justice pour les victimes [1].
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Comment la France peut devenir plus compétitive

À l’occasion du colloque de ce mardi sur les défis de la compétitivité, réunissant un grand nombre d’acteurs de l’économie française et européenne, «20 minutes» revient sur les éléments de réponse qui y ont été apportés…

Par Bertrand de Volontat

De gauche à droite : Baudouin Prot (BNP Paribas), Laurence Parisot (présidente du Medef) et Jacques Aschenbroich (Valeo). - LIONEL BONAVENTURE /AFP

La France perd des parts de marché, son chômage et son déficit grimpent. Le déficit commercial est de 69,59 milliards d’euros, preuve que les entreprises hexagonales peinent sur le marché global. La réforme de la taxe professionnelle et du crédit impôt recherche ne suffisent pas. La propostion de TVA sociale coince, une mesure que Michel Sapin, député PS, considère à 25% juste. «Il n’y aura pas de reprise ni de création d’emploi sans réforme», affirme Maurice Levy, président de Publicis Groupe, en introduction du colloque sur «les défis de la compétitivité», organisé par l’Afep, l’association française des entreprises privées, dont il est aussi président, et par le quotidien Le Monde, ce mardi.

Et plus que de copier le modèle allemand (réformes sur vingt ans de la sécurité sociale, du marché du travail, de la fiscalité), Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Thyssen Krupp et de Siemens, prend pour exemple le «modèle scandinave».

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Les cumulards du CAC 40

39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun les unes avec les autres. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Malgré les promesses et les réformes, la consanguinité du capitalisme français est toujours aussi prégnante. Démonstration en images.

Malgré tous les codes de conduite et autres principes de « corporate governance» les conseils d’administration du CAC 40 sont toujours largement consanguins. Toutes les sociétés du CAC sauf une (Unibail Rodamco) partagent des administrateurs avec une autre [1]*.

Ainsi, Total et Lafarge partagent quatre administrateurs, de même que Alstom et Bouygues. Les deux tiers des membres du conseil d’administration de Total sont également administrateurs d’une autre société du CAC. Et 94 dirigeants du CAC 40 exercent des fonctions d’administrateur dans une autre entreprise.

Au niveau de leurs conseils d’administration, Total, GDF-Suez et BNP Paribas sont les plus connectées avec chacune 19 liens avec d’autres entreprises du CAC 40. Puis viennent Saint-Gobain avec 18 liens, et AXA avec 17. Tandis que Lafarge et Sanofi-Aventis ont chacune 15 liens avec d’autres sociétés. Les sociétés qui comptent le moins d’administrateurs cumulards sont Unibail-Rodamco (zéro lien) ainsi que Peugeot, Arcelor-Mittal et STMicroelectronics (deux liens chacune).

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