“Travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus, est dépassé”

L’année 2008 fut l’année de la crise financière, 2009 celle de la crise économique, 2010 sera-t-elle celle de la reprise ? Pour Jacques Marseille, économiste et historien, l’embellie de l’économie va se confirmer, mais la période qui s’ouvre marquera, aussi, la mise en place de transformations profondes de notre modèle illustré par la fin de la société de consommation et le basculement de la croissance mondiale vers l’Asie.

Doit-on croire à la reprise en 2010 ?

Il faut se garder de toute prévision trop hâtive. Mais l’évolution des cycles économiques depuis deux siècles laisse penser qu’après l’éclatement d’une bulle une crise financière, économique et sociale, l’on s’engage vers une reprise. La reprise financière est déjà en cours. Depuis mars 2009, les Bourses ont gagné plus de 50 %, du jamais-vu depuis 1933 ! La reprise économique va donc suivre. C’est le sens de l’histoire. Cette crise est in fine d’une singulière banalité. Selon les cycles repérés au milieu du XIXe siècle par l’économiste Clément Juglar, une crise arrive tous les sept à dix ans. La crise de 2008-2009 suivrait donc celles de 1973, de 1979-1980, de 1987, de 1993-1994 et de 2000-2001.

La vraie question est maintenant de savoir quelle sera la nature de notre reprise.

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Crise: l’Asie exposée au risque de troubles sociaux

L’Asie, même si elle montre la voie de la reprise mondiale, reste exposée à un fort risque de troubles sociaux liés à la montée du chômage et des inégalités. Si la plupart des économies asiatiques affichent de nouveau d’impressionnants taux de croissance, des experts préviennent que l’année 2010 n’est pas à l’abri de mauvaises surprises.

Même si nous maintenons que la crise a déjà infligé ses plus gros dégâts, son impact continuera de se faire sentir en 2010,” estime Economist Intelligence Unit (EIU) dans un rapport.

Pour ce cabinet spécialisé dans l’analyse du risque politique pour les investisseurs, la stabilité des économies pourrait pâtir cette année de pressions déflationnistes, de nouvelles bulles spéculatives et “de la menace d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des troubles sociaux et politiques.

Ceux-ci, explique-il, seront entretenus par un chômage accru, une faible croissance et des mesures d’austérité budgétaires dans de nombreux pays.

La plupart de ces risques, ajoutent ces experts, sont concentrés en Asie. L’EIU classe ainsi la Chine dans une catégorie “à haut risque” de troubles sociaux en 2010, ainsi que la Thaïlande, l’Indonésie, les Philippines, le Sri Lanka, le Cambodge, le Bangladesh et la Corée du Nord.

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L’Asie inaugure la plus grande zone de libre-échange du monde

A compter du 1er janvier 2010, la Chine et les pays de l’Asean auront supprimé les droits de douane sur 7.000 groupes de marchandises et services, couvrant 90 % de leurs échanges. En Asie du Sud-Est, des industriels redoutent de disparaître sous l’afflux de produits bon marché chinois.

La vie de millions d’entreprises d’Asie va se retrouver bouleversée ce soir, à minuit [31 décembre 2009], lors de l’entrée en vigueur officielle dans la région de la plus vaste zone de libre-échange du monde, [peupl]ée par près de 1,9 milliard d’habitants. Lire la suite

La Russie peut-elle sauver l’Occident ?

Sergei Karaganov est Doyen de la School of International Economics and Foreign Affairs de la Russian Research University – Higher School of Economics. Cet article est basé sur un rapport sur la sécurité euro-atlantique préparé par le groupe russe du Valdai Club, dirigé par le professeur Karaganov.

Les rapides bouleversements dans l’économie mondiale et dans la politique internationale mettent au jour, une fois encore, un éternel sujet d’inquiétude en Russie : sa relation avec l’Europe, ainsi qu’avec l’ensemble des pays de la région euro-atlantique. La Russie appartient bien sûr en partie à cette région. Mais la Russie ne peut et ne veut s’y associer sans réserves – du moins pas pour l’instant. La situation est pourtant bien différente aujourd’hui.

Il semble de plus en plus manifeste que le monde euro-atlantique, dont les modèles économiques et politiques semblaient si triomphants il y a 20 ans, est maintenant à la traîne derrière la Chine et certains autres pays asiatiques. Il en est de même pour la Russie qui, malgré des discussions encourageantes sur le développement de l’innovation, souffre d’une économie en pleine décomposition puisque la corruption a été autorisée à s’y métastaser et que le pays repose de plus en plus sur la richesse de ses ressources naturelles. L’Asie est finalement le vrai vainqueur de la guerre froide. Lire la suite

Dubaï : les péchés de la finance

Par Denis Dupré, professeur d’éthique et de finance à l’Université de Grenoble.

