La leçon de capitalisme de l’Islande

Par deux fois, les Islandais ont refusé de rembourser la dette de leurs banques. Un bel exemple de résistance au capitalisme financier et un modèle pour la Grèce? Pas du tout. Les créanciers commencent à être remboursés et les règles du jeu libéral respectées jusqu’au bout.

Par deux fois, les Islandais ont refusé de rembourser la dette de leurs banques. Un bel exemple de résistance au capitalisme financier et un modèle pour la Grèce? Pas du tout. Les créanciers commencent à être remboursés et les règles du jeu libéral respectées jusqu’au bout.

Devenue célèbre pour avoir dit non par deux fois à un référendum sur le remboursement de sa dette vis à vis du Royaume-Uni et des Pays-Bas, l’Islande est devenu l’élève modèle des Indignés et de certains économistes: dire “non” au capitalisme financier, voilà la voie à suivre pour la Grèce, piégée par une dette faramineuse. Mais les deux pays sont dans des situations incomparables.

Différence majeure avec la Grèce, la dette de l’Islande n’est pas lié à une mauvaise gestions des comptes publiques, mais à ses banques. Avant 2008, les établissements islandais pratiquaient le ‘carry trade‘, une technique de spéculation qui consiste à emprunter de l’argent dans une devise peu chère (tel que le dollar ou le yen) pour effectuer des placements dans une devise offrant des taux d’intérêts plus élevés, en l’occurrence la couronne islandaise.

50 milliards partis en fumée

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La classe moyenne, cette grande perdante de la financiarisation du monde

Depuis la crise de 2007-2008, la classe moyenne apparaît comme la grande perdante sans qu’aucun débat de société n’ait eu lieu. S’appauvrissant peu à peu, elle est seule à payer les errements de la financiarisation du monde. Extraits de “Tondus comme des moutons” d’Alain Germain et Edmond-Henri Supernak (1/2).

Dès qu’une firme de notation financière cible un pays, le même processus se met invariablement en marche : programme d’austérité, coupes budgétaires, augmentations d’impôts, etc.

Si l’on examine les pays directement visés par ces firmes de notation financière tels que la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et si l’on y ajoute même un pays hors zone Euro tel que l’Islande par exemple, que constate-t-on ?

Le politique change ; le financier reste

Portugal. 23 mars 2011. Démission du gouvernement du socialiste José Socrates. Élections en juin 2011. Irlande. 25 février 2011. Défaite cuisante du Premier ministre Brian Cowen, remplacé par le chef du principal parti d’opposition, le Fine Gael, élu sur la base de nouvelles renégociations des conditions du plan de sauvetage. Dans les deux cas, les bases de négociations en cours demeurent les mêmes que celles qui ont fait tomber les gouvernements précédents. Preuve si nécessaire que le politique change alors que le financier reste. Il est probable que certains amendements seront ajoutés pour que chacun sauve la face, mais l’essentiel des conditions imposées demeurera en place.

Faire payer le public pour rembourser les banques

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L’UE, tu l’aimes ou tu la quittes

Si l’adhésion à l’UE coûte autant à la France sans rien lui apporter si ce n’est des problèmes supplémentaires, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la logique et en partir?

A écouter certains discours, la France ne serait que la malheureuse victime d’une stigmatisation orchestrée par une Commission européenne en mal de reconnaissance. A cause d’elle, le gouvernement français ne pourrait mener à bien sa politique. Pire encore, la «nation des Droits de l’Homme» recevrait des leçons d’une commissaire issue d’un État à peine visible sur la carte et ne représentant que «350.000» habitants.

Face à l’adversité, la France doit se ressaisir, serrer les rangs, passer des mots aux actes. Et quitter l’UE. Car rien ne la force à y rester. Une telle chose est maintenant tout à fait possible depuis l’adoption du Traité de Lisbonne. L’article 50 prévoit en effet que «tout État membre peut décider, (…) de se retirer de l’Union».

Pour cela, rien de plus simple. Toute la procédure est expliquée dans le paragraphe 2 du même article :

«L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen».

En plus clair, cela signifie que le départ se négociera, point par point. Car, comme d’autres États qui ne sont pas membres de l’UE, la France pourra conserver des partenariats avec Bruxelles. Par exemple, la Suisse est associée à l’espace Schengen ; les droits de douanes ont aussi disparu entre les deux entités économiques sans qu’aucun député suisse n’ait encore siégé au Parlement européen.

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