Lobby de l’eau : Histoire d’une mainmise inique

L’école française de l’eau, apparue à l’orée des années 1960, incarne un modèle de gestion aujourd’hui exporté dans le monde entier. Il a peu à peu été dévoyé par des groupes d’intérêts qui ont fait main basse sur un marché qui génère près de 25 milliards d’euros en France chaque année.

C’est après la seconde guerre mondiale qu’émergent les caractéristiques qui structurent encore aujourd’hui la gestion de l’eau en France. Des ingénieurs et administrateurs coloniaux ont mesuré en Afrique noire, au Maghreb, comme aux États-Unis, la complexité de la gestion de cette ressource précieuse.

Ils vont, dans le grand élan de la planification gaullienne, inventer un modèle de gestion des ressources en eau qui fera école. Il s’agit, dans une période marquée par une urbanisation rapide s’accompagnant d’une pollution croissante, de rationaliser les différents usages de l’eau, pour l’énergie, l’industrie et l’agriculture, et donc le développement économique, mais aussi de développer l’adduction d’eau dans les campagnes, où seuls 30 % des foyers disposaient de l’eau au robinet en 1953, puis de doter le pays d’infrastructures de traitement des eaux usées.

Un chantier colossal alors que le développement de l’industrie et la modernisation de l’agriculture provoquent un important mouvement de population des zones rurales vers les villes. « Avec pour conséquence un développement rapide des besoins en eau et des rejets polluants mal traités. Les ressources ont été ainsi étranglées des deux côtés, par des consommations accrues et des pollutions insupportables », souligne M. Ivan Chéret, l’inventeur des agences de l’eau [1].
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Près de 2 milliards de personnes utilisent de l’eau contaminée par des excréments

Bien que les dépenses d’assainissement dans le monde n’aient jamais été aussi élevées, près de 1,8 milliard de personnes utilisent une eau souillée par des excréments, relève un rapport de l’Organisation mondiale de la santé et UN Water.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé (OMD) étaient de diviser par deux le nombre de personnes privées d’accès aux toilettes d’ici à 2015, mais l’insuffisance des financements ou leur mauvaise répartition fait que ces objectifs ne seront pas atteints.

Environ 1,8 milliard de personnes utilisent en effet de l’eau souillée par des excréments, constatent l’Organisation mondiale de la santé et UN Water dans un rapport publié mercredi à l’occasion de la journée mondiale des toilettes. Et pourtant, les dépenses d’assainissement dans le monde n’ont jamais été aussi élevées.

Une personne sur sept, pour la plupart pauvre et vivant en zone rurale, défèque encore en plein air, contaminant l’eau et créant un terrain propice à la diarrhée, au choléra, la dysenterie et la typhoïde, lit-on dans ce rapport rédigé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et UN Water.
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L’accès à l’eau potable, source de précarité en France

Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, 140.000 sans domicile fixe n’ont pas un accès à l’eau potable et 2 millions de personnes n’ont pas un accès suffisant à l’eau et à l’assainissement en France.

L’association France Libertés rappelle que si Paris dispose de 240 fontaines publiques, de près de 400 sanitaires gratuits et de 18 bains douches municipaux, ce type d’équipements est moins présent ou quasiment absent dans d’autres villes. Ainsi, Marseille ne “possède visiblement qu’une douzaine de toilettes publiques gratuites et une petite trentaine de fontaines à boire”, indique France Libertés.

Les douches publiques en particulier ont pratiquement disparu des villes : Strasbourg et Lyon n’en compte que deux, Nantes et Nice une, Marseille et Calais aucune, ajoute l’association. Un situation qui n’est pas sans poser des problèmes d’hygiène et de santé publique comme le montre ce reportage dans la cité phocéenne.

Mexique : De la pluie pour produire de l’électricité

Des étudiants mexicains ont utilisé de l’eau de pluie pour fabriquer de l’électricité et alimenter les batteries d’un quartier de Mexico.

Charger des batteries avec de l’eau de pluie : c’est la réussite de ces étudiants de l’Université technologique du Mexique (UNITEC). Le système appelé “Rain Wild” recueille la pluie sur le toit d’immeubles, elle est ensuite drainée vers un système de récupération puis vers une micro-turbine, un modèle réduit de celles employées dans les barrages.

Des essais menés dans un quartier pauvre de Mexico, Iztapalapa, ont montré que le système fournissait assez d’énergie pour charger des batteries de 12 volts portables.

L’eau récoltée est assainie

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La dette des pays riches atteindra 110 % du PIB en 2015

A tous ceux qui n’ont pas compris avec la panique des marchés européens que la dette publique était devenue insupportable, le rapport “Monitor fiscal que publie ce vendredi 14 mai le Fonds monétaire international (FMI) fera froid dans le dos.

Malgré une évidente amélioration de la conjoncture économique, les pays riches du G20 ont peu réduit leurs déficits et le fardeau de leur dette devrait représenter 110 % de leur produit intérieur brut en 2015 contre 91 % aujourd’hui et 73 % en 2007, au tout début de la crise.

Manifestement la Grèce ne sera plus une exception et les champions de cette vague de dettes sont sans conteste les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le rapport souligne pour la première fois qu’un lien “évident” existe entre la dette et la croissance : “Si celle-là ne revient pas en dessous de ses niveaux antérieurs, le potentiel de croissance des économies avancées s’en trouverait amputé chaque année de plus de 0,5 %, effet considérable quand il se prolonge d’année en année,” notent les auteurs, qui s’inquiètent de l’effort à fournir pour revenir à un taux “normal” de 60 % dans des pays qui verront dans le même temps progresser de 4 ou 5 points de PIB leurs dépenses de retraite et de santé au cours des vingt prochaines années.