A Dubaï, la finance n’a pas été assez islamique ! L’émirat est un concentré de ce qu’il ne faut pas faire, un cas d’école.

L’incapacité de l’entité immobilière Nakheel, du conglomérat Dubai World, à honorer à temps une partie de sa dette de 59 milliards de dollars, a provoqué un séisme sur les marchés.

Moody’s a notamment abaissé la notation de DP World, relevant de Dubai World, de A3 à Baa2.

Le prix de la couverture contre un défaut de paiement de la dette souveraine de Dubaï (CDS) a bondi de 111 points de base, à 429 points.

Premier péché : l’endettement excessif d’un pays qui, bien que peu doté en pétrole, emprunte massivement à ses voisins.

Nous vivons le temps du mensonge de la dette. Le nez de Pinocchio de Dubaï a grandi à chaque endettement supplémentaire. Quand la dette devient-elle un mensonge ?

Si je viens manger une fois chez vous, je vous signe un papier indiquant que je vous dois un repas. C’est une dette. Si je reviens dix fois et que je signe 10 papiers, vous sentez petit à petit que c’est un mensonge, que je ne vous rembourserai probablement pas.

Le cas Dubaï n’est pas unique : le ratio de la dette américaine sur le PIB a atteint, avant la crise, des niveaux plus élevés qu’avant 1929.

Dans l’histoire, ceux qui produisent ou possèdent les matières premières sont ceux qui consomment. Ce n’est plus vrai aujourd’hui : l’Asie produit, l’Amérique du Nord, l’Europe (et Dubaï) consomment. Ils en sont au onzième repas !

Deuxième péché : l’intérêt. A Dubaï, la finance n’a pas été, autre paradoxe, assez islamique !
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Le nouveau monde

Les grands équilibres économiques et géopolitiques se modifient à un rythme stupéfiant ; la Chine, l’Inde et le Brésil contestent l’hégémonie américaine.

«Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l’eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces. Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d’une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances à l’extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.»

Dans son discours d’investiture, le 20 janvier 2009, Barack Obama résume à grands traits son ambition et les nouvelles réalités qu’il s’apprête à affronter. Le monde, en effet, a beaucoup changé et bascule vers un nouvel équilibre. On le devinait, les indices s’accumulaient.

Les grands chiffres économiques le confirment : en 2009, la Chine est devenue la première puissance exportatrice devant l’Allemagne. En 2010, cette même Chine détrônera le Japon et deviendra la seconde économie du monde. L’Inde, dont on a sous-estimé les réformes et le parcours, retrouve peu à peu la place qui fut la sienne durant des siècles (voir infographie) par le seul fait de sa population. Le Brésil, le pays du président Luiz Inácio Lula, a trouvé la fierté et l’assurance qui lui manquaient. Pour la première fois de son histoire, le géant vert du continent sud-américain a réduit sa dette et prêté au FMI les milliards qu’il redoutait, il y a peu encore, de devoir emprunter.

Si la monnaie est bien le reflet de la richesse d’une nation, ainsi que l’affirme la théorie économique, le cours du dollar témoigne de la fin d’une hégémonie qu’on accorde à un empire tout-puissant, sans rival à sa taille. Lire la suite

La globalisation de l’économie a surtout profité à la Chine

En l’espace de vingt-cinq ans, le nombre de pauvres a fortement décru, mais les Chinois ont été les seuls à bénéficier de cette évolution.

Avant la crise, la globalisation avançait sur tous les continents avec cette formule conquérante : win-win, gagnant-gagnant.

Pour résumer, la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux devait bénéficier à toutes les zones de la planète. Enrichir les riches, ravis de pouvoir consommer à moindre coût, et sortir de la pauvreté les pauvres, enchantés de quitter les champs pour l’usine.

Info ou intox ? Pour répondre à cette question sensible, la Banque mondiale a dressé le bilan d’un quart de siècle de mondialisation. Verdict : depuis 1981, les pays en voie de développement comptent 517 millions de pauvres en moins.

Parfait. Mais, à regarder les chiffres de plus près, ces anciens miséreux fraîchement sortis du dénuement viennent, pour l’essentiel, d’un seul pays : la Chine.

D’après les deux auteurs de l’enquête, Shaohua Chen et Martin Ravaillion, seul l’empire du Milieu bénéficierait en profondeur de la globalisation. Le néocapitalisme tient donc ses promesses surtout à l’égard du dernier grand pays communiste. C’est cocasse, mais les chiffres l’attestent.

En 1981, 835 millions de Chinois vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour. Aujourd’hui, ils sont “seulement” 208 millions. L’usine du monde tourne donc à plein régime, mais sans forcément faire le bonheur de ses voisins.

En Asie du Sud, le nombre de pauvres ne recule pas. L’Inde en a enregistré 36 millions de plus sur la période. Ramenée à la population, la pauvreté y baisse tout de même, passant de 58 à 42 %. Mais c’est pour passer de la catégorie “grand dénuement” à celle de “profonde précarité”. En effet, si des millions d’Indiens ont quitté la zone du 1,25 dollar par jour, les trois quarts d’entre eux restent sous la barre des 2 dollars quotidiens. Lire la suite

Gazprom, stratégie de la Russie

Dans la continuité de deux articles que nous avons publiés récemment (article 1article 2) et rejoignant par ailleurs l’analyse d’Aymeric Chauprade, Michel Drac s’intéresse à la stratégie gazière de la Russie.

Anne-Marie Lizin est professeur à Sciences-Po Paris. Mais bon. Pour une fois, on essaiera d’oublier ce qu’on pense de Sciences-Po.

Et on s’intéressera à une étude qu’elle vient de diriger sur la stratégie énergétique de la Russie : « Gazprom » (étude coordonnée par ailleurs par Nicolas Zeisler).

Etude évidemment conforme au « politiquement correct » de Sciences-Po, donc porteuse d’une tonalité à mon avis plutôt anti-russe. Mais justement. Il est intéressant de savoir ce que pensent les gens qui n’aiment pas ce que nous aimons.

Poids de la Russie dans les importations de gaz naturel des pays européens : Allemagne 39 % (alors que le pipeline Baltique n’est pas encore ouvert), France 26 %, Italie 30 %, souvent plus de 80 % en Europe de l’Est (à l’exception notable de l’Ukraine, qui achète son gaz au Turkménistan et est parvenue à réduire le poids du gaz russe à 23 %).

Simultanément, Gazprom noue des contacts avec des pays producteurs de gaz hors Russie (l’Algérie, entre autres). Lire la suite

Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

« Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou » (suite)

Lors d’un entretien paru hier ici même, Michel Drac évoquait l’hypothèse d’un tel renversement d’alliances. Dans le texte qui suit, il développe et précise cette idée, qui selon lui s’incarne déjà dans la politique allemande, notamment au plan économique, et nécessite l’appui de la France.

Vers un axe Paris-Berlin-Moscou ? Ce vieux rêve, reformulé récemment par Henri de Grossouvre, Marc Rousset, Alain de Benoist et d’autres encore, a longtemps paru irréalisable, mais qu’en sera-t-il demain ?
Il existe aujourd’hui, dans la dissidence française, une tentation de la simplicité à l’égard de l’Allemagne.

Du côté germanophobe, on souligne que l’affaire du Kossovo a été favorisée par Berlin, alliée en l’occurrence aux Etats-Unis. On a raison d’ailleurs, mais on devrait aussi se souvenir que tout en soutenant ouvertement l’opération du Kossovo, les Allemands ont en sous-main appuyé la partie russe lors des négociations finales.

Du côté germanophile, on rappelle que Schröder a accepté l’alignement de son pays sur la position française lors de la deuxième guerre d’Irak. On a raison là encore, mais on devrait aussi se souvenir que dans le même temps, les services secrets allemands transmettaient des informations sensibles à leurs homologues américains.

On voit bien, à la lumière de ces deux exemples, que la position actuelle de l’Allemagne n’est pas simple. Elle est au contraire très complexe, polyvalente, fluctuante. Berlin n’est ni le serviteur de la haute finance mondialiste, ni son adversaire résolu. L’impression générale, en termes géostratégiques, est qu’à chaque fois que Berlin prend position officiellement dans un sens, elle fabrique une position officieuse en contrepoids.

Cet article vise précisément, en particulier à partir d’une analyse de la donne économique, à sortir de la tentation de la simplicité, pour comprendre cette Allemagne-puissance renaissante et paradoxale. Lire la suite

“Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou”

Un entretien avec Michel Drac, au sujet de son livre “Crise ou coup d’Etat ?” (Ed. Le Retour aux Sources, 2009) et de l’actualité.
Présentation de l’auteur ?