Baisses phénoménales des rentrées fiscales

Mission impossible ? Les pays émergents du G20 ont moins de crainte à avoir, car le FMI prédit qu’ils reviendront sans grande difficulté au niveau de dette souhaitable (40 %) et redresseront la barre à partir de 2011. Ils peuvent toutefois s’attendre à pâtir de taux d’intérêt élevés et des soubresauts budgétaires des pays riches.

Le FMI contredit tous ceux qui ont accusé les plans de relance de l’économie d’être responsables de cette forte poussée de l’endettement public. Selon son rapport, ce sont les baisses phénoménales des rentrées fiscales dues à l’approfondissement de la crise à partir de 2011 qui ont creusé les trous budgétaires. Autrement dit, c’est le moins de recettes et non le surcroît de dépenses des pays du G20 qui a créé la montagne de dette publique qui fait trembler les marchés.

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L’effondrement des États

Des dettes bancaires aux dettes « souveraines. » Les jours comptés de l’État-nation et d’une « hypothétique » réforme monétaire internationale.

Dans une étude transmise à ses clients privilégiés, la Société générale recommande de se tenir prêt face au risque d’« effondrement de l’économie mondiale » au cours des deux prochaines années.

Une manière de dire : « Vous voilà bien prévenu ! » Les auteurs de cette étude fondent leur conclusion sur des données concises, sans préciser bien sûr que la crise actuelle résulte avant tout de la révolution des techniques financières spéculatives des banquiers. Techniques financières qui ont permis, depuis la fin des années 70, l’émergence, malheureusement durable, d’une économie virtuelle aux dépens de l’économie réelle.

Une économie virtuelle qui a désormais besoin, pour survivre, d’écraser la véritable économie, seule source de richesses et d’emplois durables.

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Des guerres de l’eau à l’horizon

La seule véritable «guerre de l’eau» est intervenue entre deux cités-États de Mésopotamie… il y a quelque 4 000 ans.. Mais l’ONU presse les gouvernements d’intégrer la politique hydrique à leur agenda prioritaire.

Quand on entend parler du Yé­men, on pense souvent au recrutement de terroristes d’Al-Qaïda, comme l’auteur de l’attentat raté de Noël dans un avion de la Northwest Airlines. Mais la montée de l’intégrisme n’est pas la me­na­ce la plus grave à peser sur le Yémen. Le plus grand danger auquel doit faire face ce pays, c’est le manque d’eau.

La capitale yéménite, Saana, pourrait bientôt être à sec. «L’eau est la préoccupation principale des Yéménites au quotidien, selon Rianne Tenveen, qui travaille sur le terrain pour le Secours islamique. Ici, les gens passent une bonne partie de leur journée à réfléchir à la façon dont ils vont obtenir de l’eau et à se demander s’ils en auront assez.»

Selon les prédictions, les réserves d’eau de Saana – la capitale du pays – devraient être asséchées d’ici 2015. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le Yémen, mais aussi pour les pays voisins. «Le Yémen est un pays instable et a une économie en lambeau,» affirme Eugene Chausovsky, géopolitologue à la firme de renseignement Stratfor.

Selon l’ONU, le défi est maintenant de faire en sorte que les gouvernements intègrent la politique de l’eau à leur agenda prioritaire, au même titre que l’économie, l’énergie ou la sécurité. La coopération pour le développement doit y contribuer. Les innovations technologiques (notamment pour l’assainissement) et une coopération internationale accrue seront déterminantes pour prévenir les affrontements que pourrait susciter cette ressource en voie de raréfaction.

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« De nouvelles bulles se préparent », selon le président de LCF Rothschild

Michel Cicurel, le président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, estime que les principaux facteurs déclencheurs de la crise se sont aggravés depuis.

Le rebond de la croissance auquel on assiste depuis quelques semaines indique-t-il la fin de la crise ?

Je ne dirais pas ça.

La reprise actuelle est alimentée par la baisse des prix des produits de base, la fin du mouvement de déstockage des entreprises, le soutien des Etats aux banques et à l’économie, et le déluge de liquidités déversées par les banques centrales. Dans ces conditions, le rebond était assuré.

Mais la survie de l’économie dépend totalement de cette ventilation artificielle. Et elle n’est pas en état d’être débranchée rapidement.

Vous ne croyez donc pas à la solidité de la reprise ?

C’est une période extrêmement compliquée, inédite. Cette crise a brouillé tous les repères traditionnels et mis en lumière le rôle croissant des pays émergents dans l’économie mondiale.

Le scénario optimiste serait que le dispositif financier de secours, aujourd’hui à bout de second souffle, ait permis d’enclencher un cercle vertueux de l’économie de marché. Si le chômage baisse et la consommation résiste, on aura une vraie reprise.

Mais la volatilité des opinions, des statistiques économiques et des marchés financiers reste encore très élevée et le moindre incident pourrait avoir des effets négatifs importants.

Une chose est certaine : les guichets de la Sécurité sociale mondiale ont fermé et laissent la planète travailler sans filet.

Vous n’êtes pas très optimiste… Lire la suite