Je travaille comme contrôleur de gestion dans un grand groupe depuis une quinzaine d’années. Je suis donc un spécialiste de la micro-économie.

Je me suis risqué dans la macro-économie, avec « Crise ou coup d’Etat ? », parce que nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie, sans poser la question du système dans son ensemble.

Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com, où nous travaillons beaucoup en ateliers. « Crise ou coup d’Etat ? » est donc en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec l’auteur qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ».

Pouvez-vous présenter votre livre dans ses grandes lignes ?

Il y a trois parties.

La première partie décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective aussi par rapport aux décennies précédentes. En gros, j’explique que la politique macro-économique consiste, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, haute banque (si tant est que ce terme ait encore un sens distinct) et surtout banques d’affaires adossées aux banques commerciales.

La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisée pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classes en Occident.

Enfin, la troisième partie essaye d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaye en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Et que nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghaï peut dégénérer profondément. Tout simplement parce que nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha déjà sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique, menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre est « Crise ou coup d’état ? », est-ce à dire, de la manière dont la question est posée, qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ? Lire la suite

Prochaine crise financière mondiale : alerte des politiciens allemands

Dans les hautes sphères du milieu politique allemand, la crainte d’un second krach financier international, dépassant en intensité et en impact celui de l’automne 2008, augmente de jour en jour.

La chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, (tous deux de l’Union chrétienne-démocrate, CDU) ont mis en garde : la crise économique est loin d’être terminée. « Nous avons tout d’abord réussi à limiter les effets de la crise sur les gens, mais le plus dur est à venir, » a dit Merkel au cours d’une réunion du CDU.

L’énorme bulle spéculative qui s’est formée sur les marchés d’actions au cours de ces huit derniers mois, est considérée être le plus gros facteur de risque d’un nouveau krach. Les indices boursiers les plus importants, le Dow Jones, le Nikkei japonais et le DAX allemand, ont grimpé de 50 à 60 pour cent depuis mars. Les cours du pétrole brut, du cuivre et d’autres matières premières, ont plus que doublé. Ces énormes augmentations ne sont fondées sur aucune croissance économique correspondante. Au contraire : l’activité économique a chuté dans de nombreux pays et de nombreuses entreprises affichent encore des pertes.

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Les banques, lobbies ou mafias ?

Même un système mondial de contrôle peut avoir des ratés. C’est ce qui semble s’être passé ces jours-ci, lorsque le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a laissé entendre que les banques détenaient encore beaucoup d’actifs pourris, c’est-à-dire de prêts trop spéculatifs faits à des acteurs susceptibles de ne pas les rembourser.

Un lobby, dans le langage politique courant, désigne un ensemble d’intérêts, généralement économiques, organisés pour peser sur les organismes politiques, afin d’obtenir des décisions administratives ou législatives en leur faveur.

Un lobby peut être plus ou moins important, il peut provoquer des décisions politiques plus ou moins lourdes de conséquences : le lobby des restaurateurs a obtenu, en France, la baisse de la TVA sur les recettes du secteur. Bricole, significative certes, mais bricole.

Le lobby militaro-industriel américain a sans doute été responsable des grandes décisions stratégiques de l’Etat fédéral depuis la seconde guerre mondiale. Nous ne sommes plus là dans le bricolage.

Un lobby, pour agir, emploie divers procédés légaux et illégaux, le plus illégal étant la corruption directe des responsables politiques et administratifs. Mais il est rare qu’il mette des hommes à lui dans les postes de responsabilités, de façon à prendre directement les décisions qui lui sont favorables.

Toute autre, est la démarche des organisations du crime en société, que l’on nomme les mafias. Nées en Italie et en Asie, généralisées aux Etats-Unis, puis aujourd’hui dans toutes les parties du monde, les mafias pénètrent les organes des Etats et de leurs administrations en y faisant nommer des hommes à elles. Quand elles ne peuvent pas le faire directement, elles multiplient les pressions sur les hauts responsables, chefs d’Etat compris, pour en faire des marionnettes dociles. Dans les cas extrêmes, elles ne reculent pas devant le meurtre. Lire la suite

Entretien avec Aymeric Chauprade : la stratégie énergétique de la Russie

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du traité géopolitique Constantes et changements dans l’Histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense. Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’Histoire.

Nous reproduisons ici l’entretien qu’il a accordé au magazine Le Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH (« La géopolitique de la Russie », in La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 38, sept.-oct. 2008), vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd’hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie.

Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. Lire la suite

«Aucun pays développé ne pourra rembourser sa dette»

Alors que l’Etat s’apprête à en appeler aux marchés pour financer un grand emprunt auquel il prédit l’impasse, l’économiste Jean-Luc Gréau reste catégorique : les 85 à 90% du PIB contractés en dette par les Etats seront impossibles à rembourser.

Michael Briffaud et Matthieu Faramus (IUT de Cannes) : Les États prêtent mais s’endettent de plus en plus. Pourront-ils rembourser ?

Jean-Luc Gréau : Les États occidentaux ne peuvent plus rembourser les dettes publiques.

Même les moins endettés ont dépassé, semble-t-il, la ligne rouge en deçà de laquelle ils étaient capables de rembourser.

La dette moyenne des pays occidentaux se situera entre 85% et 90% du PIB en 2010. C’est une masse impossible à rembourser.

D’autant plus que tous ces pays sont affectés par le vieillissement de leur population qui surcharge, année après année, les dépenses sociales.

Ils sont en outre confrontés à la compétition mondiale où leur marge de supériorité s’est effritée.

Faut-il, comme pour les pays pauvres, effacer la dette des États ?

Les États eux-mêmes ne peuvent pas décider d’effacer leur propre dette en disant à leurs emprunteurs «je ne rembourse pas».

Le mécanisme est celui de la monétisation de la dette. C’est-à-dire que la banque centrale rachète une partie des titres émis par le Trésor Public – donc l’État – et crée de la monnaie supplémentaire. C’est ce qu’ont commencé à faire les États américain et anglais depuis mars. Lire la suite

Les banques US nous préparent une énorme bulle monétaire

Alimentées par les crédits à «taux zéro» de la réserve fédérale américaine, les grandes banques spéculent en Asie… construisant une bulle qui, selon les autorités chinoises et allemandes, pourrait bien précipiter l’économie mondiale toute entière dans une nouvelle crise !

Aux États-Unis, on prête gratis ! Depuis mars dernier, où la Réserve fédérale a ramené ses taux jusqu’à presque atteindre zéro, les grandes banques déversent des milliers de milliards de dollars dans les économies asiatiques.

Résultat : les monnaies et bourses de la région connaissent une croissance exponentielle… et totalement artificielle ! Une nouvelle «bulle asiatique» se forme et menace déjà de craquer.

«La politique monétaire américaine a gravement affecté les cotations, alimenté la spéculation sur les marchés d’action et de biens, tonnait le 16 novembre au Forum de la Finance Liu Mingkang, principal régulateur bancaire chinois. Elle a véritablement créé un nouveau risque d’empêcher la reprise de l’économie mondiale, notamment dans les marchés émergents.»

Depuis mars, si la Chine s’est quelque peu protégé de ces manoeuvres, la monnaie coréenne a pris 36,5% face au dollar. Un record battu par le real brésilien qui a subi une envolée de 41,5% sur la même période : de quoi plomber toute exportation… et l’éventuelle reprise qui va avec !

Ben Bernanke croyait réussir à calmer les turbulents asiatiques d’une petite déclaration publique : «nous portons la plus grande attention aux conséquences de taux de change sur les prix, assurait le patron de la Réserve fédéral américaine. Nous continuerons de veiller à tenir notre mission d’assurer le plein emploi et la stabilité des prix.» Manque de chance, les Européens aussi commencent à s’inquiéter.

Samedi 21 novembre, le Financial Times rapportait les inquiétudes du très expérimenté ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble : «plus probable aujourd’hui est un scénario dans lequel un excès de liquidités crée une nouvelle [espèce de] bulle spéculative mondiale

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Et maintenant il faut choisir : l’hyperinflation ou l’hyperimpôt

La sortie de crise paraît bien incertaine. Plus l’économie réelle souffre, plus la Bourse pavoise. C’est simplement le fruit de l’abondance de liquidités des plans de relance. Ces politiques monétaires laxistes des banques centrales et ces politiques budgétaires aventureuses des États portent un nom ancien, «la planche à billets».

Malgré le vernis technique mis à les habiller, ce n’est qu’un réflexe panique, une fuite en avant sans prétention ni d’anticipation ni de réforme. On fera plus tard le bilan de cette période où les plans de relance ont marqué un basculement, dans le sens où l’Asie et les autres pays émergents sont devenus propriétaires des économies occidentales en les finançant à crédit.

Cette crise est nouvelle. Ce n’est ni une crise de l’offre ni une crise de la demande. C’est une «crise des actifs». La spéculation autonomise la valeur des actifs : elle crée les bulles. La finance a cru être une source autonome de richesse. L’affaire des subprimes a montré qu’il n’en était rien. La spéculation (alimentée par le crédit facile) et le carry trade sont devenus le poison d’une économie virtuelle. C’est le signe d’une société qui privilégie la rente sur le travail.

Bouclier fiscal, exonération des droits de succession, diminution relative du coût du travail, défiscalisations, les exemples ne manquent pas de ces politiques, initiées à l’origine par la droite américaine, qui nous ont précisément menés à la crise d’aujourd’hui. L’ajustement des valeurs d’actifs est inévitable et la crise reste devant nous. Personne n’envisageant le retour à une croissance flamboyante, la sanction des relances sera fatalement classique: l’hyperinflation ou l’hyperimpôt.
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Qui sont les accapareurs de terres agricoles à l’étranger ?


Avec tout ce qu’on entend sur la “sécurité alimentaire” et les déclarations déformées des médias (cf. « La Corée du Sud achète la moitié des terres de Madagascar » – en fait, il ne s’agissait pas de la Corée du Sud, mais de Daewoo Logistics), il n’est sans doute pas évident pour tout le monde que les principaux responsables de l’actuel accaparement des terres ne sont pas les pays ou les gouvernements, mais les grandes entreprises.

L’attention s’est vraiment focalisée sur le rôle d’États comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Corée du Sud, alors qu’en réalité, même si les gouvernements facilitent les accords, ce sont des entreprises privées qui prennent le contrôle de la terre.

Et leurs intérêts ne sont tout simplement pas les mêmes que ceux des gouvernements.

« Ce sera une initiative privée. »

Amin Abaza, ministre de l’Agriculture d’Égypte, dans son exposé aux autres nations africaines sur les acquisitions de terres agricoles en Égypte, lors de la Journée mondiale de l’alimentation de 2009

Prenons un exemple. En août 2009, le gouvernement de l’île Maurice a, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, obtenu un bail à long terme pour 20 000 hectares de terre agricole fertile au Mozambique pour y produire du riz pour le marché mauricien. Il s’agit bien d’une externalisation de la production alimentaire, cela ne fait aucun doute.

Mais ce n’est pas le gouvernement mauricien qui va, au nom du peuple mauricien, cultiver cette terre et rapatrier le riz dans l’île. Le ministère mauricien de l’Agro-industrie a en effet immédiatement sous-loué la terre à deux grandes entreprises : l’une, singapourienne, tient beaucoup à développer des marchés pour ses semences propriétaires de riz hybride en Afrique ; l’autre, du Swaziland, est spécialisée dans la production de bétail, mais aussi engagée dans la production d’agrocarburants dans le sud de l’Afrique (voir GRAIN, “L’île Maurice en tête des acquisitions de terres rizicoles en Mozambique”, Oryza hibrida, 1er septembre 2009). Bref, une situation tout à fait courante. Lire la suite

Le grand retour de la bulle spéculative

En voulant sauver l’économie mondiale, a-t-on fait naître une nouvelle bulle qui sera à l’origine de la prochaine crise ?

Après les injections massives de centaines de milliards de dollars par les Etats et les banques centrales, dans le but d’éviter le naufrage des établissements bancaires et des constructeurs automobiles et pour soulager les ménages, de nombreux économistes mettent maintenant en évidence l’existence d’un accès de spéculation.

A l’appui de cette thèse, ils soulignent la flambée concomitante et quasi inédite des marchés boursiers, en particulier en Asie, des marchés obligataires, notamment sur les emprunts d’Etat, et du prix des matières premières, l’or et le pétrole en vedettes.

Depuis six mois, “tout monte !”, constate Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis. Selon lui, il s’agit de spéculation car ces hausses, souvent spectaculaires – la Bourse de Shanghaï a progressé de 63 % depuis le 1er janvier -, sont déconnectées de la réalité économique. “A la Bourse de Taïwan, les valeurs des actions représentent 100 fois les bénéfices des sociétés, 90 fois en Australie, contre 13 fois à la Bourse de Paris”, souligne l’économiste.

Pour M. Artus, cette bulle serait le fruit de l’abondance de liquidités issues notamment des plans de relance et de soutien lancés en 2008.

Pour endiguer la crise, les banques centrales ont d’une certaine manière “fait marcher la planche à billets”, explique-t-il, en ouvrant les vannes du crédit via des politiques monétaires accommodantes avec des taux d’intérêt proches de zéro et en achetant des titres, parfois toxiques, afin de soulager les établissements financiers. Lire la suite

Sur les Bourses, le grand retour du doute

Trop, trop vite, trop tôt.” Fidèle à sa réputation de “Dr. Doom” (Dr Fatalis), l’économiste américain Nouriel Roubini juge, depuis plusieurs mois déjà, que la hausse des marchés boursiers en Europe et aux États-Unis – plus de 45 % depuis mars – est à la limite de l’exubérance. “Une correction est inévitable”, a-t-il conclu, jeudi 29 octobre, lors d’une conférence organisée à Paris.

En l’espace d’une semaine, les places boursières aux États-Unis, en Asie et en Europe ont nettement reculé. A Paris, entre le lundi 26 et le vendredi 30 octobre, l’indice CAC 40 a chuté de 5,27 %, s’éloignant encore des 4 000 points, à 3 607,69 points. A Londres, le Footsie a, de son côté, lâché 3,78 % tandis que le Dow Jones de New York et le Nikkei de Tokyo ont cédé respectivement 2,60 % et 2,41 %.

M. Roubini – qui avait annoncé un peu avant tout le monde, en septembre 2006, le désastre économique consécutif à l’éclatement d’une bulle du crédit et de l’immobilier américain – dit espérer se tromper. Mais, sur les marchés, les investisseurs ont l’air de penser que “Dr. Doom” a raison, une fois de plus.
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La Très Grande Illusion

Par Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

Les médias traditionnels voient des jeunes pousses éclore dans l’économie, se réjouissent du moindre résultat « moins mauvais » que prévu et sont résolument optimistes. Mais quand on observe le succès grandissant de certains sites web alternatifs d’informations financières, on ne peut s’empêcher de constater que de plus en plus d’investisseurs désabusés doutent de la neutralité des grands médias.

Ces derniers sont tous plus ou moins liés à de grands groupes financiers. Par exemple la chaîne de télévision financière CNBC est une filiale de General Electric qui aurait reçu du contribuable américain 51 mlds de USD via le programme TLGP . Est-il absurde de croire que les autorités américaines souhaitent que l’information financière soit présentée sous son « meilleur jour » et ainsi d’imaginer que CNBC soit tenue de respecter une certaine « ligne éditoriale » ?
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Quand les bulles économiques asiatiques éclateront…

Les croissances phénoménales – en période de crise mondiale – de la Chine et l’Inde qui atteindront respectivement quelque 8 et 6% cette année semblent suspectes! La comparaison avec les situations Américaine (- 3.8% ) et Japonaise ( – 7.2% ) est certes inappropriée, la méfiance reste néanmoins de mise car ces deux pays – en fait ces deux sous continents! – sont également le théâtre des deux bulles boursières les plus massives au monde: 62% d’appréciation pour la Bourse de Shanghai et 80% pour Mumbai à ce jour en 2009 pendant que l’indice MSCI Pacifique a progressé de 70% depuis le 9 Mars…

L’évolution de la Bourse est-elle redevable à la forte croissance? La spéculation boursière effrénée crée-t-elle un climat de confiance (artificiel) se traduisant par une forte croissance? Les superlatifs manquent en tout cas pour qualifier ces envolées boursières et cette croissance spectaculaire même s’il y a fort à parier – et à craindre – que ce bouillonnement soit prosaïquement bien plus la conséquence de taux d’intérêts anormalement bas que de facteurs fondamentaux sains. Ce phénomène porte un nom et vous me voyez navré de l’employer encore : une bulle…

Le monde revient certes de loin et l’Asie a démontré tout au long de cette crise une résilience étonnante. Pourtant, cette euphorie boursière semble tout aussi irrationnelle que celle qui s’était emparée des Bourses Asiatiques en 1996: ayons la décence de ne pas évoquer la saignée subséquente de 1997… Toujours est-il que, dans un contexte d’accélération de l’inflation en Inde où les prix à la consommation des denrées agricoles se sont apprécié de près de 13% et que les tarifs des produits manufacturés ont progressé de près de 12%, le niveau des taux d’intérêts Indiens à 3.25% est incompréhensible, injustifiable … si ce n’est dans une volonté délibérée d’attiser la flamme boursière!

Il est peut-être trop tard pour agir du reste car un resserrement maladroit de politique monétaire provoquerait un mini cataclysme dans un marché immobilier Indien lui aussi en état de bulle avec, à la clé, un réajustement douloureux du niveau de vie de la classe moyenne.

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Pour Ben Bernanke, c’est l’Asie qui met en danger l’économie mondiale

Le président de la Réserve fédérale étasunienne Ben Bernanke a souligné lundi que des politiques économiques de promotion de l’exportation en Asie risquaient de faire réapparaître les déséquilibres des échanges commerciaux et financiers.
Ces déséquilibres, de l’avis de certains, ont contribué à alimenter la bulle immobilière aux Etats-Unis.

Les excédents commerciaux atteints par le biais de politiques qui gonflent artificiellement l’épargne intérieure et les industries de l’exportation provoquent des perturbations dans l’allocation de ressources, a-t-il expliqué.

“Pour parvenir à une croissance économique plus équilibrée et durable et pour réduire le risque d’instabilité financière, nous devons éviter des déséquilibres toujours croissants et intenables des flux commerciaux et financiers”, a-t-il observé, dans un discours prononcé à une conférence de la Fed de San Francisco sur l’Asie.

Ces déséquilibres se sont atténués à la suite de la crise, mais la reprise économique et l’augmentation des échanges commerciaux risquent de les remettre en valeur, a-t-il dit.

Ben Bernanke remarque que les économies asiatiques ont fortement rebondi après la crise, avec des taux de croissance annualisés à deux chiffres attendus en Chine, à Hong Kong, en Corée, en Malaisie, à Singapour et à Taïwan.

“A ce stade, alors même que des risques subsistent avec certitude pour les perspectives économiques, l’Asie semble le moteur de la reprise mondiale”, dit-il.

Il ajoute que les pays asiatiques dont l’économie est la plus ouverte, comme Singapour, Hong Kong et Taïwan, ont été les plus touchés par la crise, alors que la Chine, l’Inde ou l’Indonésie, qui sont parmi les économies “les moins ouvertes financièrement” ont vu la croissance de leurs économies se poursuivre tout au long de la crise (ndlr : l’incompréhensible traduction originelle de la fin de cette phrase a été corrigée à l’aide de la version anglaise de cette dépêche). Lire la suite

Les banques centrales d’Asie interviennent pour enrayer la chute du dollar

Face à la chute du billet vert, les banques centrales asiatiques sont intervenues en nombre, jeudi 8 octobre sur le marché des changes. Elles ont acheté des dollars afin de freiner la hausse de leur propre monnaie, pour certaines, et de défendre le lien fixe qui lie leur devise au billet vert pour d’autres. Déstabilisées par la chute du dollar, et sous la pression de l’afflux de capitaux cherchant à profiter de la future reprise économique de l’Asie, les monnaies de la région flambent, au risque de compromettre le retour de la croissance.

La Corée du Sud, l’Indonésie, la Thaïlande et Hongkong sont intervenues dans l’urgence. Les autorités monétaires de Hongkong ont injecté 16,26 milliards de dollars hongkongais (1,42 milliard d’euros). L’Indonésie a précisé que son but était de réduire la “volatilité” de la roupie et qu’elle n’avait pas de niveau cible pour sa devise. La banque centrale des Philippines a déclaré vendredi qu’elle souhaiterait que la hausse de sa devise se fasse à un rythme plus modéré et a émis la possibilité d’une intervention. Taiwan chercherait à implanter un système de contrôle des capitaux pour tenter d’enrayer la hausse de sa monnaie.

Ces mouvements montrent l’inquiétude grandissante de l’ensemble de la planète à l’égard de la chute du dollar, qui se juxtapose avec des phénomènes de flambée des matières premières, surtout de l’or et du pétrole. Lire la suite

L’or au dessus des mille dollars l’once

L’once d’or s’est échangée vendredi autour des 1009 dollars (soit environ 700 Euros), se rapprochant de son record absolu du premier semestre 2008 à 1032 dollars.

Le recul du dollar face à l’euro (avec une parité d’un euro pour 1,45 dollar) explique en partie ce phénomène. Au cours des derniers mois, les investisseurs à la recherche d’un placement sûr en raison de la conjoncture ont arrêté leur choix sur l’or, poussant ainsi la demande à la hausse.

Le billet vert, plombé par les déficits américain, ne joue plus son rôle de valeur refuge, au profit du métal jaune, déjà habitué à cette qualification en raison du climat d’incertitude économique.

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